Poule

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Poule
Nom vulgaire ou nom vernaculaire ambigu :
l'appellation « Poule » s'applique en français à plusieurs taxons distincts.
Description de cette image, également commentée ci-après

Taxons concernés

Poule domestique

Le mot poule est en français un nom vernaculaire ambigu. C'est en général le nom donné à la femelle de diverses espèces d'oiseaux, principalement des Galliformes (gallinacés), en particulier à la Poule domestique (Gallus gallus domesticus) mais aussi à d'autres espèces : Poule d'eau, Poule faisaneetc.

Étymologie et vocabulaire[modifier | modifier le code]

Poules domestiques élevées en plein air dans les Carpates.

Le substantif féminin « poule » (prononcé : [pul]) est issu du latin classique pulla, féminin de l'adjectif pullus qui signifie « tout petit » et, pris substantivement, désigne le « petit d'un animal » tel un poulain, un jeune coq, et surtout un poulet[1],[2],[3],[4],[5],[6],[7].

Le terme « poule » est attesté depuis le XIIIe siècle[5], sa plus ancienne occurrence connue se trouvant dans un manuscrit du Roman de Renart[6].

Le terme a vite remplacé l'ancien français geline qui avait le sens de jeune poule. C'est la poulette qui porte aujourd'hui ce sens.

Par analogie[5] avec le Gallus gallus domesticus femelle, le nom vernaculaire désigne la femelle de certains gallinacés[5],[6], telles la poule faisane[5],[6], la poule perdrix[6], la poule de bruyère[6] et la poule d'Inde[5],[6], femelles respectives du faisan, du coq de bruyère et du dindon.

La distinction de sexe n'est pas toujours précise quand le terme « poule » est repris dans le nom normalisé de l'espèce. Par exemple « poule d'eau » ou bien « poulette de roche » désignent les spécimens mâles aussi bien que femelles de l'espèce.

La plupart du temps, on dit qu'une poule domestique glousse, mais une poule « poule pondeuse » claquette, caquette et crételle avant, pendant et après la ponte d'un œuf. Une petite poule domestique, ou poule naine, est parfois appelée Bantam, cayenne, bassette, gallinette... selon les régions.

Les jeunes sont les poussins. Les poussins mâles deviendront des coquelets, puis une fois adulte, ils seront des coqs. Les poussins femelles deviendront des poulets ou poulettes, ensuite, ils seront des poules.

La vision des poules[modifier | modifier le code]

La poule perçoit les couleurs, tout comme nous. La rétine, au fond de l’œil, perçoit 3 couleurs: rouge, jaune et bleu. 3 types de cônes: rien de bien particulier jusque là. Mais la rétine de la poule fait mieux encore: certains cônes perçoivent la lumière ultra-violette (UV).

C’est là un avantage appréciable pour trouver des graines et des petits insectes. Elle peut aussi plus facilement faire la différence entre l’herbe et la poussière. Cela renseigne en plus la poule sur la santé de ses poussins puisque des plumes en croissance reflètent la lumière UV. Un 5e type de cône au fond de la rétine sert de détecteur de mouvement. Encore plus facile de trouver le petit insecte qui se déplace sous son bec ou de repérer un prédateur qui la menace[8].

Hyper-uniformité désordonnée[modifier | modifier le code]

C’est le terme un peu étrange donné par les scientifiques pour décrire la manière dont les 5 types de cônes sont placés les uns par rapport aux autres au fond de la rétine. Chez les insectes, les yeux sont composés d’éléments placés de manière géométrique (par exemple, un ensemble d’hexagones). Chez la poule, l’organisation des cônes semble désordonnées. Et pourtant, les cônes de différentes tailles sont placés de telle sorte qu’aucun cône ne touche un cône du même genre.

C’est une particularité que les scientifiques aimeraient pouvoir imiter dans certains détecteurs de lumière ou circuits optiques.[9]

Sensible à la lumière[modifier | modifier le code]

Les yeux de la poule sont donc bien plus sensibles à la lumière que les nôtres. Capable de détecter les petits mouvements d’un insecte, la poule capte aussi le clignotement des lampes d’éclairage artificiel. Le clignotement d’un néon est perçu par la poule et plutôt comme l’éclairage clignotant d’une discothèque. Pas étonnant qu’elles s’énervent parfois au point que le picage devient la norme au sein du groupe et met en péril leur bonne santé[10].

Vision nocturne[modifier | modifier le code]

Depuis le temps des dinosaures, les poules n’ont jamais été des animaux nocturnes. La rétine ne s’est donc jamais pourvue de cônes permettant une vision de nuit. C’est la raison pour laquelle une poule est si facile à attraper à la tombée de la nuit. La nuit, elle est donc très vulnérable face à un prédateur. Pensez à la protéger en fermant bien le poulailler.

Œil et bain de poussière[modifier | modifier le code]

Comme nous, l’œil de la poule a 2 paupières pour le protéger: une au-dessus et l’autre en dessous. Mais face à un bain de poussière, c’est un peu court. La nature a bien fait les choses puisqu’elle a donné à la poule une 3e paupière qui se ferme horizontalement.

C’est surtout au moment du bain de poussière que la 3e paupière va se fermer afin de protéger l’œil du sable et des débris qui pourraient voler[11].

Angle de vision[modifier | modifier le code]

Si l’homme voit selon un angle de 180° environ, l’angle de vision de la poule couvre 300°.

Les yeux sont placés plutôt sur le côté de la tête, comme c’est le cas de nombreuses proies. Ceci permet de mieux voir arriver un éventuel prédateur.

Taille de l’œil[modifier | modifier le code]

L’œil de la poule occupe tout de même près de 10% de la masse de sa tête. Comparativement, c’est seulement 1% chez l’homme.

Cela démontre bien à quel point la vue est un sens vraiment important pour la poule.

Œil gauche – œil droit[modifier | modifier le code]

La poule peut utiliser l’œil droit indépendamment du gauche. Les deux yeux peuvent donc servir à deux tâches différentes au même moment.

Et tout ceci commence dans l’œuf. Juste avant l’éclosion, la tête du poussin est placée de telle façon que l’œil droit est placé contre la coquille. Il perçoit ainsi la lumière extérieure qui passe à travers la coquille. Par contre, l’œil gauche est placé contre le corps du poussin. Tant qu’il n’a pas éclos, il ne perçoit rien. Après l’éclosion, on constate que l’œil gauche et l’œil droit se sont spécialisés.

L’œil droit sert plutôt à trouver la nourriture. Sa vision de près est meilleure. L’œil gauche sert plutôt à repérer les prédateurs. Sa vision de loin est meilleure. Quand elle pressent un danger lointain, par exemple l'arrivée d'un rapace, c'est donc l'œil gauche qu'elle tourne dans sa direction[12].

Glande pinéale[modifier | modifier le code]

Même quand la poule perd l’usage de ses yeux, elle reste capable de percevoir la présence ou l’absence de lumière grâce à la glande pinéale (parfois appelée 3e œil) qui se trouve dans son cerveau[13].

Quelques oiseaux appelés « poules »[modifier | modifier le code]

Note : certains noms ont plusieurs significations.

et par analogie avec l'aspect des poules :

Dans la culture[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Libération »
  2. a et b Heck (Christian) Cordonnier (Rémy), Le bestiaire médiéval : l'animal dans les manuscrits enluminés, Paris, Citadelles Mazenod, , 620 p. (ISBN 978-2-85088-513-6), p. 345
  3. a et b Voir cette espèce sur le site idRef
  4. a et b Nom vernaculaire français d'après Dictionary of Common (Vernacular) Names sur Nomen.at
  5. a b c d e et f « Poule », dans le Dictionnaire de l'Académie française, sur Centre national de ressources textuelles et lexicales [consulté le 18 novembre 2016].
  6. a b c d e f et g Informations lexicographiques et étymologiques de « poule » dans le Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales [consulté le 18 novembre 2016].
  7. a b c d et e Meyer C., ed. sc., 2009, Dictionnaire des Sciences Animales. consulter en ligne. Montpellier, France, Cirad.
  8. Marie Pelletier, « La vision des volailles », sur Lohmann Breeders, (consulté le )
  9. Tony Stankus, « Review ofThe Chicken Health Handbook, 2nd ed. », Journal of Agricultural & Food Information, vol. 17, no 4,‎ , p. 316–317 (ISSN 1049-6505 et 1540-4722, DOI 10.1080/10496505.2016.1214592, lire en ligne, consulté le )
  10. Yang Jiao, Timothy Lau, Haralampos Hatzikirou et Michael Meyer-Hermann, « Avian photoreceptor patterns represent a disordered hyperuniform solution to a multiscale packing problem », Physical Review E, vol. 89, no 2,‎ (ISSN 1539-3755 et 1550-2376, DOI 10.1103/physreve.89.022721, lire en ligne, consulté le )
  11. Adrian Cho, « Weird state of matter produced in space for first time », Science,‎ (ISSN 0036-8075 et 1095-9203, DOI 10.1126/science.aav7654, lire en ligne, consulté le )
  12. V. Sarris, P. Hauf et M. Arlt, « One- and two-dimensional psychophysics in humans and chickens: Size and color data », Journal of Vision, vol. 1, no 3,‎ , p. 364–364 (ISSN 1534-7362, DOI 10.1167/1.3.364, lire en ligne, consulté le )
  13. (en) Live Science Staff published, « Chickens See Color Better Than Humans », sur livescience.com, (consulté le )
  14. Ph. Fr. Na. Fabre d'Églantine, Rapport fait à la Convention nationale dans la séance du 3 du second mois de la seconde année de la République Française, p. 25.
  15. (en) « A cultural history of the chicken », sur The Independent, (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Sources[modifier | modifier le code]

  • DAMEROW, Gail, 3rd edition, Storey Publishing, LLC, 2010, 448 p.
  • JIAO, Yang, LAU, Timothy, HATZIKIROU, Haralampos [et al.], Physical Review E, vol. 89 / 2, février 2014, p. 022721.
  • Live Science. Consulté le 8 mai 2015.
  • Huffington Post. Consulté le 8 mai 2015.

Articles connexes[modifier | modifier le code]