Gallus gallus domesticus

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Articles principaux : Gallus gallus et Gallus (genre).

Gallus gallus domesticus, en français la poule (femelle), le coq (mâle) ou le poulet domestique, est une sous-espèce d'oiseaux de l'ordre des Galliformes. Cet oiseau est élevé à la fois pour sa chair, pour ses œufs, pour le combat, pour le chant, parfois pour ses plumes et encore plus rarement pour la crête du coq (rites). Il existe de nombreuses races principalement issues de la domestication d'une espèce sauvage particulière, le Coq doré. Il s'agit de l'espèce d'oiseaux dont la population est la plus importante avec environ 52 milliards d'individus sur Terre[1].

Noms désignant les représentants de l'espèce[modifier | modifier le code]

Détail de la tête d'une poule

Le mâle de la poule est le coq. Un jeune est appelé poussin et un pré-adulte mâle est appelé coquelet puis devient poulet ; un poulet femelle est une poulette. Un jeune coq châtré pour que sa chair soit plus tendre est un chapon. Autrefois on pratiquait également l'ablation des ovaires sur des poulettes destinées à devenir des poulardes. De nos jours il s'agit seulement de poulettes qui n'ont pas encore pondu, et qu'on engraisse de la même manière que les chapons. Chapons et poulardes sont plus corpulents et ont une chair plus grasse que leurs équivalents non castrés.

Répartition[modifier | modifier le code]

Cette sous-espèce, bien que d'origine tropicale, a une répartition géographique très large, due à l'action de l'Humain. Elle s'adapte à une multitude de milieux, si l'on excepte les hautes latitudes, au-delà du cercle polaire, où les jours sont trop courts en hiver. Les yeux des poules ne leur permettent pas de voir la nuit (absence de bâtonnets), ce qui en fait un animal diurne exclusivement.

Biologie[modifier | modifier le code]

La poule est un animal terrestre et nidifuge.

C'est un animal adapté à la course (trois doigts posés au sol), et volant peu.

Dimorphisme sexuel[modifier | modifier le code]

Coq Phoenix doré avec ses poules

Le coq se distingue de la poule par sa taille plus importante, par une crête rouge vif sur la tête et ses barbillons plus développés, par ses ergots, par les coloris plus éclatants de son plumage et par sa queue en panache de plumes. Il se distingue aussi par son cri, le « cocorico » qu'il commence à pousser vers l'âge de 15 semaines bien avant sa maturité sexuelle qui intervient vers 25 semaines.

La combativité naturelle des coqs est mise à profit pour organiser des combats. Cette tradition fut très vivace dans le Nord de la France, où elle peut encore être observée, et en Belgique, où elle est désormais interdite. Elle perdure également dans le sud-est asiatique, en Amérique-du-Sud & centale, ainsi qu'aux Antilles.

À la suite de dérèglements hormonaux, une poule ménopausée peut prendre partiellement les caractères sexuels secondaires du coq.

Organisation sociale[modifier | modifier le code]

Hiérarchie[modifier | modifier le code]

Un coq soumet une poule à coups de bec et de pattes sur le dos pour imposer sa domination sur le groupe. La poule s'incline pour que le coq cesse l'agression.

Dans une basse-cour, les poules sont clairement rangées par ordre de priorité pour la nourriture, les perchoirs, les partenaires sexuels ; généralement, la hiérarchie de dominance est linéaire : elle comporte un animal A qui domine tous les autres, un animal B qui les domine tous sauf l'animal A, etc.

De la même manière, une hiérarchie de dominance règne au sein des coqs.

Les poules sont dotées d'une intelligence assez développée. Par exemple, elles sont capables de reconnaître individuellement chacune des poules du poulailler, même sur photographie[2].

Elles sont également dotées d'empathie. Une étude britannique en 2011 montre que les poules sont sensibles aux souffrances de leurs semblables (augmentation de leur rythme cardiaque et de leurs gloussements lorsqu'elles sont en présence de leurs poussins dont les plumes sont ébouriffées par des souffles d'air)[3],[4].

Communication[modifier | modifier le code]

Article connexe : Coq#Chant et transcriptions.
Article détaillé : Vocalisation des oiseaux.

La poule cagnette, caquette (quand elle pond), claquette, cloque (quand elle parle à ses poussins dans l'œuf), clousse (quand elle couve), crételle, glousse (quand elle converse avec ses congénères). Il lui arrive même, rarement, de chanter comme un coq. Son répertoire comporte autour de 24 cris différents, associés à des événements particuliers (différents types de menace, présence de nourriture, etc.)[4].

Le poussin pépie, piaille, piaule. Son cri est appelé le pépiement.

Le coq se distingue aussi par son cri, le « cocorico » dont la transcription phonétique varie selon les langues (cock a doodle do en anglais, quiquiriqui en espagnol, kokeriko en espéranto, etc.). Le chant du coq est inné, il n'est pas appris. Des concours de chant de coq sont organisés[5].

« Cocorico » est utilisé par certains Français pour manifester leur chauvinisme, probablement parce que ce cri est interprété comme une manifestation d'orgueil de la part du coq[réf. nécessaire], mais surtout parce que le coq gaulois est l'emblème du pays.

Alimentation[modifier | modifier le code]

Le maïs est un aliment de base pour engraisser les poulets de chair.

Si on la laisse en plein air, une poule passe la majeure partie de son temps à déambuler dans l'espace enherbé qu'on met à sa disposition. Elle grignote quelques végétaux mais passe surtout beaucoup de temps à gratter le sol à la recherche d'invertébrés ou d'insectes (vers, fourmis, lézards, petits rongeurs, etc.) qui lui apportent les protéines dont elle a besoin. La poule est donc une solution idéale pour retourner régulièrement un tas de compost.

Si elle n'a pas accès à un espace enherbé, une poule pondeuse adulte mange entre 100 et 150 grammes de provende par jour soit environ 45 kg/an[6], en sachant qu'elle mange plus en hiver qu'en été pour résister au froid, et que les besoins augmentent aussi pendant la période de mue. Lorsque les poules mangent moins à cause de la chaleur, il est conseillé de leur donner des aliments plus concentrés pour qu'elles aient un apport suffisant en éléments nutritifs malgré la diminution de leur consommation.

Idéalement, les volailles doivent avoir libre accès à la nourriture et à l'eau et peuvent en consommer autant qu’elles le désirent. En général, elles se contentent de la quantité nécessaire à la satisfaction de leurs besoins nutritifs. À défaut, deux repas par jour sont recommandés[7].

L'oiseau est omnivore. Son alimentation varie selon qu'il s'agit d'un jeune poulet en croissance (plus de protéines), d'une poule pondeuse industrielle (plus de calcaire) ou d'un reproducteur mais elle se compose généralement de :

  • 65 % de glucides provenant de céréales en grains. Idéalement un mélange de maïs et de blé mais sont aussi possibles : millet (jusqu’à 45 %), son de blé, riz, orge (jusqu’à 15 %), seigle, avoine (jusqu’à 10 %, l'avoine favorise la couvaison). Toutes ces graines peuvent être germées pour améliorer leurs qualités nutritives. Dans les poulaillers amateurs, les restes de pain sec (ou trempé dans l'eau pour en faire une pâtée) peuvent remplacer une part du grain distribué. Il est à noter que les graines de sorgho ont des propriétés antinutritionnelles: les tanins qu’elles renferment inhibent la ponte des poules pondeuses. Dès que l’on dépasse 2 % de sorgho dans l’alimentation des poules pondeuses, le taux de ponte journalier chute ;
  • 20 % de protéines pouvant provenir de protéagineux : tourteaux de soja (jusqu’à 30 %), pois, lupin (jusqu’à 10 %), lentilles. Les céréales contiennent déjà 10 à 15% de protéines mais, si on ne fournit pas d'aliments plus riches en protéines, la poule va surconsommer les céréales pour atteindre sa ration de protéines (et donc consommer trop de sucre). Les protéines contiennent des acides aminés essentiels (méthionine, lysine, carnitine, cystine) qu'il est important d'apporter par la nourriture car la poule ne peut les fabriquer. Attention, les protéines végétales sont souvent issues d'aliments contenant un acide aminé limitant, elles ne sont donc complètes qu'en association (par exemple riz + lentille). Pour les poules de plein air, les protéines peuvent être apportées par la consommation d'insectes et d'invertébrés du sol : vers, limaces, escargots ;
  • 10 % de lipides grâce à des oléagineux : Colza, lin, tournesol (jusqu’à 10 %). Les lipides permettent notamment de combattre le froid ;
  • divers minéraux (calcium, phosphore, chlorure de sodium, potassium, soufre) et oligo-éléments (fer, iode, cuivre, vitamines) :
    • le calcium qui a une grande importance dans le processus de fabrication de la coquille des œufs (environ 4 grammes de calcium par jour est nécessaire pour la formation de la coquille). Il peut être ajouté sous forme de pierre de chaux, de produits transformés comme le phosphate bicalcique, de coquilles d’huîtres ou autres mollusques. On peut aussi utiliser des coquilles d’œufs à condition de les piler finement puis les mélanger au blé ou au maïs pour éviter que les poules ne prennent l'habitude de manger leurs œufs. Les volailles en croissance ont besoin de 0,9 % de calcium dans leur aliment alors que les poules en ponte ont besoin de 3 à 4 % de calcium,

Les minéraux peuvent être fournis de façon précise sous forme de granulés disponibles dans le commerce ou sous forme plus aléatoire à partir de divers fruits, légumes, feuilles et graines d'herbacées tels que :

NB : L'apport de graines de lin à l'alimentation des poules permet d'augmenter la teneur en oméga 3 des œufs.

L'accès aux plantes fraîches d'un parcours herbeux permet à la poule d'avoir un fort apport en caroténoïdes (lutéine, zéaxanthine) qui donnent une couleur intense au jaune d’œuf[8] (les capucines, les roses d'Inde, le chou Kale et les pissenlits sont les aliments les plus riches en lutéine). Les poules élevées en cage reçoivent une alimentation enrichie en zéaxanthine de synthèse pour avoir un jaune bien jaune.

Attention, l'excès de sel est dangereux pour les volailles. Il faut donc veiller à ne pas leur donner trop de restes de fromages, charcuteries et autres aliments salés.

On peut également préparer des pâtées. Ainsi le poulet de Bresse (seul poulet AOC) est nourri pendant ses deux dernières semaines uniquement de farine de maïs blanc délayé dans du lait et il est abreuvé au lait et petit lait, ce qui contribue à l'engraisser et lui donner une chair blanche.

Les aviculteurs considèrent qu'il faut 4 kg de céréales pour produire 1 kg de poulet[9].

Reproduction[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Appareil reproducteur (oiseau).
Comme la plupart des gallinacés, la poule protège ses poussins sous ses ailes.
Poule avec ses poussins, Inde.

La poule atteint l'âge adulte et pond (même en l'absence d'un coq) à partir de l'âge de cinq à neuf mois selon les races et la quantité de lumière reçue pendant les premiers mois (plus on éclaire de jeunes poules, plus elles seront matures jeunes mais plus la taille de leurs œufs sera réduite[10]). La taille et le poids des œufs évoluent avec l'âge de la poule. La poule pond un œuf par jour ou un tous les deux jours (en moyenne un œuf tous les 26 heures, soit cent à trois cents œufs par an selon les races et l'âge). Ils sont de couleurs variées selon les races de poules pondeuses. Les consommateurs urbains achètent certaines couleurs : œufs roux en Europe, blancs aux États-Unis, par exemple ; cela procède d'un préjugé fortement ancré socialement.

Animal ovipare, les œufs de la poule correspondent à des ovules non fécondés. L'œuf ne peut bien sûr être fécondé que s'il y a présence d'un coq, ce qui permettra de donner naissance à de petits poussins. En aviculture, il est conseillé pour obtenir un bon résultat de fécondation d'avoir un cheptel équilibré entre mâles et femelles :

  • un coq pour dix poules en races légères,
  • un coq pour huit poules en races moyennes
  • et un coq pour six poules en races lourdes.

La poule ovule de nouveau 15 à 20 minutes après avoir pondu. On pense souvent que la poule caquète après la ponte pour manifester sa "joie" mais il s'agit en fait d'un appel au coq pour lui préciser que c'est le moment ou elle est fécondable (environ 30 minutes par jour). En effet, une fois qu'un nouveau jaune est engagé dans l'oviducte, le coq ne coche plus la poule car ses spermatozoïdes seraient rejetés par l’œuf cheminant en sens inverse. De fait, le premier œuf pondu après un coït est fécondé (si le coq produit un sperme de bonne qualité). Après chaque coït, la poule conserve des spermatozoïdes utilisables sur les œufs qui seront pondus dans les 2 à 3 semaines suivantes mais cela n'empêche pas le coq de la "cocher" quotidiennement.

Intensité de ponte[modifier | modifier le code]

L'intensité de ponte correspond au nombre d’œufs pondus sur une période donnée. Ainsi, si une poule pond 9 œufs en 10 jours, elle a une intensité de ponte de 90% sur cette période. Ce ratio varie en fonction de l'âge de la poule et des saisons avec des séries de ponte sans pause plus longues en été qu'en hiver. Lors du pic de ponte, une poule peut faire des séries ininterrompues de ponte de 20 à 30 œufs sans aucune pause. Les séries de ponte sont fonction des séquences d'ovulation et d'ovoposition (acte de pondre et de placer ses œufs dans un endroit particulier)[11]. La durée des séries diminue avec l'âge de la poule.

Le seuil d'intensité de ponte minimal de rentabilité des poules industrielles est de 65% soit environ 20 œufs par mois. L'âge de l'intensité de ponte maximale des poules "industrielles" se situe entre 7 et 9 mois (85% d'intensité de ponte soit environ 26 œufs par mois). À partir de 9 mois, l'intensité de ponte diminue progressivement pour attendre 65% vers 16 mois (âge auquel elles sont abattues pour être remplacées par de nouvelles poules de 5 mois).

Dans son aire d'origine, la poule pond toute l'année, les saisons n'étant pas marquées. Dans les zones tempérées, l'intensité de ponte diminue quand les jours raccourcissent (de juillet à décembre pour éviter d'avoir des poussins pendant la saison froide). L'intensité de ponte augmente quand les jours rallongent car l'hormone déclenchant l'ovulation n'est produite qu'après au moins dix heures d'exposition de la poule à la lumière (notion de photopériode).

La ponte peut s'arrêter temporairement pour différentes raisons :

  • moins de 10 heures de lumière par jour,
  • en cas de fortes chaleurs (à partir de 26° C, la poule mange moins et pond donc moins. De plus, au-delà de 32 °C, la formation de la coquille peut être plus difficile) ou de grands froids,
  • en cas d'alimentation insuffisante ou déséquilibrée (notamment un manque de protéines[10]),
  • La ponte peut s’arrêter encore plus longtemps en cas d'attaque parasitaire (pou rouge) ou de mûe.

Chaque année, la poule diminue sa ponte de vingt à trente pour cent, jusqu'à épuisement des ovocytes (ménopause, vers 7-9 ans)[12].

Processus de formation d'un œuf[modifier | modifier le code]

Oviducte de la poule :
1 - Infundibulum,
2 - Magnum,
3 - Isthme,
4 - Utérus,
5 - Vagin avec un œuf à l'intérieur. Le terme "chapelet" est souvent utilisé pour nommer l'ovaire ou l'oviducte toutefois il est inapproprié car l'ovaire ressemble plutôt à une grappe et l'oviducte ne contient jamais plus d'un œuf en cours de fabrication. La seule chose pouvant rappeler un chapelet est la huitaine d'ovocytes toujours attachés à l'ovaire mais en cours de vitellogénèse. Ces 8 "jaunes" ont une taille correspondante à leur stade respectif de maturité (8 à 10 jours sont nécessaires pour arriver à maturité).

Si une poule reçoit au moins dix heures de lumière en une journée, elle libère, le lendemain matin, un ovocyte dans l'oviducte. Cet ovocyte aura passé les 10 jours précédant sa libération a accumulé des réserves nutritives pour former le vitellus (plus connu sous le nom de "jaune d'œuf"), c'est la période dite de vitellogénèse où l'ovule passe de 200 mg à 15 g[11].

Le vitellus est d'abord libéré seul dans l’infundibulum (c'est seulement là qu'il est fécondable si du sperme est disponible. Les spermatozoïdes mettent entre 15 minutes et 24 heures après le coït pour remonter du vagin à l'infundibulum) puis, en passant dans le magnum, il s'entoure d'albumen (le blanc) et des chalazes (Durée : 3 heures), de membranes coquillières en passant dans l'isthme (Durée : 1 à 1,5 heure) puis la coquille est fabriquée dans la glande à coquilles de l'utérus en seize à dix-neuf heures. La coquille ne mesure que 0,3 mm d'épaisseur mais, à la verticale, un œuf peut supporter un poids de 3 kg. Enfin, l’œuf est recouvert d'une cuticule de protection. Pendant tout le trajet, l’œuf se déplace la pointe en avant mais il est retourné lors de la calcification et sort donc par le gros bout. La ponte a lieu le plus souvent en fin de matinée.

Le temps total nécessaire pour transformer un ovule et son vitellus en un œuf complètement développé est d'environ 25 à 26 heures. Environ 30 à 75 minutes après qu'une poule ait pondu un œuf, l'ovaire libère l'ovule suivant. Cependant, l'ovulation se produit habituellement dans des conditions optimales de lumière du jour et donc presque jamais après 15 heures. Ainsi, lorsqu'une poule pond un œuf trop tard dans la journée, la prochaine ovulation se produit le lendemain, et la poule a donc un jour de pause où elle ne pond pas d’œuf[13].

Couvaison[modifier | modifier le code]

Les œufs sont pondus dans des nids grossièrement bâtis. Une fois que huit à douze œufs sont déposés dans le nid, la poule change de comportement (si elle est âgée d'au moins 40 semaines[14] et appartient à une race couveuse comme la poule soie, l'Orpington, la Sussex ou la Cochin par exemple). Elle se met à glousser et se déplume au niveau du bréchet, le tout étant déterminé par une augmentation du taux de progestérone. Les œufs sont alors incubés : la poule se lève une fois par jour pour s'alimenter et prendre un bain de terre pour se nettoyer (dans un poulailler, on pourra mettre en place un bac abrité de la pluie et rempli de sable, cendre, copeaux de bois et poudre insecticide) ; elle retourne régulièrement les œufs (indispensable au développement harmonieux du fœtus). Le développement embryonnaire s'effectue au cours d'une période d'incubation pendant laquelle l'œuf est maintenu à une température aux alentours de 38−39 °C. C'est l'objet de la couvaison assurée naturellement par la poule ou artificiellement, par un incubateur artificiel. Au départ de la couvaison, la poule diffuse beaucoup de chaleur, mais vers la fin, elle chauffe moins les œufs, le métabolisme des poussins prenant le relais.

La poule ne commence à couver qu'au dernier œuf pondu, de manière à ce que les poussins se développent et éclosent en même temps (il faut dix-neuf à vingt-et-un jours, selon les races et la taille). Un œuf fécondé peut donc se conserver une quinzaine de jours avant d'être couvé et donner naissance à un poussin[15]. Une fois la couvaison démarrée, il est recommandé de déplacer la poule et ses œufs (à la nuit tombée) dans un espace isolé des autres poules pour que la poule couveuse ne soit pas dérangée par les autres poules qui voudront continuer à pondre dans leur pondoir habituel. Le déplacement est aussi utile pour protéger les poussins à la naissance car ils peuvent être tués par les autres poules lors de leur premier mois. En cas de déplacement, il est possible que la poule cesse de pondre dans les 2 ou 3 jours suivants.

Les poussins sont élevés d'un à trois mois selon les races. Les jeunes s'emplument progressivement (les mâles ont parfois un retard d'emplumage qui facilitent le sexage[16]). Lorsque le taux de progestérone baisse chez la mère, et qu'elle va recommencer à pondre, elle rejette les jeunes, qui vivent alors en fratrie jusqu'à l'âge adulte.

La couvaison peut être stimulée en laissant les œufs s'accumuler dans un pondoir à l'abri de la lumière pendant une quinzaine de jours[11].

Les poules pondeuses industrielles sont sélectionnées pour leur faible aptitude à la couvaison puisqu'une poule qui couve cesse de pondre pendant les 21 jours de la couvaison et pendant le mois suivant où elle s'occupe de sa progéniture. Les poussins industriels sont donc incubés en couveuse automatique.

Le déclenchement de la couvaison est due à la sécrétion de l'hormone prolactine par le lobe antérieur de l'hypophyse. L'injection de prolactine chez les poules provoque l'arrêt de la ponte en quelques jours avec régression des ovaires.

Contrairement à une idée très répandue, la température des poules couveuses diffèrent à peine de celle des poules pondeuses[17].

Mue[modifier | modifier le code]

Les poules muent chaque année généralement en fin d'été ou en automne. La première mue intervient vers 70 semaines soit 16 mois. C'est pour cette raison que les producteurs d’œufs renouvellent leur cheptel tous les 16 mois.

La mue s'effectue progressivement en démarrant par la tête pour finir par la queue. Elle peut durer de 2 à 6 mois (selon les races). Les poules à mue longue muent dés l'été. Elles sont généralement écartées de la sélection car la période de mue est une période à ponte réduite voire nulle. Les poules à forte intensité de ponte ont toujours une période de mue réduite[11].

La perte de plumes n'est pas toujours due à la mue. Une attaque de parasites ou un coq trop entreprenant peuvent entraîner également la chute de plumes.

Lors de la mue, la poule a besoin d'un apport plus important en protéines. On pourra par exemple lui donner des vers de farine, des graines de tournesol, des œufs brouillés, de la nourriture pour chat ou du poisson.

Compte tenu de la fragilité des nouvelles plumes, mieux vaut ne pas porter une poule et ne pas tailler ses plumes des ailes lorsqu'elle mue. Il convient également de limiter les facteurs de stress pendant cette période. On évitera par exemple d'introduire de nouvelles poules dans le groupe à cette période.

Une mue peut être volontairement induite par un stress tel qu'une baisse de luminosité soudaine ou une privation de nourriture ou d'eau pendant 7 à 28 jours par exemple[18]. Certains éleveurs Américains (la pratique de la mue forcée est interdite dans de nombreux pays) induisent donc une mue après 50 semaines de production de façon à avoir ensuite un second cycle de ponte intense de 35 semaines.

Les particuliers propriétaires de poules se demandent souvent pourquoi leurs poules ne pondent plus ou moins. Le phénomène est généralement dû à une période de mue en cours ou à un âge trop avancé de la poule.

Longévité[modifier | modifier le code]

Si la longévité de la poule peut atteindre dix-huit ans, les nombreuses maladies et sa mauvaise santé ne lui permettent que rarement de vivre plus de douze ans. La ménopause survient vers 7-9 ans, lorsque les 600 à 1000 ovocytes de l'ovaire unique (le gauche) sont épuisés cependant, elle survient beaucoup plus tôt pour les poules d'élevage.

Les poules pondeuses sont généralement abattues après une saison de ponte vers l'âge de 16 mois (70 à 80 semaines). Elles pourraient continuer à pondre, mais seulement après une période de mue et d'improductivité de deux à trois mois qui affecterait la rentabilité si on continuait à les nourrir pendant cette période. De plus, pendant la mue, la poule est plus sensible aux maladies et par la suite, ses œufs sont moins nombreux (environ 20 % d’œufs en moins chaque année), plus fragiles et trop gros pour entrer dans les emballages de la grande distribution.

Captivité[modifier | modifier le code]

Poule pondeuse domestique du pays de Bray, au bec épointé

En poulailler : protéger l'animal du vent et de la pluie ; compter au minimum un mètre carré pour deux poules. Le poulailler doit comporter perchoirs, nids (caisses stables remplies de foin ou paille), abreuvoirs.

En liberté : une poule revient toujours dormir au même endroit si elle s'y sent bien : abritée, au calme, disposant d'un haut perchoir.

Systématique[modifier | modifier le code]

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Histoire de la domestication[modifier | modifier le code]

Le poussin est le petit de la poule. Dans les élevages intensifs, le poussin industriel tend partout à remplacer le poussin naturellement couvé par la mère.

Différents types de volailles sauvages sont apparus sur chaque continent : le tétras en Europe, la pintade en Afrique, la dinde en Amérique et le coq doré (Gallus gallus) en Asie. C'est cette dernière espèce qui a donné lieu à la première domestication dans plusieurs régions d'Asie du Sud-est vers -6 000 avant JC[19]. Puis sa forme domestique s'est diffusée dans le monde entier pour la production de viande et d'œufs, si on se base sur le fait que le mot pour désigner le poulet domestique — *manuk — appartient à la langue reconstituée proto-austronésienne. Les poules, avec les chiens et les cochons, faisaient partie des animaux domestiques de la culture Lapita, la première culture néolithique de l'Océanie.

Grâce au commerce antique et aux mouvements de populations, les poules ont atteint tous les continents.

Les premières représentations de poules en Europe se trouvent sur les céramiques corinthiennes du VIIe siècle av. J.-C.

Dans la Grèce antique, les poules étaient rares et constituaient une nourriture de luxe. Il semble que Délos ait été un centre d'élevage du poulet.

Sur l'île de Pâques, les poules n'ont été introduites par les navigateurs polynésiens que vers le XIIe siècle, et elles y étaient le seul animal domestique. Elles étaient logées dans des poulaillers de pierre particulièrement solides.

De même, les poules Araucana (qui pondent des œufs à coquille bleue) sont arrivées en Amérique bien avant l'explorateur Christophe Colomb. Elles y ont été introduites par les Polynésiens, selon une étude génétique publiée dans les Annales de l'Académie nationale des Sciences.

Vers 1850, les premières poules asiatiques "géantes" comme la Cochin furent introduites en Europe et donnèrent lieu à ce qu'on appela alors la "Cochinmania"[20].

Génétique[modifier | modifier le code]

Le génome de la poule est composé de 39 chromosomes (2n=78) dont 5 macro chromosomes, 33 micro chromosomes et un chromosome sexuel (système ZW de détermination sexuelle)[21]. Le coq (ZZ) a 2 chromosomes Z alors que la poule (ZW) a un chromosome Z et un chromosome W (celui-ci est vide et n'a qu'un rôle sexuel). Les gènes qu'on trouve sur le chromosome Z sont dits "liés au sexe" (Sex link) et les gènes présents sur les autres chromosomes sont dits autosomaux.

L'amélioration génétique des différentes souches de poules a permis d'améliorer énormément la productivité au cours des 50 dernières années. En 1950, les meilleurs poules pondeuses pondaient 160 œufs par an contre 320 en 2015. Dans le même temps, les troupeaux ont vu leur taux de mortalité passer de 50% à 5% grâce à la vaccination et la quantité de nourriture nécessaire a été divisée par deux grâce à la réduction du poids des pondeuses.

Descendance liée au sexe (Sex link)[modifier | modifier le code]

Comme les poules ont seulement un allèle lié au sexe pour un locus donné, les allèles dominants et récessifs liés au sexe sont exprimés avec un seul gène (dit hémizygote). Si un allèle récessif lié au sexe est homozygote chez le mâle et qu'un allèle dominant lié au sexe est présent chez la femelle, tous les mâles issus du croisement hériteront du gène dominant lié au sexe de la mère, et toutes les femelles hériteront du gène récessif lié au sexe du père. L'inverse (père avec allèles dominants et mère avec allèle récessif) ne fonctionne pas de la même manière car tous les descendants auront le gène dominant.

Par exemple, dans un croisement de type "Red sex link", on croise un mâle doré (donc à gène sexuel homozygote récessif s+/s+) avec une femelle argentée (donc à gène sexuel hémizygote dominant S/-), on obtient alors obligatoirement des mâles uniquement argentés (S/s+) et des femelles uniquement rousses (s+/-) car l'allèle sexuel des femelles est obligatoirement donné par le père.

Couleurs[modifier | modifier le code]

La poule ne dispose que de 2 pigments pour créer ses différentes couleurs de robe : un pigment roux appelé phéomélanine (qui donne toutes les nuances du rouge au jaune en passant par le brun, le beige et l'orangé) et un noir appelé eumélanine (qui donne toutes les nuances de gris clair, foncé ou bleuté).

Certains gènes affectent uniquement les zones de phéomélanine. Par exemple :

  • avec le gène crème -ig, le roux est dilué vers le crème,
  • avec le gène acajou -Mh, le roux vire à l'acajou profond, etc.

Certains gènes affectent uniquement les zones d'eumélanine. Par exemple si la poule dispose des gènes bleus Bl ou brun Id, l'eumélanine est diluée en ces couleurs.

D'autres gènes affectent à la fois l’eumélanine et la phéomélanine, par exemple, le gène Lavande -lav dilue l'eumélanine en lavande pâle et la phéomélanine en beige pâle.

  • Le problème du blanc

3 gènes différents peuvent être à l'origine d'un plumage blanc, ce qui rend plus complexe l'obtention de cette couleur.

    • Le gène blanc dominant I empêche la synthèse ou l'expression de l'eumélanine, c'est par exemple le cas chez la Leghorn blanche.
    • Le gène argenté -S dominant (lié au sexe) empêche la synthèse de phéomélanine faisant ainsi virer le plumage au blanc argenté, , c'est par exemple le cas chez la Brahma argenté.
    • Le gène blanc récessif C modifie tout le plumage pigmenté (phéomélanine et eumélanine) en blanc, indépendamment des autres mutations du génotype.

Dosage[modifier | modifier le code]

Certains caractères s'expriment plus ou moins selon le nombres d'allèles qui les expriment. Par exemple, un coq barré B/B aura des rayures plus épaisses qu'un coq B/b+. Une femelle B/- aura le même type de rayures qu'un mâle B/b+ puisque le dosage de B est identique. Autre exemple, le croisement d'une poule naine (dw/-) avec un coq normal (Dw/Dw) donnera des mâles normaux mais un peu plus petits (Dw/dw) et des femelles normales (Dw/-)

Séquençage[modifier | modifier le code]

Le , la revue scientifique Nature a annoncé qu'une équipe internationale de 170 chercheurs est parvenue à établir le séquençage du génome de la poule. C'est le premier génome d'oiseau séquencé.

Les espèces proches (faisan, caille) produisent toutes des hybrides stériles. Les espèces du genre Gallus produisent peu d'hybrides fertiles.

Elle serait issue des sous-espèces du coq doré, ainsi que d'autres sous-espèces disparues, car :

  • la diversité génétique des races domestiques ne peut être justifiée que par la descendance des seules sous-espèces encore présentes à l'état sauvage ; cela a été prouvé récemment par les progrès de la recherche en génétique ;
  • la présence d'un gène issu d'hybridation avec Gallus sonneratii, découvert par des chercheurs européens (dont une Française, Mme Tixier-Boichard), ayant transmis le caractère héréditaire récessif (W*Y) « peau jaune » à plusieurs races domestiques, est inexistante dans les populations sauvages du coq doré[22].

L'amélioration génétique de la poule fait l'objet de nombreuses recherches par les grandes multinationales productrices d’œufs et de poussins. Les amateurs sont aussi nombreux à faire des essais de croisements et peuvent s'aider de calculateurs génétiques disponibles sur Internet[23].

Races de poules[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des races de poules.

Il existe plus de 200 grandes races de poules (dont 45 françaises), de forme, de taille et de couleur diverses et autant de races naines.

Article détaillé : Races de poules françaises.
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Élevage[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Aviculture, Œuf et poussin de un jour.
Quatre œufs de poules

Traditionnellement, l'élevage se faisait en basse-cour. Dès le Moyen Âge, chaque ferme ou même chaque maison villageoise avait un poulailler qui fournissait des œufs pour la consommation familiale et pour la vente au marché, ce qui permettait un revenu régulier même avec un effectif très réduit. La gestion du poulailler était le domaine des femmes et des enfants.

L'élevage industriel utilise le plus souvent des cages disposées en batteries ou au sol, dans des poulaillers. Le législateur a dû intervenir pour réglementer l'espace vital des poules en batterie. Pour sa part, le Conseil de l'Union européenne a pris la directive 1999/74/CE qui impose que les cages aménagées offrent une surface minimale de 750 cm2 par animal (contre 500 cm2 auparavant). Cette directive entre en application en novembre 2011.

Pour stimuler la ponte, l'accouveur joue sur l'éclairage dont la durée quotidienne est progressivement augmentée pour atteindre jusqu'à seize heures en période de ponte.

La France est le plus gros producteur européen avec 790 millions de poulets élevés chaque année. L'INRA constatait en 2004 que 75 à 90 % des poulets claudiquaient, dont 26 à 30 % « sévèrement ». Selon le Canard enchaîné du 26 juillet 2006, qui rapporte ces chiffres, ils passent près de 90 % de temps couchés faute d'espace (contre 60 à 70 % dans les années 1980), ce qui entraîne des déformations des pattes.

(voir aussi bien-être animal)

Importance économique[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Volaille et Œuf (cuisine).

De tous les œufs mis sur le marché, les œufs de poule sont de loin les plus consommés.

Un coquelet est un poulet qui est abattu à un poids inférieur à un kilogramme (alors que le poids d'un poulet standard peut varier de 1,5 à 2,5 kg et plus).

Évolution de la production mondiale de poulet d'après la FAO[24], (en millions de têtes par année)
1964 1969 1974 1979 1984 1989 1994 1999 2004
4 228 4 986 5 801 6 922 8 275 10 285 12 535 13 689 16 365
La production de volaille mondiale de 2004[25]
(en milliers de tonnes)
Rang Pays Production Rang Pays Production
1 Drapeau des États-Unis États-Unis 15 536 11 Drapeau de la Russie Russie 1 060
2 Drapeau de la République populaire de Chine Chine 9 475 12 Drapeau de l'Afrique du Sud Afrique du Sud 973
3 Drapeau du Brésil Brésil 8 668 13 Drapeau du Canada Canada 950
4 Drapeau du Mexique Mexique 2 250 14 Drapeau de la Turquie Turquie 940
5 Drapeau de l'Inde Inde 1 650 15 Drapeau de l'Argentine Argentine 885
6 Drapeau de l'Espagne Espagne 1 268 16 Drapeau de la Thaïlande Thaïlande 878
7 Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 1 242 17 Drapeau de la Malaisie Malaisie 825
8 Drapeau du Japon Japon 1 241 18 Drapeau de l'Iran Iran 820
9 Drapeau de la France France 1 135 -
10 Drapeau de l'Indonésie Indonésie 1 100 -

Poules de race pondeuse, à chair, d'ornement ou mixte[modifier | modifier le code]

On choisit une race de poules en fonction de l'usage qu'on souhaite en faire. En effet, il existe des races :

  • pondeuses avec des races comme la Leghorn (qui a été très utilisée pour la création de souches de poules pondeuses industrielles), la Marans, la poule de Bresse, l’Ardennaise, la Gauloise dorée, la poule de Gournay ou la Hambourg qui sont de bonnes pondeuses quoique moins prolifiques que les poules hybrides industrielles telles que la Lohmann Brown, l'Isa brown ou la Harco par exemple qui peuvent donner jusqu'à 300 œufs par an la première année. Ce sont des poules de moyenne et petite taille pour le rapport nourriture/ponte/prix de revient. On trouve souvent sur les marché des poules vendues sous le nom de poule rousse qui est en fait un nom générique pour différentes races ou hybrides de poules ;
  • couveuses comme la Nègre-soie qui est aussi une poule d’ornement ;
  • à chair comme la cou-nu, la Géline de Touraine, la Houdan, la Crèvecœur, la Dorking, la Faverolles, la poule du Sussex. La majorité des poulets de chair qu'on trouve dans le commerce est produite à partir de variétés développées par l'industrie avicole. Elles sont le plus souvent issues de croisement sélectionnés entre les variétés Combattant indien et White Rock (connus sous le nom de Cornish & Rock hybrids)[26]. Le coq peut peser jusqu'à 5,5 kg et la poule 4 kg. Les variétés anciennes atteignent leur maturité tard, (8 mois et plus) alors que les souches de poulet industriel sont sélectionnées pour leur croissance rapide, ce qui permet d'abattre les poulets entre quarante et quatre-vingt-dix jours après leur naissance, selon le mode de production (élevage industriel ou traditionnel). Les races à chair sont plus lourdes et volent moins que les légères, elles n'ont donc pas besoin d'une clôture très haute. 1,5 m de haut suffit. Elles donnent peu d'œufs mais peuvent couver ;
  • ornementales : comme la Padoue, la Brahma, la poule Cochin, la Bantam de Pékin, appréciées pour leur esthétique ou pour leur sociabilité comme animaux de compagnie ;
  • mixtes ou « à deux fins » : races disposant de plusieurs de ces qualités, la Gâtinaise (race ancienne au plumage blanc élevée pour sa chair et pour ses œufs) ou la poule du Sussex (bonne pondeuse et chair à peau blanche très appréciée). Même si, de prime abord, on peut penser que les races à deux fins sont l'idéal, elles ne sont pas utilisées par les industriels car elles ne sont pas pleinement performantes dans chacun des deux domaines (chair et ponte). D'un point de vue économique, mieux vaut élever d'une part, des poules pondeuses pour produire un maximum d’œufs avec des poules légères consommant peu d'aliments et d'autre part, des poulets à chair qui prennent très vite du poids (comme la souche Ross PM3 qui atteint le poids de 4 kg en seulement 8 semaines[27] !).

En hiver, les poules pondent moins voire pas du tout. Pour assurer une petite production d’œufs durant cette période froide, on peut opter pour une poule réputée bonne pondeuse l’hiver, telles que l’Orpington, la poule d’Alsace, la géline de Touraine, la gâtinaise ou la Faverolles.

Mode d'élevage[modifier | modifier le code]

Il existe différents modes d'élevages[28] :

  • L'élevage en batterie, c'est-à-dire en cages. 80 %[Quand ?] des poules en Europe et en France sont élevées de cette manière. Les normes en vigueur en Europe depuis le 1er janvier 2012, concernent l'espace dont doivent disposer les poules dans la cage : 750 cm2 (ou environ 30 cm sur 25 cm) d'espace dans les cages par poule, contre respectivement 550 cm2 (ou environ 22 cm sur 25 cm) auparavant. Néanmoins, environ 30 % des éleveurs ne sont pas encore aux normes[29]. En Suisse, ce mode d'élevage est interdit depuis 1991, et en Allemagne depuis 2010.
  • L'élevage au sol. Les poules ne sont pas en cage et peuvent se déplacer, mais elles restent à l'intérieur.
  • L'élevage en plein air. Les poules peuvent sortir durant la journée. Dans le cadre d'une agriculture biologique, elles ont encore plus d'espace pour s'ébattre et une alimentation adaptée.

Production d'œufs[modifier | modifier le code]

Grâce au séquençage du génome du coq Bankiva, dernier ancêtre sauvage des poules domestiques, on a trouvé une mutation du récepteur de l'hormone thyréostimuline. Cette mutation a libéré la poule de sa dépendance (pour la reproduction et de ponte) à la durée du cycle jour-nuit. Cette mutation semble dater de plusieurs milliers d'années et elle a permis aux poules domestiques de pondre presque toute l'année, ou toute l'année quand on les éclaire artificiellement[30].

Statistiques de production[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

En France [31],[32]

En 2010 :

  • 43 160 000 poules pondeuses d’œufs de consommation ;
  • 8 150 000 poules pondeuses d’œufs à couver ;
  • 124 249 000 poulets de chair (y compris coqs et coquelets) ;
  • 17 353 000 poulettes ;
  • Le nombre moyen de poules par exploitation est de 21 580.

En 2008 :

  • nombre d'œufs de poules de consommation : 11 857 745 000 (près de 12 milliards), dont :
    • 363 077 000 œufs bio (3 % de la production française),
    • 520 573 000 œufs non bio issus d'élevages au sol (soit 4,4 %),
    • 1 135 094 000 œufs non bio, élevages en plein air (9,6 %),
    • 9 839 001 000 œufs non bio, élevages en cage (soit près de 83 % de la production française).

Plus de 80 % de la production française en œufs provenaient d'élevages en batteries.

  • Nombre d’œufs de poules à couver: 1 422 674 000
  • Âge de mise en place des poulettes : 18 semaines
  • Taux de mortalité en période de ponte : entre 5 et 12 %
  • Âge d'abattage des poules de ponte : de 68 à 74 semaines [33]

Non-marquage et marquage des œufs[modifier | modifier le code]

En Europe, le marquage des œufs commercialisés pour la consommation humaine est facultatif. Pour les paysans producteurs fermiers, ce droit au non-marquage est soumis :

  • à la taille de l'élevage (moins de 250 poules) ;
  • au mode de production (traditionnel) ;
  • à l'obligatoire diversité des productions présentes au sein de la ferme ;
  • au fait caractérisé de vente directe (remise directe du paysan à l'acheteur) ;
  • au lieu de cette remise directe (à la ferme).

Certains aspects seront susceptibles d'être vérifiés pas la DDT; d'autres par la DGCCRF.

Un œuf issu d'un élevage de plus de 250 poules certifié en agriculture biologique allemande, reconnaissable au premier chiffre, « 0 », suivi de « DE » pour Deutsch.

Pour les autres productions d’œufs (y compris pour des productions incluant la dénomination « Œufs fermiers » sous forme de marque commerciale), le passage par un centre d'emballage agréé et l'impression d'un code sur les coquilles est obligatoire :

  • le premier chiffre désigne le mode d’élevage ou la qualité :
    • 0 pour les œufs issus de poules élevées en agriculture biologique certifiée,
    • 1 pour les œufs issus de poules élevées en plein air,
    • 2 pour les œufs issus de poules élevées au sol,
    • 3 pour les œufs issus de poules élevées en cage, ou élevage en batterie ;
  • les 2 lettres qui suivent correspondent au code du pays :
    • FR pour la France,
    • BE pour la Belgique,
    • CH pour la Suisse,
    • DE pour l'Allemagne, etc.
  • les derniers caractères identifient le numéro du producteur (et donc le lieu de production) et éventuellement, en sus, le numéro du pondoir.

Maladies[modifier | modifier le code]

Le poulet est sensible à de nombreuses maladies, dont à la grippe aviaire hautement pathogène (H5N1 notamment). Mais aussi la salmonellose, transmissible à l'homme, la coccidiose, qui ne l'est pas, et de nombreux autres virus et parasites mortels.

Tous les poussins issus de l'industrie avicole sont généralement vaccinés dans l’œuf (vaccination In Ovo) ou à la naissance par injection ou vaporisation notamment contre le virus de la bronchite infectieuse aviaire, la maladie de Newcastle, la maladie de Marek, la maladie de Gumboro et la coccidiose.

La vermifugation est recommandée pour lutter contre les vers tels qu'ascaridia et capillaria qui peuvent envahir l'intestin des volailles et les affaiblir. D'autres parasites tels que le pou rouge ou le pou mallophage (ou broyeur) s'attaquent aussi fréquemment aux poules en contact avec les oiseaux sauvages. Raisons pour laquelle il convient de nettoyer et désinfecter régulièrement le poulailler.

Une poule malade peut souvent en mourir donc mieux vaut prévenir par une bonne hygiène et une alimentation saine.

Culture[modifier | modifier le code]

Symbolique[modifier | modifier le code]

Symbolisme du coq[modifier | modifier le code]

  • Dans la symbolique occidentale le coq est associé à la vigueur, au courage, à la vaillance, à la fierté et à la prétention.
  • Le terme de coq a donné son nom à cocktail, mélange de boissons de diverses couleurs.
  • Le coq gaulois est le symbole national de la France. Ceci est dû à un habile jeu de mots, car coq se disait gallus, en latin et la Gaule se disait Gallia. C'est à la Renaissance que le gallinacé, symbole religieux d'espoir et de foi au Moyen Âge, est associé à l'idée de nation ; les effigies des rois sont souvent accompagnées d'un coq. Ce dernier ornait également des monnaies, des uniformes et il figure toujours sur la grille de l'Élysée. Bien qu'il ne soit plus reconnu comme emblème officiel par la République française, il l'est bel et bien dans l'imaginaire collectif.
  • Le coq est également l'emblème de deux entités fédérées de Belgique : la Communauté française de Belgique et la Région wallonne. Afin de se distinguer du coq gaulois qui est statique, le coq wallon lève une patte.
  • Dans la symbolique chrétienne, le coq est associé au Christ : tel le coq qui annonce une nouvelle journée, le Christ annonce une nouvelle ère.
  • Dans la symbolique du bouddhisme tibétain, le coq représente l'avidité.
  • Au Japon, le coq est lié aux Toriis.

Symbolisme de la poule[modifier | modifier le code]

  • Dans la symbolique occidentale, la poule est associée à la fécondité, la maternité et l'instinct maternel. L'origine de cette symbolique réside dans le fait que la poule peut pondre un œuf chaque jour, qu'elle les couve éventuellement avec assiduité et qu'elle porte une très grande attention à ses poussins.

Expressions[modifier | modifier le code]

Expressions avec la poule[modifier | modifier le code]

  • Une poule : prosaïquement, une prostituée ou plus familièrement, une petite amie.
  • Une poule de luxe (péjoratif) : courtisane, maîtresse.
  • Une poule mouillée : individu craintif.
  • la poule aux œufs d'or : source de richesse inépuisable (d'après la légende d'une poule qui pondait tous les jours un œuf en or). Tuer la poule aux œufs d'or : en référence à La Fontaine, gâcher une fortune à venir pour un profit immédiat.
  • Être une mère-poule/Être un père ou un papa poule : être très maternante/être très couvant, parents excessivement protecteurs.
  • Avoir la chair de poule : au propre, horripilation, au figuré, avoir peur (provient de la similitude d'aspect que prend la peau humaine quand elle a froid, avec la peau d'une poule qui vient d'être plumée).
  • Avoir la bouche en cul de poule : mimique caractérisée par un arrondissement des lèvres, parfois pour montrer le dédain.
  • Quand les poules auront des dents : se dit quand un évènement n'est pas près de se réaliser, par extension : jamais. En tchèque, l'expression devient Quand le coq pondra des œufs.
  • Pied-de-poule : type précis de petit motif géométrique sur des tissages (en plus grand : pied de coq).
  • La poule-au-pot : plat à base de poulet cuit à l'eau dans une marmite, et dont le roi Henri IV voulait que chacun puisse profiter au moins une fois par semaine.
  • Ça roule, ma poule : Expression paronymique populaire qui dénote une certaine forme d'affection ou d'amitié, et qui signifie tout simplement que tout va bien.
  • La poule est la meilleure solution que les œufs ont trouvé pour se reproduire : réponse humoristique à la question de savoir qui de la poule ou de l'œuf a donné naissance à l'autre.
  • Un nid-de-poule : trou dans la chaussée, par référence au trou creusé par la poule non pour pondre mais pour se poudrer de sable et éliminer ses parasites[36].
  • Cul de poule : récipient hémisphérique utilisé en cuisine.
  • En tchèque, le mot slepice qui signifie poule est couramment utilisé pour désigner les commères qui passent leur temps à médire dans le dos des autres ou à discuter entre elles sur des sujets futiles.
  • Être comme une poule qui a trouvé un couteau : perplexe, comme devant un objet dont on ignore l'usage.
  • Un Lait de poule : est une boisson à base de lait, de crème, de sucre et de jaune d'œuf.
  • Se lever et se coucher avec les poules : se lever tôt et se coucher tôt.
  • Une cage à poule : appartement de petite taille, dans un grand ensemble immobilier.

Expressions avec poulet, poulette, cocotte[modifier | modifier le code]

  • Les poulets : surnom courant donné aux policiers.
  • Ma poulette : termes affectueux désignant un petit enfant
  • En parlant aux enfants, on utilise souvent le mot cocotte (poule) pour parler affectueusement.

La poule dans la culture[modifier | modifier le code]

Contes et Légende[modifier | modifier le code]

Poules de fiction[modifier | modifier le code]

Ginette la Poule, dans les Babibouchettes.

Jeux[modifier | modifier le code]

  • Poule ou coq était un jeu enfantin, qui consistait à parier sur sa forme finale avant de dénuder une tige de graminée d'un coup sec.
  • Poule renard vipère est un jeu collectif par équipes. Le but des renards est d'attraper les poules, celui des poules de manger les vipères et les vipères doivent attraper les renards.

Livres[modifier | modifier le code]

  • La Petite Poule rousse, livre pour enfants de Pierre Delye et Cécile Hudrisier. Ed. Didier Jeunesse, 2007.
  • Les P'tites Poules est une série de livres pour les enfants écrite par Christian Jolibois et Christian Heinrich et publiée aux éditions Pocket Jeunesse.
  • La Petite Poule rousse, un conte traditionnel russe.

Films d'animation[modifier | modifier le code]

Arts[modifier | modifier le code]

Musique :

  • Jean-Philippe Rameau a composé un célèbre morceau pour piano intitulé La Poule, publié dans son Troisième livre de pièces de clavecin (« Nouvelles suites »), parmi les suites en Sol (1728).
  • Modeste Moussorgski est pour sa part l'auteur de La Cabane de Baba-Yaga sur des pattes de poule, 9e « tableau » des Tableaux d'une exposition, d'après la toilé éponyme de Victor Hartmann (1874).

Sculpture :

Objets :

  • La poule couveuse est une forme souvent reprise pour la fabrication de soupières ou de terrines dont une corbeille forme le récipient et la poule le couvercle.
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Utilisation culinaire[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sur le site Fréquence Terre
  2. Réponse de René Zayan, professeur d'éthologie, à la cinquième question de l'émission Les P'tits Bateaux du 18 juillet 2010 sur France Inter.
  3. (en) J. L. Edgar & coll, « Avian maternal response to chick distress », Proceedings of the Royal Society,‎ (DOI 10.1098/rspb.2010.2701)
  4. a et b Carolynn Smith et Sarah Zielinski, « Rusé comme... une poule », Dossier Pour la science, no 92,‎ , p. 30-35.
  5. Revue agricole de France – productions animales, vol. 7-8, 1952, Page 26
  6. Fiche technique Poule pondeuse.
  7. L'élevage des poules à petite échelle.
  8. "Nutrition et alimentation des animaux d'élevage", par Laurent Delteil
  9. Bruno Parmentier, directeur de l'École supérieure d'agriculture, auteur de l'ouvrage "Nourrir l'humanité : Les grands problèmes de l'agriculture mondiale au XXIe siècle" - Éditions La Découverte/Poche - 2009 et dans le documentaire "Vers un crash alimentaire."
  10. a et b Guide d'élevage Babolna Tetra
  11. a, b, c et d Bernard Sauveur, Michel de Reviers, Reproduction des volailles et production d'œufs, Éditions Quae, , p. 51-52
  12. Pierre Mongin, Physiologie de la formation de la coquille de l'œuf chez les oiseaux : rôle de l'équilibre acido-basique, P. Mongin, , p. 6
  13. Avian Reproductive System—Female - Dr Jacquie Jacob, University of Kentucky
  14. Broodiness, egg production, and correlations between broody traits in an indigenous chicken breed R. S. Jiang X. Y. Chen Z. Y. Geng Poultry Science, Volume 89, Issue 6, 1 June 2010, Pages 1094–1096, publié le 1er juin 2010
  15. Le poulailler: monographie des poules indigènes et exotiques" - Par Charles Emile Jacque
  16. Croissance des plumes retardée chez les poussins
  17. Hutt, F.B. Genética Avícola. Salvat Editores,S.A. 1ra.ed. España, 1958
  18. Nutrition et alimentation des animaux d'élevage - tome 2 : L ..., Volume 2 Par Marie-Christine Leborgne
  19. La poule, domestiquée par une mutation ? - "Pour la science"
  20. L'origine de nos poules.
  21. Avian genetics: Introduction to poultry breeding - Purdue extension
  22. (source : La Revue avicole, no 1683, janv.-février 2009)
  23. Calculateur de couleurs des poules.
  24. Archives des séries statistiques de production (interrogation par production, produit : poule, pays et années - FAO
  25. (de) Handelsblatt - Die Welt in Zahlen (2005)
  26. Raising Chickens For Dummies Par Kimberly Willis, Rob Ludlow
  27. Poulets à croissance rapide - La souche Ross PM3 offre le meilleur compromis - Réussir aviculture - 31/03/05
  28. [1]
  29. http://www.30millionsdamis.fr/acces-special/actualites/detail/article/3975-un-avenir-meilleur-pour-les-poules-pondeuses.html
  30. La poule mutée, dans Pour la Science, no 391, mai 2010, p. 7.
  31. http://agreste.agriculture.gouv.fr/thematiques_7/productions_animales_84/volailles_oeufs_lapins_equides_94/index.html
  32. http://agreste.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf_aviculture2010T12-2.pdf
  33. http://www.l214.com/oeufs-poules-pondeuses
  34. Qui apporte les œufs de Pâques ?
  35. [PDF]Les gallinacés, Sources littéraires et symbolique
  36. Cécile Schmitt, Mes poules et moi, Rustica Editions, , p. 36

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]