Martin Winckler

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Martin Winckler
Nom de naissance Marc Zaffran
Naissance (60 ans)
Alger, Algérie
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Œuvres principales

Marc Zaffran, né le à Alger, est un médecin français, connu sous l'unique pseudonyme de Martin Winckler, comme romancier et essayiste, évoquant souvent la situation du système médical français. Il est également critique de séries télévisées et traducteur.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et jeunesse[modifier | modifier le code]

Ses ancêtres Juifs proviennent de l'exode du royaume d'Espagne à la toute fin du XVe siècle, chassés par Isabelle la Catholique, de ceux qui ont alors émigré en Algérie[1].

Ses parents, Juifs également, vivaient en Algérie française et se sont mariés en 1952 ; sa mère, née Denise Miguéres, mais appelée Nelly, avait une petite fille d'une précédente union, Claude. Son père, Ange[2] Zaffran, et surnommé "Zaza"[3], était également médecin, spécialisé en pneumo-phtisiologie, à Alger. Marc (alias Martin Winckler) y naît en février 1955, puis son frère, Michel, un an et demi plus tard, en octobre 1956.

Les évènements en Algérie durant les derniers temps de la Révolution algérienne contraignent la famille à quitter précipitamment le pays en octobre 1961, et le père, Ange, est dans la visée d'un meurtre par des membres de l'OAS. La famille, disciple du sionisme se réfugie en Israël, aidée par l'Agence juive, à laquelle Ange appartenait. Cependant, celui-ci n'y trouve pas de travail de médecin, et comprenant peu à peu, dépité, que cette "terre promise" est loin de ses rêves et de ses espérances, après une année sur place, il décide de tenter de s'installer en France, fin 1962. La famille rejoint le frère de la mère, dans le Massif central, et Ange cherche à reprendre un cabinet de médecine, générale cette fois, car il lui est impossible d'en trouver un de sa spécialité, devenue quelque peu marginale, avec les avancées de la médecine sur la tuberculose.

C'est à Pithiviers, dans le Loiret, qu'il en trouve enfin un, et la famille s'y installe, en 1963. Marc a alors 8 ans, et c'est donc dans cette ville qu'il grandit.

Le jeune garçon a tôt le goût du cinéma et de la lecture : « Le cinéma. La Bibliothèque pour tous. La librairie. Le marchand de journaux. Pendant la plus grande partie de mon enfance finissant, et de mon adolescence, ce sont mes principales destinations quand je sors de chez moi. »[4]. Cela l'inspire à l'écriture, et il produit énormément, dès sa préadolescence, surtout, selon ses dires, « des histoires courtes »[5], à l'époque.

Son père le fait séjourner plusieurs étés en Angleterre pour qu'il y apprenne la langue : à 16 ans, il la maîtrise déjà plutôt bien, et curieux de la culture américaine, qu'il découvre en partie grâce aux séries télévisées, il décide de partir séjourner aux États-Unis après son baccalauréat, poursuivre ses études durant un an, de 1972 à 1973, logé dans une famille d'accueil à Bloomington, dans le Minnesota. Il profite de ses études à l'étranger pour apprendre la dactylographie, et auprès de ses professeurs américains qui « l’encourageaient à l'expression personnelle et la créativité », il trouve une valorisation de ses inclinations à l'écriture qu'il n'avait pas connue en France. Ces encouragements, conjugués à sa maîtrise du clavier, le font écrire plus intensément, et plus rapidement, ce qui transforme son rapport à l'écriture. Pour lui, concernant ce séjour aux États-Unis : « À tous points de vue, cette année a été un moment déterminant de ma vie. »

De retour en France, il échoue la première fois au concours d'entrée de Médecine, et veut alors retourner aux États-Unis, suivre des études de journalisme. Son père, médecin, s'y oppose, il souhaite que son aîné suive la même voie, pensant qu'il est « fait pour soigner et il avait raison », selon le principal intéressé, a posteriori. Les États-Unis continuent de le faire rêver, il s'intéresse de près à sa culture et ses œuvres cinématographiques, et il y séjournera deux fois durant ses études de médecine qu'il suit à Tours, regrettant de ne pas pouvoir y demeurer.

Âge adulte[modifier | modifier le code]

Diplômé de la faculté de médecine de Tours en 1979, il s'installe la même année dans la Sarthe et exerce dans un cabinet médical de campagne jusqu'en 1993. À cette époque, il collabore au magazine Prescrire sous le nom de Marc Zaffran, son patronyme.

En 1984, il publie ses premières nouvelles sous le pseudonyme de Martin Winckler, choisi en hommage à Georges Perec : Gaspard Winckler est un personnage de La Vie mode d'emploi.

Son premier roman La Vacation est publié en 1989 et introduit le personnage du docteur Bruno Sachs, médecin généraliste de campagne qui pratique des avortements lors de vacations hebdomadaires à l'hôpital de la ville imaginaire de Tourmens ; Bruno Sachs devient célèbre avec La Maladie de Sachs.

Les Cahiers Marcoeur, le premier roman qu'il ait commencé à écrire dès 1979 (achevé en 1992 après la publication de La Vacation), est refusé par son éditeur P.O.L (resté inédit sous forme de livre, il sera mis en ligne en 2004 par Martin Winckler sur son site internet). De nombreux thèmes (ou détails) de ses futures œuvres y apparaissent déjà, mêlés à de nombreuses références culturelles (savantes ou populaires) et autobiographiques (comme l'anecdote sur Albert Camus qui, adolescent, jouait au football au poste de gardien de but, racontée par Ange Zaffran, le père de l'auteur[6]). Dans une forme complexe et éclatée (inspirée entre autres par La Vie mode d'emploi de Georges Perec et Le Carnet d'or de Doris Lessing), il mêle des articles critiques sur un auteur imaginaire, Raphaël Marcoeur, et six récits dont les héros, surnommés Abel, Bruno, Charlie, Daniel, Emmanuel et Frédéric, soit A, B, C, D, E et F, sont tous nommés Sachs, mais avec des graphies différentes (Sax, Sacks, etc.) comme six devenirs potentiels d'un même étudiant en médecine (trois d'entre eux ont abandonné leurs études, les trois autres sont devenus médecins). Emmanuel, médecin généraliste devenu écrivain et traducteur, a une vie très proche de celle de Marc Zaffran à la même époque.

En 1993, il quitte son exercice de médecin de campagne, devient traducteur et écrivain à temps plein tout en continuant à exercer la médecine à temps partiel à l'hôpital du Mans dans le service de Planification (IVG, contraception, gynécologie courante). Il y travaille jusqu'en décembre 2008, avant d'émigrer au Canada.

Le refus de P.O.L d'éditer Les Cahiers Marcoeur l'affecte beaucoup, mais il ne se décourage pas et entreprend bientôt un nouveau roman dont Bruno Sachs est encore le héros. D'abord intitulé Les Relations puis La Relation, c'est sous le titre de La Maladie de Sachs qu'il est publié en 1998. Il obtient la même année le Prix du Livre Inter, et remporte un grand succès auprès du public. Il est porté à l'écran sous ce titre l'année suivante, par Rosalinde et Michel Deville, avec Albert Dupontel dans le rôle de Sachs.

Le succès du roman rend Winckler célèbre et lui ouvre la porte de certains médias (particulièrement la radio France Inter, suite logique à son prix du Livre Inter). Il a alors l'occasion d'expliquer que Bruno Sachs n'est pas une simple transposition autobiographique de sa vie de médecin généraliste, mais que le caractère de son héros lui a été inspiré par celui d'un de ses proches amis, jeune médecin généraliste qui s'est suicidé plusieurs années auparavant, et à qui le roman est dédié.

De septembre 2002 à juillet 2003, il prépare et lit chaque matin Odyssée, une chronique sur France Inter, où il exprime franchement ses idées sur la médecine en France et la façon dont les séries télévisées sont diffusées par les chaînes françaises. Ses critiques des laboratoires pharmaceutiques lui valent néanmoins la suppression de son passage à l'antenne[7].

Depuis 2004, son site internet publie de nombreux articles et contributions sur le soin, la contraception, les séries télévisées. La section « Contraception et Gynécologie » est la plus visitée, certains articles (sur les règles ou la pilule) totalisant plusieurs centaines de milliers de visites [8].

De février 2009 à décembre 2011, il est chercheur invité au Centre de Recherches en éthique à l'Université de Montréal (CREUM), pour un projet de recherche sur la formation des soignants ; il utilise le décor du CREUM pour son roman Les Invisibles, troisième d'une série de romans policiers commencée avec Mort in Vitro et Camisoles.

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Médecine[modifier | modifier le code]

Revue, sous le nom de Marc Zaffran[modifier | modifier le code]

Ouvrages de vulgarisation médicale, sous le nom de Marc Zaffran
  • Plusieurs ouvrages publiés en 1998 aux éditions du Reader's Digest : L'Alimentation et ses troubles ; Migraine et maux de tête ; Mal de dos et douleurs articulaires ; Le Sommeil ; Le Stress.
  • Liaison fatale : guide 1995 de l'alcool et des médicaments, éd. Giropharm, 1994

Essais[modifier | modifier le code]

  • Contraceptions mode d'emploi, 2001 ; 2e éd. revue et augmentée, Au Diable Vauvert, 2003. Troisième édition, J'ai Lu, 2007
  • C’est grave docteur ? Ce que disent les patients, ce qu'entendent les médecins, La Martinière, 2002.
  • Nous sommes tous des patients, entretiens avec Catherine Nabokov, Le Livre de poche, 2005.
  • Les Droits du patient, en collaboration avec Salomé Viviana, collection "Soigner", Fleurus 2007
  • Choisir sa contraception, collection "La Santé en questions", Fleurus 2007.
  • Tout ce que vous vouliez savoir sur les règles... sans jamais avoir osé le demander, collection "La Santé en questions", Fleurus 2008.

Romans et littérature[modifier | modifier le code]

  • La Vacation, P.O.L., 1989
    Lauréat du Festival du Premier roman de Chambéry, 1990[9],[10]
  • La Maladie de Sachs, P.O.L., 1998
    adapté au cinéma en 1999 sous ce titre par Michel Deville avec Albert Dupontel.
  • En soignant, en écrivant, 2000, éd. Indigène ; rééd. J'ai lu, 2001 ; récit
  • Les Trois Médecins, P.O.L, 2004 ; les années d'université de Bruno Sachs.
  • Touche pas à mes deux seins, collection « Le Poulpe », Baleine no 221 (2001) puis Librio no 559 (2002).
  • Légendes, P.O.L, 2002 ; réédition poche Folio (no 3950), Gallimard, 2003 ; recueil de récits autobiographiques,
  • Plumes d'Ange, P.O.L, 2003 ; récit autobiographique et biographique sur son père, Ange
  • Le mensonge est ici, nouvelle, in anthologie Noirs complots (dir. Pierre Lagrange), publication avril 2003
  • Mort in vitro, Fleuve noir et Mutualité française, 2003.
  • Camisoles, Fleuve Noir, 2006.
  • Noirs Scalpels, (anthologie collection Néo) au Cherche Midi, 2006.
  • J'ai mal là…, Les Petits Matins, 2006 (réécriture des chroniques enregistrées pour Arte Radio entre septembre 2004 et juin 2005)[14]
  • Le Numéro 7, roman dans la collection Néo au Cherche Midi, 2007 ; en relation avec la série Le Prisonnier
  • Histoires en l'air, P.O.L, 2008
  • Un pour deux, "La Trilogie Twain, tome 1" Calmann-Lévy, 2008
  • L'Un ou l'Autre, "La Trilogie Twain, tome 2", Calmann-Lévy, 2009
  • Deux pour tous, "La Trilogie Twain, tome 3", Calmann-Lévy, 2009
  • Le Chœur des femmes, P.O.L, 2009
  • Les Invisibles, Fleuve noir, 2011
  • En souvenir d’André, P.O.L, 2012

Séries télévisées[modifier | modifier le code]

A participé aux magazines Génération Séries, puis Épisode.

  • 1993 : Mission impossible, 20 ans après avec Alain Carrazé (Néo - Huitième art)
  • 1994 : Collectif :
    • Les Grandes Séries américaines, Huitième Art
    • Les Grandes Séries britanniques, id.
  • 1997 : Les Nouvelles Séries américaines et britanniques 1996-1997 (coll. codirigé avec Alain Carrazé), Belles Lettres
  • 1999 : Les Séries télé (coll. avec Christophe Petit et Jean-Jacques Schleret), Larousse, collection « Guide Totem » ; dictionnaires de séries.
  • 2003-2005 : Histoire des séries américaines :
    • tome 1, Les Miroirs de la vie, Le Passage
    • tome 2 (collectif), Les Miroirs obscurs, Le Diable Vauvert
  • 2004 : Les Séries TV et le soap opera, conférence à l'université de tous les savoirs[15]
  • 2005 : Séries télé : De Zorro à Friends, 60 ans de téléfictions américaines, Éditions J'ai Lu, collection Librio Repères
  • 2007 : Le Meilleur des séries, collectif dirigé par MW, Éditions Hors Collection
  • 2007 : Le Numéro 7 roman dans la collection Néo au Cherche Midi ; en relation avec la série Le Prisonnier
  • 2008 : L'Année des séries 2008, ouvrage collectif, codirigé par MW et Marjolaine Boutet, Éditions Hors Collection
  • 2012 : Petit éloge des séries télé, Folio, 2012
  • 2013 : Dr House, l'esprit du Shaman, Éditions Boréal

Autres[modifier | modifier le code]

  • Collectif, L'Affaire Grimaudi, en collaboration avec Claude Pujade-Renaud, Dominique Noguez et autres, éd. du Rocher, 1995
  • Les Cahiers Marcœur, 1991 ; inédit à l'édition, disponible sur le site internet de l'auteur. Des extraits en ont été publiés sous le titre Le Mystère Marcœur, L’amourier, 2001
  • Neuf contes pour nos enfants, CD sonore, De Vive Voix, 2002
  • Le Corps en suspens, textes de Martin Winckler, photos de Henri Zerdoun, 50 photographies en hôpital, chez des médecins à la campagne ou en ville, Zulma, 2002
  • Super Héros, EPA, 2003 ; sur les personnages de comics.
  • Odyssée. Une aventure radiophonique, Le Cherche-Midi, 2003 ; anthologie des chroniques de Martin Winckler sur la chaîne de radio France Inter.
  • Docteur Je sais tout, chronique dans Spirou HeBDo (le titre immodeste a été choisi par la rédaction) où les lecteurs posent des questions auxquelles il répond sur un ton résolument ironique. Les textes de Martin Winckler sont illustrés par Johan De Moor.
  • Le Rire de Zorro, Bayard, 2005
  • Histoires en l’air, P.O.L, 2008 (réécriture des chroniques enregistrées pour arteradio.com entre septembre 2005 et juin 2007)
  • L'Enfant qui n'aimait pas les livres, illustré par Stéphane Sénégas, éd. Danger Public, 2008 ; album jeunesse
  • Le Cahier de transmissions, Publie.net, 2012 (eBook) (ISBN 9782814506688)

Préfaces[modifier | modifier le code]

  • Changer de sexe. Identités transsexuelles, par Stéphanie Nicot et Alexandra Augst-Merelle, éditions Le Cavalier Bleu, 2006
  • Juste après dresseuse d'ours, par Jaddo, éditions Fleuve noir, 2011
  • Loin des villes, proche des gens, par Dr Borée, éditions City Editions, 2012
  • Batman anthologie. 01 : 1967-1969, par Neal Adams, éditions Semic, 2005 (OCLC 419655052)
  • La Société des super-héros : économie, sociologie, politique, par Jean-Philippe Zanco, Paris, éditions Ellipses, 2012, 204 p. (OCLC 826850228).

Traductions[modifier | modifier le code]

De l'anglais au français.

Adaptation cinématographique[modifier | modifier le code]

Bibliographie sur l'auteur[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source des données de sa famille et de son enfance : d'après son recueil de récits autobiographiques Légendes, P.O.L, 2002 ; réédition poche Folio (no 3950), Gallimard, 2003
  2. D'où le titre de son ouvrage autobiographique et biographique sur son père : Plumes d'Ange (2003)
  3. « Mon père se prénommait Ange, mais j'ai toujours entendu tout le monde l'appeler Zaza. », in Légendes, réédition Folio, 2003, op. cit., p. 95
  4. in Légendes, op. cit., p. 106
  5. Source des données de sa jeunesse, et citations tirées de : « "Chevaliers des touches": Le métier d'écrivant, un feuilleton inédit (3) : La seconde langue/Au commencement de l'écriture, 1 », sur wincklersblog.blogspot.fr,‎ (consulté le 5 février 2014)
  6. Martin Winckler, Plumes d'Ange, Paris, P.O.L,‎ (lire en ligne)
  7. « Stéphane Paoli, co-propriétaire de France Inter », www.acrimed.org, 20 septembre 2003.
  8. Vincent Berville, La naissance du Martin Winckler's Webzine, septembre 2011 (lire en ligne)
  9. a et b Biographie, sur le site d'un de ses éditeurs La passe du vent.
  10. a et b Biographie, sur le site de l'Université d'Ottawa, où il était accueilli "écrivain en résidence".
  11. Festival du premier roman 2000, site officiel.
  12. a et b Quelques lauréats du Prix, sur le site de la bibliothèque de l'Académie Nationale de Médecine.
  13. a et b Le livre et son prix, sur le site Prix littéraires.
  14. « J'ai mal là : la chronique de Martin Winckler », sur www.arteradio.com (consulté le 5 mars 2015)
  15. « Les séries TV et le soap opera », sur www.canal-u.tv (consulté le 5 mars 2015)
  16. L'ouvrage, sur le site de l'Université du Québec.

Liens externes[modifier | modifier le code]