Panorama (peinture)

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Un panorama (du grec pan, tout, et horama, spectacle) est une peinture à 360 degrés de grande dimension, dont la production s'étend essentiellement entre la toute fin du XVIIIe et le début du XXe siècle, développée sur le mur intérieur d'une rotonde et donnant l'illusion de la réalité par des effets de perspective et de trompe-l'œil. Par extension, on a pu désigner sous ce nom le bâtiment lui-même.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Les panoramas se présentaient sous la forme suivante : le spectateur était invité à entrer dans la rotonde en empruntant un tunnel plongé dans l'obscurité. Il débouchait alors au milieu d'une peinture circulaire dont il ne pouvait voir ni le haut, caché par un paravent, ni le bas, à cause d'une rambarde qui le maintenait à distance du tableau. La source de lumière était de même masquée par le paravent[1]. La toile, d'environs 7 mètres de haut et couvrant des murs circulaires de 17 à 50 mètres de diamètres[2], était exposée le plus souvent lors d'expositions et circulait d'une ville à l'autre, voire d'un pays à l'autre.

Les peintres panoramistes[modifier | modifier le code]

L'inventeur[modifier | modifier le code]

Le 19 juin 1787, le peintre britannique Robert Barker fait breveter son invention, une peinture circulaire qui absorbe l’observateur dans la scène représentée grâce à sa circularité et à l'éclairage particulier[3]. Il ouvre une première rotonde à Leicester Square qui présente des centaines de vues jusqu'à sa fermeture en 1861.

Les autres peintres[modifier | modifier le code]

Le premier grand panoramiste français est Pierre Prévost (1764-1823)[4].

En avril 1799, Robert Fulton obtient un brevet d'exploitation pour la France de l'invention de Barker et fait construire la première rotonde panoramique à Paris dans les jardins de l'hôtel de Montmorency-Luxembourg où il expose une toile de Prévost intitulée Vue de Paris depuis les Tuileries[5] qu'il compose avec l'aide des peintres Constant Bourgeois, Denis Fontaine et Jean Mouchet.

Article détaillé : Passage des panoramas.

Revendant le brevet à James William Thayer (1763-1835), celui-ci embaucha Prévost, entre autres, pour concevoir les grands panneaux, et fit construire deux rotondes au même endroit. Des dizaines de lieux d'exposition ouvrirent à Paris et en France tout au long du XIXe siècle sous forme de rotonde dont les armatures furent d'abord en bois, puis en fonte.

Jean-Charles Langlois (1789-1870), dit Le colonel, connut également le succès avec ses peintures panoramiques. Il fut l'un des premiers à inclure des objets réels pour faire la transition entre la toile et le spectateur[6]Théophile Poilpot (1848-1915) fut réputé pour ses panoramas de batailles.

Panoramas subsistants[modifier | modifier le code]

Bâtiment[modifier | modifier le code]

à Bruxelles
Article détaillé : Panorama du Caire.
  • Un autre bâtiment existe toujours dans le centre de la ville et a été transformé en parking, le Parking Panorama, entrées 10 boulevard Maurice Lemonnier et 19 rue Van Helmont. Le bâtiment, connu à l'époque sous le nom de rotonde Castellani, a été construit en 1879 sur les plans de l'architecte Henri Rieck et a été utilisé comme panorama jusqu'en 1924. La charpente métallique d'origine est visible depuis le troisième étage du parking.
Article détaillé : Rotonde Castellani.
à Paris
à Waterloo

La toile du panorama de la bataille est toujours accrochée dans le bâtiment originel de 1912, au pied de la butte du Lion.

Peinture[modifier | modifier le code]

Panoramas disparus[modifier | modifier le code]

Bâtiment[modifier | modifier le code]

Affiche pour The Mississippi River Panorama de John Banvard présenté à l'Amory Hall de Boston (1847).
à Paris
  • Seul le nom du passage des Panoramas témoigne encore de l'existence de deux rotondes d'exposition qui se trouvaient autrefois de part et d'autre de l'entrée située sur le boulevard Montmartre ;
  • le panorama de la rue des Marais-Saint-Martin (1831, diamètre extérieur 38 m, intérieur 35 m, hauteur 15 m), aujourd'hui Rue Albert-Thomas, fut la première salle exploitée par Jean-Charles Langlois ;
  • la rotonde des Panoramas des Champs-Élysées (1839, diamètre 40 m, hauteur 15 m), seconde salle bâtie pour Jean-Charles Langlois par l'architecte Jacques Hittorff dans le grand carré des Champs-Élysées (aujourd'hui Jardins des Champs-Élysées) a été miraculeusement épargnée par le grand chantier ouvert pour la construction du Palais de l'Industrie (1855). Située plus au sud, elle fut annexée à ce dernier pour la durée de l'Exposition universelle de 1855, puis finalement démolie l'année suivante pour permettre l'aménagement d'un chemin d'accès à la Seine[13]. Elle n'est pas à confondre avec le troisième des panoramas dirigés successivement par Langlois, connu sous le nom de Panorama national (voir ci-devant le paragraphe sur les panoramas subsistants).
aux États-Unis
  • Le Panorama du Mississippi de John Banvard (en), achevé en 1846, montrant le paysage de la rivière sur une bande de 4 570 m sur 3,65 m de haut, considéré comme le plus grand du monde : les rouleaux, stockés dans un hangar de Coldspring Harbour (New York) prirent feu en 1891[14].

Peinture[modifier | modifier le code]

Panorama du XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. G. Bapst, p. 1-6
  2. G. Bapst, p.8
  3. G. Bapst, p. 7
  4. Louis du Chalard & Antoine Gautier, Les panoramas orientaux du peintre Pierre Prévost (1764-1823), in Orients, Bulletin de l'association des anciens élèves et amis des langues orientales, juin 2010, p. 85-108.
  5. Le titre proposé à l'époque fut : Le Panorama ou tableau sans bornes, représentant une superbe vue de Paris et de ses environs, prise du haut du Palais des Tuileries, l'adresse était au Jardin dit d´Apollon, boulevard de Montmartre et le prix d´entrée de 1,50 francs par personne.
  6. G. Baps, p. 22
  7. En 1906, on lui donna le sobriquet de Sordide verrue
  8. "Le Panorama du Congo est resté dans un bon état, qui permettrait en tout cas d’envisager une restauration et une exposition" Éric Deffet, L’incroyable histoire du Panorama de la Meuse. Le Soir, 23 avril 2011 page 25.
  9. "Le Panorama de la Bataille de l’Yser est en pièces. Mais des pièces qui composent malgré tout un témoignage historique important" ibidem.
  10. Éric Deffet, L’incroyable histoire du Panorama de la Meuse. Le Soir, 23 avril 2011 page 25.
  11. Vues du Panorama de la Bataille de Stalingrad
  12. Historique et vues du Panorama du Siège de Sébastopol
  13. Bernard Comment, The Panorama, Reaktion Books, London, 2003.
  14. Guiness-Hachette, Le Livre des extrêmes, Paris, Hachette, 1962, page 191.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Germain Bapst, Essai sur l'histoire des panoramas et des dioramas. Extrait des rapports du jury international de l'exposition universelle de 1889, Paris, Imprimerie nationale, 1891
  • Walter Benjamin, Paris, capitale du XIXe siècle. Le livre des passages, trad. Jean Lacoste, Paris, Cerf, 1989
  • Jean-Marc Besse, « Le panorama : voir et connaître au XIXe siècle », in J’aime les panoramas. S’approprier le monde, L. Madeline, J-R. Bouiller (dir.), Genève, Musées d’art et d’histoire de Genève, 2015, pp. 58-66
  • Jean-Marc Besse, Face au monde. Atlas, jardins, géoramas, Paris, Desclée de Brouwer, 2003 (ISBN 2-220-05166-8)
  • Bernard Comment, Le XIXe siècle des panoramas, Adam Biro, Paris, 1993
  • Patrick Désile, Généalogie de la lumière. Du panorama au cinéma, Paris, L'Harmattan, 2000 (ISBN 2-7384-9092-1)
  • Patrice Thompson, « Essai d'analyse des conditions du spectacle dans le Panorama et le Diorama », Romantisme, n°12, 1982, p.47-64

Articles connexes[modifier | modifier le code]