Panorama (peinture)

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Un panorama (du grec pan, tout, et horama, spectacle) est une peinture de grande dimension, dont la production s'étend essentiellement entre la toute fin du XVIIIe et le début du XXe siècle, développée circulairement sur le mur intérieur d'une rotonde et donnant l'illusion de la réalité par des effets de perspective et de trompe-l'œil, et par extension, la rotonde, le bâtiment lui-même.

Les peintres panoramistes[modifier | modifier le code]

L'inventeur[modifier | modifier le code]

En 1787, le peintre britannique Robert Barker fait breveter son invention, une peinture circulaire naturaliste dont la taille est si gigantesque qu’elle absorbe l’observateur dans la scène représentée. Il ouvre une première rotonde à Leicester Square qui présente des centaines de vue jusqu'à sa fermeture en 1861.

Les autres peintres[modifier | modifier le code]

Le premier grand panoramiste français est Pierre Prévost (1764-1823)[1].

En avril 1799, Robert Fulton obtient un brevet d'exploitation pour la France de l'invention de Barker et fait construire la première rotonde panoramique à Paris dans les jardins de l'hôtel de Montmorency-Luxembourg où il expose une toile de Prévost intitulée Vue de Paris depuis les Tuileries[2] qu'il compose avec l'aide des peintres Constant Bourgeois, Denis Fontaine et Jean Mouchet.

Article détaillé : Passage des panoramas.

Revendant le brevet à James William Thayer (1763-1835), celui-ci embaucha Prévost, entre autres, pour concevoir les grands panneaux, et fit construire deux rotondes au même endroit. Des dizaines de lieux d'exposition ouvrirent à Paris et en France tout au long du XIXe siècle sous forme de rotonde dont les armatures furent d'abord en bois, puis en fonte.

Jean-Charles Langlois (1789-1870), dit Le colonel, connut également le succès avec ses peintures panoramiques. Théophile Poilpot (1848-1915) fut réputé pour ses panoramas de batailles.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

La toile, généralement de 110 mètres sur 14 mètres[réf. nécessaire], était exposée le plus souvent lors d'expositions et circulait d'une ville à l'autre, voire d'un pays à l'autre. Entre les spectateurs et la toile, il y avait souvent une mise scène, accompagnée d'effets sonores et musicaux et d'effets de lumière. La source de lumière, ainsi que les bords inférieur et supérieur de la toile étaient cachés aux spectateurs.

Panoramas subsistants[modifier | modifier le code]

Bâtiment[modifier | modifier le code]

à Bruxelles
Article détaillé : Panorama du Caire.
  • Un autre bâtiment existe toujours dans le centre de la ville et a été transformé en parking, le Parking Panorama, entrées 10 boulevard Maurice Lemonnier et 19 rue Van Helmont. Le bâtiment, connu à l'époque sous le nom de rotonde Castellani, a été construit en 1879 sur les plans de l'architecte Henri Rieck et a été utilisé comme panorama jusqu'en 1924. La charpente métallique d'origine est visible depuis le troisième étage du parking.
Article détaillé : Rotonde Castellani.
à Paris
à Waterloo

La toile du panorama de la bataille est toujours accrochée dans le bâtiment originel de 1912, au pied de la butte du Lion.

Peinture[modifier | modifier le code]

Seuls vingt sept panoramas subsistent, dont :

Panoramas disparus[modifier | modifier le code]

Bâtiment[modifier | modifier le code]

Affiche pour The Mississippi River Panorama de John Banvard présenté à l'Amory Hall de Boston (1847).
à Paris
  • Seul le nom du passage des Panoramas témoigne encore de l'existence de deux rotondes d'exposition qui se trouvaient autrefois de part et d'autre de l'entrée située sur le boulevard Montmartre ;
  • le panorama de la rue des Marais-Saint-Martin (1831, diamètre extérieur 38 m, intérieur 35 m, hauteur 15 m), aujourd'hui Rue Albert-Thomas, fut la première salle exploitée par Jean-Charles Langlois ;
  • la rotonde des Panoramas des Champs-Élysées (1839, diamètre 40 m, hauteur 15 m), seconde salle bâtie pour Jean-Charles Langlois par l'architecte Jacques Hittorff dans le grand carré des Champs-Élysées (aujourd'hui Jardins des Champs-Élysées) a été miraculeusement épargnée par le grand chantier ouvert pour la construction du Palais de l'Industrie (1855). Située plus au sud, elle fut annexée à ce dernier pour la durée de l'Exposition universelle de 1855, puis finalement démolie l'année suivante pour permettre l'aménagement d'un chemin d'accès à la Seine[9]. Elle n'est pas à confondre avec le troisième des panoramas dirigés successivement par Langlois, connu sous le nom de Panorama national (voir ci-devant le paragraphe sur les panoramas subsistants).
aux États-Unis
  • Le Panorama du Mississippi de John Banvard (en), achevé en 1846, montrant le paysage de la rivière sur une bande de 4 570 m sur 3,65 m de haut, considéré comme le plus grand du monde : les rouleaux, stockés dans un hangar de Coldspring Harbour (New York) prirent feu en 1891[10].

Peinture[modifier | modifier le code]

Panorama du XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Louis du Chalard & Antoine Gautier, Les panoramas orientaux du peintre Pierre Prévost (1764-1823), in Orients, Bulletin de l'association des anciens élèves et amis des langues orientales, juin 2010, p. 85-108.
  2. Le titre proposé à l'époque fut : Le Panorama ou tableau sans bornes, représentant une superbe vue de Paris et de ses environs, prise du haut du Palais des Tuileries, l'adresse était au Jardin dit d´Apollon, boulevard de Montmartre et le prix d´entrée de 1,50 francs par personne.
  3. En 1906, on lui donna le sobriquet de Sordide verrue
  4. "Le Panorama du Congo est resté dans un bon état, qui permettrait en tout cas d’envisager une restauration et une exposition" Éric Deffet, L’incroyable histoire du Panorama de la Meuse. Le Soir, 23 avril 2011 page 25.
  5. "Le Panorama de la Bataille de l’Yser est en pièces. Mais des pièces qui composent malgré tout un témoignage historique important" ibidem.
  6. Éric Deffet, L’incroyable histoire du Panorama de la Meuse. Le Soir, 23 avril 2011 page 25.
  7. Vues du Panorama de la Bataille de Stalingrad
  8. Historique et vues du Panorama du Siège de Sébastopol
  9. Bernard Comment, The Panorama, Reaktion Books, London, 2003.
  10. Guiness-Hachette, Le Livre des extrêmes, Paris, Hachette, 1962, page 191.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patrick Désile, Généalogie de la lumière. Du panorama au cinéma, Paris, L'Harmattan, 2000 (ISBN 2-7384-9092-1)
  • Jean-Marc Besse, Face au monde. Atlas, jardins, géoramas, Paris, Desclée de Brouwer, 2003 (ISBN 2-220-05166-8)