Régis Jauffret

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Régis Jauffret
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Régis Jauffret au Salon du livre de Paris en mars 2010.

Naissance (61 ans)
Marseille
Activité principale
écrivain
Auteur
Langue d’écriture français

Œuvres principales

Régis Jauffret, né le à Marseille, est un écrivain français.

Qualifié d'écrivain de la folie[1] et de la cruauté[2] il met en scène, dans des romans parfois inspirés de fait-divers[3], et dans des textes courts (microfictions), des personnages marqués par les « souffrances, humiliations, rapports de domination, désirs refoulés[4] », la plupart du temps sous forme de monologues.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et débuts littéraires[modifier | modifier le code]

Né dans un famille bourgeoise, Régis Jauffret est attiré, dès sa jeunesse, par la littérature et notamment par la lecture des œuvres de Zola, Proust, Freud et Kafka. Après un maîtrise de philosophie obtenue à Aix-en-Provence, il s'installe à Paris. Il écrit alors des pièces radiophoniques pour France Inter et des articles pour la revue Tel Quel[5].

Carrière littéraire[modifier | modifier le code]

Régis Jauffret est l'auteur de nombreux romans, dont Univers, univers (2003) pour lequel il a reçu le prix Décembre et Asiles de fous (2005) pour lequel il a obtenu le prix Femina. En 2007, son ouvrage Microfictions est récompensé par le prix France Culture-Télérama et le grand prix de l'humour noir Xavier Forneret.

Autres activités[modifier | modifier le code]

Dans les années 1990 il fonde une petite société de presse et édite et dirige la revue Dossiers criminels, qui traite des faits divers[6].

En 2007, il lance une site internet intitulé « Interview Génération », qui propose des entretiens filmés avec des inconnus (un SDF, un roumain clandestin, un gréviste, une adolescente...) et des personnalités du monde littéraire[7].

De 2011 à 2013, il fait partie du jury du prix Saint-Germain[8]. La même année, il est chroniqueur dans l’émission Avant-premières, présentée sur France 2 par Élizabeth Tchoungui.

En 2014 il est acteur dans le film Loup-Garou de Stéphane Lévy[9].

Controverses et polémiques[modifier | modifier le code]

En 1998, suite à la publication de son roman Histoire d'amour qui met en scène le monologue d'un violeur, l'auteur reçoit des lettres de menace de mort[10].

En 2010, la famille du banquier Édouard Stern poursuit Jauffret pour son roman Sévère qui met en scène le meurtre du banquier par sa maîtresse, Cécile Brossard. Plusieurs écrivains se sont portés à sa défense par le biais d'une pétition dont les signataires étaient Michel Houellebecq, Virginie Despentes, Christine Angot, Philippe Djian, Philippe Sollers, Frédéric Beigbeder, Yann Moix et Bernard-Henri Lévy. Ce roman sera adapté au cinéma en 2013[11]. En 2012, la famille Stern retire sa plainte[12].

En 2012, son roman, Claustria, qui revient sur l'affaire Fritzl, est très mal reçu en Autriche[13]. En effet, les critiques littéraires autrichiens dénoncent « un ouvrage voyeuriste, bête et gratuitement haineux envers les Autrichiens » et reprochent à l'auteur des « grossières erreurs qui discréditent l'enquête menée sur place pendant quinze jours ». Dans The Guardian, Régis Jauffret se défend en affirmant que « que son livre dérange parce qu'il dénonce des défaillances, ce que les Autrichiens ne peuvent pas supporter, venant d’un citoyen français ». Il publie également dans Libération une tribune intitulée « Affaire Fritzl : pourquoi l’Autriche m’attaque[14] », dans laquelle il explique : « L'inceste sur un enfant - fût-il un petit de 1 an ou 2 - n'est passible en Autriche que de trois années de prison lorsque le père commet ce crime. Si c'est l’oncle, il ne risque qu'un an. Qui en Europe s’en soucie ? [...] Celui qui ne hurle pas avec moi pour exiger de l’Autriche un changement immédiat de sa loi, est complice de cette ordure qui, en ce moment, viole son enfant. »

En janvier 2014, après la parution de son roman La Ballade de Rikers Island, qui évoque l'affaire du Sofitel de New York, Dominique Strauss-Kahn l'attaque en justice, ainsi que son éditeur, Le Seuil[15]. Le 2 juin 2016, le tribunal correctionnel de Paris le condamne pour diffamation à une amende de 1 500 € avec sursis et à 10 000 € de dommages et intérêts au titre du préjudice moral. De plus, toute nouvelle édition du roman avec les passages jugés diffamatoires est interdite[16]. L'auteur fait appel de ce jugement[17].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Audiographie[modifier | modifier le code]

  • 2008 : Microfictions, lu par l'auteur (Gallimard, collection « Écoutez lire ») - (ISBN 9782070786664)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • 2014 : Loup-Garou de Stéphane Lévy (acteur)

Adaptations[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Raphaëlle Leyris, « L'épouvantable descente dans le réel »), Le Monde, 5 janvier 2012.
  2. Jérôme Garcin, « La méchanceté c'est la santé », Le Nouvel Observateur, 8 mars 2015.
  3. L'auteur parle alors lui-même de « réel augmenté » in David Caviglioli, « DSK en réalité augmentée », Le Nouvel Observateur, 16 janvier 2014.
  4. Philippe Savary, « [ Clémence Picot] », Le Matricule des anges, no 26, mai-juillet 1999.
  5. Régis Jauffret, elle.fr, consulté le 19 juin 2016.
  6. Régis Jauffret, Le Matricule des anges, no 26, mai-juillet 1999
  7. Régis Jauffret poursuit ses Microfictions en vidéos sur Internet, buzz-littéraire.com, 19 février 2007.
  8. (fr) « Le prix Saint-Germain : rendez-vous le 17 janvier 2012 », bernard-henri-levy.com, consulté le 7 février 2012.
  9. Fiche du film sur cinetrafic.fr, consulté le 30 juin 2016.
  10. Philippe Savary, « Clémence Picot », Le Matricule des anges, no 26, mai-juillet 1999.
  11. Annonce de la sortie, sur Les Inrocks, décembre 2012.
  12. La famille Stern retire sa plainte contre Jauffret, Le Nouvel Observateur, 18 janvier 2012.
  13. Blaise Gauquelin, « Affaire Fritzl : Jauffret se met l'Autriche à dos », Libération, 28 septembre 2012
  14. Régis Jauffret, « Affaire Fritzl : pourquoi l’Autriche m’attaque », Libération, 2 octobre 2012.
  15. « DSK attaque en justice l'auteur d'un livre sur l'affaire du Sofitel », Le Figaro.
  16. « DSK obtient la condamnation de l'auteur d'un roman sur l'affaire du Sofitel », sur Le Figaro,‎ (consulté le 2 juin 2016)
  17. Roman sur l'affaire du Sofitel : Régis Jauffret fait appel, Le Point, 21 juin 2016.
  18. Microfictions - Yann Mercanton, Theatre-contemporain.net, consulté le 30 juin 2016.
  19. Microfictions - Jean-Camille Sormain, Theatre-contemporain.net, consulté le 30 juin 2016.
  20. Quentin Girard, « Teatrocinema aime le maudit », Libération, 21 mai 2014.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Études sur Régis Jauffret[modifier | modifier le code]

  • Stéphane Chaudier, et Julian Négrel, « Le Stabat Mater de Régis Jauffret : quel tombeau pour quelle littérature ? », dans fabula LHT, no 6, mai 2009.
  • Thierry Durand, « Essai sur Régis Jauffret : le monde comme désir et délire », Australian Journal of French Studies, vol. 46, no 1-2, janvier-août 2009.
  • Marie-Pascale Huglo, « Banalités en séries : Fragments de la vie des gens de Régis Jauffret », Révéler l’habituel. La banalité dans le récit littéraire contemporain, Département des littératures de langue française de l'Université de Montréal, coll. « Paragraphes », 2009.
  • Shereen Kakish, L'écriture « indécidable » de Régis Jauffret : entre saturation, accumulation, minimalisme et maximalisme, thèse de doctorat, département des littératures, Université Laval, 2010.
  • Gianfranco Rubino, « Un monde de folie ordinaire : Régis Jauffret », Écrire le fiel, sous la direction de Matteo Majorano, Bari, B.A. Graphis, 2010.