Alfred Binet

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Alfred Binet
Portrait de Alfred Binet
Biographie
Naissance
à NiceVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès (à 54 ans)
à ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité Drapeau de la France France
Thématique
Formation Université de ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Titres Directeur du laboratoire de psychophysiologie
Profession Psychologue et pédagogue (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Travaux Test Binet-Simon
Approche psychométrique
Auteurs associés
Influencé par John Stuart MillVoir et modifier les données sur Wikidata

Alfred Binet (Alfredo Binetti), né le à Nice et mort le à Paris, est un pédagogue et psychologue français. Il est connu pour sa contribution essentielle à la psychométrie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Alfred Binet est le fils d'un médecin et d'une artiste-peintre. À la fin de ses études secondaires au lycée Louis-le-Grand à Paris, il commence des études de droit. Admis au barreau de Paris en décembre 1878, après l'obtention de sa licence de droit[1], Binet démissionne six ans plus tard. Il engage ensuite des études de médecine qu'il ne termine pas[1]. Il complète sa formation par des cours de psychophysiologie et de clinique psychiatrique.

En 1883, Joseph Babinski présente Binet à Charles Féré avec qui il publie Le Magnétisme animal et Les Altérations de la personnalité[1].

En 1884, Alfred Binet épouse la fille de l'embryologiste Édouard-Gérard Balbiani et ils ont deux filles, Madeleine née en 1885 et Alice née en 1888. Il commence des études de sciences naturelles[1] à la Sorbonne, où il suit les cours de son beau-père. Encouragé par Théodule Ribot à poursuivre ces études dans le domaine de la psychologie, il travaille avec Jean-Martin Charcot à l'hôpital de la Salpêtrière où l’hypnose et la suggestion sont des thèmes d'expérimentation nouveaux et fertiles[1].

En 1890 il rencontre Henri Beaunis qui a créé l'année précédente le Laboratoire de psychologie physiologique rattaché à l'École pratique des hautes études[2]. Binet l'y rejoint et se voit nommé directeur adjoint en 1892[1]. En 1898, Théodore Simon, interne de psychiatrie à la colonie de Perray-Vaucluse, le contacte au sujet des enfants anormaux dont il a la charge[3]. Ils engagent une collaboration.

En 1894, Alfred Binet fonde avec Henry Beaunis la revue L'Année psychologique[3]. L'année suivante, il devient directeur du laboratoire de psychophysiologie à la place d'Henry Beaunis. En 1895, il donne une série de cours à l'Université de Bucarest, en Roumanie.

En 1905, à la demande du gouvernement français, Alfred Binet publie une échelle métrique de l'intelligence qu'il a élaboré conjointement avec Théodore Simon. Cette échelle a pour but de mesurer le développement de l'intelligence des enfants en fonction de l'âge (âge mental). Il opte d’emblée pour une stratégie ouverte, c’est-à-dire qu’il n’écarte a priori aucun indicateur. Il s’intéresse ainsi notamment à la graphologie[1] ainsi qu’à la céphalométrie ou encore la chiromancie. Il ne retient que les indicateurs suffisamment pertinents pour évaluer l'intelligence. Dans les années suivantes, il proposera des améliorations. Ce travail sera le point de départ de nombreux autres tests, en particulier le quotient intellectuel (QI).

Alfred Binet meurt d'une congestion cérébrale en 1911.

Carrière[modifier | modifier le code]

Il est l'inventeur des premiers tests psychométriques[1].

À la suite de la loi de l'enseignement obligatoire de 1882, Binet fut chargé de mission en 1904 par le ministre de l'Éducation. Le ministère de l'instruction publique fait appel à ses compétences pour imaginer un outil qui permettrait de repérer les enfants susceptibles de rencontrer les plus grandes difficultés scolaires[4].

Alfred Binet s'adjoint les services du médecin Théodore Simon. L'échelle psychométrique Binet-Simon vise à un diagnostic rapide d'arriération en comparant les performances de l'enfant à celles de sa classe d'âge. Binet refusait l'exclusion des débiles légers. Loin de chercher à éliminer certains écoliers du circuit scolaire au nom d'une idéologie ségrégationniste, Binet entend en réalité organiser pour eux une structure d'accueil pour leur permettre de réintégrer au plus vite les classes normales. L'espoir de cette réinsertion se fortifie avec l'ouverture, en octobre 1905, de son laboratoire de pédagogie normale, à l'école de la rue de la Grange-aux-Belles à Paris. Qui plus est, Binet est le premier à souligner la différence sociale des variations cognitives dans les résultats des performances intellectuelles, mais aussi physiques.

Son échelle psychométrique conduira pourtant à des interprétations naturalistes et raciales, plus simplistes, notamment aux États-Unis. Sa modification par Lewis Madison Terman en fera un instrument de sélection et d'élitisme : l'échelle d’intelligence Stanford–Binet.

Note sur le test Binet et Simon[modifier | modifier le code]

Le QI, conçu en 1912 par William Stern, est donné par la formule (âge mental / âge réel). C'est donc un quotient. Au XXIe siècle, cette méthode a été supplantée par les tests de Wechsler (comme le WISC), qui ne donnent plus un quotient mais qui positionnent l'individu par rapport à une population de référence.

Publications[modifier | modifier le code]

Œuvre scientifique[modifier | modifier le code]

  • La psychologie du raisonnement : recherches expérimentales par l'hypnotisme, 1886 ,Félix Alcan, coll. Bibliothèque de philosophie contemporaine disponible sur Gallica [lire en ligne]
  • Études de psychologie expérimentale, 1888 disponible sur Gallica [lire en ligne]
  • Le magnétisme animal sous forme html avec Charles Féré (1890)
  • Les altérations de la personnalité, 1892, disponible sur Gallica [lire en ligne]
  • Psychologie des grands calculateurs et joueurs d'échecs, 1894 disponible sur Gallica [lire en ligne]
  • Introduction à la psychologie expérimentale, 1894, éd. Félix Alcan, coll. Bibliothèque de philosophie contemporaine [lire en ligne]
  • La fatigue intellectuelle, 1898, disponible sur Gallica [lire en ligne]
  • La suggestibilité sous forme texte (1900)
  • L'étude expérimentale de l'intelligence, 1903, disponible sur Gallica [lire en ligne]
  • L'âme et le corps, disponible sur Gallica [lire en ligne]
  • Les révélations de l'écriture d'après un contrôle scientifique, 1906, Félix Alcan, coll. Bibliothèque de philosophie contemporaine, disponible sur Gallica [lire en ligne] (1906)
  • Les idées modernes sur les enfants, 1909, disponible sur Gallica [lire en ligne]
  • Le Fétichisme dans l'amour (1887) :
    • Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2001
    • Bibliothèque des actualités médicales et scientifiques, Paris, Octave Doin, 1888, p. 1-85 [lire en ligne].
  • Note sur l’écriture hystérique, Études de psychologie expérimentale, Paris, Octave Doin, 1888 [lire en ligne].

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • Avec André de Lorde.
    • L'homme mystérieux
    • L'Obsession
    • Une leçon à la Salpêtrière
    • L'Horrible Expérience
    • Les Invisibles
    • Les infernales

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h Jacques Perse, « Binet Alfred (1857-1911) », Encyclopaedia Universalis, [lire en ligne].
  2. S. Nicolas, « Henry Beaunis (1830-1921) directeur-fondateur du laboratoire de Psychologie physiologique de la Sorbonne », L'année psychologique, vol. 95, no 2,‎ , p. 267–291 (DOI 10.3406/psy.1995.28824, lire en ligne)
  3. a et b Bernard Andrieu et Alexandre Klein, « Intoduction », Recherches & éducations, no HS n°2,‎ , p. 9–31 (ISSN 1969-0622, lire en ligne)
  4. Binet Alfred et Simon Théodore, « Méthodes nouvelles pour le diagnostic du niveau intellectuel des anormaux. », L'année psychologique.,‎ 1904 vol. 11., pp. 191-244. (DOI DOI : 10.3406/psy.1904.3675, [www.persee.fr/doc/psy_0003-5033_1904_num_11_1_3675 lire en ligne])

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Andrieu :
    • « Alfred Binet (1857-1911). Du droit à la réinsertion des imbéciles », Sciences humaines, hors-série spécial, no 7, septembre-octobre 2008.
    • Alfred Binet (1857-1911). De la suggestion à la cognition, avec Guy Avanzini et Alexandre Klein, Lyon, Chroniques sociales, 2009.
  • Guy Avanzini, Alfred Binet, Paris, Puf, coll. « Éducation & formation », (ISBN 2-13-049816-7).
  • François-Louis Bertrand (préf. Henri Piéron), Alfred Binet et son œuvre, Paris, Félix Alcan, .
  • Michel Huteau, « Alfred Binet et la psychologie de l’intelligence », Le journal des psychologues, 2006/1, p. 24-28.
  • Alexandre Klein :
  • Robert Martin, Alfred Binet, Paris, Presses universitaires de France, , 122 p.
  • Théodore Simon, « Alfred Binet », L'Année psychologique, no 18,‎ , p. 1-14 (ISSN 0003-5033, lire en ligne).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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