Intelligence

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L'intelligence est l'ensemble des processus de pensée d'un être vivant qui lui permettent de s'adapter à des situations nouvelles, d'apprendre ou de comprendre. La définition de l'intelligence ainsi que la question d'une faculté d'intelligence générale ont fait l'objet de nombreuses discussions philosophiques et scientifiques. L'intelligence a été décrite comme une faculté d'adaptation (apprentissage pour s'adapter à l'environnement ou au contraire, faculté de modifier l'environnement pour l'adapter à ses propres besoins). Dans ce sens général, les animaux, les plantes, les outils informatiques, font preuve d'une intelligence.

L'intelligence peut être également perçue comme la capacité à traiter l'information pour atteindre ses objectifs. Le terme est dérivé du latin intelligentĭa, « faculté de comprendre », dont le préfixe ĭnter- (« entre »), et le radical legĕre (« choisir, cueillir ») ou ligāre (« lier ») suggèrent essentiellement l'aptitude à lier des éléments entre eux, à faire preuve de logique, de raisonnement déductif et inductif. Dans ce sens, elle est liée au langage et à la pensée abstraite, qui est plutôt (mais pas exclusivement) le propre de l'humain.

L'intelligence est étudiée par la psychologie cognitive, la psychologie du développement, l'anthropologie (évolution), l'éthologie cognitive (intelligence animale), les neurosciences (biologie) ou encore la génétique.


Étymologie et définitions[modifier | modifier le code]

Selon les Définitions de Platon, l’intelligence est l' « activité qui permet d’acquérir la science ».[réf. nécessaire] D’après Priscien de Lydie[1], Théophraste et Aristote définissent l’Intelligence comme une faculté différente de la sensibilité, aussi bien que de l’opinion et de la raison.

Selon le Trésor de la langue française informatisé : « [Dans des circonstances nouvelles pour lesquelles l'instinct, l'apprentissage passé ou l'habitude ne dispose d'aucune solution] Aptitude à appréhender et organiser les données de la situation, à mettre en relation les procédés à employer avec le but à atteindre, à choisir les moyens ou à découvrir les solutions originales qui permettent l'adaptation aux exigences de l'action. »[réf. nécessaire]

Intelligence dans le monde animal[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Intelligence animale.

L'intelligence animale est l'objet d'étude de l'éthologie cognitive. En éthologie, l'intelligence est ce qui permet d'augmenter l'adaptation à l'environnement et donc la survie[2].

La question de l'intelligence animale permet de comprendre les capacités de compréhension ou d'apprentissage de l'animal qui peuvent être utiles dans le cas du dressage d'animaux domestiques. Sur un plan plus fondamental, la compréhension et l'étude de l'intelligence animale permettent de comprendre la nature et l'évolution de l'intelligence ainsi que les différences entre les espèces ; et permet d'explorer les liens entre la formation de l'intelligence et la conscience chez l'animal (en) ou la communication chez l'animal (ou langage animal).

L'espèce qui désigne les humains a été nommée Homo sapiens, « homme sage », par le naturaliste Carl von Linné parce que les humains étaient considérés comme la plus intelligente des espèces y compris par rapport aux autres hominidés.[réf. nécessaire]

Théories implicites de l'intelligence[modifier | modifier le code]

L'étude des théories implicites de l'intelligence (en) est un champ de recherche qui fait l'hypothèse que des populations, dans une région donnée et à une époque donnée, ont des croyances sur l'intelligence. Ces croyances sur l'intelligence ne sont pas forcément écrites ni verbalisées, d'où le terme "implicites". Ces croyances sont liées à des valeurs et ont des conséquences sur les comportements, par exemple les comportements des parents envers l'enfant, ou des professeurs envers leur élève.

Sources de biais culturels et cognitifs[modifier | modifier le code]

En psychologie interculturelle, l'objectif de l'étude des théories implicites de l'intelligence est de mieux comprendre les différences interculturelles, ainsi que les points communs (et peut-être universels) entre les cultures. Elle est nécessaire pour réaliser l'adaptation interculturelle des tests d'intelligence, d'origine occidentale, aux populations non occidentales, afin d'éviter des biais conceptuels[3]. Par exemple, en occident, la vitesse d'exécution d'une tâche tend à être considérée comme une marque d'intelligence. Ce n'est pas le cas dans de nombreuses régions africaines ou asiatiques qui valorisent d'autres qualités comme étant des indices d'intelligence. La vitesse d'exécution qui est souvent prise en compte dans les tests d'intelligence introduit ainsi un biais culturel si le test en exécuté sur un enfant venant d'une culture non occidentale[4],[5].

Dans une culture donnée, les croyances relatives à l'intelligence diffèrent d'un individu à l'autre ou d'un groupe à un autre. Les croyances des élèves ou des professeurs sur le fait que l'intelligence est malléable ou non, ont des conséquences sur les performances des élèves[6] (voir aussi effet Pygmalion qui réfère aux conséquences des croyances des enseignants sur les QI et résultats scolaires de leurs élèves).

Les théories implicites des chercheurs influencent aussi leur point de vue et leur approche pour mesurer l'intelligence, d'après le psychologue américain Robert J. Sternberg qui a particulièrement étudié les théories implicites de l'intelligence dans diverses populations[7].

Cultures africaines[modifier | modifier le code]

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En manding, langue de tradition orale parlée en Afrique de l’Ouest par les Bambara, les Dioula et les Malinké, l’équivalent du mot intelligence, hakili se définit comme la faculté mentale qui distingue l’homme de l’animal et qui lui permet de gérer au mieux ses rapports avec la société humaine et avec son milieu naturel. L’intelligence se manifeste par deux opérations. La première Taasi : réfléchir en faisant des déductions à partir de faits observés. La deuxième est Miiri : penser et induire des causes et des vérités générales à partir de faits observés. Les deux opérations sont complémentaires et conduisent à l’action. Taasi conduit à des actions efficaces à travers l’élaboration de stratégies tenant compte de toutes les données. Miiri conduit à des règles d’intervention générales et des plans d’action à long terme. Taasi permet la survie devant les difficultés, les solutions des problèmes brûlants, alors que Miiri projette dans l’avenir et permet la créativité.[réf. nécessaire]

Cultures musulmanes[modifier | modifier le code]

Pour Ibn Khaldoun, l'intelligence comporte plusieurs branches incluant l’intelligence discernante ou tactique ; l’intelligence expérimentale ou stratégique ; et l’intelligence spéculative, scientifique ou politique[8].

Cultures occidentales[modifier | modifier le code]

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Dans la culture occidentale, l'intelligence est intimement liée à l'idée de compréhension, rapide et/ou profonde, d'un « problème » identifié, perçu a priori comme complexe, situé dans un domaine de connaissance et/ou dans une utilisation des données de la nature et/ou dans un ensemble de relations sociales. Cette compréhension peut être singulière ou partagée. Elle sous-tend souvent l'idée d'une invention, d'une connaissance, d'un langage à découvrir pour résoudre ce problème, pour adapter une solution. Cette compréhension peut prendre diverses formes : artistique, corporelle, littéraire, artisanale, scientifique et technologique. Elle est généralement associée à une activité dont on situe intuitivement la source à la fois dans l'esprit de l'homme et dans son cerveau. [réf. nécessaire]

L'intelligence en philosophie[modifier | modifier le code]

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Pascal distingue esprit de géométrie et esprit de finesse. Dans le cas du premier, certains individus éprouvent de la difficulté à pencher la tête sur le côté, mais une fois l'effort effectué, les différents éléments sont éclairés. Dans le cas de l'esprit de finesse, les faits sont directement devant eux, mais ils ne disposent pas tous de l'acuité nécessaire pour les distinguer convenablement. Il s'agit d'une intelligence dans laquelle les facultés intuitives prennent une part plus importante. [réf. nécessaire]

Bergson entreprend dans l'évolution créatrice, la critique de l'intelligence géométrique. Sa critique est philosophique. Elle porte sur la paresse de l'esprit lorsqu'il se contente d'une intelligence qui découpe indéfiniment les phénomènes, crée des hiérarchies, des catégories... Selon Bergson, ces facultés manquent l'essentiel du cours du monde : la durée.[réf. nécessaire]

Intelligence humaine (psychologie)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Intelligence humaine.

Intelligence artificielle[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Intelligence artificielle.

Test de Turing[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Test de Turing.

En l'absence d'une définition satisfaisante de l'intelligence, il est difficile de décider si une machine (ou un animal) est ou non intelligent. Alan Turing propose donc de prendre l'homme comme étalon. Ainsi, ce test consiste à mettre en confrontation verbale un humain avec un ordinateur et un autre humain à l’aveugle. Si l’homme qui engage les conversations n’est pas capable de dire lequel de ses interlocuteurs est un ordinateur, on peut considérer que le logiciel de l’ordinateur a passé avec succès le test. Cela sous-entend que l’ordinateur et l’homme essaieront d’avoir une apparence sémantique humaine.

Modèle de l'intelligence comme capacité à simplifier l'information de Kolmogorov[modifier | modifier le code]

Certains chercheurs se sont inspirés des travaux réalisés en informatique théorique autour de la notion de complexité descriptive, notamment la complexité de Kolmogorov, pour évaluer l'intelligence comme la capacité à décrire ou expliquer quelque chose aussi simplement que cela peut l'être.

En ce sens, l'intelligence serait la capacité à compresser l'information[9].

C'est en fait souvent le genre d'intelligence qui est implicitement évaluée dans les tests de quotient intellectuel. Par exemple, à la question : « considérez la suite de nombres 1,2,3,… Quel est le nombre suivant ? » La réponse attendue sera 4, avec la justification implicite « parce que c'est la suite des nombres entiers », alors qu'on pourrait très bien répondre 5 (suite de Fibonacci), en justifiant que « chaque nombre de cette suite est la somme des deux précédents » (ou tout autre nombre si tant est que la justification soit logiquement acceptable). Mais la réponse attendue est « la plus simple », c'est-à-dire, plus formellement, c'est l'explication qui a la plus faible complexité de Kolmogorov.

Modèle mathématique d'un agent intelligent[modifier | modifier le code]

En 2000, Marcus Hutter a proposé un modèle mathématique (informatique fondamentale) d'un agent universellement intelligent[10],[11], c'est-à-dire d'un système interagissant avec n'importe quel environnement (calculable) de manière optimale. Ce modèle se base d'une part sur le cadre de l'apprentissage par renforcement, où l'agent interagit avec son environnement dans le but de maximiser l'espérance de ses récompenses et punitions, et d'autre part sur l'Induction de Solomonoff[12], qui permet d'attribuer une probabilité à chaque futur possible, en fonction de sa simplicité (au sens de la complexité de Kolmogorov).

Ce modèle, dénommé AIXI, permet à la fois de donner une définition rigoureuse de l'intelligence et d'en donner une borne supérieure.Il n'est pas utilisable en pratique pour créer une intelligence artificielle, car AIXI est un modèle incalculable ; des approximations sont cependant réalisables, mais au prix d'un besoin en ressources (temps de calcul, espace mémoire) immense, et actuellement seulement dans le cas de petits problèmes jouets [incompréhensible][13].

Intelligence collective ou intelligence de groupe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Commentaire du Traité de Théophraste sur l’Imagination et l’Intelligence
  2. Miller 2002, p. 311
  3. Fons Van de Vijver et Ronald K. Hambleton, « Translating Tests », European Psychologist, vol. 1, no 2,‎ , p. 89–99 (ISSN 1016-9040, DOI 10.1027/1016-9040.1.2.89, lire en ligne)
  4. (en) Fons J. R. van de Vijver et Ype H. Poortinga, « Towards an Integrated Analysis of Bias in Cross-Cultural Assessment », European Journal of Psychological Assessment, vol. 13, no 1,‎ , p. 29–37 (ISSN 2151-2426 et 1015-5759, DOI 10.1027/1015-5759.13.1.29, lire en ligne)
  5. (en) Ype H. Poortinga, « Equivalence of Cross-Cultural Data: An Overview of Basic Issues », International Journal of Psychology, vol. 24, no 6,‎ , p. 737–756 (ISSN 1464-066X, DOI 10.1080/00207598908247842, lire en ligne)
  6. (en) Lisa S. Blackwell, Kali H. Trzesniewski et Carol Sorich Dweck, « Implicit Theories of Intelligence Predict Achievement Across an Adolescent Transition: A Longitudinal Study and an Intervention », Child Development, vol. 78, no 1,‎ , p. 246–263 (ISSN 1467-8624, DOI 10.1111/j.1467-8624.2007.00995.x, lire en ligne)
  7. (en) Robert J. Sternberg, Handbook of Intelligence, Cambridge University Press, (ISBN 9780521596480, lire en ligne)
  8. [PDF] Prolégomènes, tome II, page 323
  9. A formal definition of intelligence based on an intensional variant of Kolmogorov complexity, Jose Hernandez-orallo, Proceedings of the International Symposium of Engineering of Intelligent Systems (EIS'98).
  10. Marcus Hutter, « A Theory of Universal Artificial Intelligence based on Algorithmic Complexity », cs/0004001,‎ (lire en ligne)
  11. (en) Marcus Hutter, Universal Artificial Intelligence: Sequential Decisions Based On Algorithmic Probability, Berlin, SpringerVerlag, (ISBN 978-3-540-22139-5, LCCN 2004112980, lire en ligne)
  12. R. J Solomonoff, « A Formal Theory of Inductive Inference. Part I », Information and Control, vol. 7, no 1,‎ , p. 1-22
  13. J. Veness, « A Monte Carlo AIXI Approximation », Arxiv preprint arXiv:0909.0801,‎

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Chris Brand, The g factor, 1994.
  • John Bissell Carroll, Human Cognitive Abilities: A survey of factor-analytic studies. Cambridge: Cambridge University Press, 1993.
  • L'intelligence de l'enfant. Le regard des psychologues, coordonné par Martine Fournier et Roger Lécuyer.
  • (en) Michael W. Eysenck, Psychology, a student handbook, Hove, UK, Psychology Press, , 979 p. (ISBN 0-86377-474-1). .
  • (fr) Stephen Jay Gould, La malmesure de l'homme, 1983.
  • (en) Margaret Harris et Georges Butterworth, Developmental psychology, a student handbook, Hove and New York, Psychogy Press, Taylor & Francis, (ISBN 9781841691923). 
  • (en) Earl Hunt, Human Intelligence, 2010.
  • (en) Arthur Jensen, The g Factor: The Science of Mental Ability (Human Evolution, Behavior, and Intelligence), 1998.
  • (en) Patricia H. Miller, Theories of Developmental Psychology, Fourth Edition, New York, Worth Publishers, 2002 (1st ed. 1989) (ISBN 071672846X). .
  • Diane E. Papalia, Sally W. Olds et Ruth D. Feldman, Psychologie du développement humain, 7ème édition, Montréal, Groupe de Boeck, , 482 p. (ISBN 9782804162887). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Robert Sternberg (dir.), Encyclopedia of Human Intelligence, 1994, 2 volumes.
  • (en) Robert Sternberg (dir.), Handbook of Intelligence, 2000.
  • (en) Robert M. Thorndike (en) & David F. Lohman. A century of ability testing. Riverside Publishing Company, 1990.

Liens externes[modifier | modifier le code]