Étude de jumeaux

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Les études de jumeaux ou gémellologie[1] (terme inventé par le médecin Luigi Gedda (it) en 1952[2]) font partie des modèles d'étude du comportement qui aident à mettre en évidence les rôles respectifs de l'environnement et de la génétique[3].

Comprendre les origines génétiques et environnementales[modifier | modifier le code]

Si nous observons que les enfants d'une même famille ont plus de similarités que l'on pourrait attendre de deux enfants choisis au hasard, les similarités peuvent être attribuées aux influences de l'environnement commun aux membres de la famille — classe sociale, attitude des parents, éducation, etc. — mais aussi aux gènes qu'ils partagent, qui sont hérités des parents.

Les études de jumeaux comparent les similitudes entre jumeaux monozygotes ou identiques, qui partagent près de 100 % de leur génotype, avec celles qu'il y a entre jumeaux dizygotes ou fraternels, qui peuvent ne partager en moyenne que 50 % de leur génotype. En étudiant plusieurs centaines de familles de jumeaux, les chercheurs peuvent ensuite mieux comprendre les rôles respectifs de la génétique et de l'environnement.

L'influence de l'environnement a la même importance au sein des paires de jumeaux monozygotes qu'au sein des paires de jumeaux dizygotes. Si un trait est plus souvent partagés par des paires de jumeaux monozygotes que par des paires de jumeaux dizygotes, il est majoritairement déterminé par les gènes. Dans le cas contraire, l'environnement explique davantage la présence ou l'absence de ce trait que la génétique. L'influence de la génétique (héritabilité) peut ensuite être quantifiée grâce à des modèles statistiques.

D'autres études de jumeaux, menées par l'Université du Minnesota, se basent sur les différences et similarités observées chez des jumeaux monozygotes séparés à la naissance. Elles permettent de quantifier l'effet de l'environnement sur les caractéristiques étudiées[4]. Si des jumeaux identiques mais élevés dans des contextes différents ne possèdent pas les mêmes caractéristiques, cela indique que ces traits sont majoritairement déterminés par l'environnement.

Domaines de recherche[modifier | modifier le code]

Les études modernes de jumeaux ont montré que pratiquement tous les traits biologiques sont en partie influencés par la génétique, avec certaines caractéristiques montrant une forte influence (par exemple la taille), d'autres une influence de niveau intermédiaire (par exemple, le quotient intellectuel) et certaines héritabilités plus complexes, impliquant différents gènes — par exemple l'autisme.

Centres de recherche spécialisés[modifier | modifier le code]

Trouver des paires de jumeaux homozygotes séparés à la naissance est un phénomène très rare. Des centre de recherche se sont spécialisés pour mettre en place des cohortes de jumeaux.

Aux États-Unis, l'université de Minnesota regroupe les données les plus récentes et les plus citées de jumeaux ou triplés homozygotes élevés séparément. La cohorte porte le nom de Étude des jumeaux du Minnesota (en) (Minnesota Study of Twins Reared Apart). Ces jumeaux ou triplés ont été invités pendant une semaine à passer de nombreux examens psychologiques par Thomas J. Bouchard et son équipe du MICTAR (Minnesota Center for Twins and Adoption Research)[5]. Ces recherches ont mené à de nombreuses publications et ont couvert plusieurs domaines scientifiques.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. gémellité, du latin geminatio, jumeau
  2. Jean-Claude Pons, Christiane Charlemaine, Émile Papiernik, Le guide des jumeaux : la conception, la grossesse, l'enfance, Odile Jacob, , 322 p. (lire en ligne), p. 268
  3. Catherine Vincent, « La gémellité sous le regard de la science », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  4. T. J. Bouchard, D. T. Lykken, M. McGue et N. L. Segal, « Sources of human psychological differences: the Minnesota Study of Twins Reared Apart », Science (New York, N.Y.), vol. 250, no 4978,‎ , p. 223–228 (ISSN 0036-8075, PMID 2218526, lire en ligne)
  5. (en) Ian J. Deary, Intelligence, a very short introduction, New York, Oxford University Press, , 132 p. (ISBN 978-0-19-289321-5), p. 71-72