Févier d'Amérique

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Gleditsia triacanthos

Gleditsia triacanthos, le févier d'Amérique, est une espèce de plantes dicotylédones de la famille des Fabaceae (légumineuses), sous-famille des Caesalpinioideae[1], originaire de l'est de l’Amérique du Nord. Ce sont des arbres de grande taille, épineux, à feuilles caduques.

Noms vernaculaires
févier d'Amérique, févier épineux, févier à trois épines, févier à trois pointes[2], carouge à miel, acacia à trois épines[3] ou épine du Christ.

Habitat[modifier | modifier le code]

L'arbre pousse dans la partie est des États-Unis, dans une large part du bassin du Mississippi, depuis le Texas et la Louisiane au sud, jusqu'à l'Iowa, l'Indiana et l'Ohio au nord. À l'ouest, son aire d'extension s'arrête au Kansas et au Nebraska, tandis qu'à l'est elle est arrêtée au pied des monts Appalaches.

L'arbre a été introduit en Europe en 1700, date à laquelle il fut planté pour la première fois dans les jardins de Fulham Palace, maison de campagne des évêques de Londres, par l'évêque Henry Compton[4]. Depuis, il est devenu courant dans les régions d'Europe occidentale, centrale et méridionale[1].

Il apprécie les terrains alluviaux riches et humides même s'il supporte les terrains calcaires plus secs. Il arrive qu'on le plante dans les zones dégagées en vue de couper la force du vent[1].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Son nom Gleditsia provient du botaniste allemand J.G. Gleditsch.

Description[modifier | modifier le code]

L’arbre peut vivre entre 120 et 150 ans[1]et mesurer jusqu'à 25 mètres de haut. Sa cime irrégulière, étalée et ovale, porte un feuillage au couvert léger qui évoque celui du robinier faux-acacia, mais en plus fin et clair.

Le tronc et les branches sont garnis d'épines très acérées mesurant jusqu'à 30 cm ; il existe une variété sans épine ou inerme. Le bois du févier est particulièrement dense (densité supérieure à 1 quand il est vert) pour une croissance assez rapide. Les épines sont de type tripartite, de couleur marron brillant, et peuvent atteindre 6 à 9 cm[1].

Les feuilles sont alternes, paripennées, et mesurent entre 14 et 25 cm. L'espèce est dioïque et très mellifère. Les fleurs, groupées en grappes, apparaissent en juin-juillet et sont mellifères; elles donnent de longues gousses brunâtres aplaties persistantes à la pulpe sucrée et comestible. Ces gousses, portées par le pied femelle, atteignent 20 à 40 cm de long et contiennent 10 graines au plus ressemblant à des grains de café (7 à 10 mm)[1].

Les graines sont dispersées par les herbivores (bétail et chevaux notamment) qui consomment les gousses et rejettent les graines intactes dans leurs déjections.

Variétés[modifier | modifier le code]

  • ‘Inermis’ : variété dépourvue d'épines sur le tronc et les branches, contrairement au type.
  • ‘Sunburst’ : variété dépourvue d'épines. Les pousses et feuilles sont initialement jaune pâle puis vert clair, avant de prendre une teinte dorée à l'automne.
  • ‘Skyline’ : variété dépourvue d'épines au port plus étoit et élancé que le type. Feuilles vert clair, teinte dorée à l'automne.
  • ‘Shademaster’ : variété dépourvue d'épines au port pyramidal. Feuilles vert franc, teinte dorée à l'automne.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Le févier d'Amérique est utilisé en Europe comme arbre d'ornement (essentiellement la variété ou le cultivar inermis, sans épine), notamment comme arbre d'alignement dans les villes. Il est apprécié pour son port majestueux, avec son tronc assez haut et régulier portant un houppier léger et clair composé d'un feuillage fin, avec des branches qui retombent en « drapé ». On utilise plus anecdotiquement la forme sauvage épineuse pour faire des haies infranchissables, en profitant de ses épines[1].

Cet arbre ne pousse pas en quantité suffisante pour alimenter une filière.

  • Très durable, le bois est utilisé pour faire des poteaux et des traverses de chemin de fer.
  • Les tourneurs sur bois apprécient ce bois dur et dense.
  • Il existe un marché de niche de meubles en févier d'Amérique pour son bois dur brun-rouge.
  • Il est utilisé comme bois de combustion en Afrique.
  • Les gousses fraîches sont consommées par le bétail. On en extrait également des colorants utilisés dans l'industrie du textile. Dans la pharmacopée africaine (Afrique du Sud, Lesotho), la pulpe de fruit est employée pour traiter certaines maladies pulmonaires.
  • Les graines torréfiées peuvent être utilisées pour faire un succédané de café.
  • Le feuillage est un excellent fourrage, riche en protéine qui supporte très bien l'ensilage. Le févier est parfois planté comme plante fourragère, pour être fauché au bout d'un an (Afrique, Amérique du Sud, Australie).

Composés actifs[modifier | modifier le code]

On trouve dans la plante un alcaloïde nommé triacanthine. L'intérêt médical de cette substance a été ponctuellement étudié dans les années 1960-70 sans aboutir à une utilisation thérapeutique. En 2019, une nouvelle étude montre un effet in-vitro et sur un modèle souris dans le cadre du cancer de la vessie[5].

La plante comporte aussi des polyphénols, des triterpènes, des stérols et des saponines[6].

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f et g (fr) Arbres - Jaromir Pokorny - p.114 - (ISBN 2-7000-1818-4) - Éditions Gründ - 1987
  2. (en) « Gleditsia triacanthos(GLITR) », sur EPPO Global Database, Organisation européenne et méditerranéenne pour la protection des plantes (OEPP) (consulté le 25 mars 2018).
  3. Philip Miller, Dictionnaire des jardiniers [The Gardeners dictionary]..., chez Guillot, (lire en ligne)
  4. Gleditsia triacanthos - Févier d'Amérique, Carouge à miel sur nature.jardin.free.fr
  5. S. S. Shin, Y. J. Park et B. Hwang, « Triacanthine exerts antitumor effects on bladder cancer in vitro and in vivo », Phytomedicine, vol. 64,‎ (PMID 31421400, DOI 10.1016/j.phymed.2019.153069)
  6. J. P. Zhang, X. H. Tian, Y. X. Yang, Q. X. Liu, Q Wang, L. P. Chen, H. L. Li et W. D. Zhang, « Gleditsia species: An ethnomedical, phytochemical and pharmacological review », Journal of Ethnopharmacology, vol. 178,‎ , p. 155–71 (PMID 26643065, DOI 10.1016/j.jep.2015.11.044)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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