Flumet

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Flumet
Image illustrative de l'article Flumet
Blason de Flumet
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Savoie
Arrondissement Albertville
Canton Ugine
Intercommunalité Communauté d'agglomération Arlysère
Maire
Mandat
Marie-Pierre Ouvrier
2014-2020
Code postal 73590
Code commune 73114
Démographie
Gentilé Flumerans
Population
municipale
810 hab. (2014)
Densité 47 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 49′ 13″ nord, 6° 31′ 03″ est
Altitude Min. 854 m – Max. 1 930 m
Superficie 17,15 km2
Localisation

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Flumet est une commune française située dans le département de la Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Le territoire communal accueille une station de sports d'hiver, Flumet - Saint-Nicolas-la-Chapelle.

Géographie[modifier | modifier le code]

La mairie.
La rue du Mont-Blanc.

Flumet est une station village d'environ 900 habitants situé à l'altitude de 900 mètres sur un éperon rocheux dominant le confluent de deux torrents de montagne : l'Arly (qui prend sa source dans le vallon de Megève et se jette dans l'Isère à Albertville) et son principal affluent l'Arrondine (qui vient du massif des Aravis).

Flumet voit se croiser deux grandes routes touristiques : la RN 212 (nord-sud) qui permet de relier Chamonix à Albertville et la « route des Grandes Alpes » (ouest-est) qui va de La Clusaz à Bourg-Saint-Maurice par le col des Aravis, le col des Saisies, Beaufort et le cormet de Roselend. Ce sont trois grands cols cyclistes, fréquemment empruntés par les coureurs du Tour de France ou du Dauphiné Libéré.

Flumet est ainsi au centre du territoire du Haut Val d'Arly, autour duquel sont disposés en étoile cinq autres villages : Saint-Nicolas-la-Chapelle, La Giettaz, Notre-Dame-de-Bellecombe, Crest-Voland et Cohennoz. Tous sont des villages-stations de ski. Ces six villages regroupent environ 2 800 habitants.

Ils sont séparés les uns des autres par des gorges profondes creusées par les torrents de montagne. L'un des accès se fait depuis Ugine (chef-lieu de canton) par la route des gorges de l'Arly (ancienne route nationale 212 devenue route départementale 1212, une route qui selon une rumeur serait une des plus chères d'Europe. Ce qui n'est qu'en partie exact si le montant des travaux est rapporté à la population qu'elle dessert, soit environ 2 500 personnes (Flumet, Saint Nicolas la Chapelle, la Giettaz, Crest-Voland et Notre-Dame-de-Bellecombe), ceci sans compter que les gorges de l'Arly demeurent un important axe de transit et touristique. Compter 1 h 10 de voiture depuis Chambéry et 1 h depuis Annecy. L'autre accès se fait depuis la vallée de l'Arve, en passant par Megève. Il faut compter environ 1 h 20 de voiture depuis Genève.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Selon le chanoine Gros, le toponyme de Flumet proviendrait du nom latin Flumetum qui est « une abréviation du diminutif de fluminetum »[1],[2]. Ce nom dérive du latin flumen qui désigne une eau courante[2].

Par apocope, inter fluminas (« entre les rivières »), se référe à sa position entre l'Arly et l'Arrondine[3].

La première mention du village remonte à la fin du XIIIe siècle avec A nanto de la Chanoussa usque ad nantum de Flumeto que l'on retrouve dans les archives du Dauphiné[1],[2]. La seigneurie et le château sont indiqué sous la forme Castellania et mandamentum Flumeti en 1444[1],[2].

En francoprovençal, le nom de la commune s'écrit Flemè, selon la graphie de Conflans[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

À l'origine Flumet est une place stratégique et militaire. Elle est en effet l'une des portes d'entrée du Faucigny, puisque située aux confins de la province. L'édification du château remontre très probablement au milieu XIIe siècle, peu de temps avant la formation du bourg fortifié[5],[3]. Le bourg est mentionné dans l'acte de la fondation de la chartreuse du Reposoir, en 1151[5]. Le baron Aymon II de Faucigny y réside parfois.

Rapidement le bourg va se développer économiquement et obtenir de la part des sires de Faucigny d'importantes franchises en 1228 du sieur Aymon II de Faucigny[6],[7],[8]. Flumet est la première ville de Faucigny à obtenir de telles franchises, donnant ainsi à la ville un degré d'autonomie très important.

C'est seulement en 1355 que le Faucigny devient savoyard et Amédée VI de Savoie dit le « comte vert » confirme à la ville de Flumet les franchises accordées un siècle plus tôt. En 1679, le grand incendie de Flumet ravage la ville et le vieux château des sires de Faucigny. La date de la catastrophe est inscrite sur l'une des poutres du porche de l'église Saint Théodule. La ville obtient de Christine de France, régente de Savoie en 1684 l'autorisation de détruire le château[3].

Dans la nuit du 21 au 22 septembre 1792, les troupes révolutionnaires françaises envahissent la Savoie et l'intègre à la France sous le nom de « département du Mont-Blanc ». De nombreux villages de Savoie, dont Flumet, sont ravagés et pillés par les révolutionnaires. Le clocher à bulbe de l'église Saint-Théodule sera détruit mais jamais reconstruit à l'identique.

En 1798, le nord du département du Mont-Blanc intègre le département du Léman dont la capitale est Genève. Le village de Flumet est alors rattaché au département du Léman jusqu'à la restauration sarde en 1814.

En 1860, le rattachement de la Savoie à la France divise l'ancien duché de Savoie en deux départements. L'ensemble du Faucigny est intégré à la Haute-Savoie (74) à l'exception des villages de Flumet, Saint-Nicolas-La-Chapelle, La Giettaz, Notre-Dame-de-Bellecombe et Cret-Voland qui seront rattachés à la Savoie (73). C'est à cette époque que se met en place à Flumet un poste de douane marquant la limite de la zone franche avec la Suisse conclue dans le traité d'annexion de la Savoie à la France. Ainsi, la seconde moitié du XIXe siècle a été marquée par une activité de contrebande très développée à Flumet et dans tout le Val d'Arly.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Flumet est une commune qui vote traditionnellement à droite. À la présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy a obtenu 372 voix contre 112 pour Ségolène Royal soit 76,86 % des voix. Ce qui est très au-dessus du score national (53,06 %) et même du score départemental (57,32 %).

Au premier tour Nicolas Sarkozy (UMP) était en tête avec 40 % des voix suivi de François Bayrou (UDF) avec 19,38 % des voix. En troisième position Jean-Marie Le Pen (FN) avec 17,32 % des voix devançait nettement Ségolène Royal (PS) quatrième avec 7,63 % des voix.

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1959 mars 1977 Jacques Jond    
mars 1977 mars 1983 Marcel Gardet-Blanc    
mars 1983 mars 1989 Roger Rey    
mars 1989 mars 1995 André Rebattu    
mars 1995 mars 2001 Jacques Jond    
mars 2001 mars 2014 Pierre Ouvrier-Buffet    
mars 2014 en cours
(au avril 2014)
Marie-Pierre Ouvrier    

Population et société[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[9]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[10],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 810 habitants, en diminution de -6,03 % par rapport à 2009 (Savoie : 3,73 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1822 1838 1848 1858 1861 1866
820 991 1 008 892 963 961 779 801 820
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
861 848 898 926 943 949 873 984 816
1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
888 928 706 703 731 731 667 740 769
1982 1990 1999 2007 2011 2014 - - -
727 760 769 877 834 810 - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[11] puis Insee à partir de 2006[12].)
Histogramme de l'évolution démographique

Sports[modifier | modifier le code]

  • Équipements sportifs (tennis, terrain foot, plaine de jeux…).

Économie[modifier | modifier le code]

L'économie est mixte ; traditionnellement agropastorale, avec des exploitations agricoles d'élevage de vaches laitières valorisées depuis les années 1970 et 80 par les appellations contrôlées reblochon et beaufort et grâce à l'existence d'une coopérative fruitière à Flumet. La fin du XIXe siècle et la première partie du XXe siècle ont été marquées par un exode rural vers les usines métallurgiques d'Ugine et le Fayet, et vers les villes. Le Haut Val d'Arly a alors perdu entre 45 et 60 % de sa population.

Depuis le développement du tourisme d'hiver à partir de la fin des années 1950, ainsi que du tourisme d'été, l'économie de ces villages est centrée sur l'industrie touristique et très marquée par la saisonnalité (emplois liés aux remontées mécaniques, moniteurs de ski, hôtellerie, restauration…) La proximité de Megève10 km au nord en Haute-Savoie) ainsi que le tourisme des sports d'hiver expliquent le renchérissement actuel des prix immobiliers et du foncier.

Une maison de retraite médicalisée (EHPAD) "Marin-Lamellet" fondée en 1907, agrandie et rénovée en 2002, permet l'accueil de 50 personnes âgées dépendantes et offre de nombreux emplois. Pour les personnes âgées à domicile, les services sont assurés par l'ADMR (Association d'Aide à Domicile en Milieu Rural) qui grâce aux services de travailleuses familiales permet le maintien à domicile de quelques dizaines de personnes ainsi que le portage de repas.

Le développement social local est lié aux initiatives de l'association « Vivre en Val d'Arly » fondée en 1992 avec l'aide de la Mutualité Sociale Agricole ; un centre de loisirs sans hébergement a ainsi été créé.

On observe depuis quelques années une augmentation modérée mais réelle de la population permanente de Flumet, quelques jeunes natifs ayant choisi d'y rester, les autres devant s'installer là où les prix du foncier sont moins exorbitants, laissant peu à peu la place à de nouveaux habitants avec de revenus plus aisés (bassin lyonnais, retraités...).

Secteur tertiaire ou activités de service[modifier | modifier le code]

Vue du camping de Flumet.

Tourisme[modifier | modifier le code]

En 2016, la capacité d'accueil de la station Flumet-Mont-Blanc, estimée par l'organisme Savoie Mont Blanc, est de 5 552 lits touristiques répartis dans 863 structures[Note 2]. Les hébergements se répartissent comme suit : 29 meublés ; une résidence de tourisme ; trois hôtels ; quatre centres ou villages de vacances, un refuge et trois chambres d'hôtes[13].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Théodule.
  • Ruines du château des sires de Faucigny (ne se visitent pas ; rares soubassements), il fut le centre de la châtellenie de Flumet ;
  • Ancienne maison forte, des nobles de Bieux, dite aussi Tour de Bieux[14] (visible sur la droite, en venant par la route d'Ugine)
  • L'église Saint-Théodule (de style extérieur moyenâgeux, peintures intérieures classées et rénovées par les Beaux-Arts) ;
  • Ancien moulin (« moulin à Tienne » en cours de rénovation au bord de l'Arly, avec visite guidée de la maison du meunier) ;
  • Pont de l'Abîme ou pont de Bellecombe ;
  • Plan d'eau (baignade et buvette) ;
  • Chemins de randonnée.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Famille de Bieux (ou De Bieu ou De Bieux, en latin de Biolli, de Biollo, parfois Byoli). Ils sont souvent qualifiés, mais « improprement » comme le rappelle le comte Amédée de Foras, « comtes de Flumet », mais ils sont comtes de Saint-Nicolas-la-Chapelle en 1699. La famille s'est éteinte en 1822[15] ;
  • Roger et Bernard Rossat-Mignod sont les premiers membres de l'équipe de France de ski alpin. Nicolas et Raphaël Burtin dans le sillage de ses précurseurs entrent aussi en équipe de France de ski alpin. Nicolas Burtin remporte une épreuve de coupe du monde en 1998 en descente.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Flumet.svg

Les armes de Flumet se blasonnent ainsi : De gueules à deux clefs d'or adossées et passées en sautoir[16].

Blason ville Fr Flumet (Savoie).svg

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.
  2. La structure Savoie Mont Blanc, pour ces données statistiques de capacité d'accueil en termes de lits touristiques d'une station ou d'une commune, additionne les établissements marchands, qui appartiennent au secteur de l'hôtellerie, et les hébergements non marchands, qui n'impliquent donc pas de transaction commerciale comme les résidences secondaires[13].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Adolphe Gros, Dictionnaire étymologique des noms de lieu de la Savoie, La Fontaine de Siloé (réimpr. 2004) (1re éd. 1935), 519 p. (ISBN 978-2-84206-268-2, lire en ligne), p. 191.
  2. a, b, c et d D'après Henry Suter, « Fion, (...) Flumet », Noms de lieux de Suisse romande, Savoie et environs, sur henrysuter.ch, Henry Suter, 2000-2009 (consulté le 19 octobre 2016).
  3. a, b et c Michelle Leroy, Geneviève de Montleau, Fondation pour l'action culturelle internationale en montagne, En Beaufortain et Val d'Arly : sur les chemins du Baroque, vol. 1, La Fontaine de Siloé, , 190 p. (ISBN 978-2-8420-6108-1), p. 154.
  4. Lexique Français - Francoprovençal du nom des communes de Savoie - Lé Kmoune in Savoué, Bruxelles, Parlement européen, , 43 p. (ISBN 978-2-7466-3902-7, lire en ligne), p. 16
    Préface de Louis Terreaux, membre de l'Académie de Savoie, publié au Parlement européen à l'initiative de la députée Malika Benarab-Attou.
  5. a et b Dufour, Rabut 1867, p. 14.
  6. Jean-Yves Mariotte, 'Jean-Yves Mariotte, « La charte de fondation de Flumet (1228) source du droit de Fribourg », in Mémoires de la société pour l'histoire du droit et des institutions des anciens pays bourguignons, comtois et romands, Faculté de droit et de science politique, 1971, 20 pages.
  7. Léon Ménabréa, Article « De la marche des études historiques en Savoie et en Piémont, depuis le XIVe siècle jusqu'à nos jours, et des développements dont ces études seraient encore susceptibles », Mémoires (n°1, IX), Académie de Savoie, , p. 354.
  8. Ruth Mariotte Löber, Ville et seigneurie : Les chartes de franchises des comtes de Savoie, fin XIIe siècle-1343, Librairie Droz - Académie florimontane, , 266 p. (ISBN 978-2-60004-503-2), p. 197.
  9. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  10. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  11. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  12. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  13. a et b « La capacité d'accueil touristique en Savoie-Mont-Blanc », Observatoire, sur le site Savoie-Mont-Blanc - pro.savoie-mont-blanc.com, (consulté en janvier 2015) : « Les données détaillées par commune, et par station : nombre de structures, nombre de lits par type d'hébergements (fichier : Détail des capacités 2016, .xlsx) ».
  14. Adolphe Gros, Dictionnaire étymologique des noms de lieu de la Savoie, La Fontaine de Siloé (réimpr. 2004) (1re éd. 1935), 519 p. (ISBN 978-2-84206-268-2, lire en ligne), p. 471.
  15. Comte Amédée de Foras, continué par le comte F.-C. de Mareschal, Armorial et nobiliaire de l'ancien duché de Savoie, vol. 2, Grenoble, Allier Frères, 1863-1910 (lire en ligne), p. 203-207, « Bieux (de) ».
  16. Académie florimontane, Revue savoisienne, 15 mars 1863, p.24, « Causeries ».