Plateau des Glières

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Vue aérienne du plateau des Glières depuis le nord-est.
Le plateau des Glières et le monument national à la Résistance d'Émile Gilioli.

Le plateau des Glières est un plateau calcaire situé dans le massif des Bornes. Respectivement à 29 et 15 kilomètres de La Roche-sur-Foron et de Thorens-Glières, il est localisé sur les communes du Petit-Bornand-les-Glières et de Thorens-Glières. Il accueille le monument national de la Résistance.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le toponyme « Glière » est une variante de « Glaire », provenant du latin Glaria, Glarea, désignant un lieu composé de gravier ou assimilés, souvent inondé[1],[2],[3]. Dans le patois local ou francoprovençal, le terme au singulier glière désigne aussi un « terrain rocailleux et sablonneux, grève de rivière »[3].

Lors des événements de mars 1944, le journaliste Dépollier parle de « Glière », au singulier. La médiatisation de ces événements, tant par les médias de la collaboration parisienne (Philippe Henriot) que par ceux de la résistance londonienne (Maurice Schumann) consacre une mise au pluriel abusive. Certains Savoyards disent toujours monter « à Glières », respectant ainsi l'usage immémorial.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situé entre les montagnes des Auges (1 800 mètres) et des Frêtes, le plateau est en réalité un val. L'altitude moyenne est de 1 450 mètres et il est bordé de falaises de calcaire urgonien, notamment au nord-est au-dessus de la vallée du Borne, à l'ouest au-dessus de la vallée de la Fillière et au sud au-dessus de la vallée du Fier.

Le plateau se compose de plusieurs ensembles. Au sud, son extrémité est marquée par la chapelle de Notre-Dame des Neiges ; avec les chalets de la Reinette, du crêt Saint-Germain, de Sur le Charet et de Côte Fierdet, elle domine la plaine de Dran, un vaste alpage. Une fois franchi le ruisseau de Paccot qui traverse perpendiculairement le plateau, le secteur du col marque le centre des Glières. Les forêts recouvrant les flancs des montagnes des Auges et des Frêtes laissent place dans les parties basses à des alpages et des mouilles qui donnent naissance à de nombreux cours d'eau. C'est ici que s'arrête la route des Glières et que la maison du plateau et le monument national de la Résistance drainent la majorité des visiteurs du site. Vers le nord-est, une fois passé le chalet d'alpage de Chez la Jode, la partie septentrionale du plateau est creusé par le nant du Talavé, voie d'accès naturelle depuis la vallée du Borne ; la partie nord le poursuit jusqu'au chalet de Frêchet au bout d'un petit val.

Histoire[modifier | modifier le code]

Durant la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Maquis des Glières.
Manifestation à la suite de la visite de Nicolas Sarkozy

Ce plateau fut un haut lieu de la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, notamment du fait de son étendue, de ses accès resserrés et des nombreux chalets d'alpage, qui favorisèrent, du 31 janvier au 26 mars 1944, le rassemblement de maquis, organisé et commandé par le lieutenant Tom Morel, tué le 10 mars, puis par le capitaine Anjot, tué le 27 mars. En effet, fin 1943, le plateau des Glières avait été choisi pour recevoir des parachutages britanniques d'armes en vue d'équiper la résistance locale, puis, début 1944, comme base d'opérations sur les arrières des Allemands au moment du débarquement attendu des Alliés. C'est une zone dégagée, éloignée des hauts sommets, peu accessible (la route actuelle n'existait pas à l'époque), mais aussi bien repérable par les avions alliés par sa proximité du lac d'Annecy.

Ayant réceptionné trois parachutages (dont un grand le 10 mars, soit quelque 45 tonnes d'armes au total), les maquisards (environ 450 en mars), assiégés par les forces de l'ordre françaises, furent bombardés par la Luftwaffe dès le 12 mars, puis encerclés le 23 mars par plus de 3 000 chasseurs de montagne de la Wehrmacht et 700 francs-gardes de la Milice française dont les multiples assauts furent repoussés. Cependant, l'attaque générale du 27 mars ne rencontra pas de résistance, le plateau, bombardé, mitraillé par l'aviation, pilonné par l'artillerie, ayant été évacué la veille après un baroud d'honneur (deux tués et quelques blessés du côté des maquisards). Néanmoins, traqués, ceux-ci subirent de lourdes pertes (120 morts au total), pour une douzaine de miliciens hors de combat et seulement 3 morts et 7 blessés (dont 5 accidentellement) parmi les soldats allemands[4]. À l'époque, l'épopée des Glières connut un retentissement considérable et joua un grand rôle dans la guerre psychologique (conquête de l'opinion et soutien des Alliés). En effet, depuis début février, un duel sur les ondes opposa, à son sujet, la BBC à Radio Paris et, afin de provoquer un combat exemplaire, l'envoyé de la France libre, le capitaine Rosenthal, avait même annoncé la fausse nouvelle du largage d'un bataillon de parachutistes canadiens, que les Britanniques n'avaient jamais songé à envoyer.

Après la guerre[modifier | modifier le code]

En 1973, le monument national de la Résistance, œuvre du sculpteur Émile Gilioli, a été érigé à la mémoire de ces victimes, sur un terrain offert à cet effet par le comte Jean-François de Roussy de Sales. Il a été inauguré le par André Malraux. La sculpture représente le V de la victoire dont l'une des ailes est cassée pour rappeler que la victoire a un prix. Ce V est surmonté par un cercle représentant un disque solaire en déséquilibre, pour signifier que la liberté est toujours à gagner.

En 2007, Nicolas Sarkozy y fait halte à la veille de l'élection présidentielle française de 2007 et déclare qu'il s'y rendra chaque année dès son élection. Cette visite est suivie d'une manifestation de 3 000 personnes le 13 mai. Le président Sarkozy, y retourna de 2008 jusqu'en 2012, afin d'y célébrer la Résistance. Pour certains, la médiatisation du « pèlerinage » présidentiel n'était pas sans rappeler celui de François Mitterrand et de son ascension de la roche de Solutré.

Le , à l'instigation du collectif CRHA (Citoyens résistants d'hier et d'aujourd'hui), un rassemblement de manifestants est organisé sur le plateau des Glières afin de rappeler les valeurs républicaines de solidarité, de fraternité, de vivre-ensemble et de justice contenues dans le programme du Conseil national de la Résistance, élaboré le 15 mars 1944[5]. Parmi les manifestants Stéphane Hessel, parrain de l'association, et Raymond Aubrac, ancien résistant.

Loisirs et sports[modifier | modifier le code]

Tourisme[modifier | modifier le code]

Le ski de fond est l’activité principale de ce plateau, en hiver, avec plus de 36 km de pistes damées alternatif et skating, ainsi que plusieurs kilomètres de pistes damées pour la marche. On peut aussi faire des promenades en raquettes. Depuis 1984[6], le troisième dimanche de mars se court le marathon de ski de fond des Glières. Il est aussi possible de pratiquer le snowkite ; les enfants disposent d'une piste de luge, aménagée chaque année pour eux.

L'été, le visiteur rencontre, sur le plateau quelques fermes et étables où l'on fabrique reblochon et tomme. Certaines d'entre elles ont été transformées en restaurant ou en gîte. Il peut aussi emprunter un itinéraire balisé qui permet de faire le tour du plateau, avec de nombreux panneaux l'informant à la fois sur la vie d'alpage au début du XXe siècle et sur la bataille des Glières, avec le monument en hommage aux résistants.

Cette région est d'accès un peu difficile, via deux routes sinueuses. Toutes deux restent ouvertes en hiver. Celle qui part de Thorens-Glières peut se montrer dangereuse en cas de chutes de pierres, fréquentes au printemps.

Spéléologie[modifier | modifier le code]

Domaine du centre nordique des Glières.
Vue d'une partie du domaine du centre nordique des Glières, notamment au centre la Maison du plateau des Glières.

On peut aussi s'adonner à la spéléologie dans une quinzaine de cavités de plus de 150 mètres de profondeur répertoriées sur les Frêtes. La cavité la plus profonde actuellement connue sur le plateau est la tanne à Paccot, encore appelée « trou de l'A2 ». Sa profondeur estimée est d'environ 400 mètres[7].

Cyclisme[modifier | modifier le code]

L'ascension du col des Glières est possible à vélo depuis les versants ouest ou est.

Le Tour de France 2018 a effectué la traversée du plateau lors de la 10e étape.

Postérité[modifier | modifier le code]

Une zone urbaine d'Alger, alors département d'Alger jusqu'en 1962, a été baptisée le « plateau des Glières »[8], en raison de la présence du Monument aux morts de ceux tombés pour la France pendant les deux guerres mondiales et en hommage notamment à la lutte des maquisards savoyards durant la Seconde Guerre mondiale[9].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Site géographique
Sites institutionnels
Sites historiques

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Adolphe Gros, Dictionnaire étymologique des noms de lieu de la Savoie, La Fontaine de Siloé (réimpr. 2004) (1re éd. 1935), 519 p. (ISBN 978-2-84206-268-2, lire en ligne), p. 212.
  2. « Article « (...) Glière (...) » », sur le site Noms de lieux de Suisse romande, Savoie et environs, site personnel de henrysuter.ch (consulté en juillet 2014).
  3. a et b « Article « (...) Les Glières (...) » », sur le site Noms de lieux de Suisse romande, Savoie et environs, site personnel de henrysuter.ch (consulté en juillet 2014).
  4. [PDF] Deutsche Dienststelle, WASt, Namentliche Verlustmeldung Nr. 1. 16.2.-25.4.44, Nr. 2. 12.9.43-28.6.44, Nr. 3. 16.2.-25.4.44, Nr. 4. 16.2.-25.4.44, Berlin ; listes fournies par le docteur Peter Lieb, Department of War Studies, The Royal Military Academy Sandhurst, Grande-Bretagne
  5. Appel à un rassemblement citoyen par le CRHA
  6. 1984 - Les Pionniers - Marathon des Glières
  7. Clan spéléo des Troglodytes, « L'exploration », sur troglos.fr (consulté le 23 octobre 2017), Inventaire spéléologique du plateau des Glières.
  8. AMBIANCE ALGERIENNE, JT NUIT - 24/06/1960
  9. Description du plateau des Glières d'Alger