Chaîne du Bargy

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bargy (homonymie).
Chaîne du Bargy
Carte sous licence libre bienvenue !
Géographie
Altitude 2 438 m, Pointe Blanche
Massif Massif des Bornes (Alpes)
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Haute-Savoie
Géologie
Roches Roches sédimentaires

La chaîne du Bargy est un chaînon montagneux du massif des Bornes en Haute-Savoie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le Bargy, depuis Mont-Saxonnex.

Cette chaîne est située dans les Préalpes de Savoie et sur les communes de Mont-Saxonnex, du Petit-Bornand-les-Glières, du Grand-Bornand et du Reposoir.

Elle est composée du Petit Bargy, du Grand Bargy, de la pointe du Midi, de la pointe Blanche et du pic de Jallouvre.

Géologie[modifier | modifier le code]

Cette chaîne est issue d'un plissement d'origine géotectonique et contient notamment des fossiles de coraux calcaire qui montrent l'origine marine et sédimentaire de la roche[1]. Selon Sesiano, les dépôts doivent être rattachés au « Dryas récent pour les plus bas en altitude, et au Préboréal pour les autres »[2].

Géomorphologie[modifier | modifier le code]

La chaîne du Bargy (arrière-plan) depuis Tête Pelouse.

La structure de la chaîne, ses moraines (dont la mieux conservée est visible dans la Combe sud-est du Jalouvre[2], éboulements supraglaciaires et névés sont marqués par les passages et évolutions des grands glaciers des trois dernières périodes glaciaires[2], dont les traces et vestiges sont plus nombreux sur le flanc nord qu'au sud, observables à partir de 1 250 m d'altitude.

La chaîne montagneuse est coupée transversalement par de grandes diaclases qui ont été à l'origine d'une érosion importante, mais aussi de la constitution d'un réseau karstique[2]. Localement, un pli en genou a craqué la carapace urgonien en mettant à jour les marnes hauteriviennes[2],[3].

Trois arcs morainiques calcaires caractéristiques et emboîtés, latéraux et frontaux, sont présents sur la rive nord-ouest et nord du lac Bénit dont la forme est en partie artificielle, la moraine qui le ferme ayant été rehaussée sur environ deux mètres de hauteur en 1964 pour augmenter la superficie du lac et le volume d'eau retenue à la demande des pêcheurs et pour favoriser ce loisir. Un cône actif d'éboulis tend à combler la cuvette lacustre du cirque d'Encrenaz dont un tiers a déjà disparu sous les apports issus de l'érosion.

La combe de Biolland constitue une vallée parallèle à l'anticlinal du Bargy où s'écoule le torrent le Bronze aux pieds de plusieurs moraines témoignant de la présence ancienne d'un grand glacier, lui-même alimenté par plusieurs glaciers tributaires.

Le cirque de Cu Déri, au nord de la pointe du Midi et s'ouvrant vers le nord pourrait être glacio-karstique. Sa base située à 1 985 m tend à se combler par le biais des éboulements.

De grandes failles parallèles ou perpendiculaires à l'axe du pli ont fait descendre certains compartiments du massif par rapport à d'autres, lui donnant, côté sud-ouest, une structure « en escalier »[2].

Selon une légende locale citée par Favre en 1867[4] le lac Bénit serait issu d'un effondrement qui au XVIIIe siècle aurait englouti toute une forêt de sapins, ce qui parait hautement improbable à Sesiano[Qui ?] au vu de l'analyse géomorphologique de la chaîne montagneuse[2].

Environnement[modifier | modifier le code]

Ce massif abrite un lac glaciaire, le lac Bénit, au pied du cirque d'Encrenaz orienté au nord et qui domine le lac de 700 m de hauteur pour sa partie la plus haute), un lac probablement glaciokarstique à écoulement souterrain (le lac de Lessy à 1 113 m)[5] et des habitats naturels montagneux riches en biodiversité notamment propice aux grands rapaces (ex : Gypaète Barbu[6],[7]) ou aux bouquetins. Certains de ces bouquetins sont atteints par la brucellose, une maladie zoonotique qui cause chez le bouquetin une arthrite, parfois grave, avec aussi des lésions graves des organes génitaux rendant l'animal stérile. Ces derniers ont été source de vives polémiques, quand il a été décidé de les éradiquer au motif que certains individus malades peuvent parfois être infectieux pour des animaux d'élevages, et faciliter une transmission à l'homme.

La riche flore du massif du Bargy et des montagnes voisines a notamment été inventoriée par le botaniste Bourgeau, collecteur très actif au milieu du XIXe siècle[8].

Les avalanches et éboulements remodèlent périodiquement certaines pentes[9], favorisant l'entretien de communautés d'espèces pionnières ou capables de s'accrocher sur la roche et de résister au froid hivernal, autour du pin Cembro (Pinus cembra)[10] notamment.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. E. Morycowa, D. Decrouez, « Description de quelques coraux des calcaires urgoniens de la chaîne du Bargy (domaine delphino-helvétique, massif des Bornes, France) », Revue de Paléobiologie, Genève, 12(1), 1993, pages 203-215
  2. a, b, c, d, e, f et g J. Sesiano, A. Muller, Quelques observations de géomorphologie glaciaire locale dans la chaîne du Bargy (Haute-Savoie), Bulletin de la Société vaudoise des Sciences naturelles, 78(2), 1986, pages 145-157
  3. [PDF] J.-P. Rampnoux, Contexte stratigraphique, lithologique et structural des massifs subalpins des Bornes et des Bauges. Localisation des aquifères karstiques et circulation des eaux souterraines, Hydrogéologie et karst au travers des travaux de Michel Lepiller, Proceedings of the annual meeting of the French Committee of the International Association of Hydrogeologists, 2008, pages 61-70
  4. Favre, tome II, 1867, p. 163[réf. incomplète]
  5. J. Sesiano, A. Müller, Quelques observations d'hydrogéologie au lac de Lessy (Haute-Savoie, France), Karstologia, 2, 1983, pages 13-16.
  6. S. Tripnaux, Le Gypaète Barbu, 2012.
  7. J., Heuret, A. Rouillon, « Première reproduction réussie de Gypaètes barbus Gypaetus barbatus issus de réintroduction dans les Alpes (Haute-Savoie, France): observations comportementales du couple et du jeune », Nos Oiseaux, 45, 1998, pages 199-207.
  8. [PDF] E. Schmid, Aperçu géobotanique et forestier sur les Alpes françaises, Bulletin de la Société Botanique de France, 98(10), 1951, pages 85-92
  9. J. Messines du Sourbier, Avalanches en Savoie, Revue de géographie alpine, 30(3), 1942, pages 605-626.
  10. [PDF] P. Fourchy, Notes sur le Pin cembro (Pinus cembra l.) dans les Alpes françaises, Revue forestière française, no 2, février 1968

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J. Charollais, « Recherches stratigraphiques dans l'est du massif des Bornes », thèse no 1342, Université de Genève, laboratoire de géologie, 1963.