Mont Veyrier

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Mont Veyrier
Vue du versant occidental du mont Veyrier depuis le lac d'Annecy.
Vue du versant occidental du mont Veyrier depuis le lac d'Annecy.
Géographie
Altitude 1 291 m[1]
Massif Massif des Bornes (Alpes)
Coordonnées 45° 54′ 02″ nord, 6° 10′ 57″ est[1]
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Haute-Savoie
Ascension
Voie la plus facile « Sentier des Crêtes » depuis le col des Contrebandiers
Géologie
Roches Calcaires urgonien et hauterivien
Type Crêt
Géolocalisation sur la carte : Haute-Savoie
(Voir situation sur carte : Haute-Savoie)
Mont Veyrier
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Mont Veyrier

Le mont Veyrier est une montagne de France située en Haute-Savoie, au sud-est d'Annecy. Culminant à 1 291 mètres d'altitude, il domine la rive orientale du lac d'Annecy et notamment la ville de Veyrier-du-Lac située à ses pieds.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom du mont provient du nom de la commune Veyrier-du-Lac située à ses pieds, au bord du lac[2]. Le toponyme « Veyrier » proviendrait d'un ancien fundus romain (domaine gallo-romain) Viriacus ou Veriacus, formé par le gentilice Virius ou Verius, associé au suffixe -acus[2].

Selon une autre hypothèse, il s'agit d'un oronyme celte. Les noms des montagnes font partie des plus vieilles couches de toponymes. La plupart du temps, ils sont donc d'origine celte ou indo-européenne. De plus, les noms de montagne proches du mont Veyrier ont une origine celte. La racine celte uer[3] « sur », « supérieur » se retrouve dans de très nombreux oronymes des Alpes, sous différentes formes : Véran, Varan, pointe des Verres, etc. « Veyrier » pourrait donc être une variation de la racine gauloise uer désignant un sommet.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte topographique.

Le mont Veyrier est situé dans les Préalpes françaises[4], dans le Sud-Ouest de la Haute-Savoie, immédiatement au sud-est d'Annecy, au bord de son lac qui s'étend à l'ouest[1]. D'un point de vue administratif, le mont Veyrier se trouve en majorité sur le territoire communal de Veyrier-du-Lac[5] qui s'étend sur toute la face occidentale, la falaise sommitale et une partie du versant Nord-Est jusqu'à mi-pente[1] ; le versant septentrional au-delà du rocher de Chavoire se trouve sur celui d'Annecy, anciennement celui d'Annecy-le-Vieux jusqu'à la fusion communale de 2017, la face Nord-Est du mont Baret, y compris la rive gauche du défilé de Dingy, sur celui d'Alex et sa face Sud-Est sur celui de Menthon-Saint-Bernard[1].

Au sens strict, le mont Veyrier désigne la partie septentrionale de la falaise située au-dessus du quartier de Chavoire, là où se trouve le point culminant avec 1 291 mètres d'altitude et qui se prolonge au sud par le mont Baron[1]. Cependant, le toponyme peut aussi inclure le mont Baret situé au sud, au-delà du col des Contrebandiers, parfois sous la forme « montagne de Veyrier »[1]. La montagne s'étend alors dans ce sens large d'Annecy-le-Vieux au nord au col de Bluffy au sud, incluant les antécimes du mont Rampignon (894 mètres), du mont Rampon (957 mètres), du mont Baron (1 295 mètres), du Chapeau de Napoléon (1 060 mètres) et du mont Baret (1 243 mètres) dit aussi mont Beauregard et qui inclut les rochers des Grandes Suites au-dessus de Menthon-Saint-Bernard[1],[4]. Par sa géologie, le mont Baret constitue le prolongement méridional de la montagne de Lachat de l'autre côté du défilé de Dingy[6].

Sur le chemin de crête entre le mont Veyrier et le mont Baron, surplombant Veyrier-du-Lac.

Ce relief qui s'étire sur un peu plus de six kilomètres de longueur pour une largeur avoisinant les trois kilomètres[1] forme le même ensemble géologique, un crêt composé de calcaire hauterivien surmonté de calcaire urgonien qui forme les différentes falaises de la montagne[6]. Avec la falaise de la Puya à l'extrémité septentrionale du Semnoz sur l'autre rive du lac, le mont Veyrier, et plus précisément le rocher de Chavoire, forme ce qui est parfois appelé la « cluse d'Annecy » bien que les structures géologiques entre massif des Bornes et massif des Bauges diffèrent sensiblement au niveau du Grand lac.

Histoire[modifier | modifier le code]

Néolithique[modifier | modifier le code]

Sur les nombreuses grottes que l'on trouve au pied de la montagne de Veyrier, côté lac d'Annecy, seules les grottes dites « Trou du Renard »[7],[5] ou encore du Fortin contiennent des traces remontant à la période du Néolithique[8]. En revanche, le site de Vieugy, au lieu-dit « Sous les Guerres », accueille une importante station néolithique[5],[8].

Téléphérique[modifier | modifier le code]

Mer de nuages depuis l'esplanade de la gare supérieure de l'ancien téléphérique, détruite en 2001.

Un téléphérique est aménagé entre la commune de Veyrier et le mont Baron, afin de servir de belvédère au-dessus du lac d'Annecy[9]. Mis en service dès 1934 et laissé à l'abandon à partir de 1984, le téléphérique aura transporté plus de 2 millions de passagers durant les 50 années de son fonctionnement[réf. nécessaire]. La gare d'arrivée a été définitivement déconstruite en 2001, alors que la gare inférieure a été dévolue à la Cinémathèque des Pays de Savoie et de l'Ain en 2014[10].

Activités[modifier | modifier le code]

Panneaux de randonnée au sommet du mont Veyrier.

Spéléologie[modifier | modifier le code]

La présence de nombreuses anfractuosités ou fissures — Bornattaz des Sarrasins (« la grotte des Sarrasins »), grottes ou trous du Fortin, du Renard, de la Cheminée, du Chapeau de Gendarme[11] — ont attiré sur le site des spéléologues[5]. Les grottes de Veyrier sont d'ailleurs mentionnées dans un poème de Jacques Peletier du Mans, La Savoye (1572), qui cite les grottes Ogivale ou du Mont, Carré ou de la Bornale des Sarrasins[11].

Randonnée et escalade[modifier | modifier le code]

La proximité de la montagne vis-à-vis d'Annecy en fait un lieu de randonnée et de balade parmi les plus populaires de la région annécienne. De nombreux sentiers parcourent la montagne, permettant son ascension par tous les versants, depuis le pied de la montagne ou bien au départ du col des Contrebandiers où arrive une route goudronnée[1]. Le sentier des crêtes est le plus prisé car offrant une vue panoramique sur Annecy, le lac, une partie du Genevois, le massif des Bauges et une partie du massif des Bornes, notamment le Parmelan situé au nord-est. Le GRP Tour du lac d'Annecy emprunte le sentier au sommet de la montagne, passant par le mont Rampon, la falaise sommitale, le col des Contrebandiers et la face orientale du mont Baret[1].

De nombreux sentiers et chemins forestiers sillonnent les flancs de la montagne, permettant d'accéder aux nombreuses falaises qui offrent des possibilités d'escalade, notamment au rocher de Chavoire, au Chapeau de Napoléon, aux rochers du Mont Baret au-dessus du col des Contrebandiers et aux rochers des Grandes Suites[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i j k et l « Carte IGN classique » sur Géoportail.
  2. a et b Henry Suter, « Veyrier-du-Lac », sur le site d'Henry Suter, « Noms de lieux de Suisse romande, Savoie et environs » - henrysuter.ch, 2000-2009 (mis à jour le 18 décembre 2009) (consulté le ).
  3. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise : une approche linguistique du vieux-celtique continental, Éditions Errance, (ISBN 978-2-87772-631-3 et 2-87772-631-2, OCLC 1055598056, lire en ligne), p. 314
  4. a et b Bernard Prémat et Nicole Schneider, Veyrier-du-Lac : du vignoble à la résidence, Annecy, Académie salésienne, , 547 p. (ISBN 978-2-901102-14-4, lire en ligne), p. 11-12.
  5. a b c et d Henri Baud, Jean-Yves Mariotte, Jean-Bernard Challamel, Alain Guerrier, Histoire des communes savoyardes. Le Genevois et Lac d'Annecy (Tome III), Roanne, Éditions Horvath, , 422 p. (ISBN 2-7171-0200-0), p. 211-213..
  6. a et b « Mont Veyrier, Roc de Chère », sur Geol-alp (consulté le )
  7. Alex Bégneu, « Une station du bronze dans la Montagne de Veyrier-du-Lac (près d'Annecy) », Bulletin de la Société préhistorique de France, vol. 54, no 10,‎ , p. 652-656 (lire en ligne).
  8. a et b Bernard Prémat et Nicole Schneider, Veyrier-du-Lac : du vignoble à la résidence, Annecy, Académie salésienne, , 547 p. (ISBN 978-2-901102-14-4, lire en ligne), p. 13.
  9. Paul Guichonnet, Nouvelle encyclopédie de la Haute-Savoie : Hier et aujourd'hui, La Fontaine de Siloé, , 399 p. (ISBN 978-2-84206-374-0, lire en ligne), p. 135.
  10. La Rédaction, « Veyrier-du-Lac : la cinémathèque des Pays de Savoie et de l'Ain inaugurée locale », Le Messager,‎ (lire en ligne).
  11. a et b Bernard Prémat et Nicole Schneider, Veyrier-du-Lac : du vignoble à la résidence, Annecy, Académie salésienne, , 547 p. (ISBN 978-2-901102-14-4, lire en ligne), p. 414.

Lien externe[modifier | modifier le code]

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