Marie Marvingt

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Marie Marvingt
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Marie Marvingt

Alias
« la fiancée du danger »
Naissance
Aurillac, France
Décès (à 88 ans)
Laxou, France
Nationalité Drapeau : France Française
Profession
Aviatrice
Autres activités
Alpinisme, ski, athlétisme

Marie Félicie Élisabeth Marvingt, née à Aurillac (Cantal) le et morte à Laxou (banlieue de Nancy, en Meurthe-et-Moselle) le , surnommée « la fiancée du danger », est une pionnière de l’aviation en France et l'une des meilleures alpinistes du début du XXe siècle[1]. Licenciée en lettres et parlant sept langues – dont l’espéranto, elle est titulaire de trente-quatre décorations, dont la Légion d'honneur et la Croix de guerre avec palmes[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

En 1880, ses parents déménagent à Metz. En 1889, à la suite de la mort de sa mère, Élisabeth Brusquin[3], son père et elle s'installent à Nancy, au no 8 de la place de la Carrière. Elle reste, toute sa vie, attachée à la Lorraine.

C'est une grande sportive dont l'une des devises est : « Je décide de faire mieux encore et toujours » — lui permettant d’être détentrice de dix-sept records mondiaux et de devenir la femme la plus décorée.

Elle est parmi les premières femmes titulaires du permis de conduire, qu'elle obtient dès 1899. Elle passe également quatre brevets de pilote (ballon en 1909, avion et hydravion en 1910, hélicoptère en 1961 ainsi que celui de dirigeable). Elle établit de nombreux records dont celui du plus grand nombre de vols sans le moindre accident.

Effectuant son premier vol accompagné dès 1901, elle effectue son premier vol en solo le .

Le , elle devint la première femme à piloter un aérostat à travers la mer du Nord et la Manche de l'Europe continentale vers l'Angleterre. Son ballon portait pour nom L'Étoile filante et décolla du parc de la Pépinière à Nancy.

Elle gagna nombre de prix de hot air ballooning (en) de 1909 à 1910, et passa son brevet d'aérostière (no 145 en 1910).

En 1908, elle pose sa candidature pour participer au Tour de France cycliste. Devant le refus des organisateurs, elle fait le même parcours que les hommes, en prenant le départ plus tard qu'eux. Elle invente l'aviation sanitaire en 1910. En 1960, âgée de quatre-vingt-cinq ans, elle pilote le premier et seul hélicoptère à réaction du monde, le Djinn[4].

La presse la surnomme « la reine de l’air », « Marie casse-cou », « l'infatigable globe-trotteuse », « l’éternelle curieuse », « la femme la plus extraordinaire du siècle », « la femme la plus extraordinaire depuis Jeanne d'Arc », « la femme la plus décorée au monde » : elle reste un modèle de dynamisme et de foi en l’être humain. Elle pratique de nombreux sports à une époque où l'image de la femme française était tout simplement celle d'une bonne maîtresse de maison. Elle pratique la natation, le cyclisme, l’alpinisme, l’aéronautique, l’aviation, l’équitation, la gymnastique, l’athlétisme, l’escrime, les jeux d’adresse : tir, tennis, golf, polo. Dans tous les sports, elle brille et au premier rang. Elle aime le risque, la lutte et l’effort.

L'aviatrice[modifier | modifier le code]

Elle est titulaire du brevet de pilote no 281 de l'Aéroclub de France, obtenu le , sous la direction d'Hubert Latham sur aéroplane monoplan Antoinette, faisant d'elle la 3e femme de l'histoire à obtenir son brevet de pilote à l'échelle mondiale et la seconde sur monoplan, juste après celui de Marthe Niel et l'unique sur le difficile à maîtriser Antoinette, effectuant malgré cela le record inégalé de 900 vols sans casser du bois[5].

Dessin de Marie Marvingt et de son projet d'ambulance aérienne, Émile Friant, 1914

Le , elle signe une belle performance en établissant un premier record de durée, cette dernière tenant l’air durant 53 minutes[6].

Le , elle subit un accident grave sur la commune de Machault (Ardennes)[7].

En 1910 le Dr Duchaussoy, fondateur de l’association des Dames françaises, propose un prix pour la réalisation d’un avion ambulance. Le projet d’avion ambulance de Marie Marvingt et de l’ingénieur Louis Béchereau, futur concepteur du SPAD, n’a pas de suite malgré la maturité de son projet, l’entreprise chargée de sa fabrication ayant fait faillite[8].

Faits de guerre[modifier | modifier le code]

Déguisée en homme, elle participe sur le front, les armes à la main, à plusieurs actions militaires dans les tranchées aux côtés des poilus, notamment dans le 42e bataillon de chasseurs à pied. Finalement découverte, elle est renvoyée dans ses foyers. Opiniâtre, elle demande, et est autorisée, avec l'aval même du maréchal Foch, à rejoindre le 3e régiment de chasseurs alpins dans les Dolomites italiennes, et à œuvrer pour l'évacuation et la prise en charge des soldats blessés, en terrain montagnard. Intervenante volontaire pour la Croix-Rouge, elle assume les fonctions d'infirmière de guerre et d'aide-chirurgicale de campagne.

Elle reçoit la croix de guerre en 1915, après avoir effectué la première opération de bombardement d'une cible militaire en territoire occupé en bombardant une caserne allemande à Metz, faisant d'elle la première femme au monde engagée dans l'aviation militaire et à effectuer des missions de combat aérien.

Aviation sanitaire[modifier | modifier le code]

Dans l'entre-deux-guerres, elle devient journaliste, correspondante de guerre et officier de santé des armées avec les forces française d'Afrique du Nord, notamment au Maroc où elle invente des skis métalliques permettant aux aéroplanes de décoller et se poser sur le sable en limitant ainsi les risques de mise en pylône.

Donnant plus de 3 000 conférences portant sur l'aviation sanitaire, elle crée en 1931 le Challenge Capitaine-Écheman, récompensant le meilleur design d'avion sanitaire.

En 1934, elle se voit décerner la médaille de la Paix du Maroc pour sa création d'un service sanitaire aérien et du service des infirmières de l'air, devenant elle-même de facto la première diplômée dans cette activité en 1935. Écrivant, réalisant et apparaissant dans le même temps, dans deux documentaires relatant l'histoire, le développement et les usages de l'aviation sanitaire : Les Ailes qui sauvent et Sauvés par la Colombe, lui valant d'être faite le , chevalier de la Légion d'honneur, ayant comme parrain le médecin Charles Pichon.

En 1939, elle crée un centre de convalescence pour les aviateurs blessés. Durant la Seconde Guerre mondiale, elle travaille en tant qu'infirmière de l'air et invente un nouveau type de suture chirurgicale.

Le , elle reçoit le grand prix Deutsch de la Meurthe de la Fédération nationale d'aéronautique à la Sorbonne pour son œuvre dans l'aviation sanitaire.

Aviatrice octogénaire[modifier | modifier le code]

Le , pour son 80e anniversaire, Marie Marvingt accompagnée par un officier de l'US Air Force vole au-dessus de Nancy à bord d'un chasseur supersonique américain, le McDonnell F-101 Voodoo[2], depuis la base aérienne 136 Toul-Rosières, alors utilisée par l'US Air Force dans le cadre de l'OTAN.

La même année, elle passe enfin son brevet de pilote d'hélicoptère sur un SNCASO SO-1221 Djinn, unique hélicoptère à réaction opérationnel, ayant piloté nombre de voilures tournantes tout au long de sa vie sans jamais en avoir passé le brevet auparavant. En 1961, à l'âge de 86 ans, elle fait la boucle de Nancy à Paris.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Les Ailes qui sauvent, 1949
  • Sauvés par la colombe, 1950
  • Collaboration à la documentation sur Amelia Earhart[9].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Archives de l'aéroclub Marie-Marvingt à Aurillac, Cantal Auvergne
  • Rosalie Maggio et Marcel Cordier, Marie Marvingt : la femme d'un siècle, Sarreguemines, Editions Pierron, , 261 p. (ISBN 2-708-50092-9 et 978-2-708-50092-1)
  • Enrico Grassani, Elisa Deroche alias Raymonde de Laroche. La presenza femminile negli anni pionieristici dell'aviazione, Milan, Editoriale Delfino, 2015 (ISBN 978-88-97323-46-4)

Mémoire et honneurs[modifier | modifier le code]

Commémorations[modifier | modifier le code]

Nancy : plaque commémorative, Place de la Carrière

Sa devise : « Savoir vouloir c'est pouvoir ». Elle est inhumée au cimetière de Préville à Nancy.

Décorations[modifier | modifier le code]

  • Officier de la Légion d'honneur (7 décembre 1949).
  • Croix de guerre 1914-1918 avec palmes.
  • Palmes de Premier Tireur (1907).
  • Médaille d'or de l'Académie des sports (15 mars 1910).
  • Palmes académiques.
  • Médaille de l'Aéronautique.
  • Médaille de la paix du Maroc.
  • Chevalier dans l'Ordre de la Santé publique (5 novembre 1937).
  • Médaille de la ville de Nancy (1950).
  • Reçoit le prix Deutsch de la Meurthe (29 mars 1954).
  • Médaille d'Or de l'Éducation physique (1957).
  • Médaille d'argent du Service de Santé de l'Air (1957).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Elle est classée no 5 des alpinistes françaises en 1910.
  2. a et b Actualité de l'histoire, no 84, mai 2006, p. 64.
  3. extrait d'acte d'état-civil.
  4. SNCASO SO-1221 Djinn.
  5. http://www.vieillestiges.com/Historique/html/BrevetsPA-04.html.
  6. Armand Rio, Lecture pour tous — Octobre 1911 — Numéro 1, éditions Lecture pour tous.
  7. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/01/03/01016-20140103ARTFIG00305-la-fiancee-du-danger.php.
  8. Lam. D. « Marie Marvingt et le développement des évacuations aériennes sanitaires » Méd. Aéronaut. et Spatiale 2004;45, no 166, p. 5–11.
  9. Notice de la Bibliothèque nationale de France.
  10. (fr) « Page d'accueil », sur le site du Festival du film de montagne et d'exploration (consulté le 30 janvier 2015).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]