Hélène Dutrieu

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Hélène Dutrieu
Image dans Infobox.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 83 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nationalité
Activités
Conjoint
Autres informations
Sport
Distinction

Hélène Dutrieu, née à Tournai (province de Hainaut) le et morte le en son domicile dans le 16e arrondissement de Paris[1], est une cycliste, motocycliste, coureuse automobile et aviatrice belge.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille d'un officier de l'armée belge, elle quitte l'école à 14 ans et commence à gagner sa vie.

Sa première passion est le vélo. En 1895, elle participe aux premières courses cyclistes ouvertes aux femmes, sur vélodrome uniquement[2], qui se déroulent dans sa ville de Tournai[3]. Devenue coureuse professionnelle, elle bat le record de l'heure sur piste en 1895[4]. En 1897 et 1898, elle remporte le titre « officieux » de championne du monde de vitesse à Ostende, où elle acquiert le surnom de « la flèche humaine ». En novembre 1898 elle gagne « the 12 days race » (course de 12 jours) à Londres, ce qui lui vaut d'être distinguée par le roi Léopold II, qui la décore de la Croix de Saint André[2].

Elle gagne ensuite sa vie grâce à ses acrobaties (looping), dans un premier temps à vélo, puis à moto et enfin en voiture. Son spectacle remporte un grand succès et la fait connaître à l'étranger[2].

Formée par Henri Farman, c'est un premier vol à Issy-les-Moulineaux sur le « Demoiselle » de Santos-Dumont de 30 secondes qui, selon ses dires, va décider de sa carrière d'aviatrice[5]. Cet avion ne possède pas de freins à l'atterrissage, le pilote doit freiner à la force de ses mollets, ce pour quoi la pratique du vélo est un avantage pour Hélène Dutrieu[3].

En 1908, Hélène Dutrieu est approchée par Clément Bayard, pour devenir pilote d'essai d'avion en France.

Le (ou le , selon Air Journal[6]) elle effectue Ostende-Bruges en 20 minutes et contourne le beffroi de la ville à environ 400 mètres d'altitude, avec un passager, faisant tomber tous les records féminins[6],[7].

Le , l'Aéro-club de Belgique lui remet le premier brevet de pilote attribué dans ce pays à une femme[7]. Dans le monde, elle est la deuxième femme (peu de temps après Élisa Deroche en France) à obtenir ce brevet[3].

Le , à Étampes, Hélène Dutrieu à bord de son biplan Henry Farman remporte la Coupe Femina (record féminin du plus long vol dans l’année, d'un point de vue de la durée), couvrant plus de 167 kilomètres en 2 heures et 35 minutes[8],[7]

En Italie, elle remporte à Florence la Copa del Rei (Coupe du Roi), une course de vitesse et d’endurance, devançant treize aviateurs masculins dont des champions incontestés de la discipline comme le Français Maurice Tabuteau[9].

Le , elle pulvérise le record du monde de vitesse couvrant 254km en 2h58[7].

Le , elle devient la 1re femme à franchir le cap d'une heure en l'air, avec un vol de 1h09[7].

Hélène Dutrieu est aussi la première femme au monde à voler sur hydravion[9].

En 1913, elle devient la première femme aviatrice à recevoir la Légion d'honneur.

Quand la Première Guerre mondiale éclate, elle effectue quelques vols de reconnaissance, puis, les femmes n'étant plus autorisées à voler[9], s'engage comme ambulancière pour la Croix-Rouge française et dirige l'hôpital du Val-de-Grâce[3].

En 1922, elle épouse Pierre Mortier. Elle administre les publications qu'il édite.

Elle reçoit encore, en 1953, la médaille de l'aéronautique et crée, en 1956, un prix franco-belge destiné à récompenser une femme pilote effectuant seule un vol de longue distance sans escale.

Elle meurt en 1961.

Hélène Dutrieu dans son avion.

Décoration[modifier | modifier le code]

  • 1898 - Croix de Saint André
  • 1913 - Chevalier de la Légion d'honneur, première femme aviatrice à recevoir cette décoration
  • 1953 - Médaille de l'aéronautique

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives de Paris 16e, acte de décès no 847, année 1961 (page 25/31).
  2. a b et c Daniel Ballerand, « Hélène Dutrieu (1877-1961) », sur www.lepetitbraquet.fr (consulté le ).
  3. a b c et d Suzanne van Rockeghem, Jeanne Verchival-Vevoort, Jacqueline Aubenas, Des femmes dans l'histoire en Belgique, depuis 1830,, Bruxelles, Luc Pire, , 302 p. (ISBN 2874155233, lire en ligne), p. 76-77
  4. Adrien Franque, « Hélène Dutrieu : sur deux-roues ou dans les airs, toujours pionnière », sur Libération.fr, (consulté le )
  5. Armand Rio, Lecture pour tous, octobre 1911, numéro 1, éditions Lecture pour tous.
  6. a et b « Le 2 septembre 1910 dans le ciel : Dutrieu et le beffroi de Bruges », Air Journal,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  7. a b c d et e bernard marck, L'histoire de l'aviation, Arthaud, , 632 p. (ISBN 978-2-08-128010-6 et 2-08-128010-8), page 56.
  8. « Le 21 décembre 1910 dans le ciel : Hélène Dutrieu remporte la Coupe Femina », Air Journal,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  9. a b et c Les femmes et l'aéronautique, Lire en ligne