Libra (cryptomonnaie)

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Libra
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Logo de Libra
Informations générales
Date de création 2019
Créateur Libra Association, Facebook, David Marcus
Symbole boursier
Caractéristiques de la chaîne
Fonction de hachage SHA-3
Logiciel client
ClientVersionLangageLicenceSite web

Libra est un projet de cryptomonnaie initié par Facebook que rejoint, à l'origine, un consortium de vingt-huit grandes entreprises et ONG. Il est convenu que la monnaie sera gérée par une fondation sans but lucratif dont Facebook ne sera qu'une des organisations cofondatrices. De manière à rassurer et garder un cours stable, à chaque achat de ce stablecoin (en), la fondation adossera l'équivalent en réserve en titres gouvernementaux ou en devises[1]. Libra devrait être lancé officiellement en 2020[2].

De manière non exclusive, commerciale et indépendante de la monnaie Libra, Facebook développera un porte-monnaie électronique et une plateforme de services autour de sa monnaie, appelée Calibra[3].

Sa blockchain est gérée par des logiciels open source[4],[5].

Les soutiens au projet[modifier | modifier le code]

A son lancement, chacune des vingt-huit entreprises a choisi d'apporter au moins 10 000 000 de dollars pour faire son entrée dans la fondation suisse Libra Networks, enregistrée le à Genève et ayant pour actionnaire Facebook Global Holdings[6].

Chaque membre de la fondation sera responsable de la gouvernance de la monnaie ; il aura la possibilité d'opérer un nœuds du réseau[7]. Libra indique souhaiter étendre à 100 entreprises puis, à terme, ouvrir cette possibilité à tous.

Liste non exhaustive d'organisations adhérentes[modifier | modifier le code]

Elles étaient 28 au lancement[8]

Services de paiements[modifier | modifier le code]

Services et vente en ligne[modifier | modifier le code]

Télécoms[modifier | modifier le code]

Acteurs des cryptomonnaies[modifier | modifier le code]

Fonds d'investissements[modifier | modifier le code]

Recherche[modifier | modifier le code]

Organisations Non Gouvernementales (ONG)[modifier | modifier le code]

Les entreprises qui ont quitté le projet[modifier | modifier le code]

Objectifs[modifier | modifier le code]

L'objectif annoncé de ce projet est de résoudre les problèmes des cryptomonnaies actuelles avec des frais de transaction faible et des capacités importantes de volumes de transactions. Ainsi, Libra souhaite permettre l'accès simple à une monnaie stable dans les pays émergents où la majorité des habitants ne disposent pas de compte en banque. De plus, Facebook y voit un intérêt pour développer les paiements via sa messagerie instantanée et faciliter les achats en ligne. [incompréhensible]

Historique[modifier | modifier le code]

Au printemps 2018, Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, annonce la création d’une division dédiée au domaine de la blockchain. Il choisit David Marcus, ancien président de Paypal et ex-responsable de Facebook Messenger, pour la diriger et une cinquantaine de personnes pour travailler sur le projet[11].

Essor du projet[modifier | modifier le code]

Le 30 janvier 2019, le fondateur souligne l’importance du paiement via messagerie comme un axe stratégique du développement de ses services de messagerie[12].

L’objectif du « Facebook Coin » serait d’être utilisé pour des paiements et transferts de monnaie à partir des messageries WhatsApp et Messenger et vers tous les pays où Facebook est présent[13].

Contrairement au Bitcoin, le Facebook Coin ne sera pas soumis à une volatilité importante du marché dans la mesure où Facebook revendique avoir les moyens financiers de garantir la valeur d’un Facebook Coin avec des devises détenues sur des comptes bancaires de Facebook. De plus, il devrait être adossée à plusieurs monnaies telles que l’euro et le dollar, ce qui assurerait une certaine stabilité[14].

Facebook souhaite profiter de ses nombreux utilisateurs : messageries WhatsApp (1,5 milliard d’utilisateurs), Messenger (1,3 milliard) et Instagram (1 milliard) afin de s'imposer[15].

Depuis février 2018, un test est en cours auprès d’un million de personnes en Inde à travers une plateforme de paiement dématérialisée du secteur bancaire indien : Unified Payment Interface[16].

Messenger dispose déjà d’une fonction paiement depuis 2015 mais le service rencontre des désagréments du système bancaire. En effet, les fonds peuvent mettre jusqu’à 5 jours pour arriver sur un compte et plusieurs intermédiaires (cartes, bancaires, banques…) rentrent en jeu. Ainsi, la crypto monnaie de Facebook rendrait le processus instantané et permettrait de remplacer les prestataires bancaires.

L'annonce du projet en juin 2019[modifier | modifier le code]

En juin 2019, Mark Zuckerberg présente plus en détails le libra, nouveau nom du Facebook Coin. Les échanges passeront par la technologie blockchain, avec un réseau privé, mais le libra sera adossé à un panier de devises traditionnelles qui doit lui donner une certaine stabilité. Les libras pourront être achetés avec n'importe quelle devise et seront utilisés pour régler des transactions sur Internet comme dans des boutiques physiques. Le système pourrait apporter des frais réduits aux commerçants. La monnaie sera émise par une association à but non lucratif installée en Suisse[17].

Vingt-sept partenaires sont associés au projet, dont des acteurs du secteur du paiement et des transactions sur Internet tels que Mastercard,Visa, Paypal, Uber et Spotify, ou le français Iliad[18].

Le 4 octobre 2019, PayPal annonce son retrait du projet, en ne donnant officiellement aucune raison[10].

Informations techniques[modifier | modifier le code]

Libra Core[modifier | modifier le code]

Libra Core est un programme dont le but est d'implémenter le protocole Libra, mis en place par la Libra Association. Ce programme est écrit en Rust[19].

Blockchain[modifier | modifier le code]

La blockchain Libra est gérée par le protocole Libra[20]. En outre, un langage de programmation a été développé dans le cadre de ce projet, Move (bytecode). Il intervient dans le traitement des transactions et les transactions personnalisées[21]. Sa première fonction est le déplacement de Libra coins d'un compte vers un autre.

Exemple de syntaxe en Move :

public main(payee: address, amount: u64) {
  let coin: 0x0.Currency.Coin = 0x0.Currency.withdraw_from_sender(copy(amount));
  0x0.Currency.deposit(copy(payee), move(coin));
}

L'essor du marché[modifier | modifier le code]

Le marché du transfert d’argent et paiement via messagerie est en plein essor.

En effet, pour les pays en voie de développement, il peut être difficile pour beaucoup d’habitants d’y ouvrir un compte bancaire traditionnel ou de faire des achats en ligne. C’est une nouvelle façon d’apporter un accès bancaire à des populations exclues du système financier.

Par conséquent, la Chine est particulièrement en avance sur ce marché et emploie Tencent à travers WeChat pour les paiements via messagerie. Cette application mobile permet aux internautes de discuter en ligne, d’acheter des billets d’avion ou train, payer ses courses et trajets en taxi. La différence avec Facebook Coin est que dans le cas de Tencent, c’est le gouvernement chinois qui a le contrôle[22].

Telegram, une messagerie à 180 millions d’utilisateurs, souhaite également lancer sa propre plateforme blockchain. Sa crypto monnaie s’appellera Grams. La messagerie compte gagner en indépendance financière auprès des banques et gouvernements. Quant aux utilisateurs, ils pourront donc contourner les frais de transfert lorsqu’ils envoient des fonds au niveau international et pourront déplacer de l’argent discrètement dans le monde entier.

Réactions et critiques[modifier | modifier le code]

L'annonce du projet a suscité de nombreux commentaires et critiques.

Selon Pauline Adam-Kalfon, associée chez PwC France, les banques centrales ont tout intérêt à laisser Facebook tester les cryptomonnaie avant de lancer la leur. Cela leur permettra de pouvoir identifier les risques liés à l’émission d’une devise numérique[23] ;

Le garant italien pour la protection des données personnelles, Antonello Soro, s'est inquiété des risques de non-respect de la vie privée dans les transactions et du fait que les multinationales souhaitent battre monnaie au même titre que les Etats[24]. Le journaliste Romain Subtil de La Croix rappelle que la création de cette cryptomonnaie favorise la monétisation des données personnelles que laissent les utilisateurs de Facebook, contrepartie de l'« inscription gratuite » sur la page d'accueil du réseau[25] ;

En France, le ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire a dit « Que Facebook crée un instrument de transaction, pourquoi pas. En revanche, que ça devienne une monnaie souveraine, il ne peut pas en être question »[26],[27] ;

La présidente du Comité sur les services financiers du Congrès des États-Unis, Maxine Waters a demandé la suspension du projet tant que le Congrès et les régulateurs n'auraient pas examiné le dossier et a appelé les initiateurs du projet à venir témoigner devant le Congrès.[28] ;

Le 21 juin 2019, Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a annoncé la mise en place dans le cadre du G7 d’une taskforce[Quoi ?] des banques centrales qui examinera notamment les exigences anti-blanchiment à l’égard des "stablecoins"[29] ;

La Banque des règlements internationaux estime que l'incursion des géants de la tech dans la monnaie virtuelle pose des questions en termes de concurrence et de confidentialité de données. [30] ;

Le Prix Nobel d'Economie Joseph Stiglitz a écrit : "Seul un imbécile ferait confiance à Facebook pour son bien-être financier. Mais c’est peut-être l’essentiel: avec autant de données personnelles sur quelque 2,4 milliards d’utilisateurs actifs par mois, qui sait mieux que Facebook, combien de gogos naissent à chaque minute ?"[31] ;

Le PDG de JP Morgan (Jamie Dimon) s'est montré très critique envers le Libra, évoquant un manque de transparence, et un risque en terme de blanchiment d'argent.[32] ;

En aout 2019, selon Bloomberg, bien avant sa mise en service, Libra serait déjà concernée par une enquête de l'Union européenne, pilotée par les autorités de contrôle de la concurrence[26] ;

Enfin, de manière générale, il est reproché au système de la blockchain sur lequel s'appuie le Libra de nécessairement faire calculer de manière intense une grande quantité d'ordinateur et de serveurs, et donc indirectement de consommer des ressources rares (métaux rares) et de l'électricité, ce qui tant que l'électricité n'est pas verte se traduit aussi par une contribution au réchauffement climatique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. https://libra.org/fr-FR/about-currency-reserve/
  2. « Visa, Uber, eBay : ces géants qui soutiennent le projet de cryptomonnaie de Facebook », sur Les Echos, (consulté le 14 octobre 2019)
  3. https://www.calibra.com
  4. (en) « Libra Open Source · Libra », sur developers.libra.org (consulté le 18 juin 2019)
  5. Code disponible sur GitHub : https://github.com/libra/libra
  6. https://www.nouvelobs.com/economie/20190617.OBS14526/libra-10-choses-a-savoir-pour-tout-comprendre-a-la-future-monnaie-virtuelle-de-facebook.html
  7. « Facebook lance une "monnaie digitale mondiale" Libra pour créer des services financiers », sur La Tribune (consulté le 14 octobre 2019)
  8. https://libra.org/en-US/partners/
  9. a b c et d (en) Lauren Feiner, « Facebook's libra cryptocurrency coalition is falling apart as eBay, Visa, Mastercard and Stripe jump ship », sur CNBC, (consulté le 14 octobre 2019)
  10. a et b "PayPal se retire du projet Libra de Facebook", La Presse Ca, le 4 octobre 2019
  11. « «Facebook Coin»: le projet d'une cryptomonnaie de Facebook se précise », sur FIGARO, (consulté le 1er avril 2019)
  12. « Facebook sur le point de lancer sa crypto-monnaie ? », sur Crypto-France, (consulté le 1er avril 2019)
  13. « Facebook va lancer sa cryptomonnaie en 2019 », sur Les Echos, (consulté le 1er avril 2019)
  14. Gregory RAYMOND, « La cryptomonnaie de Facebook devrait sortir à l'été 2019 », sur Capital.fr, (consulté le 1er avril 2019)
  15. Alexandre Boero, « Facebook se prépare à lancer une cryptomonnaie destinée à WhatsApp », sur Clubic.com, (consulté le 1er avril 2019)
  16. « Et si Facebook lançait sa propre crypto-monnaie ? », sur COIN24.FR, (consulté le 1er avril 2019)
  17. « Avec le libra, Facebook veut bousculer les monnaies », sur lemonde.fr, .
  18. « Projet « libra » : ce que les entreprises partenaires de Facebook en attendent », sur lesechos.fr,
  19. « Libra · Libra’s mission is to enable a simple global currency and financial infrastructure that empowers billions of people. », sur developers.libra.org (consulté le 19 juin 2019)
  20. (en) « The Libra Blockchain · Libra », sur developers.libra.org (consulté le 19 juin 2019)
  21. (en) « Getting Started With Move · Libra », sur developers.libra.org (consulté le 19 juin 2019)
  22. « Facebook Coin : les questions étourdissantes que pose la cryptomonnaie de Facebook », sur La Tribune (consulté le 1er avril 2019)
  23. « Blockchain : la finance voit émerger des cas d’usage matures - Actualités Financements & Marchés », sur L'AGEFI,
  24. (it) « Libra, l’allarme del Garante Privacy: ‘Con la moneta gli OTT diventano Stato-padroni’ », Key4Biz,‎ (lire en ligne)
  25. Romain Subtil, « Nouvelle ombre sur Facebook », sur la-croix.com,
  26. a et b Sciences et Avenir & Reuters (2019) La cryptomonnaie Libra serait visée par une enquête de l'Union européenne  ; 21.08.2019
  27. « "Monnaie virtuelle de Facebook : Bruno Le Maire veut des "garanties" », L'Express,‎ (lire en ligne)
  28. « U.S. lawmaker calls for Facebook to pause cryptocurrency project », Reuters,‎ (lire en ligne)
  29. « Libra : une taskforce des banques centrales sur les stablecoins créée dans le cadre du G7 », La Tribune,‎ (lire en ligne)
  30. « Libra de Facebook : la BRI exhorte les autorités à réagir vite », Les Echos,‎ (lire en ligne)
  31. (en) Joseph STIGLITZ, « "Why Facebook's Libra currency gets the thumbs down" », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  32. « Le PDG de JPMorgan est critique envers les crypto-projets, notamment le Libra de Facebook », sur CryptoActu, (consulté le 24 juillet 2019)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]