Dash (crypto-monnaie)

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Dash
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Fondateur Evan Duffield (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Développé par Evan Duffield
Première version 18 janvier 2014
Dernière version 0.12.1.5 ()
Écrit en C++, Python
Environnement Mac, Windows, Linux
Type Crypto-monnaie
Licence MIT[1]
Site web dash.org
Evan Duffield, créateur de Dash

Dash est une crypto-monnaie créée en 2012 par Evan Duffield et présentée au grand public le 18 janvier 2014. Son nom initial, « Darkcoin », a été changé le 25 mars 2015 en « Dash », mot-valise de « digital » et de « cash », c'est-à-dire « argent liquide numérique ».

L'ambition des développeurs de Dash est d'offrir une alternative numérique totalement décentralisée à l'argent liquide (cash), en reprenant trois de ses attributs principaux : sa fongibilité, sa rapidité et son anonymat.

Evan Duffield est fasciné par Bitcoin lorsqu'il le découvre en 2010. Il étudie la possibilité d'intégrer l'anonymat au code source de Bitcoin. Se rendant compte que Bitcoin n'intégrerait pas ses suggestions d'amélioration, il décide, en 2012, de reprendre le code de base de Bitcoin et d'y implémenter ses propres développements : c'est la naissance de Dash.

Cette crypto-monnaie est basée sur le code libre Bitcoin, avec l'ambition de le rendre plus simple, rapide, sûr et anonyme[2],[3],[4]. Contrairement à Bitcoin, qui par nature permet à tout observateur extérieur de suivre les transactions de compte à compte (d'adresse à adresse), Dash propose un mode de transactions anonymisées, appelé PrivateSend, qui offre aux utilisateurs une plus grande protection de leur vie privée[5],[6]. Dash permet également l'envoi instantané de fonds par la technologie InstantSend[7] : contrairement à Bitcoin, il n'est pas nécessaire d'attendre pendant une dizaine de minutes (voire beaucoup plus[8]) que les transactions soient confirmées.

Dash s'appuie sur un système entièrement décentralisé de gouvernance et de budget, ce qui en fait la première organisation autonome décentralisée[9]. Les développeurs du logiciel Dash, les partenaires et les opérateurs du réseau Dash voient leurs contributions au projet rémunérées directement par la blockchain Dash.

La capitalisation de Dash est d'environ 2,5 milliards de dollars en août 2017[10].

Généralités[modifier | modifier le code]

Les principaux objectifs de Dash sont les suivants :

  • s'affranchir des limitations de Bitcoin (trop longue durée de confirmation des transactions, confidentialité insuffisante, problèmes de gouvernance et de consensus entre les développeurs) ;
  • rendre l'utilisation de la cryptomonnaie aussi rapide, simple, sûre et anonyme que celle de l'argent liquide (cash) ;
  • s'appuyer pour cela sur un réseau décentralisé, entièrement indépendant de toute entité centralisée.

Instantanéité des transactions (InstantSend)[modifier | modifier le code]

InstantSend est un service qui permet des transactions quasiment instantanées. InstantSend résout le problème de double dépense et s'affranchit des délais de confirmations propres à Bitcoin et à d'autres crypto-monnaies. Cette technologie autorise notamment les paiements en point de vente physique (magasins…), de manière quasi instantanée[11].

Confidentialité des transactions (PrivateSend)[modifier | modifier le code]

PrivateSend est une technologie de mixage de monnaie[12]. Elle permet d'ajouter de la confidentialité aux transactions, rendant virtuellement impossible le traçage des envois et des réceptions de monnaie pour un observateur extérieur.

Simplicité d'utilisation pour le grand public[modifier | modifier le code]

La gestion des fonds en Dash et les paiements associés se font actuellement par le biais de divers logiciels (portefeuilles numériques), à la manière de Bitcoin. Le projet Dash Evolution prévoit pour la mi-2018 la simplification drastique de l'utilisation de la cryptomonnaie, en proposant notamment des noms d'utilisateur alphanumériques pour les transactions, ainsi que la possibilité pour l'utilisateur non technicien de gérer et d'utiliser simplement ses fonds en Dash depuis une simple page web[13]. La version 12.1 du logiciel Dash, sortie le 6 février 2017[14], pose les fondations techniques d'Evolution.

Gouvernance et budget décentralisés[modifier | modifier le code]

Une caractéristique unique de Dash parmi les cryptomonnaies actuelles est sa gouvernance entièrement décentralisée[15],[16]. Le réseau Dash permet aux opérateurs (masternodes, cf. ci-dessous) de voter de manière sûre et décentralisée sur les grandes orientations du développement de Dash[17], ainsi que sur le budget mensuel. Celui-ci est alloué directement depuis la blockchain Dash aux développeurs et aux autres projets de mise en valeur de la cryptomonnaie (partenariats stratégiques, communication, conférences, etc.). Les développeurs et partenaires, révocables à tout moment par le vote des opérateurs du réseau, sont donc au service de Dash et non l'inverse.

Spécifications techniques[modifier | modifier le code]

Différences avec Bitcoin[modifier | modifier le code]

À l'origine, Dash se base sur le code source de Bitcoin : il peut donc être facilement intégré à l'écosystème déjà existant de Bitcoin. Cependant, Dash se différencie de Bitcoin sur différents points clés[18] :

  • Dash se propose, avec le projet Evolution, de rendre la cryptomonnaie aussi simple à utiliser par le grand public que l'est un service centralisé comme PayPal. Prévu pour la mi-2018, Evolution proposera notamment l'utilisation de noms d'utilisateur alphanumériques (« PrénomNom ») plutôt que d'adresses cryptographiques (« Xkfo4Ff4r8r5f… »). La facilité d'utilisation sera identique à celle de services financiers en ligne déjà connus de l'utilisateur. Des services similaires aux services bancaires seront également proposés : comptes joints, virements automatiques, intégration web pour les vendeurs, etc.[19], le tout de manière entièrement décentralisée.
  • Dash, grâce à son réseau de masternodes, propose au niveau même du protocole des fonctionnalités qui, dans Bitcoin, ne sont possibles qu'avec des services tiers. Il s'agit par exemple d'InstantSend (transactions instantanées) ou de PrivateSend (anonymisation des transactions)[20].
  • La récompense de bloc, qui dans Bitcoin est entièrement attribuée aux mineurs en rétribution de leurs services de sécurisation du réseau, est partagée en trois dans Dash : 45% vont aux mineurs, 45% aux masternodes (voir ci-dessous) et 10% au “Trésor”, c'est-à-dire au fonds de développement de Dash (informaticiens, partenariats, communication, etc.).
  • La distribution de ce fonds de développement se fait par vote décentralisé et sécurisé des opérateurs de masternode[21]. La gouvernance de Dash se fonde sur la motivation financière de ses acteurs : un opérateur de masternode est incité par son investissement à ne voter qu'en faveur des projets de développement les plus prometteurs pour le réseau. Les projets ne tenant pas leurs promesses peuvent être révoqués par arrêt du financement, à nouveau par vote. Les détenteurs de dashs sont donc aussi l'équivalent d'actionnaires de Dash en tant qu'organisation autonome décentralisée.

D'un point de vue technique, Dash propose aussi les améliorations suivantes par rapport à Bitcoin[22],[23],[24],[25]  :

  • un algorithme de hachage (X11) plus complexe basé sur une chaîne (le registre des transactions, la blockchain, qui est formé d'une suite de blocs de transactions) de onze différents types de hachage ;
  • un temps de hachage par bloc de transaction relativement plus court (2,5 minutes) ;
  • un système de récompense par bloc basé sur un algorithme (réduction de la récompense quand la difficulté augmente) et pas une liste de valeurs ;
  • un ajustement de la difficulté de hachage des blocs qui utilise une amélioration du principe de Kimoto Gravity Well[26] : le Dark Gravity Wave ;
  • une quantité de crypto-monnaie théorique ne pouvant pas dépasser 18,9 millions[27] de dashs.

Les masternodes[modifier | modifier le code]

Les masternodes (“nœuds-maîtres”) sont des serveurs informatiques (logiciels) connectés à Internet. Entre autres fonctions, ils rendent possibles PrivateSend (transactions monétaires anonymes) et InstantSend (transactions instantanées). En juin 2017, plus de 4 500 masternodes sont disponibles sur le réseau Dash[28], ce qui en fait, en nombre de serveurs, le second réseau cryptomonétaire après Bitcoin (environ 7 500).

Masternode par pays

Les masternodes ont la particularité d'être des serveurs rémunérés en Dash : 45% de la valeur de chaque bloc miné est reversé aux opérateurs de masternodes, en rétribution des services qu'ils rendent au réseau.

Un masternode est constitué de deux parties : le masternode (en ligne) et le portefeuille électronique lui afférant (en anglais, « cold wallet »).

Le serveur masternode est un démon informatique lancé sur un serveur (généralement sous Linux) connecté au réseau Internet qui échange des données avec l'ensemble du réseau Dash via le port 9999. Il doit être disponible en permanence et disposer de suffisamment de bande passante pour être validé comme éligible. Il doit contenir dans son fichier de configuration une clé dérivée du portefeuille afférent (en anglais : « masternode privkey »). Il doit posséder une adresse IP fixe afin d'être connu de façon unique sur le réseau Internet.

Le portefeuille électronique du masternode, pour permettre de valider le masternode en ligne, doit :

  • être crédité d'un minimum de 1 000 dashs : cette caution (collateral en anglais) aide à réduire la volatilité du cours et rend les attaques Sybil quasiment impossibles[29] ;
  • avoir les 1 000 dashs crédités en une seule transaction (et non pas la somme de plusieurs transactions) ;
  • avoir dans son fichier de configuration l'adresse IP du serveur masternode en ligne ainsi que la clé privée unique de ce portefeuille électronique ;
  • exécuter la commande de lancement du masternode (« masternode start-alias »).

Seul le démon informatique du masternode en ligne doit être lancé en permanence. Le portefeuille électronique du masternode, quant à lui, peut être arrêté après les opérations de lancement (d'où le terme anglais « cold wallet », soit portefeuille froid). Ce principe de séparation permet de ne pas exposer sur le serveur en ligne, susceptible d'être piraté, le portefeuille électronique contenant la monnaie électronique[30],[31],[32],[33].

L'anonymisation des transactions[modifier | modifier le code]

La technologie PrivateSend (originellement DarkSend) était basée à l'origine sur CoinJoin (en). Elle se fonde aujourd'hui sur un processus d'anonymisation par pré-mixage effectué dans le portefeuille de l'utilisateur.

Dans son implémentation actuelle, PrivateSend ajoute de la confidentialité aux transactions par la combinaison de montants identiques, provenant de trois utilisateurs, en une seule transaction à plusieurs sorties : les transactions ne peuvent être directement tracées, de sorte que leur flux est masqué. Le mélange effectué par PrivateSend est répété au travers de plusieurs masternodes, qui ont la responsabilité de signer les transactions. Ils n'ont pas besoin d'être des masternodes de confiance, dans le sens où ils ne peuvent pas dérober l'argent, et ils ne peuvent pas savoir d'où vient et où va l'argent, car le processus se répète aléatoirement sur plusieurs masternodes[34],[35].

X11[modifier | modifier le code]

X11 est le nom de la chaîne d'algorithmes preuve de travail (« proof-of-work » ou PoW en anglais) introduite par Dash. Ce hachage en chaîne ajoute une profondeur et une complexité supplémentaire en augmentant le nombre d'algorithmes de hachage qui est déterminé a priori plutôt que choisi au hasard.

L'algorithme X11 utilise plusieurs itérations de onze algorithmes de hachage différents (blake, bmw, groestl, jh, keccak, skein, luffa, cubehash, shavite, simd, echo)[36].

Le nom X11 n'a aucune relation avec l'environnement graphique libre homonyme pour Unix/Linux.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Voir la section « License » sur GitHub.
  2. Evan, Duffield. The Birth Of Darkcoin | dash.org/forum/. 30 mars 2014
  3. Yves, Eudes. Monnaies électroniques, la mode du « Dark » Le Monde.fr . 28 mai 2014
  4. Greenberg, Andy. Bitcoin's nefarious cousin Darkcoin is booming Wired, San Francisco. 22 May 2014
  5. « Dash et la confidentialité financière », vidéo sous-titrée en français.
  6. Kristov, Atlas, DARKCOIN CODE REVIEW RESULTS anonymousbitcoinbook.com, 19 septembre 2014
  7. http://thedashtimes.com/2016/05/24/dash-instantsend/
  8. « Le système de paiement de Bitcoin aurait-il atteint ses limites ? » (Developpez.com)
  9. (en) « DASH – The First Decentralized Autonomous Organization »
  10. « Dash (DASH) price, charts, and info | Crypto-Currency Market Capitalizations », sur coinmarketcap.com (consulté le 23 juin 2017)
  11. Cette possibilité a notamment été illustrée par un distributeur de soda, Dash N' Drink, qui accepte les paiements en Dash et délivre aussitôt le produit, après validation instantanée de la transaction par le réseau décentralisé Dash.
  12. (en) « Dash - Official Website | Private Digital Currency » (consulté le 17 août 2016)
  13. Vidéo sous-titrée en français présentant les fonctionnalités d'Evolution.
  14. « La version 12.1 de Dash est disponible », traduction en français de l'annonce d'Evan Duffield sur le site Dash France.
  15. Rob Nelson, « DGBB the past and the future with Rob| Part 1 », sur THE DASH TIMES, (consulté le 17 août 2016)
  16. « Le “Trésor” de Dash, un système unique de gouvernance décentralisée », par Eric Sammons (traduction française sur le site Dash France).
  17. Ainsi, en janvier 2016, les opérateurs du réseau Dash ont approuvé en moins de vingt-quatre heures, par vote, le doublement de la taille des blocs de la blockchain Dash — une question non tranchée par la communauté Bitcoin depuis plusieurs années, faute de modèle de gouvernance adapté.
  18. « Dash et Bitcoin : la différence Dash », infographie sur le site Dash France.
  19. Page du site officiel dash.org consacrée à Evolution.
  20. Kristov, Atlas .AN ANALYSIS OF DARKCOIN’S BLOCKCHAIN PRIVACY VIA DARKSEND+ anonymousbitcoinbook.com, 10 septembre 2014
  21. (en) « Self-sustainable Decentralized Governance by Blockchain (Budget System) »
  22. darkcoin-passes-security-review-prepares-to-open-source cryptoarticles.com
  23. darkcoin cryptocoinupdates.com
  24. Darkcoin-Solves-Bitcoin-Privacy-Challenges-Releases-Open-Source-Code globenewswire.com
  25. darkcoin-solves-bitcoin-privacy-challenges- finance.yahoo.com
  26. / Kimoto Gravity Well cryptocurrency.wikia.com
  27. « Dash (DASH) price, charts, market cap, and other metrics | CoinMarketCap », sur coinmarketcap.com (consulté le 10 juillet 2017)
  28. (en) « Statistiques en ligne du nombre de masternodes Dash »
  29. Vidéo sur la résistance de Dash aux attaques Sybil, sous-titrée en français.
  30. babygiraffe ./ masternode-setup-guide-using-os-x-local-linux-remote darkcointalk.org, 16 aout 2014
  31. weirdgod ./ drk-guide-rc4-masternode-windows-local-linux-remote-vultr / darkcointalk.org, 3 septembre 2014
  32. / hardened-server / planetcrypton.com
  33. / install-darkcoin-daemon / planetcrypton.com
  34. Kristov, Atlas. / Atlas_Darksend-Analysis-v002.pdf anonymousbitcoinbook.com, 10 septembre 2014
  35. Evan, Duffield. Holger, Schinzel. FernandoGutierrez ./ Transaction Locking and Masternode Consensus dash.org, 22 septembre 2014
  36. [1]