IOTA (cryptomonnaie et technologie)

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IOTA

Informations générales
Date de création 11 juin 2017
Symbole boursier IOTA
Caractéristiques de la chaîne
Quantité maximale 2,779,530,283,277,761 iota
Logiciel client
ClientVersionLangageLicenceSite web
iota.org

IOTA est une cryptomonnaie expérimentale et un protocole open-source qui a pour objectif de fournir un moyen de paiement sécurisé pour la monétisation de données entre les appareils dits de l'Internet des objets. Basé sur une technologie utilisant le concept de graphe dirigé acyclique (DAG) (contrairement au blockchain), les transactions dans le réseau IOTA ont pour vocation d'être gratuites, et ce indépendamment de la taille de ces transactions. Le délai de confirmation des transactions est rapide, et le nombre de transactions simultanées pouvant être gérées par le système est théoriquement illimité. L'infrastructure décentralisée du IOTA est appelée le Tangle[1]. L'évolutivité est censée être facilitée puisque les performances du réseau sont proportionnelles à son utilisation. Le IOTA a été fondé en 2015 par David Sønstebø, Sergey Ivancheglo, Dominik Schiener, et Sergueï Popov.

IOTA est supervisé par la fondation IOTA, une organisation à but non lucratif qui se dédie au développement de cette technologie et qui la propose sous licence libre à tous les développeurs. La fondation IOTA, ainsi que Volkswagen et Innogy ont manifesté leurs intentions de développer ensemble CarPass, une technologie basée sur le IOTA, visant à sécuriser les identités numériques et proposer des réseaux de recharge pour les voitures électriques. Avec Deutsche Telekom, Microsoft, Fujitsu et Samsung, la fondation IOTA a ouvert un nouveau marché autour des données grâce à la technologie IOTA. La fondation IOTA est également un des membres fondateurs de l'alliance Trusted IOT Alliance, qui comprend les entreprises Bosch, Consensys, USbank, et Cisco.

Architecture[modifier | modifier le code]

IOTA Tangle Chaque carré dans ce schéma représente une transaction en cours d'envoi. Pour chaque nouvelle transaction, deux transactions aléatoire non confirmées sont validées dans le Tangle. Chaque validation (n) d'une transaction augmente la probabilité qu'elle soit authentique, jusqu'à atteindre le seuil de (c). Dans cette figure, les carrés rouges indiquent les transactions où n > 0, mais restant en dessous du seuil de confirmation, n < c. Les carrés gris représentent les transactions où n = 0. Les carrés verts représentent les transactions qui ont été validées suffisamment de fois, leur permettant alors d'être acceptées par l'adresse du destinataire, n >= c.

L'Entrelacs (Tangle)[modifier | modifier le code]

Au lieu d'utiliser une blockchain, le protocole de IOTA utilise un Graphe orienté acyclique (Directed acyclic graph, DAG), appelé "Tangle" (entrelacs); c'est une généralisation de la chaîne de blocs (blockchain[2]). Il n'y a pas de "blocs", et il n'y a pas de "chaîne" linéaire dans l'entrelacs. Cette architecture supprime la nécessité de temps de validation des blocs, ce qui permet un débit de transactions théoriquement plus rapide à mesure que le nombre de transactions du réseau augmente. Cependant, de nombreux facteurs influent également sur le temps de confirmation, tels que la topologie du réseau et l'emplacement de ses noeuds.

Le Tangle agit comme une base de données distribuée - actuellement, chaque nœud du réseau stocke l'intégralité de l'historique des transactions. Le Tangle utilise un protocole de vérification asynchrone (les transactions sont validées à la volée, et sélectionnées aléatoirement), ce qui lui confère des propriétés de parallélisation et de mise à l'échelle uniques pour les hauts débits de transactions, par opposition aux protocoles synchrones séquentiels de la plupart des blockchains.

Le "paiement" pour l'utilisation du réseau IOTA est la validation de deux autres transactions (plutôt que de payer des frais de transaction). Par conséquent, les validateurs et les utilisateurs (toute entité qui envoie une transaction) ne sont plus des entités découplées. Chaque utilisateur est un valideur du réseau.

Le Tangle est programmé en trinaire (base 3) par opposition au code binaire, dans lequel l'unité de décomposition de l'information est le bit et l'octet (byte). Le trinaire fournit un avantage d'efficacité par rapport au binaire. L'unité de décomposition de l'information du système ternaire est le trit (trinary digit) et le triplet (tryte). Un triplet de trits peut prendre = 27 valeurs. Chaque transaction IOTA est codée sur 2673 triplets.

Evolutivité (scaling)[modifier | modifier le code]

Comme chaque transaction nécessite que l'expéditeur vérifie deux autres transactions sur le réseau, le débit de confirmation de transactions IOTA évolue proportionnellement avec le nombre de transactions sur son réseau. En comparaison, les chaînes de blocs traditionnelles ont des tailles et des temps de vérification des blocs prédéterminés, ce qui limite le débit du réseau.

Un processeur spécialisé pour l' IoT et le calcul distribué est développé en tant que support matériel pour permettre de réaliser des milliers de transactions par seconde sur chaque appareil. Avec ce support matériel, l'évolutivité du débit réseau ne devrait être théoriquement limitée que par les lois de la physique (propagation des ondes radio / photons).

Frais de transaction[modifier | modifier le code]

Le transfert de valeur est réalisé sans frais de transaction. Dans l'architecture du protocole IOTA, un utilisateur sert également de validateur en effectuant la preuve de travail pour confirmer deux autres transactions sur l'entrelacs (Tangle). La preuve de travail est directement comparable à Hashcash. Le but de la preuve de travail dans IOTA est d'empêcher le spam et l'attaque Sybil. Par conception, IOTA élimine le risque de centralisation de la validation.

La difficulté de la preuve de travail IOTA est assez faible pour être exécutée par la plupart des appareils modernes, y compris les ordinateurs portables et les téléphones, et peut être effectuée par l'appareil de l'expéditeur, l'appareil du destinataire ou externalisée vers un appareil tiers spécialisé. La preuve de travail IOTA est approprié pour les plus petits microcontrôleurs.

Validation des transactions[modifier | modifier le code]

La validation d'une transaction est le processus par lequel la preuve de travail est exécutée par les demandes de transactions suivantes transaction via un algorithme de sélection aléatoire. Comme beaucoup d'autres transactions répètent ce processus les unes sur les autres, la validation de la transaction en question accumule lentement assez de vérifications pour finalement atteindre un seuil de vérification minimum acceptable, tel que déterminé par le destinataire de la transaction. Lorsque ce seuil minimum est atteint, la transaction est confirmée.

IOTA est de nature similaire à d'autres protocoles basés sur la chaîne de blocs, dans lesquels le destinataire d'une transaction peut modifier son seuil de confirmation en fonction de sa tolérance au risque de double dépense.

Nombre de Iota en circulation[modifier | modifier le code]

L'offre totale de IOTA est encodée sur 33 trits, ce qui équivaut à la valeur décimale . Le nombre total de IOTA en circulation est de

.

L'offre totale d'IOTA est similaire en nombre à la plus petite fraction de Bitcoin, le satoshi: il y aura finalement un total de satoshis. Contrairement à Bitcoin, IOTA n'utilise pas de décimales ou de fractions d'un jeton et ne traite que des valeurs entières. Un avantage du traitement des unités IOTA sous forme de nombres entiers est d'éviter les problèmes d'arrondi décimal, ce qui peut conduire à des erreurs à virgule flottante dans un logiciel mal conçu. Malgré l'utilisation de jetons indivisibles, l'offre totale importante de IOTA et son absence de frais de traitement le rendent particulièrement adapté aux microtransactions.

Portefeuilles[modifier | modifier le code]

Un portefeuille stocke les informations nécessaires pour effectuer des transactions sur le réseau. Il contient les informations d'identification numériques qui permettent l'envoi et la réception de IOTA. Les jetons IOTA sont inscrits dans des adresses qui n'existent que sur le réseau Tangle, générées à partir d'un germe aléatoire (seed): une succession de 81 caractères. La donnée d'un germe donne accès aux informations d'identification qui vous permettent d'envoyer ou de recevoir IOTA vers / depuis les adresses qui lui sont associées.

Germe aléatoire (seed)[modifier | modifier le code]

Un germe aléatoire est la clé par laquelle les utilisateurs peuvent accéder au réseau IOTA, en générant des adresses et des transactions. Les germes sont composés de 81 caractères, pour une sécurité optimale. Ces 81 caractères doivent être générés de manière aléatoire par l'utilisateur et se composent des lettres A-Z et du nombre 9, ce qui donne 27 possibilités. Dans le système ternaire, et . Le nombre de germes de 81 caractères possibles est de .

Cryptographie[modifier | modifier le code]

IOTA utilise la signature Winternitz (une variante de la signature de Lamport) au lieu de la cryptographie sur les courbes elliptiques (ECC). Non seulement les signatures basées sur le hachage sont plus rapides que l'ECC, mais elles simplifient grandement le processus de signature et de vérification et réduisent la complexité globale du réseau.

L'algorithme de Grover dicte qu'un ordinateur quantique serait très efficace pour mener des attaques par force brute. Le processus de recherche d'un nonce cryptographique pour générer un bloc Bitcoin est particulièrement vulnérable à de telles attaques par force brute. A ce jour, une moyenne d'environ nonces doit être vérifiée pour trouver un hachage approprié, et cette tendance augmente avec le temps. Un ordinateur quantique n'aurait besoin que des opérations pour résoudre un problème du type ci-dessus qui nécessite des opérations sur un ordinateur classique. Par conséquent, un ordinateur quantique serait de l'ordre de milliards de fois plus efficace à l'exploitation minière Bitcoin qu'un ordinateur classique. Cela illustre la susceptibilité de Bitcoin (et les chaines de blocs homologues) à l'informatique quantique.

Cependant, dans IOTA, le nombre de nonces qui doivent être vérifiées pour trouver un hachage de transaction est seulement de l'ordre de . Le gain d'efficacité fourni par un ordinateur quantique dans le cadre de l'IOTA serait donc , ce qui est relativement insignifiant par rapport à l'exemple de susceptibilité Bitcoin ci-dessus. En fin de compte, IOTA est conçu de telle sorte que le temps nécessaire pour trouver un nonce n'est pas beaucoup plus grand que le temps nécessaire pour d'autres tâches nécessaires pour émettre une transaction de toute façon. La sécurité et la fonctionnalité de l'IOTA ne sont donc théoriquement pas menacées par l'informatique quantique.

Unités[modifier | modifier le code]

La plus petite unité de compte de cette monnaie est un Iota, d'après la plus petite lettre de l'alphabet grec. Les noms des plus grandes unités sont créés en ajoutant des préfixes -à la manière du système métrique- au mot Iota. On dit alors qu'un million de Iota équivaut à un MegaIota ou Miota (Mi). C'est d'ailleurs l'unité de base utilisée sur les plateformes d'échange proposant le Iota. Voici par ordre croissant les différentes unités reconnues :

Iota = 1 Iota = 1i = 1i
KiloIota = 1 Kiota = 1Ki = 1 000i
MegaIota = 1 Miota = 1Mi = 1 000 000i
GigaIota = 1 Giota = 1Gi = 1 000 000 000i
TeraIota = 1 Tiota = 1Ti = 1,000,000,000,000i
PetaIota = 1 Piota = 1Pi = 1,000,000,000,000,000i

À ne pas confondre avec la notation des préfixes binaires dans laquelle 1 KiB vaut 1 024 octets.

Histoire[modifier | modifier le code]

2015[modifier | modifier le code]

IOTA a été fondé par David Sønstebø, Sergey Ivancheglo, Dominik Schiener, et M. Sergueï Popov. Une quantité fixe de 2,779,530,283,277,761 Iota est alors créée. Quelques mois plus tard, le IOTA s'est ouvert au public via une phase de bêta-test.

2016[modifier | modifier le code]

Alors que les tests se poursuivent sur la bêta, le commerce de IOTAs a débuté de gré à gré entre les utilisateurs et ce pour une durée d'environ 11 mois.

2017[modifier | modifier le code]

En mai, la fondation IOTA a annoncé un investissement de 10 millions de dollars dans l'écosystème afin de promouvoir les collaborations avec les grandes entreprises, les projets communautaires, et proposer des intentions d'embauche pour des développeurs. En juin, le IOTA est répertorié par sa première place de marché : Bitfinex , une firme de capital de risque, a investi "7 chiffres" dans le IOTA. C'est leur premier investissement direct dans une crypto-monnaie. SatoshiPay a annoncé quitter le bitcoin (à cause des frais de transactions qui augmentent avec la valeur du bitcoin) en faveur du IOTA dont les transactions sont sans frais.

Le 13 Juin 2017, La plateforme de négociation Bitfinex à lancé un marché d'échange de IOTA. Le cours le jour du lancement s'élevait à environ 0.64 dollars américains par Miota.

En août, la fondation IOTA a établi un partenariat avec REFUNITE, la plus grande base de données de personnes disparues au monde, afin d'utiliser la technologie IOTA pour aider à réunir les familles pendant et après les conflits. De plus, le réseau Flash de IOTA (qui supporte des micropaiements à très grande vitesse voir instantanés) est devenu opérationnel, avant les solutions similaires annoncées pour le Bitcoin (Lightning Network) et l'Ethereum (Raiden Network). Monster Cleaning Services de Nettoyage, une société basée à Londres (Royaume-Uni), a annoncé qu'elle accepterait dorénavant le IOTA comme moyen de paiement.

En novembre, la fondation IOTA a été officiellement déclarée comme organisme à but non lucratif en vertu du droit Allemand avec son siège à Berlin[3]. Peu de temps après, une plateforme Web d'achat/vente de flux de données en temps réel basée sur le Tangle est mise en ligne. LATTICE80, basé à Singapour, est un Fintech Hub (le plus grand de son secteur) qui a signé un accord pour ouvrir un laboratoire d'innovation autour du IOTA et de l'Internet des objets. De plus, la IOTA Foundation a fait appel à Cybercrypt ApS pour concevoir sa prochaine version de sa technologie de hachage (Curl).

2018[modifier | modifier le code]

En février, Robert Bosch Venture Capital (RBVC), le bras d'investissements du géant industriel allemand Bosch, a annoncé qu'il investissait dans IOTA. RBVC rejoint également le comité consultatif de la fondation IOTA.

En Mars, ElaadNL a lancé la première station de recharge électrique pour laquelle l'authentification et le paiement sont effectués avec IOTA. Le chargeur fait partie du nouveau site d'essai situé dans le parc d'affaires Arnhems Buiten aux Pays-Bas.

En avril, Fujitsu présente la crypto-monnaie de l'IOTA comme la nouvelle norme d'automatisation à la Hannover Messe en Allemagne, l'un des plus grands salons de technologie industrielle au monde.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Mike Orcutt, « A cryptocurrency without a blockchain has been built to outperform bitcoin », MIT Technology Review,‎ (lire en ligne)
  2. (en) « Blockchain-free cryptocurrencies - CryptoWiki », sur cryptowiki.net (consulté le 5 juillet 2017)
  3. « Iota statt Bitcoin: Die Kryptowährung der Konzerne - manager magazin », manager magazin,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]