Roscanvel

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Roscanvel
Roscanvel vue de la rade de Brest, en 2008.
Roscanvel vue de la rade de Brest, en 2008.
Blason de Roscanvel
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Châteaulin
Canton Crozon
Intercommunalité Communauté de communes Presqu'île de Crozon-Aulne maritime
Maire
Mandat
Bernard Copin
2014-2020
Code postal 29570
Code commune 29238
Démographie
Gentilé Roscanvélistes
Population
municipale
846 hab. (2014)
Densité 93 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 19′ 02″ nord, 4° 32′ 50″ ouest
Altitude Min. 0 m
Max. 78 m
Superficie 9,08 km2
Localisation

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Liens
Site web Site de la commune de Roscanvel

Roscanvel [ʁɔskɑ̃vɛl] est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France. Ses habitants sont les Roscanvélistes. Sa population était de 1 016 habitants en 2005, mais augmente beaucoup en période estivale en raison des nombreuses résidences secondaires liées à sa situation littorale. Roscanvel fait partie du parc naturel régional d'Armorique.

La commune est située sur une presqu'île.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Carte de la commune de Roscanvel

Roscanvel est une presqu'île étirée nord-sud dénommée presqu'île de Roscanvel qui est elle-même une subdivision de la presqu'île de Crozon ; la commune est entourée sur trois côtés par la mer : la mer d'Iroise (anse de Camaret à l'ouest, goulet de Brest au nord, rade de Brest à l'est. C'est cette situation géographique particulière qui explique les nombreux sites naturels de la commune (falaises et pointes, la plus connue étant la pointe des Espagnols), mais aussi la pointe de Tremet, la pointe des Capucins, la pointe de Cornouaille, la pointe Robert. Sa position géographique à l'entrée de la rade de Brest, face au goulet de Brest, explique l'importance et la diversité des fortifications d'époques variées.

Article détaillé : Presqu'île de Roscanvel.
Article détaillé : Baie de Roscanvel.

En dépit, voire à cause, de sa situation triplement péninsulaire (en bout de presqu'île bretonne, de la presqu'île de Crozon et formant elle-même une presqu'île au sein de celle-ci), la commune est restée longtemps très isolée pour ses liaisons terrestres : la ville de Brest par exemple, toute proche à vol d'oiseau, est distante de plus de 60 km par la route. Peu de liaisons maritimes transrades existent, si l'on fait abstraction des liaisons internes à la Marine nationale[1] et aucune au départ de la commune : c'est le port du Fret qui accueille traditionnellement les quelques liaisons maritimes ouvertes au trafic civil.

La baie de Roscanvel

Le bourg, étiré en longueur, s'est développé en site d'abri, face à l'est, protégé donc des vents dominants d'ouest, afin de bénéficier d'un microclimat moins humide et moins venté. La totalité de l'habitat est désormais concentré dans la partie orientale de la commune, les parties occidentale et septentrionale étant désormais totalement inhabitées depuis l'abandon des ouvrages militaires et même désormais déclarés zones inconstructibles.

Certains écarts disséminés dans la presqu'île ont été abandonnés à la suite de leur destruction en raison des nombreux bombardements survenus pendant la Deuxième Guerre mondiale. Actuellement encore, des centaines de trous de bombes restent visibles sur le territoire communal.

Si des activités agricoles avaient repris après la Seconde Guerre mondiale, un certain nombre de trous de bombe ayant été nivelés et un déminage effectué afin de le permettre, la commune est désormais totalement abandonnée par l'agriculture, l'intérieur de la presqu'île n'étant plus que landes et broussailles en raison de la friche sociale et celles des anciennes fermes qui avaient été épargnées par les bombardements ou restaurées depuis transformées en résidences secondaires ou de retraite.

La commune de Roscanvel est voisine de celle de Crozon située au sud.

Géologie[modifier | modifier le code]

Cadre géologique[modifier | modifier le code]

Cadre géologique de Roscanvel.

Cette avancée rocheuse élevée se situe dans la presqu'île de Crozon qui correspond au prolongement occidental du synclinorium médio-armoricain. La région est constituée d'un socle de schistes briovériens (-550 Ma) sur lequel reposent des séries paléozoïques du début de l'ordovicien (-480 Ma) à la fin du dévonien (-360 Ma), avec notamment les grès armoricains (cette formation peut atteindre 1 000 m dans le Sud de la presqu'île qui a été marquée par une forte subsidence). De grands plis hercyniens affectent toute la région. La presqu'île qui est au cœur de l'anticlinal de Roscanvel[2], correspond à la mise en relief de puissants bancs de schistes et de quartzites. Le trait dominant de la géomorphologie de cette région est l'inversion de relief résultat de l'érosion différentielle[3].

Formation des schistes et quartzites de la presqu'île de Roscanvel[modifier | modifier le code]

Les hautes falaises de la presqu'île de Roscanvel sont en grande partie issues de la Formation des schistes et quartzites de Plougastel. Cette formation géologique se caractérise par des alternances de schistes gris et de quartzites souvent verdâtres, de puissance variable, de quelques centimètres à plusieurs mètres. Les figures sédimentaires n'y sont pas abondantes (quelques glissements sous-aquatiques à la pointe Tremet, stratifications obliques, chenaux d'érosion à la pointe Sainte-Barbe) et on peut y observer la présence de traces d'activité animale (bilobites, terriers)[4].

Entre la pointe Tremet et la pointe des Capucins, les falaises de l'Îlot du Diable et du Fort de la Fraternité sont un site classé depuis le 16 janvier 1978. Le passage de la Formation des schistes et quartzites de Plougastel aux grès de Landévennec et aux schistes, calcaires et quartzites de l’Armorique peut y être observé en diverses localités. La formation de Landévennec, essentiellement arénacée et de teinte claire, débute par 20 à 25 m de grès parfois ferrugineux et de quartzites, en bancs souvent métriques, à joints schisteux réduits ou absents : ce sont les grès de Kerdéniel. Elle se poursuit par un ensemble de grès à liant phylliteux ou ferrugineux et de quartzites clairs en petits bancs. Elle présente des figures sédimentaires à divers niveaux (stratifications entrecroisées, lits d'accumulation de fossiles et figures de bioturbation) et des fossiles (coraux tabulés, Stromatopores, Brachiopodes)[5]. Le site montre un des rares affleurements de calcaires du dévonien (calcaires gréseux bioclastiques dans la partie supérieure de la formation). Ces niveaux calcaires recèlent des coraux fossiles[6] et une grande proportion d'ossicules de Crinoïdes révélés par les études pétrographiques et microfaciétales[7]. L'altération des grès de Landévennec conduit souvent à de véritables sables jaunes ou roux et à des argiles claires et bariolées. Une série de plis asymétriques dans ces formations est représentatif du style tectonique régional.

La presqu'île constitue un site géologique d'intérêt départemental, pour ces formations dans les falaises[8].

Toponymie[modifier | modifier le code]

L'étymologie du toponyme Rocanvel est discutée (grammatici certant). La première partie du nom, Ros, ne fait aucun doute de son origine bretonne Roz signifiant le tertre, le mont ou la colline[9]. L'étymologie populaire (du breton kant, cent et avel , vent, pour donner le mont aux cent vents) est fantaisiste, la seconde partie du toponyme provenant probablement du nom d'un chef breton Catmaël (de Kadmael, issu de Kad = combat ; Mael = prince)[10]. Kadmael est évoqué dans le Cartulaire de Landévennec (XIe siècle) sous la forme latine Catamugli, ce texte évoquant les trois fils de Kadmael, brigands convertis[11].

Primitivement, le territoire de Roscanvel faisait partie de la paroisse de Plougrozon (Crozon). Au Ve siècle, le territoire de Roscanvel aurait été la propriété du chef breton Catmaël. Ce territoire est cédé à l’abbaye de Landévennec. Puis en 1173, Roscanvel (les dunes de Roscoatmaël) est légué par les comtes de Léon à l’abbaye de Daoulas qui y installe un prieuré-cure. La paroisse de Roscanvel dépendait autrefois de l’ancien évêché de Cornouaille.

On rencontre les appellations suivantes : Roscatmagli (vers 1050), Roscanvel (en 1173, en 1218, et en 1535).

La devise latine de la commune « Par Rosa » résulte d'un jeu de mots en breton entre « Rozkañvel » et « Roz heñvel » (« semblable à la rose »).

Histoire[modifier | modifier le code]

L'importance des préoccupations militaires[modifier | modifier le code]

Carte de la presqu'île de Roscanvel datant de 1754 (par Amédée François Frézier)
Carte de la presqu'île de Quélern (Roscanvel) par Charles-François Beautemps-Beaupré (1817).

L'histoire de la commune, essentiellement liée aux évènements militaires et aux préoccupations défensives liées à la défense du port de Brest se confond avec celle de la presqu'île de Roscanvel et même plus largement de la presqu'île de Crozon.

Plusieurs forts ont été aménagés tout au long du pourtour de la presqu'île de Roscanvel, en vue de défendre le port et la rade de Brest : le fort de la Fraternité, le fort des Capucins, le fort de Cornouaille, le fort Robert, le fort de la pointe des Espagnols et, au sud de la commune, la ligne fortifiée de Quélern.

Article détaillé : Batterie de Cornouaille.
Article détaillé : Pointe des Espagnols.
Article détaillé : Quélern.

Le siège de Fort Crozon en 1594[modifier | modifier le code]

Ce fort était situé à la Pointe des Espagnols.

Article détaillé : Siège de Fort Crozon.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

En 1758, la "maladie de Brest"[12] (le typhus) « causa des ravages effrayants dans les paroisses de Crozon, Argol, Roscanvel et Camaret ; l'intendant est forcé de rappeler que les chirurgiens qu'il y avait envoyés, car personne ne les écoute. (...) Ils [les malades] ne veulent prendre d'autres remèdes que ceux que leurs recteurs leur distribuent, et pourvu qu'ils aient avec cela du vin, ils sont contents »[13].

En 1759, une ordonnance de Louis XV ordonne à la paroisse de Roscanvel de fournir 7 hommes et de payer 45 livres pour « la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne »[14].

Révolution française[modifier | modifier le code]

La paroisse de Roscanvel, qui comprenait alors 124 feux, élit deux délégués, Thomas Le Mignon et Clète Mazet, pour la représenter à l'assemblée du tiers-état de la sénéchaussée de Quimper au printemps 1789[15].

Emmanuel Le Gentil, baron de Quélern[modifier | modifier le code]

Roscanvel est le berceau de la branche des seigneurs de Quélern, de la famille Le Gentil, à laquelle appartenait Emmanuel-Marie-Jean l’Évangéliste Le Gentil, baron de Quélern, chevalier de l'Empire (1773-1843) qui accompagna le général Bonaparte lors de sa campagne d'Égypte. Membre de la commission d’Égypte, le baron Le Gentil de Quélern contribua à la rédaction de « La description de l’Égypte », ouvrage monumental, publié de 1809 à 1828, composé de 9 volumes de texte et de 10 volumes de planches accompagnés d’un atlas et d'une carte topographique[16].

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Une épidémie de choléra fit six morts dans la commune en 1849-1850[17].

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

La Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

L'Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Entre 1937 et 1939, la caserne Sourdis fut un centre de détention pour les Républicains espagnols ayant fui leur pays en raison de la Guerre civile[18].

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

L'après Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Dans la décennie 1960, le remembrement a suscité un renouveau de l'agriculture (beaucoup de terres étaient à l'abandon), permettant l'installation d'agriculteurs léonards ou encore venus de l'Île de Sein.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Parti Qualité
2014 - en cours Bernard Copin DVD Retraité
2008 - 2014 Patrick Le Guillou
2001 - 2008 Bernard Étiemble
1995 - 2001 Alexandre Boléat
1988 - 1995 Jacques Chevalier
1983 - 1989 Marcel Faure
1971 - 1983 Mazé
1969 - 1971 Georges Guéneron
1935 - 1952 Hippolyte Mériadec
1931 - 1934 Rodolphe Passini
1931 (Juin-Juillet) Principe Le Mérour
1930 - 1931 Théodore Madec
1929 - 1930 François Laouénan
1925 - 1929 Jacques Balch
1910 - 1925 Étienne Joseph Le Coeur
1904 - 1910 Henri Goascoz
1884 - 1904 Hippolyte Madec
1861 - 1884 Jean Marie Stéphan
1854 - 1860 Congard
1850 - 1853 Salomon
1844 - 1848 Pellen
1832 - 1836 Salomon
1826 - 1829 Henri Congard
1824 - 1826 Jean Mathurin René Brunet
1817 - 1824 Claude Morvan
1816 Yves Crenn
1808 - 1815 Paul Le Guen
1803 - 1804 Allavoine
xxxx - 1800 Thomas Louis Le Mignon
Mars 1795 Fraboulet

Jumelages[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
630 662 671 875 865 918 788 852 894
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 090 1 046 1 057 1 942 967 1 000 1 101 1 170 1 068
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 469 1 263 1 383 999 968 938 840 879 681
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
629 613 574 697 740 787 983 919 846
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[19] puis Insee à partir de 2006[20].)
Histogramme de l'évolution démographique
Commentaires

La population communale a régulièrement augmenté pendant la première moitié du XIXe siècle, gagnant 460 habitants en 63 ans (+73 %) entre 1793 et 1856. Elle stagne par contre pendant la seconde moitié du XIXe siècle, sa population de 1896 étant quasi identique à celle de 1856 si l'on excepte le chiffre suspect de 1872 qui montre un nombre aberrant lié peut-être à une erreur de transcription (1 042 habitants semble un nombre d'habitants plus cohérent que les 1 942 habitants indiqués par la source statistique). Si l'on néglige donc ce résultat suspect de 1872, le maximum démographique est atteint en 1901 avec 1 469 habitants, la commune voyant pendant les trois premiers quarts du XXe siècle sa population décliner de manière presque continue, frappée par un important exode rural aggravé par l'isolement terrestre de la commune triplement péninsulaire (péninsules bretonne, de Crozon, de Roscanvel), perdant 895 habitants entre 1901 et 1975, perdant donc 61 % de sa population en 74 ans. Depuis 1975, la commune connaît toutefois un regain démographique lié à sa situation littorale attractive pour les retraités et les résidents secondaires, même si ces derniers ne sont pas comptabilisés dans la population communale. La densité de population est assez forte : 110 habitants au km2, exactement la moyenne française, en raison de son attractivité littorale et de l'importance de la présence militaire encore aujourd'hui[21].

Entre 1999 et 2008, la commune a connu un léger déficit naturel (100 naissances et 111 décès en 10 ans), largement compensé par un solde migratoire régulièrement positif depuis 1975 (+3 % l'an entre 1999 et 2007). Mais la population est en moyenne assez âgée : 38,6 % de 60 ans et plus pour 14,2 % de moins de 15 ans par exemple en 2007. Si l'on comptabilise la population par tranches d'âge de 15 ans, la plus nombreuse et de loin est celle des 60-74 ans. Une surreprésentation masculine, rare en France (513 hommes pour 484 femmes en 2007) s'explique probablement par l'importance de la présence militaire dans la commune.

La composition de l'habitat montre bien l'importance de l'attractivité littorale désormais : en 2007, la commune comptabilisait 464 résidences principales et 384 résidences secondaires, 51 logements étant déclarés vacants. La prolifération de l'habitat est spectaculaire, tant pour les résidences principales (leur nombre est passé de 255 en 1968 à 464 en 2007 soit +82 % en 39 ans) que secondaires (leur nombre est passé de 194 en 1968 à 384 en 2007 soit +98 % en 39 ans). Un peu plus de la moitié (50,7 %) de l'habitat date d'après 1975. La prolifération anarchique de l'habitat avec un semis épars de maisons (mitage) dans la bande orientale de la presqu'île n'a été que partiellement maîtrisée dans les trois dernières décennies du XXe siècle, même si l'urbanisation est désormais étroitement réglementée[21].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Roscanvel

Blasonnement : D'azur à un pignon de quatre degrés d'or mouvant de la pointe et chargé d'une moucheture d'hermine de gueules.

Devise : Par Rosa (semblable à la rose)

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Patrimoine militaire[modifier | modifier le code]

Réduit de Roscanvel[modifier | modifier le code]

Les ouvrages connus à Roscanvel sont[22] :

  • Batterie de 1696 - Disparue, vraisemblablement à l'emplacement actuel du réduit ;
  • Réduit modèle no 3 type 1846 (1859) - voir Réduit type 1846.

Le réduit est aujourd’hui occupé par le club de voile.

Autres fortifications dans la presqu’île de Roscanvel[modifier | modifier le code]

Beaucoup de ces fortifications sont sur un terrain militaire et sont propriété du ministère de la Défense. L’accès est donc interdit sans autorisation. Toutefois depuis le plusieurs monuments sont passés sous la responsabilité du Conservatoire du littoral[23].

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Éloi.
La fontaine Saint-Éloi.
Monument aux morts de 1914-1918.

La commune de Roscanvel dispose de l’église Saint-Éloi, style XVIIe siècle. Elle fut restaurée en 1874, mais fut endommagée par les bombardements (une salve d'obus américains) en 1944, mais est restaurée en 1948, ses nouveaux vitraux étant l'œuvre d'Auguste Labouret et réalisés entre 1949 et 1952 ; elle subit un grave incendie dans la nuit du (les pompiers ne disposant pas de suffisamment d'eau pour éteindre l'incendie l'arrosèrent à l'eau de mer), et fut ensuite remise en état, mais les vitraux d'Auguste Labouret ont dû être remplacés en 2006 (un seul subsiste au-dessus de la porte latérale[24]. Le culte de saint Éloi, patron des forgerons et des guérisseurs de chevaux, encore honoré comme tel de nos jours lors du pardon annuel, célébré chaque mois de septembre, s'explique par une confusion au Moyen Âge avec saint Alor, dont la vie est très peu connue. Un ancien lavoir se trouve à proximité.

Le monument aux morts de 1914-1918 se situe dans le cimetière.

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Patrimoine civil[modifier | modifier le code]

La commune possède de nombreux lavoirs (Lavoir de kerguinou, de Keruzou, de Kervian, de Kerviniou, de la fraternité, du Menez, du Penker) et fontaines (fontaine de Quélern, Saint Éloi, du Stiff, de Mencaër)[25].

La commune possède quatre fours à chaux édifiés aux XVIIIe et XIXe siècles : un à l’étang de Kervian, un "fossilisé" au pied du fort de Lanvéoc, un au pied du Fort de la Fraternité et un à Postermen, à environ 1,5 km au nord du bourg de Roscanvel. À cette époque, la pointe de Roscanvel est une zone militaire dont les fortifications et les bâtiments divers exigent énormément de matériaux de construction tels que la chaux, les tuiles, les briques et le fer. Ces fours exploitant un gisement de calcaire local datant du dévonien sont construits près de la mer, la chaux vive nécessitant un refroidissement à l'eau. L'indépendance d'approvisionnement de l'armée qui veut échapper aux prix imposés par les chaufourniers dans un premier temps, puis l'avènement des mortiers de ciment et du béton feront disparaître ce type d'industrie. Cette architecture est le rare témoin d'une tentative d'industrialisation en Presqu'île de Crozon.
Le four de Postermen, édifié sur le flanc de la falaise, est aussi doté d'un four à briques (briqueterie exploitaint des gisements d’argiles) et d'une galerie de recherche du minerai de fer dans la falaise elle-même. Il est dans un état de délabrement assez prononcé, la face orientale du four étant éboulée. Cette brèche béante permet d’observer sa structure interne, du type ovoïde, tapissée de moellons dont les assises accessibles à l’observation sont formés de gneiss de Brest. L’épaisse muraille du four est constituée par des moellons de schistes calcareux et de calcaires, extraits sur place, ainsi que de granite porphyre » de l’Île Longue. Aux approches de la partie interne du four, et sur un mètre d’épaisseur environ, les pierres ont été rougies par la calcination. Le gueulard est encore bien visible, ainsi que les deux ouvertures latérales du défournement[26].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Paul-Pierre Roux, dit Saint-Pol-Roux, né à Marseille dans le quartier de Saint-Henry le 15 janvier 1861 et mort à Brest le 18 octobre 1940, poète symboliste français, s'y installa quelque temps avec sa femme vers 1898 (?) lorsqu'il se décida à quitter Paris. Leur fille Divine, qui perpétua son œuvre, y naquit. Il alla vivre ensuite à Camaret.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Morlenn Express, l'express de la rade de Brest
  2. Carte géologique simplifiée de Crozon
  3. S. Durand, H. Lardeux, Bretagne, Masson, , p. 16.
  4. CHAURIS L., PLUSQUELLEC Y., HALLEGOUËT B., DARBOUX J.-R., MELOU M., CHAUVEL J.-J., LE CORRE C., BABIN C., MORZADEC P., THONON P., OLLIVIERPIERRE M.-F., MULOT B., « Notice explicative, Carte géol. France (1/50 000), feuille Brest (274) », Orléans : BRGM, 1980, p. 19
  5. Louis Chauris, op. cit., p. 19
  6. Éléments pédonculaires soit en place (longs segments de tiges ou parties radiculaires) soit sous forme de poches d'accumulations entre les colonies de Tabulés et de dans la zone construite. Ces coraux ont la caractéristique de se développer sur des récifs dans des eaux tropicales sur une plate-forme peu profonde (existence de fenestrae dans l'une des unités), dans un milieu de turbulence faible à modérée, dans un contexte relativement vaseux.
  7. Jean Le Menn, Les crinoïdes du Dévonien inférieur et moyen du Massif armoricain, Société géologique et minéralogique de Bretagne, , p. 201.
  8. « Sites d'intérêts géologiques en Bretagne », sur www.bretagne-environnement.org (consulté le 10 août 2013)
  9. Jean-Yves Le Moing, Noms de lieux de Bretagne, Bonneton, (lire en ligne), p. 19.
  10. Hervé Abalain, Noms de lieux bretons, Éditions Jean-Paul Gisserot, , p. 46.
  11. Marc Simon, Annie Bardel, L'abbaye de Landévennec de saint Guénolé à nos jours, Ouest-France, , p. 46.
  12. En novembre 1757, le retour de l’escadre de Du Bois de La Motte à Brest apporte le typhus. Dans un premier temps, seuls les marins sont contaminés, puis l’épidémie se transmet à la ville. Cette épidémie fit environ 5 000 victimes à Brest même, le double si on prend en compte la région avoisinante.
  13. Auguste Dupouy, Les épidémies en Bretagne au XVIIIe siècle, revue "Annales de Bretagne", novembre 1886, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k214900h/f222.image.r=Crozon
  14. "Ordonnance... portant imposition pour la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne", 1759, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97412315/f7.image.r=Plovan?rk=21459;2
  15. "Archives parlementaires de 1787 à 1860 ; 2-7. États généraux ; Cahiers des sénéchaussées et bailliages", série 1, tome 5, 1879, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k49520z/f514.image.r=Plovan?rk=4206029;2
  16. https://www.presquile-crozon.com/histoire/gentil-quelern-expedition-egypte.htm et http://data.bnf.fr/16702124/emmanuel_le_gentil_de_quelern/
  17. Henri Monod, "Le Choléra (histoire d'une épidémie, Finistère 1885-1886)", 1892, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61500477/f25.image.r=Crozon?rk=5794020;0
  18. http://www.utl-morlaix.org/2014/12/08/les-refugies-republicains-espagnols-dans-le-finistere/
  19. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  20. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  21. a et b INSEE - Recensement de la population 2007 - Roscanvel
  22. Michel Dion, Batteries, réduits, tours, forts, casemates... de Camaret et Roscanvel, Brest, Association du Mémorial Montbarey, , 67 p.
  23. « Affection des terrains militaires au Conservatoire du littoral » (consulté le 23 février 2010)
  24. http://www.crozon-bretagne.com/tourisme/decouverte/roscanvel/eglise.php et https://www.ouest-france.fr/bretagne/chateaulin-29150/le-maitre-auguste-labouret-avait-realise-onze-vitraux-de-leglise-1336843
  25. « Découvrir Roscanvel » Patrimoine » Lavoirs et Fontaines », sur roscanvel.fr (consulté en août 2017).
  26. Louis Chauris, « Calcaires et fours à chaux des abords de la rade de Brest », Avel Gornog, no 4,‎ , p. 44-57.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marcel Burel : Roscanvel dans la presqu'île de Crozon, 1995 (illustrations de Jean-Pierre Kerinec)
  • Marcel Burel : Roscanvel, chronique du XXe siècle, tome I : 1900-1939, éditions Buissonnières, 2009
  • Marcel Burel : Roscanvel, chronique du XXe siècle, tome 2 : 1939-1970, éditions Buissonnières, 2014

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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