François Barthélemy Arlès-Dufour

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François Barthélemy Arlès-Dufour
Arlès-Dufour (Nadar).jpg

Portrait d’Arlès-Dufour par Nadar.

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 74 ans)
VallaurisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
François Barthélemy ArlèsVoir et modifier les données sur Wikidata
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Distinction


François Barthélemy Arlès-Dufour, né le à Sète et mort le à Vallauris, est un humaniste, homme d'affaires lyonnais pro-européen, commissionnaire soyeux et l’un des principaux saint-simoniens[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un sous-officier de l'armée napoléonienne, François Barthélémy Arlès connait, après la mort de son père, une jeunesse assez pauvre. En 1814, âgé de 17 ans, il obtient un poste de contremaître dans une manufacture de châles en soie. Il devient employé de commerce et se rend en Allemagne où il travaille à Leipzig pour l'entreprise de tissus Dufour. Il épouse alors la fille unique de monsieur Dufour et accole – par souci d'égalité homme/femme – le nom de Dufour à celui d'Arlès. À 28 ans, il prend la direction de la succursale lyonnaise de la maison Dufour, qui durera jusqu'en 2013, sous les noms successifs de Chabrières-Morel (à partir de 1885), puis Morel-Journel & Cie (à partir de 1930).

Élu à 35 ans à la Chambre de commerce et d'industrie de Lyon, il joue un rôle de premier plan tant sur le plan strictement industriel, organisation du chemin de fer Lyon-Paris, initiateur du canal de Suez, que sur le plan financier, création du Crédit lyonnais[2], sur celui de l'humanisme. Il fonde la Ligue internationale et permanente de la paix avec le journaliste Émile de Girardin et le pacifiste Frédéric Passy, contributeur au développement du saint-simonisme en France avec pour maxime :

« Toutes les institutions sociales doivent avoir pour but l'amélioration du sort moral, intellectuel et physique de la classe la plus nombreuse et la plus pauvre. »

Il attache, lui qui fut autodidacte, une grande importance à l'enseignement en créant l'École centrale de Lyon et la Société d'enseignement professionnel du Rhône.

Il milite pour l'égalité de l'homme et de la femme, notamment :

  • en accolant, à son mariage, le nom de son épouse au sien,
  • en soutenant personnellement Julie-Victoire Daubié[3] dans sa démarche à devenir la première bachelière de France à Lyon,
  • en co-fondant, avec J-V Daubié, l'Association pour l’émancipation progressive de la femme dont il est le président,
  • en obtenant de l'Impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, que la Légion d'honneur soit décernée à la peintre Rosa Bonheur.

Passionné d’économie, en lien avec des penseurs anglais – notamment John Bowring, Richard Cobden et John Bright –, il rédige divers articles sur l’industrie lyonnaise, la tarification douanière, le rapprochement nécessaire avec l’Angleterre facteur de « l’association universelle des peuples », etc. Il plaide également pour l’impôt progressif, « proportionné aux revenus, le seul raisonnable, le seul en harmonie avec le principe de l’égalité des charges[4] ».

Militant pour la paix entre les peuples d'Europe par le commerce et le libre-échange, il catalyse, en 1860, la signature du traité de commerce franco-britannique, dit traité Cobden-Chevalier et dont le signataire pour la France Michel Chevalier dira :

« La Chambre de commerce de Lyon a mérité que son nom fût inscrit dans l’Histoire. Rien n’aura contribué autant que l’impulsion d’Arlès pour lui valoir cet honneur. »

Fondateur en 1863, avec le concours de son ancien collaborateur Henri Germain, du Crédit lyonnais, il s'implique également dans la Banque de Lyon, future succursale lyonnaise de la Banque de France ainsi que dans la Caisse des associations coopératives à Paris.

Commandeur de la Légion d'honneur[5] et membre de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Lyon, il a été adjoint au maire de Lyon en 1830, conseiller municipal de la Guillotière, conseiller municipal de Lyon en 1855, et conseiller général du Rhône, après avoir refusé à diverses reprises la députation.

Ancien résidant d'Oullins et père du maire de cette ville, ses funérailles dans cette commune ont lieu en présence de nombreux employés du PLM[6].

Pionnier des chemins de fer[modifier | modifier le code]

Comme nombre d'autres saints-simoniens, c'est un fervent partisan du chemin de fer, qui participe à son élaboration et son extension, notamment dans la région lyonnaise, en étant administrateurs des compagnies de Paris à Lyon, de Marseille à Avignon et de la de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM)[6].

Il est également, en 1863, avec Henri Germain et Amédée Sellier, le concessionnaire du chemin de fer de Sathonay à Bourg par Villars. Concession qu'ils rétrocèdent à la Compagnie de la Dombes dont il devient administrateur lors de sa création en 1864. Il crée cette société anonyme avec : Louis Frémy, Alexandre Bodin, Comte Le Hon, Félix Mangini, Amédée Sellier et Lucien Mangini, ce dernier agissant en son nom personnel et celui de messieurs Henri Germain, Louis Guérin et Gabriel Saint-Olive[7].

Hommages[modifier | modifier le code]

Quai Arlès-Dufour à Lyon.

Une rue de Lyon[8] et une place d'Oullins portent son nom. Il existait, avant l'indépendance, une rue Arlès-Dufour à Alger.

Œuvres d'Arlès-Dufour[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il sera le légataire universel de Saint-Simon et contribuera à la publication des 47 volumes de la Doctrine..
  2. Bernard Desjardins, Le Crédit Lyonnais, 1863-1986, Genève, Droz, , 1020 p., 24 cm (ISBN 978-2-60000-807-5, lire en ligne), p. 39, 48, 52, 59.
  3. Véronique André-Durupt, La première « bachelier » : Julie-Victoire Daubié, Fontenoy-le-Château, Les Amis du Vieux Fontenoy, , 118 p. (ISBN 978-2-7466-3362-9).
  4. L’Écho de la fabrique, Lyon, Jérôme Perret, (lire en ligne), p. 4.
  5. Dossier Arlès-Dufour sur la base Leonore notice L00 490 38.
  6. a et b Jean-Luc Flohic (dir.), Le patrimoine de la SNCF et des chemins de fer français, t. 1, Paris, Flohic, , 529 p. (ISBN 978-2-84234-069-8, lire en ligne), p. 44.
  7. Bulletin des lois de la République Française, vol. 24, Paris, Imprimerie Nationale, coll. « Bulletin des lois », (lire en ligne), chap. 1071 (« Partie supplémentaire »), p. 661-672.
  8. Rues de Lyon.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Canton-Debat et Maurice Ferdinand, Arlès-Dufour : du canal de Suez à l'École centrale de Lyon, Paris, l'Interdisciplinaire, , 258 p. (ISBN 978-2-90744-732-4, lire en ligne).
  • Jacques Canton-Debat, Un homme d'affaires lyonnais : Arlès-Dufour (1797-1872), Atelier national de reproduction des thèses, coll. « Thèse à la carte », Lille, 2000, 901 p. (2 vol.)
  • René Favier, Gérard Gayot, Jean-François Klein, Didier Terrier et Denis Woronoff (dir.) et Jean-François Klein, « Natalis Rondot (1821-1900) : Un « technologue » libéral de la laine au service des Soyeux », Tisser l’Histoire. Entrepreneurs et usines textiles, XVIIIe – XIXe siècles. Mélanges offerts à Serge Chassagne, Valenciennes, Presses Universitaires de Valenciennes,‎ , p. 207-220.
  • Lucien Jeanmichel, Arlès-Dufour, un Saint-Simonien à Lyon, Lyon, Éditions lyonnaises d'art et d'histoire, 1993, 188 p.
  • Jacques Canton-Debat, « François Barthélemy Arlès-Dufour », SEPR 1864-2014. 150 ans au service de la formation professionnelle en Rhône-Alpes, Lyon, Éditions Livres EMCC,‎ , p. 21 cm x 21 cm, 168 p., ill. coul. et NB (ISBN 978-2-35740-329-1).

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