Camille Dognin

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Camille Dognin
CamilleDognin1880.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 74 ans)
CannesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Michel DogninVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domiciles
Activités
Conjoint
Adèle Renard de Bermont
Enfants
Parentèle
Jacques Dognin (arrière-petit-fils)
Auguste Isaac (gendre)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Distinction

Michel dit « Camille » Dognin, né le et mort le , est un industriel et botaniste amateur français, spécialisé dans l'acclimatation. Il dirige les industries Dognin & Cie de à , puis se consacre à sa passion pour la botanique en réalisant un jardin d'acclimatation dans sa propriété cannoise, la villa Valetta.

Dognin & Cie[modifier | modifier le code]

Camille Dognin s'associe en à la société de tulles et dentelles créée par son père, Dognin & Fils. Il participe largement à son développement notamment en faisant passer en contrebande d'Angleterre des métiers bobins, servant à tisser le tulle de soie. Ces métiers lui permettent de développer de nouveaux types de tulles et d'en augmenter largement la production.

Il est également, par son association avec Augustin Isaac[1], le premier à appliquer le Jacquard au métier bobin[2] pour obtenir, de façon mécanique et industrielle, une imitation de la dentelle de Chantilly ou de la Blonde, alors appelée tulle de France. Cela lui vaudra une médaille d'argent[3] à l'exposition nationale[4] de 1844 et la légion d’Honneur en . Un an plus tard, ses fils, Émile et Paul, reprennent l'affaire.

Villa Valetta[modifier | modifier le code]

Vers , Camille Dognin entreprend la création d'un jardin botanique dans son domaine cannois de la Villa Valetta, acquis au cœur de la Californie. Jusqu'en , avec Pierre Riffaud[5], il réalise d'importants travaux de terrassement et de plantations pour créer un jardin paysager de 1,9 ha avec de nombreux végétaux exotiques dont des phoenix canariensis, pritchardias, latanias, bouquets de laurier-rose, néfliers du Japon, dracaenas et pritchardias, disposés en groupes et bosquets sur des pièces de gazon bordés de plates-bandes fleuries. La maison à façade ordonnancée sans travées alternent des pilastres à bossages et des arcs en plein-cintre à bossages un-sur-deux et est tapissée de glycines et de bougainvillées. De part et d'autre de la maison, deux avenues bordées de gazons talutés et de rangées de sabal palmetto habillés de rosiers grimpants. Vers l'est, une allée régulière bordée de cyprès conduit à un point de vue entouré de balustrades et d'urnes de pierre bondées de fruits, centré d'un bassin avec une fontaine à trois vasques. Le bassin donne sur une grotte artificielle avec des voûtes d'arêtes reposant sur un pilier central sculpté d'un faisceau de roseaux maintenus par des bossages un-sur-deux. À proximité, une mare, garnie de plantes aquatiques, avec une cascade et une île alimentant une fausse rivière qui se jette dans une autre mare où poussent nénuphars, caladiums du Brésil et papyrus. La rivière est traversée par une succession de gués et de ponts, dont un à trois arches recouvertes de clématites.


« Dans les jardins de M. Dognin, le promeneur a sous les yeux tour à tour les Alpes Piémontaises couvertes de neige ; le cap d'Antibes planté d'Oliviers et semé de belles villas ; la Méditerranée dont le flot vient mourir au pied de la propriété ; les îles de Lérins, Sainte-Marguerite et Saint-Honorat, îles de verdure jetées au milieu du bleu de la mer ; et plus loin les montagnes de l'Esterel, de Saint-Tropez, de Sainte-Maxime dont l'aspect et le coloris varient à chaque heure du jour. Vues admirables, panoramas sans cesse changeants, qui se trouvent encadrés par les végétaux les plus rares et les plus beaux. M. Dognin a rendu à l'horticulture de réels services et je m'estime heureux d'avoir été son collaborateur dans la création des jardins dont nous nous sommes occupés. » Pierre Riffaud in Revue des Sciences naturelles appliquées, Société nationale d'Acclimatation de France, Paris, 1889


Vues des allées et de la maison de la Villa Valetta vers 1922
(Agence Rol. - Source : Gallica BNF)


Avant son décès Camille Dognin cède la partie sud du domaine à Gaston Menier qui y fait construire la villa Camille-Amélie, le reste du domaine est vendu par ses enfants à sa mort. Il ne reste des collections végétales d’origine de ce jardin que quelques éléments à fort développement, enregistrés au répertoire du patrimoine sous le nom de Jardin de la villa Valetta et intégrés aux résidences collectives qu'abrite aujourd'hui le terrain. Camille Dognin repose au cimetière de Cannes.

Bibliographie et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Auguste Isaac, Journal d'un notable lyonnais (1906-1933), Éd. BGA Permezel
  • S. Ferguson Fils, L'histoire du tulle et des dentelles mécaniques en Angleterre et en France, Éd. E. Lacroix, 1862
  • Pierre Riffaud, Revue des Sciences naturelles appliquées, Société nationale d'Acclimatation de France, Paris, 1889, p. 122 et suiv.
  • Édouard André, La Revue horticole
  • Recensement du patrimoine balnéaire de PACA - Région Sud

Références[modifier | modifier le code]

  1. Brevet de 15 ans déposé le 26 juillet 1841 sous le nom de brodeur Isaac (in L'Industrie des tulles & dentelles mécaniques dans le département du Pas-de-Calais - 1815-1900, Henri HENON, Paris, 1900, Belin Frères).
  2. Auguste Isaac, Journal d'un notable lyonnais (1906-1933), Éd. BGA Permezel
  3. in L'Industrie des tulles & dentelles mécaniques dans le département du Pas-de-Calais - 1815-1900, Henri HENON, Paris, 1900, Belin Frères.
  4. Exposition nationale s'étant tenue à Paris le 1er mai 1844 au carré Marigny (Champs-Élysées).
  5. Pierre Riffaud était vice-président de la société d'Horticulture de Cannes, membre de la société nationale d'Horticulture de France et chevalier du Mérite agricole.

Liens externes[modifier | modifier le code]