Pierre Bullet

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Pierre Bullet est un architecte français, né en 1639, mort en 1716.

Biographie[modifier | modifier le code]

On ne sait s'il fut l'élève de François Blondel comme le dit Bouillet (c'est peu probable), ceci venant sans doute d'une mésinterprétation de la notice que lui consacra Antoine Chrysostome Quatremère de Quincy dans son Dictionnaire… dans laquelle il est cité comme disciple : « le trop de servitude qui règne dans les écoles, le trop grand respect qu'on a pour un maître, & qui vous attache sur ses pas…». Mais la préface de l'Architecture pratique incite à croire qu'il ne fut que son employé, d'abord comme appareilleur.[réf. nécessaire]

Église Saint-Thomas d'Aquin de Paris

Il construisit la porte Saint-Martin (1674) et l'église Saint-Thomas-d'Aquin. En 1676 : avec François Blondel, il publie le Plan de Paris levé par les ordres du Roi et par les soins de messieurs les prévôts des marchands et échevins et par les sieurs Bullet, architecte du roi et de la ville, sous la conduite de monsieur Blondel, maréchal de camp aux armées du roi, directeur de l'académie royale d'architecture et maître de mathématiques de monseigneur le Dauphin, plus communément appelé Plan de Bullet et Blondel.

À son seul compte, il publie en 1675 un Traité de l'usage du pantomètre, instrument géométrique propre à prendre toutes sortes d'angles, mesurer les distances accessibles et inaccessibles, arpenter et diviser toutes sortes de figures, etc.,... nouvellement inventé par le Sr Bullet qui est complété en 1688 par un Traité du nivellement, contenant la théorie et la pratique de cet art, avec la description d'un niveau nouvellement inventé, par le sieur Bullet.

En tant qu'architecte de la Ville de Paris, il publiera ensuite des Observations sur la nature et sur les effets de la mauvaise odeur des lieux d'aisances et cloaques, et sur l'importance dont il est d'éviter cette mauvaise odeur pour la conservation de la santé (sans date, 1695 ?)

Mais sa publication la plus importante est son Architecture pratique, qui comprend la construction générale & particulière des bâtimens, le détail, les toisés & le devis de chaque partie… avec une explication & une conférence des trente-six articles de la coutume de Paris sur le titre des servitudes & rapports qui concernent les bâtimens, & de l'ordonnance de 1673 en 1691 qui connaîtra six rééditions, avec des augmentations de Descoutures à partir de 1755. Les questions les plus courantes y sont abordées, la construction en pans de bois, etc.

Son œuvre a déjà été abordée partiellement. La porte Saint-Martin sera critiquée pour sa lourdeur par Jacques-François Blondel et Quatremère :

« Le seul avantage qu'on lui trouve sur le monument de François Blondel, c'est de se rapprocher davantage des arcs antiques, par la forme & la proportion. Les trois arcs dont elle est percée sont le principal objet de cette ressemblance de caractère. Mais on croiroit par les bossages vermiculés & la décoration rustique que l'architecte y a introduite, qu'il eut dessein de mêler le caractère d'un arc de triomphe avec celui qui convient à une porte de ville. On doute que ce mélange soit heureux & digne d'être imité.»

Pour les édifices dignes d'éloges on trouve un bon résumé dans le Cours d'architecture de Jacques-François Blondel : « Bullet, après ces deux grands Maîtres, mérite aussi un rang distingué, en le considérant du côté du goût de l'Art : son château d'Issy est, peut-être, un exemple de ce que peut le goût dont nous parlons, appuyé des préceptes ; du moins a-t-il su rendre raison des motifs qui l'ont déterminé à donner la préférence à celui-là sur ceux-ci, ayant senti que ne s'agissant que d'une maison de plaisance de peu d'étendue, mais destinée à la résidence d'une grande Princesse, il devoit plutôt que surprendre & étonner. On en peut dire autant de son palais archiépiscopal de Bourges…» (Cours d'architecture IV, p. xlvii.)

À quoi on ajoutera l'élargissement du quai Le Pelletier qui fit l'admiration de ses contemporains et une série d'hôtels particuliers. Il entre à l'Académie royale d'architecture en 1685.

Son fils, Jean-Baptiste Bullet de Chamblain (1665-1726), fut également architecte.

Sa sœur Marie-Anne Bullet est la mère de Marivaux[1].

Publications[modifier | modifier le code]

Traité de l'usage du pantometre, 1675
  • Pierre Bullet : L'Architecture pratique qui comprend le detail du toisé, et du devis des ouvrages de massonnerie, charpenterie, menuiserie, serrurerie, plomberie, vitrerie, ardoise, tuile, pavé de grais et impression. Avec une explication de la coutume sur le titre des servitudes et rapports qui regardent les bâtimens. Ouvrage très-nécessaire aux architectes, aux experts, et à tous ceux qui veulent bâtir. Paris : J. B. Delespine : Jean-Th. Herissant, 1741. (Lire en ligne)
  • Pierre Bullet, Architecture pratique, édition nouvelle revue et augmentée, Paris, 1768 ( lire en ligne )

Œuvres[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • En février 1945 eut lieu à Stockholm au musée national une exposition de dessins de Pierre Bullet[2] conservés dans cette institution: Från Ludvig XIV:s Paris. Le catalogue en suédois comportait un avant-propos et une introduction en français. Le travail de recensement des dessins de Pierre Bullet avait été réalisé durant la guerre, par un historien d'art danois réfugié en Suède : Erich Bier.
  • Pierre Bullet, The Royal architect, Eric Langenskiöld, 1959, Stockholm, Almqvist & Wiksell.
  • (en) James Stevens Curl, A Dictionary of Architecture and Landscape Architecture (ISBN 9780198606789 et 9780191726484, lire en ligne)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Hervé Duchêne, Marivaux : Les fausses confidences, Editions Bréal, (lire en ligne), p. 10
  2. 221 dessins exposés, dont 27 signalés par un astérisque n'étant pas de Bullet, mais exposés à titre de comparaison.

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