Culture alsacienne

L'Alsace est une région dont l'histoire est marquée par de nombreux tiraillements entre la France et l'Allemagne. Sa situation géographique, à la frontière de la Suisse, l'Allemagne et de la France explique son affirmation d'une identité régionale spécifique.
L'architecture alsacienne constitue un élément essentiel des traditions culturelles de la région. La maison alsacienne traditionnelle repose sur un soubassement en pierre, ce qui la rend surélevée. De forme généralement Carrée, massive, basse de plafond, ses murs comportent des colombages. Le chauffage y est assuré par un poêle de masse, comparable à ceux utilisés en Europe orientale.
La langue régionale, l'alsacien, transmise de génération en génération et encore parlée au XXIe siècle, témoigne de sa singularité culturelle, ainsi que de la volonté de ses habitants de pérenniser ses coutumes.
Les fêtes en Alsace
[modifier | modifier le code]L'Alsace est une terre de fête[1]. Aux festivités nationales s'ajoutent les nombreuses manifestations locales. Les traditions de carnaval sont devenues une affirmation de l'indépendance régionale, en réaction à la politique d'assimilation culturelle allemande post-1870, ou française post-1918[2].
De 1902 à 1947, aucun carnaval ne se déroule à Strasbourg[3], centre de la culture alsacienne[4]. Seul, le Wakes Fassenag, ou « Carnaval des Voyous », s'y tient de 1973 à 1978. Il devient le symbole du conflit entre la vie moderne et un mode de vie traditionnel[3].
Dans les villages, le Messti ou la Kilbe, qui a lieu une fois par an, est la fête familiale par excellence. Après le culte puis un repas copieux, les familles se retrouvent à la foire-kermesse. Des produits du village ou du hameau voisin sont exposés par les artisans. Les réjouissances se terminent par un bal. Le folklore se manifeste par les costumes, musiques et danses traditionnelles.
Gastronomie
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La gastronomie est une part de sa culture. L'Alsace est connue pour son vin, sa bière et sa choucroute. Mais d'autres spécialités rappellent les plats traditionnels et se dégustent dans les Winstubs, restaurants typiquement alsaciens.
Bière et vins
[modifier | modifier le code]La production de produits locaux est importante : la bière et le vin.
La brasserie alsacienne utilise le houblon et l'orge de la plaine de Basse-Alsace. Sa production correspond à plus de la moitié des ventes françaises.
Le vignoble occupe une grande partie de la région. Un itinéraire, nommé « route des vins d'Alsace », est créé en 1953. Le vignoble d'Alsace, cultivé sur les collines sous-vosgiennes, bénéficie d'un microclimat chaud et ensoleillé, et produit de nombreux cépages. Les vins d'Alsace se consomment tout au long du repas.
Le sylvaner, vin léger, peut être servi avec la charcuterie, les hors-d'œuvre ou le poisson. Le riesling ou les pinots, gris ou blanc, accompagnent la choucroute, la volaille ou le rôti ; le pinot noir préfère les petits plats régionaux. La gewurztraminer ou le muscat accompagnent la pâtisserie alsacienne.
La charcuterie
[modifier | modifier le code]La charcuterie alsacienne est faite à la pure graisse d'oie ou de porc : le jambon, le gendarme, la saucisse viennoise et la knack.
Les charcuteries sont souvent employées en potée. Dans ce pot-au-feu, le bœuf est remplacé par du lard salé et des saucisses. Un chou blanc est ajouté. La choucroute est le plat alsacien par excellence, la plus appréciée est cuisinée au vin d'Alsace.
Spécialités
[modifier | modifier le code]Le Baeckeoffe est à base de porc, mouton, bœuf et pommes de terre. La tarte flambée (Flammekueche), avec fromage blanc (Bibeleskaes), est additionnée de crème, oignons et lardons. Les pâtes aux œufs (Spaetzle) sont agrémentées de crème fraîche et de croûtons.
LAlsace produit du foie gras renommé, ou le sandre, un poisson.
Le Viergewuerzmischung, est un mélange de quatre épices : girofle, poivre noir, muscade et gingembre[5].
Pâtisseries
[modifier | modifier le code]L'Alsace compte une grande variété de tartes. Le Kougelhopf ( ou Kugelhopf, et non Kouglof ; il existe des formes comme Köjlhopf/Keüjlhopf (Strossburi/Strasbourg) et Kugalupf (Milhüsa/Mulhouse) est le gâteau traditionnel, mais aussi le gâteau au vin blanc et le gâteau au vin rouge. Décembre et janvier, sont des mois festifs.
Le jour de la Saint-Nicolas, le , une multitude de petits bonshommes briochés aux yeux de raisins, appelés Maennele ou Mannala et de pain d'épices avec une image du saint, envahissent les vitrines. Les pâtissières confectionnent une quinzaine de variétés de petits gâteaux, appelés Braedele ou Bredala, dégustés durant les fêtes de Noël.
Le petit déjeuner de l'année nouvelle est célébré avec le Stolle (Christstolle), petit pain en pâte levée, et le bretzel géant. Les festivités se terminent avec la galette des Rois.
La Winstub
[modifier | modifier le code]La Winstub, littéralement pièce à vin, est, à l'origine, une salle ouverte au public, analogue au bar à vin. Le vin était servi en pichet toute la journée, accompagné de plats simples, comme le jarret de porc braisé. La législation de l'Alsace, subdivision administrative territoriale de l’Empire allemand autorisait les vignerons à faire restaurant chez eux, pour concurrencer les brasseries allemandes. Elle sera prorogée pour les vignerons alsaciens lorsque leur région est réintégrée à la France en 1919[6]. L'équivalent pour la bière est la Bierstub.
La Winstub est devenu le restaurant typiquement alsacien, avec ses plats tels que les galettes de pommes de terre (Grumbeerekiechle) et les quenelles de foie (Lewerknaepfele) ou le baeckeoffe et la choucroute. Les tables en bois sont, en général, recouvertes de nappes à carreaux rouges.
Les repas peuvent se finir autour d'un Stammtisch : les habitués se retrouvent et débattent. Autrefois, certaines Winstubs étaient le refuge des artistes : ils y discutaient, récitaient des poèmes, faisaient de la musique.
Les brasseries seront prospères à partir du XVIIIe siècle. À l'époque, les fabriques étaient installées dans la cité, un bâtiment annexe permettait la dégustation. D'abord lugubres et fréquentées par des habitués, les brasseries vont s'ouvrir à un public plus large. Elles adoptent le style des brasseries bavaroises et accueillent des orchestres. Chaque établissement possède sa clientèle, qui varie selon la catégorie sociale et la tendance politique. Peu de grandes brasseries subsistent à Strasbourg, elles ont été remplacées par les Bierstubs, plus intimes.
Langue
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L'alsacien est toujours utilisé et reste une langue véhiculaire. Son usage s'amenuise, surtout en ville, en raison de l'aspect cosmopolite des populations urbaines. Ce parler, ni de l'allemand standard, ni du français, fait partie de l'allemand supérieur. Il est issu du groupe alémanique parlé en Alsace centrale, comme dans le pays de Bade voisin, et la Suisse alémanique limitrophe.
Une frontière linguistique le sépare du français (indépendante de la géographie). Certaines vallées du versant alsacien des Vosges ont depuis des siècles une culture romane (pays welche). La langue-support, le welche, semble aujourd'hui en voie de disparition.
Au cours des alternances politiques qui ont attaché l'Alsace à la France ou à l'Allemagne, le français et l'allemand ont, tour à tour, bénéficié d'un régime de faveur : ces langues étaient enseignées et imposées de manière à éliminer l'alsacien, assimilé à la langue du vaincu.
L'alsacien provient des Alamans. Ces peuples germaniques ont investi la région en 406, lors des invasions barbares dans l'Empire Romain. Le vocabulaire issu du latin ne disparaît pas entièrement : l'alsacien devient alors une langue spécifique[7]. La géographie linguistique de l'Alsace se divise en deux zones principales. Outre le français standard, se parlent encore couramment le bas-alémanique de Basse-Alsace, ou bas-rhinois, le bas-alémanique de Haute-Alsace, ou haut-rhinois ; la limite est poreuse et se situe entre Sélestat et Colmar. Puis, se distinguent des zones particulières comme le haut-alémanique du Sundgau, le bas-alémanique strasbourgeois, qui comprend du francique, le francique rhénan lorrain de l'Alsace Bossue, le francique rhénan palatin dans la région de Wissembourg, quelques régions romanes à Orbey et dans la vallée de la Bruche, à Montreux et aux environs de Courtavon-Levoncourt[8].
L'alsacien s'écrit, au même titre que les autres alémaniques, à l'exemple de ce proverbe alsacien : Au d'schwàrze Hiehner läje wissa Eier, « les poules noires aussi pondent des œufs blancs. »
Architecture traditionnelle
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La maison à colombage, ou Fàchwarikhüs, constituée d'une structure en bois démontable (assimilant ainsi traditionnellement ce type de bâtiment à un bien meuble) et de remplissages en torchis, est un des symboles de l'Alsace[9],[10]. Le mode de couverture traditionnel est la tuile en écaille (dite Biberschwánz, soit « queue de castor », en raison de sa forme). Il a souvent été remplacé par l'emploi, moins coûteux et plus pratique, de la tuile mécanique inventée au XIXe siècle par Gilardoni à Altkirch. Le colombage, encore nommé pan de bois apparent, disparaît à partir de 1870 ; les maçons transalpins apporteront l'habitude de dissimuler la structure sous un crépi. Le colombage alsacien se distingue par sa disposition oblique ; la triangulation des pans, utilisée de façon poussée, permet d'affronter les séismes du fossé rhénan. Le toit, à charpentage triangulaire, présente une pente prononcée, atteignant souvent 60°, et se redresse légèrement avant la gouttière. De structure à deux versants, leur faîtage est parfois tranché par une autre pente, la Wàlm. Les pans et poutrages sont emboîtés entre eux, et fixés par des clavettes et des chevilles de bois. Le torchis, Laehme ou Wickelbodde, est appliqué par pressage ou par superposition contre un tressage en bois souple, les palançons (Flachtwàrik). Le crépi à base de chaux sera soit laissé blanc, soit coloré en rouge, bleu, vert, jaune ou mauve, ou bien peint de motifs.
Dans son plan traditionnel[11] la maison alsacienne entoure une cour intérieure, souvent munie d'un puits, d'où l'on accède à l'entrée de la maison par un double escalier. La maison traditionnelle propose une pièce de vie principale de grande taille, la gross Stub, où siège le poêle en fonte (Plateofe), fabriqué souvent par les fonderies de Zinzwiller ou de Lucelle, ou en terre cuite (Kaechelofe ou Chunscht). Dans cette pièce, vit la famille, ou travaille l'artisan. Les murs sont soit couverts d'un lambris, Getafelt, plus ou moins ouvragé, soit traités à la chaux et colorés. Le plafond est décoré par des caissons de bois peint ou ouvragé. La cuisine séparée est de petite taille ; elle comprend un évier (Wàsserstein) muni à partir du XVIIIe siècle d'une pompe à eau ; elle donne sur un débarras indépendant appelé Kammerle, d'où une porte conduit aux bâtiments agricoles par la remise. Grands-parents et célibataires logent chacun dans une chambre à part, la klein Stub. On accède à la cave semi-souterraine de l'extérieur, par une porte cintrée pour le passage des tonneaux. Dans l'étage supérieur se trouvent les chambres, Kàmmere, celles des enfants, du personnel domestique ancien et les chambres d'ami. Au même niveau parfois, une hotte récupère la fumée, le fumoir ou Reicherkammerle, qui permet de fumer des aliments comme le lard (Bürespeck). Sous les toits, le grenier est divisé en petites pièces. Jusqu'au XVIIIe siècle, la fumée y circule directement ; elle sera ensuite guidée vers l'extérieur par un conduit coiffé d'une mitre, ou Kàminkàpp. Dans certaines fermes, le toit couvre plusieurs étages ; les niveaux sont marqués par de petites ouvertures caractéristiques : les séchoirs.
L'uniformité du style des maisons alsaciennes est une illusion : il existe des variations architecturales. Les maisons de l'Alsace Bossue se distinguent par des décorations de losange et par un premier étage en pierre de taille ; celles du Pays de Hanau comprennent un porche en pierre et un poutrage très ornementé et sculpté. Dans le Kochersberg le bâtiment multiplie les balcons, à l'intérieur de la cour, et le porche en grès sculpté soutient les dépendances des domestiques ; les poutres s'ornent d'un petit personnage insolite, le Männele. La vallée vosgienne réduit la pente des toits et remplace le colombage pour la pierre de taille. Dans le Sundgau la maison, d'un seul bloc, Eindàchhüs, réunit toutes les fonctions sous un même toit, et se caractérise par des poteaux corniers (Eckpfoschten) très massifs, au-delà du XVIe siècle. Dans le Ried, l'entrée et les façades sont couvertes d'un auvent et le colombage démarre à partir du sol avec un soubassement maçonné. Les maisons de la plaine agricole présentent des porches en bois décorés de losanges et d'une croix de Saint-André. Dans le vignoble, les maisons sont pourvues d'une cave à vin en pierre de taille, chauffée en hiver pour maintenir une température idéale à la vinification. Les édifices utilisent généreusement le grès rose et la maçonnerie pour les encadrements, les fontaines et les puits.
Costume traditionnel
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Le costume traditionnel alsacien, avec le grand nœud caractéristique, n'est qu'un aspect du costume alsacien traditionnel ; il date du début du XIXe siècle. La guerre de 1870 fera de l'Alsace un Land allemand : apparaît une petite cocarde tricolore sur ce ruban noué, en guise de forte contestation et d'attachement à la France[12]. Depuis cette époque, la coiffe alsacienne à grand nœud noir, (l'évolution ornementale d'une coiffe paysanne du Kochersberg), symbolise la spécificité alsacienne. Les coiffes traditionnelles les plus courantes, entre le XVIIIe et le XIXe siècle, restent des coiffes à bec, ou Schnaeppenhub, et des bonnets à couture médiane, ou Schlupfkappen[13]. Les coiffes à bec seront interdites en 1793 : la Révolution française les considère trop allemandes.
Dans la vie quotidienne, le costume traditionnel a évolué selon les apports culturels dont l'Alsace a bénéficié. Sans pouvoir définir le début d'une mode alsacienne, un style local a émergé, lié à la stabilité de la population. Cette stabilisation aurait commencé durant l'ère de romanisation, aux environs de 90 par la Pax Romana[14] : lent amalgame des diverses tribus celtes autochtones, pérennisation des commerces, de l'artisanat et de l'agriculture, puis naissance de la vigne alsacienne au IIIe siècle. Avec l'invasion des Alamans en 406, s'ensuit un dépeuplement gallo-romain ; l'incursion des Huns au Ve siècle laissera place à l'invasion franque ; les pratiques locales perdurent et s'enrichissent, habillant l'Alsacien de différents apports. Le style contemporain alsacien n'existe pas, faute de créateurs de mode locaux et à cause de l'internationalisation des tenues vestimentaires ; le passé a montré l'existence de spécificités stylistiques, d'inventions, notamment au XVIIIe siècle dans les grandes villes comme Strasbourg. Au XVIe siècle, la jupe devient un marqueur religieux selon sa couleur, sa décoration et sa taille. La jupe des femmes catholiques, nommée Kutt, reste longue jusqu'aux chevilles, celle des protestantes luthériennes, la Rock, se raccourcit jusqu'à laisser apparaître le jupon sur 10 cm. À partir de 1830, les protestantes porteront la jupe verte, bleue ou rouge, et les catholiques la jupe rouge garance. Une bordure de velours noir signera le deuil.

Le costume masculin
[modifier | modifier le code]Dans sa version traditionnelle de la région de Strasbourg, il est utilisé pour les évènements folkloriques et les représentations de bloosmusik. Il offre une profusion de boutons dorés, entre 60 et 70, selon la richesse de celui qui le porte. Il comprend également un chapeau à larges bords en feutre noir, un pantalon noir garni de 5 boutons dorés du côté extérieur, une veste noire garnie de boutons dorés, un gilet rouge croisé sur une chemise blanche avec un galon noir noué au cou.
Le costume féminin
[modifier | modifier le code]Plus complexe, il est surmonté d'une coiffe composée d'un bonnet noir ; une bande de tissu de 3,60 mètres de longueur est croisée pour obtenir un nœud, cousu sur le bonnet et forme des pans retombant à l'arrière de la tête ; le corps est habillé d'un chemisier blanc en broderie anglaise, d'une jupe avec un corselet blanc et plastron, couvert d'un tablier noir brodé, et d'un châle rouge vert ; il comporte panty et jupon.
Marché de Noël
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Les premières traces des marchés de Noël remontent au XIVe siècle en Allemagne et en Alsace, sous l'appellation « Marché de Saint Nicolas ». Le premier document relatant un marché de Noël est daté de 1434, sous le règne de Frédéric II de Saxe : il évoque un Striezelmarkt, qui a eu lieu à Dresde le lundi précédent Noël. Plus tard, la Réforme a perpétué la tradition en le rebaptisant « Christkindelsmärik » (marché de l'Enfant Christ) pour lutter contre le culte des saints. Le marché de Noël de Strasbourg date de 1570, celui de Nuremberg de 1628.
Au XIXe siècle, le Christkindelsmärik se tenait au Frohnhof (place aux corvées) entre la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg, le palais des Rohan de Strasbourg et le musée de l'Œuvre Notre-Dame (actuelle place du château) ; il avait lieu huit jours avant Noël et jusqu'à la messe de minuit.
Un renouveau, considéré comme commercial, a eu lieu au milieu des années 1990. De nombreuses villes en Europe ont instauré leur marché de Noël, avec des chalets et parfois des attractions.
Musique
[modifier | modifier le code]De l'organiste Albert Schweitzer à Roger Siffer, en passant par le compositeur Victor Nessler, la musique alsacienne est diverse. L'Alsace est dotée du Conservatoire de Strasbourg inauguré en 1855, de rayonnement européen, ouvert à l'international. Outre l'enseignement, il accueille un centre expérimental de musique contemporaine, ainsi qu'un laboratoire de percussions.
La musique folklorique est de la même forme que les musiques germaniques (ou alémaniques) : des ensembles de cuivres, jouant de la Bloosmusik, lors des festivités locales. Beaucoup d'orchestres se produisent à l'international. Cette forme musicale reste vivante : de nombreux compositeurs contemporains l'enrichissent, dont le trompettiste Pierre Schneider. Elle se modernise, grâce à des groupes comme les Bredelers, qui chantent en alsacien ; son fondateur défend aussi la langue française avec Ludax, un groupe Rock Pop Pirate.
Quelques orchestres d'après-guerre se sont fait connaître : D’ Meislocker, Les Joyeux Strasbourgeois, Les Cigognes d'Alsace ou D'Luschtige Steckelburger. Les orchestres de brasserie sont soutenus par de grandes brasseries alsaciennes ; ils participent à des évènements liés à la bière, à des festivités gastronomiques, voire à des concours. Leur nom reprend en général celui de la brasserie.
Vie artistique et intellectuelle
[modifier | modifier le code]Depuis l'antiquité, l'Alsace est un lieu de brassage culturel[15]. La fertilité de son sol et ses routes commerciales en ont fait un centre de ravitaillement pour les armées romaines : un artisanat s'est développé ; il a entraîné la création des corporations (Zunft) d'artisans d'art ; une imprimerie s'est installée dans la république de Strasbourg dès le milieu du XVe siècle ; un centre artistique et littéraire est né au lycée protestant de Strasbourg (Gymnasium) et a permis le succès de l'Humanisme, diffusé par l'École Latine de Sélestat.
Un artisanat d'art connu et ancien est celui de la poterie, en particulier la terre vernissée. Les styles portent le nom des villages où siégeaient les artisans ; on connaît ainsi encore le style Soufflenheim, Betschdorf, Haguenau, Diemeringen, Adamswiller et Butten ; et moins les styles de Strasbourg, Colmar et Mulhouse.
Au milieu du XXe siècle apparaît une scène théâtrale humoristique en alsacien, avec Germain Müller, dans un théâtre nommé le Barabli (parapluie). Dans les arts graphiques, les œuvres de Hansi, puis de Tomi Ungerer, demeurent les plus connues de la culture alsacienne auprès du grand public.
Auteurs et humanistes
[modifier | modifier le code]La poésie commence avec celle chantée par les troubadours du Moyen Âge, les Minnesaenger. Les humanistes alsaciens étaient publiés, grâce à l'invention de Gutenberg, par les principaux éditeurs et imprimeurs de Strasbourg : Grüninger, Schott, Knobloch, Flach, Hupfuff, avec une organisation commerciale de niveau européen et un développement du mécénat.
- Konrad Puller de Hohenburg : troubadour.
- Reinmar de Haguenau : troubadour.
- Goesli d’Ehenheim : troubadour.
- Gottfried de Strasbourg : Tristan et Iseut.
- Jean Geiler de Kaysersberg (1446-1510).
- Sébastien Brant (1457-1521) : magistrat de métier, il écrira sur les différentes formes de « folie » avec la Nef de Fous (Narrenschiff), déjà polémique pour l'époque puisque rédigé en allemand et non en latin.
- Jakob Wimpheling (1450-1528) : historien, moraliste et professeur.
- Ottmar Nachtgall (Luscinius) (1480 - 1537) : musicien, philologue, helléniste strasbourgeois.
- Beatus Rhenanus (1485-1547) : éditeur d'auteurs classiques.
- Johann Fischart (1546-1591) : satiriste, pamphlétaire.
- Jérôme Guebwiller (1473-1545)[16].
- Johann Witz (Sapidus) (1490-1561)[17],[18].
Après 1700
[modifier | modifier le code]- Théophile Pfeffel (1736-1809), poète, traducteur
- Auguste Stoeber (1808-1884), poète, philologue
- Rodolphe Reuss (1841-1924), écrivain, historien de l'Alsace
- Gustave Stoskopf (1869-1944), dramaturge, poète, peinture, célèbre pour sa pièce politique D’r Herr Maire
- Alfred Kastler (1902-1984), physicien et poète
- Jean Christian Hackenschmidt (1820c-1880c ?), poète
- Albert et Adolphe Matthis (1874-1930 & 1944), poètes.
- Marie Hart (1856-1924), écrivaine (G'schichtlen un Erinnerungen üs de sechziger Johr)
- René Schickele (1883-1940), écrivain et poète
- Jean Egen (1920-1995), écrivain
- André Weckmann (1924-2012), écrivain et poète
- René-Nicolas Ehni (1935-2022), écrivain, dramaturge
Catégories
[modifier | modifier le code]Peintres, sculpteurs
[modifier | modifier le code]Le bouillonnement culturel alsacien a attiré de nombreux artistes étrangers.


- Nicolas Gerhaert de Leyde : sculpteur flamand, se fixe à Strasbourg de 1463 à 1467 et réalise l'Homme accoudé de la cathédrale de Strasbourg.
- Nicolas Meisterlin : sculpteur.
- Veit Wagner : sculpteur.
- Georges Mueglich : sculpteur, réalise la croix du cimetière de Colmar en 1507.
- Hans Bonghart : sculpteur, réalise le polyptyque de Kaysersberg en 1518.
- Nicolas Hagnover : sculpteur, réalise le retable de la cathédrale de Strasbourg en 1501.
- Hans Weiditz : illustre entre autres l'édition Knobloch de la Bible de Luther en 1524.
- Jean Wechtelin : illustrateur-graveur.
- Hans Baldung Grien (1484-1545) : s'installe à Strasbourg en 1509, illustre les ouvrages de Geiler von Kaysersberg.
- Martin Schongauer (1445-1491) : peintre connu pour sa Tentation de Saint-Antoine, la Vierge au buisson de rose et la Sainte Famille.
- Mathias Grünewald (né vers 1475–1480, mort en 1528) : peintre.
- Jacques Rothmueller (1804-1862) : peintre, lithographe.
- Théophile Schuler (1821-1878) : artiste peintre.
- Jean-Jacques Henner (1829-1905) : artiste peintre romantique.
- Frédéric Auguste Bartholdi (1834-1904) : sculpteur.
- Lothaire de Seebach (1853-1930) : peintre.
- Léon Hornecker (1864-1924) : artiste peintre.
- Charles Spindler (1865-1938) : illustrations et marqueterie alsatique.
- Benoît Hartmann (1865-1945) : aquarelliste, peintre.
- Alfred Marzolff (1867-1936) : sculpteur.
- Henri Loux (1873-1907) : illustrateur.
- Paul Braunagel (1873-1954) : peintre, illustrateur.
- Auguste Cammissar (1873-1962) : peintre-verrier.
- Léo Schnug (1878-1933) : illustrateur, redécore notamment la maison Kammerzell et le Haut-Koenigsbourg.
- Luc Hueber (1888-1974) : peintre et coloriste.
- Hans Haug (1890-1965) : dessinateur, directeur des musées.
Légendes et contes d'Alsace
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L'Alsace, comme la région voisine du Pays de Bade, est très riche en légendes. Les folkloristes essayent depuis le XIXe siècle de les retranscrire pour faire face à la disparition de la transmission orale traditionnelle. Ce monde légendaire, élaboré entre le XVe et le XVIIIe siècle, était transmis lors des Kunkelstuben (veillées villageoises). Gérard Leser a regroupé ces légendes : elles évoquent la présence des créatures du petit peuple d'Alsace, telles que les gnomes, nains, lutins, génies domestiques mais, également, des géants[19].
Annexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Michèle Bardout, La paille et le feu. Traditions vivantes d'Alsace, Coll. Espace des Hommes, Ed. Berger-Levrault, Paris, 1980, 182 p. (ISBN 2-7013-0342-7)
- Alfred Daul (et al.), 's Elsassbüech. Le livre de l'Alsace, Éd. du Donon, s.l., 2010, 478 p. (ISBN 978-2-914856-65-2)
- Marie-Noële Denis, Alsace, Coll. Terroirs, hommes et paysages, Éditions du Chêne, Paris, 1991, 166 p., (ISBN 2-85108-671-5)
- Marguerite Doerflinger et Gérard Leser, À la quête de l'Alsace profonde. Rites-Traditions-Contes et légendes, Coll. Toute l'Alsace, Ed. S.A.E.P., Colmar-Ingersheim, 1986, 148 p. (ISBN 2-7372-0807-6)
- Jean-Marie Gillig, Bilinguisme et religion à l'école : la question scolaire en Alsace de 1918 à nos jours, Ed. La Nuée Bleue, Strasbourg, 2012, 334 p. (ISBN 9782716508032)
- Odile Gozillon-Fronsacq, Alsace cinéma : cent ans d'une grande illusion, La Nuée Bleue, Strasbourg, 1999, 142 p. (ISBN 9782716503631)
- Le Guide du droit local. Le droit applicable en Alsace et en Moselle de A à Z, Ed. Institut du Droit local alsacien-mosellan, Strasbourg, 2015 (4e éd.), 454 p. (ISBN 9782908484229)
- Frédéric Hoffet, Psychanalyse de l'Alsace, Éd. Coprur, Colmar, 2008 (4e éd.), 230 p. (ISBN 978-2-84208-188-1)
- Dominique Huck, Une histoire des langues de l'Alsace, Ed. Nuée Bleue, Strasbourg, 2015, 521 p. (ISBN 9782716508520)
- Jean-Pierre Klein (et al.), Alsace, Éditions Christine Bonneton, Paris, 1982, 398 p. (ISBN 2-86253-032-8)
- Pierre Kretz et Astrid Ruff, L'Alsace pour les Nuls, Éditions First-Gründ, Paris, 2010, 463 p. (ISBN 978-2-7540-1994-1)
- Gérard Leser, Fantômes et revenants en Alsace. Le trésor des légendes, Ed. Belvédère, Pontarlier, 2015, 367 p. (ISBN 9782884193658)
- Marc Lienhard, Histoire et aléas de l'identité alsacienne, Ed. Nuée Bleue, Strasbourg, 2011, 241 p. (ISBN 9782868203687)
- Michèle Meyer, L'Alsace dans tous ses objets, Éditions Hoëbeke, Paris, 1998, 115 p. (ISBN 2-84230-041-6)
- Henri Nonn, L'Alsace et ses territoires, Éd. Presses Universitaires de Strasbourg, 2008, 576 p. (ISBN 9782868203687)
- « Le Panthéon alsacien. Ces hommes et ces femmes qui ont fait l'Alsace », in Les Saisons d'Alsace, no 52, , 112 p.
- Gilles Pudlowski, Dictionnaire amoureux de l’Alsace, Plon, Paris, 2010, 800 p. (ISBN 978-2-259-20947-2)
- « Religions, Alsace, état des lieux », in Les Saisons d'Alsace, no 43, , 112 p.
- Freddy Sarg, Traditions & coutumes d'Alsace, Éditions du Donon, s.l., 2013, 278 p. (ISBN 978-2-914856-96-6)
- Charles Spindler (et al.), Ceux d'Alsace : l'hommage d'un artiste aux Alsaciens et à leurs traditions, Place Stanislas, Nancy, 2010 (rééd. du texte de 1928), 222 p. (ISBN 978-2-355-78055-4)
- Alfred Wahl et Jean-Claude Richez, La vie quotidienne en Alsace entre France et Allemagne. 1850-1950, Coll. La vie quotidienne, Éditions Hachette, Paris, 1993, 341 p. (ISBN 2-01-017993-5)
- Anne Wolff et Jean-Luc Neth, Quelques paillettes, un peu de soie...Coiffes d'Alsace du XVIIIe et du début du XIXe siècle, Éd. Musée d'Unterlinden, Colmar, 2009, 192 p. (ISBN 9782902068388)
Filmographie
[modifier | modifier le code]Fiction
[modifier | modifier le code]- La Grande Illusion, film de Jean Renoir, partiellement tourné en Alsace en 1937
- Les Tilleuls de Lautenbach d'après le roman de Jean Egen. Téléfilm de Bernard Saint-Jacques qui a adapté et scénarisé le roman. Nymphe d'or de la mise en scène au festival de Monte Carlo en 1984
- Les Alsaciens ou les Deux Mathilde, film réalisé par Michel Favart, 1996 : téléfilm qui raconte de façon fictive les aventures de plusieurs familles alsaciennes confrontées au changement de nationalité provoqués par la Guerre franco-prussienne de 1870, la Première Guerre mondiale et la Seconde Guerre mondiale.
Documentaires
[modifier | modifier le code]De nombreuses archives télévisées liées à la culture alsacienne peut être consultées sur le site de l'Institut national de l'audiovisuel (INA), notamment :
- Maisons d'Alsace, Les Actualités françaises, 1 janv. 1954, 12 min 55 s
- La nouvelle Alsace, Cinq colonnes à la une, 7 févr. 1964, 18 min 54 s
- Les frontières linguistiques en Alsace par Germain Muller, Les conteurs, , 2 min 25 s
- L'histoire du vin d'Alsace par Germain Muller, Les conteurs, , 1 min 51 s
- Tomi Ungerer sur la créativité issue de minorité culturelle comme l'Alsace, Tiens sie redde au elsaessisch/Tiens ils parlent aussi alsacien, France Régions 3 Strasbourg, , 1 min 36 s
- Concordat en Alsace, Hors sujet, , 7 min 48 s
- Statut Alsace Moselle, France 3, 18 janv. 2004, 2 min 50 s
Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Musée alsacien
- Musée alsacien de Haguenau
- Kelsch
- Goettelbriefe
- Littérature alsacienne
- Mobilier alsacien
- Poterie alsacienne
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Vacances en Alsace : site officiel du Tourisme en Alsace
- Portail culturel alsacien
- Made in Alsace (L'abus d'Alsace ne nuit pas à la santé. Notre région se savoure sans modération)
- (fr + de + en) Tourisme dans le Bas-Rhin
- (fr + de + en) Tourisme dans la Haute-Alsace
- (fr + en + de + es + it + nl + ja + pl + hu + da + ru + zh) Tourisme Alsace
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Julien Freund, « Propos sur la régionalisation. La tradition alsacienne », Revue des Sciences Sociales, vol. 1, no 1, , p. 3–11 (DOI 10.3406/revss.1972.860, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Eve Cerf, « Carnavals en Alsace : Tradition, Évolution, Manipulation », Revue des Sciences Sociales, vol. 7, no 1, , p. 24–37 (DOI 10.3406/revss.1978.3249, lire en ligne, consulté le )
- Eve Cerf, « Wackes Fasenacht. Le Carnaval des voyous à Strasbourg », Revue des Sciences Sociales, vol. 21, no 1, , p. 40–47 (DOI 10.3406/revss.1994.3024, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Eve Cerf, « Textes pour l’identité alsacienne. Objet-méthode-perspective », Revue des Sciences Sociales, vol. 12, no 1, , p. 81–96 (DOI 10.3406/revss.1983.3327, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Thérèse Willer, « Épices et condiments dans la cuisine alsacienne », Revue des Sciences Sociales, vol. 27, no 1, , p. 86–92 (DOI 10.3406/revss.2000.1855, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Alain Marty, « spéciale Alsace », émission In Vino BFM sur BFM Business, 12 mai 2012
- ↑ Victor Carrière, « Jean-MédéricTourneur-Aumont. L'Alsace et l'Alemanie. Origine et place de la tradition germanique dans la civilisation alsacienne », Revue d'histoire de l'Église de France, vol. 8, no 38, , p. 38–41 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Matzen (Raymond), Proverbes et dictons d'Alsace, Rivages, Paris, 1987.
- ↑ « Ungersheim. Le chantier d’éco-construction bat son plein à l’Écomusée », sur www.lalsace.fr (consulté le )
- ↑ « La collection de bâtiments | Ecomusée d'Alsace », sur www.ecomusee.alsace, (consulté le )
- ↑ Ruch (Maurice), La maison alsacienne, son mobilier et ses objets familiers, éditions Saep, Ingersheim-Colmar, 1980.
- ↑ Biret (Mireille) et Klipfel (Monique), La vie politique : entre protestation et autonomisme, CRDP d'Alsace, Base Numérique du Patrimoine d'Alsace, 1er juin 2011 article
- ↑ Wolf (Anne) et Neth (Jean-Luc), Quelques paillettes, un peu de soie. Coiffes d'Alsace du XVIIe et du début du XIXe siècle, Musée Unterlinden, Colmar 2009, 191 pages. (ISBN 978-2-902068-38-8)
- ↑ Muller (Robert), Schimpf (Jean-Paul), Parlons alsacien, L'Harmattan, 1998, page 14. (ISBN 2738471781)
- ↑ Bleze (Pierre), Fischer (Georges) et Streicher (Jean Claude), Histoire des Alsaciens, éditions Fernand Nathan, collection Dossiers de l'histoire, Luçon, 1979.
- ↑ « Jérôme Gebwiller », sur randoenalsace.fr (consulté le ).
- ↑ « Biographies alsaciennes », sur crdp-strasbourg.fr, CRDP d'Alsace, (consulté le ).
- ↑ (de) « Johannes Sapidus », sur renaissance-port.de (consulté le ).
- ↑ Gérard Leser, Le monde merveilleux et inquiétant des gnomes, nains, lutins et géants en Alsace, Strasbourg, Éditions du Donon, , 210 p. (ISBN 978-2-914856-80-5 et 2-914856-80-6, OCLC 867752460)