Alfred Marzolff

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Alfred Marzolff
Schneider, marzolff, mamcs.jpg
Naissance
Décès
Nationalité
Drapeau de la France
Activité
Formation
École des Arts décoratifs de Strasbourg, apprentissage chez le sculpteur E. Dock et Kunstakademie, Munich.
Maître
Eugène Dock, Wilhelm von Rümann et Adolf von Hildebrand
Élève
Hippolyte Grombach, Emile Schneider
Mouvement
Art Nouveau
Mécènes
Prince Hohenlohe-Oehringen
Influencé par
Rodin, Dalou, Meunier, Adolf von Hildebrand
Distinctions
Lauréat au Salon des artistes français pour son bronze l'Archer en 1893
Palmes académiques en 1931.
Œuvres réputées
- Quatre hommes du pont Kennedy de Strasbourg
- Villa Marzolff à côté du lycée des Pontonniers de Strasbourg
- Monument de la Marseillaise de la place Broglie à côté de la mairie de Strasbourg
- Le bûcheron et la cueilleuse de houblon à Haguenau

Alfred, Frédéric, Marzolff[1], né le à Strasbourg et mort le à Rountzenheim (Bas-Rhin), est un sculpteur et un médailleur alsacien qui fut professeur à l'École des arts décoratifs de Strasbourg et membre du cercle de Saint-Léonard animé par le peintre et marqueteur Charles Spindler. Il est l'auteur d'une soixantaine d'œuvres (statues, monuments aux morts, plaques et médaillons), surtout visibles à Strasbourg et dans plusieurs localités alsaciennes, mais certaines de ses réalisations furent détruites pendant l'annexion de l'Alsace.

Sommaire

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Fils d'un tonnelier, Alfred Marzolff est formé à l'École des arts décoratifs de Strasbourg de 1881 à 1886[2]. Il fait ensuite son apprentissage dans l'atelier des Arts décoratifs d'Eugène Dock (1827-1890)[3]. Eugène Dock a employé dans ses ateliers de Paris et Strasbourg les sculpteurs Auguste Bartholdi (1834-1904) et Auguste Rodin (1840-1917)[4].

Pour contrebalancer l'influence francophile de la Société des Arts de Strasbourg, le Reichsland d'Alsace-Lorraine distribue des bourses aux artistes alsaciens pour se former dans les académies allemandes (Berlin, Düsseldorf, Munich...)[5]. C'est la raison pour laquelle A. Marzoff reçoit, en 1889, une bourse de l'État allemand pour se perfectionner à l'Académie des beaux-arts de Munich (il est inscrit sous le matricule 555) sous la direction du professeur Wilhelm von Rümann (1850-1906)[6] qui réalisera le monument aux morts bavarois à Wœrth. Il suit également les cours d'Adolf von Hildebrand (1847-1921) pour qui il a une profonde admiration. Ce sculpteur allemand considéré comme le plus talentueux de sa génération est l'auteur du bronze controversé du Père du Rhin (en raison de son déhanchement) inspiré de Neptune installé sur la Place Broglie (ce bronze sera installé, en 1929, à Munich)[7],[8]. Il réalise à Munich son bronze L'Archer en 1890. Il sera le lauréat du Salon des artistes français de Paris de 1893 pour cette œuvre. L'Archer est acquis par la ville de Strasbourg et se trouve actuellement dans les réserves du musée d'art moderne et contemporain de Strasbourg [9],[10].

A son retour, il ouvre son atelier au Heyritz avec Emile Schneider (peintre qui réalise son portrait) et Léon Hornecker, au sud de Strasbourg, desservi par un canal ; ce qui lui permet d'être livré en blocs de grès des Vosges pour ses sculptures[11]. En 1893, il est professeur de modelage figuratif pour former les sculpteurs à l'École des arts décoratifs de Strasbourg [12],[13]. Il enseigne le modelage à Emile Schneider qui réalisera un portrait de son maître en 1899[14]. A. Marzolff en est renvoyé après un mois car il privilégie sa création artistique à l'enseignement[15]. En 1901, Christian Kraft de Hohenlohe-Öhringen, issu d'une famille aristocratique allemande, lui finance son voyage de découverte des maîtres italiens (Michel-Ange, Cellini, Le Bernin) à Florence en 1901 et sa maison du 3, rue des Pontonniers à Strasbourg[16].

Décoration de la villa Marzolff

Cette famille de mécènes a donné deux Statthalter (gouverneurs) à l'Alsace, Chlodwig de Hohenlohe-Schillingsfürst (1885-1894) et Hermann zu Hohenlohe-Langenburg (1894-1907) (portrait en 1897), ainsi qu'un député Alexandre de Hohenlohe-Schillingsfürst, député de Haguenau-Wissembourg de 1893 à 1903. En 1901, il réalisera les deux reliefs de bronze du sarcophage de Hugo et Pauline Hohenlohe-Öhringen dans la collégiale de Öhringen dans le Wurtemberg[17] (la maquette des deux reliefs en plâtre a été prise en photo par L. Blumer[18]).

Un sculpteur portraitiste et éclectique[modifier | modifier le code]

Cette œuvre lui vaut de nombreuses commandes comme des bustes, des médaillons ou des plaques funéraires de personnalités ou de notables alsaciens.

Les bustes[modifier | modifier le code]

Il fait les bustes du peintre alsacien Léon Hornecker (1894)[19], de Friedrich Leopold Goltz, médecin et professeur en physiologie à l'université de Strasbourg de 1872 à 1902 (buste au cimetière Saint-Urbain de Strasbourg en 1902)[20], d'Eugène Boeckel, chirurgien et professeur à la Faculté de médecine de Strasbourg, dans le jardin de l'Hôpital civil (1903), de sa mère Caroline Marzolff (1907) et du pasteur Louis Gustave Heyler (1869-1904) qui a sorti les agriculteurs de Hœrdt de la pauvreté en y introduisant la culture de l'asperge à partir de son observation des méthodes culturales de Philippeville lorsqu'il était en Algérie (1911)[21]. En 1916, il fait le buste de Guillaume Gillig, ami d'A. Marzolff et propriétaire de l'auberge au Bœuf de Sessenheim et où se trouve le premier musée des amours de Goethe et de Frédérique Brion. En 1918, il réalise le buste du maire de Haguenau, Xavier Nessel[22].

Buste du maire X. Nessel de Haguenau réalisé en 1918 par A.Marzolff

Les médaillons en bronze[modifier | modifier le code]

photo du médaillon en bronze
Médaillon d'Emile Salomon par A. Marzolff

Il se spécialise dans les médaillons. Il réalise ainsi le médaillon de Charles Émile Salomon, président des Amis des Arts de Strasbourg[23] architecte de la ville de Strasbourg (1910)[24] qui a reconstruit le Temple Neuf et a construit l'école protestante, le Gymnase Jean-Sturm. Il fait les médaillons du poète alsacien Daniel Hirtz (1893), de prêtres historiens de leur ville, le chanoine Joseph Gyss à Obernai (1900) ou de l'abbé Hanauer à Haguenau (1917), de nobles comme un bas-relief du sous-secrétaire d'État aux finances d'Alsace-Lorraine Max von Schraut en 1894[25], un médaillon de Joseph von Stichaner (situé rue du Général-Leclerc à Wissembourg), préfet du cercle de Wissembourg de 1872 à 1886 (1892-1893)[26], restaurateur du château du Fleckenstein et des pierres tombales de l'église de Wissembourg, et des bronzes ou des médaillons des familles Hohenlohe-Schillingsfürst et Hohenlohe-Öhringen, comme le médaillon des noces d'or du prince Clowig (1897)[27],[28],[29]. Il fait les deux médaillons en bronze de Rouget de Lisle et du maire Dietrich sur le monument de la Marseillaise (1922) déplacé après sa destruction par les nazis sur la façade de la Banque de France. Il sculpte les médaillons pour deux maires, celui du monument dédié à l'ancien maire de Strasbourg, Jacques Peirotes et du maire de Gambsheim (1882-1919), Joseph Zimmer (1927). En 1929, il sculpte le médaillon d'Henri Borromée, préfet du Bas-Rhin de 1922 à 1930[30]. Il réalise la stèle commémorative d'Alexandre Ribot (1884-1923), le fondateur du Crédit Immobilier, que l'on trouve sur la place des Rouges-gorges dans le quartier du Neuhof de Strasbourg (1930-1932)[31]. En 1894, il réalise un Profil d’homme, bas-relief en bronze dont le fondeur est la société Thiébaut frères.

L'art funéraire[modifier | modifier le code]

Il se spécialise dans les statues, les tombeaux ou les croix funéraires. Il réalise un ange et un médaillon des époux sur les tombeaux de Marie-Jeanne Degermann et de son époux au cimetière protestant de Barr (1893). Il est l'auteur de la plaque funéraire de Lucie Berger, la directrice du pensionnat protestant de jeunes filles au cimetière des diaconesses de Koenigshoffen en 1906. Il réalise un Crucifix (1910) et fait la statue d'une femme éplorée sur la tombe du notaire Jean Michel au cimetière d'Oberbronn en 1916. Il sculpte la plaque du caveau de la famille Ulrich réalisée par Hippolyte Grombach (1922)[32].

Panthère d'A. Marzolff en céramique avec la collaboration d'Elchinger

Les félins en céramique[modifier | modifier le code]

Il expérimente, dans les années 1906-1907, avec l'entreprise de céramique Elchinger de Soufflenheim des félins en céramique. A. Marzolff fait les moules, tandis que le céramiste Elchinger les réalise. On trouve ainsi La Panthère en grès émaillé vert clair avec coulures de cuivre et d'argent réalisée à Soufflenheim avec Léon Elchinger (1906) conservée actuellement au MAMCS. On trouve également La lionne accroupie en céramique de couleur verte (70 à 75 cm), La lionne à l'affût (70 cm)[33],[34] , La lionne de couleur grise (65 cm) en 1907[35] possédées par des collectionneurs privés.

Embellir l'espace public[modifier | modifier le code]

Ses sculptures embellissent les places publiques, les parcs, les ponts et les bâtiments publics.

Les commandes des municipalités[modifier | modifier le code]

Une des trois statues d'origine d'A. Marzolff sur les quatre du Pont Kennedy de Strasbourg.

Grâce au soutien de son ami Charles Spindler [36], il réalise la sculpture de la fontaine Sainte-Odile sur une des places d'Obernai (1904). Il fait une partie de la décoration du parc de l'Orangerie en sculptant au moment de l'exposition industrielle de Strasbourg, en 1895, le buste du compositeur Victor Nessler, auteur de deux oeuvres musicales très populaires en Allemagne, Le Joueur de flûte de Hamelin (Das Rattenfänger von Hameln, 1879) et der Trompeter von Säckingen (1884)[37]. Il réalise la statue d'Hercule terrassant le lion (1905). Le peintre et photographe Lucien Blumer a pris deux photographies de Hercule terrassant le lion dans l'atelier d'A. Marzolff[38].

En 1907, l'architecte Fritz Beblo lui confie la réalisation des Viermännerbrücke, quatre hommes du pont (deux pêcheurs, un haleur et un pelleteur), du pont de la Forêt-Noire (devenu Pont Brant, puis Pont Kennedy) reliant le port du Rhin à la gare. Lothar von Seebach, peintre impressionniste allemand originaire de Fessenbach (à côté d'Offenburg) installé à Strasbourg[39], représente A. Marzolff réalisant la sculpture d'une des quatre statues dans son atelier 3, rue des Pontonniers[40]. A. Marzolff représente des métiers qui vont disparaître au milieu des années 20 remplacé par des chevaux, puis des tracteurs : le pelleteur retirait le sable et les graviers des rivières à l'aide d'une sorte de pelle et les chargeait dans une barque tirée par un haleur à l'aide d'une corde et d'un harnais le long des berges de l'Ill. On voit deux pêcheurs, l'un lance son filet, l'autre le ramasse[41].

En 1945, le pelleteur a été renversé par un camion militaire, une copie a été réalisée en 1950 par le sculpteur Jean Henninger à l'aide d'une maquette conservée par la veuve d'A. Marzolff. Il n'y a donc que trois statues d'origine[42].

Les lions d'A. Marzolff sur le ministère Est, actuelle Préfecture de Strasbourg.

Les commandes publiques du Reichsland Alsace-Lorraine[modifier | modifier le code]

A. Marzolff, en raison de sa proximité avec la famille Hohenlohe et avec le sous-secrétaire d'État aux finances d'Alsace-Lorraine Max von Schraut, reçoit une commande pour orner les bâtiments administratifs construits autour de la place impériale (actuelle place de la République).

Sous la direction d'E. Dock, il est un des sculpteurs avec Horst, Riedel, Johann Riegger (le sculpteur des 22 médaillons de la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg) et Hippolyte Grombach de l'Hôtel des postes impériales, situé dans la Kaiser-Wilhelmstrasse (avenue de la Liberté) réalisé de 1897 à 1899[43].

Parmi les trois membres du jury chargé de sélectionner les projets des ministères Ouest, actuelle Trésorerie, (1899-1902) et Est (1907-1912), on trouve le sous-secrétaire Max von Schraut, A. Marzolff obtient, en 1911, la réalisation des deux lions qui ornent le fronton du portail du ministère Est, actuelle Préfecture administrative d'Alsace et du Bas-Rhin[44]. Selon l'historien K. Nohlen, A. Marzolff obtient la somme la plus importante parmi les sculpteurs, F. Funck, Charles Albert Schultz, Burth, chargés d'embellir le ministère Est[45].

Après l'extension de l'hôpital civil de 1875 à 1918, on demande à A. Marzolff de réaliser le buste du professeur de pathologie chirurgicale (1871-1900) Eugène Boeckel (1903) dans l'enceinte de l'Hôpital civil, derrière l'ancienne pharmacie[46]. Sa statue Allégorie de la maladie pour la commémoration de pasteur n'est pas retenue. Cette statue d'un homme terrassant un serpent (1919) sera installé en haut des escaliers de l'Institut de Bactériologie devant l'entrée des Urgences de l'hôpital civil de Strasbourg, 3, rue Koeberlé.

Un artiste au cœur des réseaux de défense de la culture alsacienne[modifier | modifier le code]

Le cercle de Saint-Léonard[modifier | modifier le code]

Le cercle de Saint-Léonard est un cercle d'artistes alsaciens composé de sculpteurs (Alfred Marzolff), de musiciens et compositeurs (Marie Joseph Erb) ou d'artistes polyvalents à la fois aquarellistes, peintres, graveurs et illustrateurs, comme Charles Bastian, Léon Elchinger, Lothar von Seebach (1853-1930), Léo Schnug (1878-1933) et Charles Spindler (1865-1938). Ce cercle fondé par Anselme Laugel, député francophile au parlement régional d'Alsace-Lorraine de 1900 à 1911 où il préside le Centre alsacien, cherche à défendre la spécificité de la culture alsacienne tiraillée entre les influences française et allemande au moment où l'Alsace est devenue allemande en 1870 et où on assiste à une montée du nationalisme français pour récupérer les deux provinces perdues de l'Alsace et de la Lorraine (Moselle). Ces artistes trouvent ainsi leur inspiration dans l'art populaire régional[47]. A. Marzolff est considéré comme « le noyau dur des artistes à l'origine du cercle »[48].

La Léonardsau à Boersch, lieu de réunion du cercle Saint-Léonard.

Les cercles gastronomiques, lieux de la renaissance culturelle alsacienne[modifier | modifier le code]

A. Marzolff fait partie des invités de Georges Haehl, fabricant de bougies, à La Robertsau, dans un cercle appelé " Dîner des Treize" ou "Cercle de la Robertsau" qui réunit artistes, écrivains français et allemands, ainsi que des musiciens[49].

Un des menus décoré par Léo Schnug lors des réunions culturelles de la Kunschthaafe

A. Marzolff participe également à Kunschthafe (Marmites de l'art) à Schiltigheim organisé par Auguste Michel, producteur de foie gras et mécène des artistes alsaciens de 1896 jusqu'en 1909, date du décès d'Auguste Michel. Ces dîners réunissant une quarantaine d'artistes, d'écrivains, des conservateurs de musées, des industriels (docteur Sorgius, dirigeant de la société Quiri), des collectionneurs et des hommes politiques alsaciens (Pierre Bucher) servent de cercle de réflexions où s'élabore la défense de la culture alsacienne. Des réunions des différents artistes alsaciens (musiciens, écrivains, sculpteurs, peintres), hommes politiques et mécènes à la Kunschthafe naîtront le Théâtre alsacien (1898), la Maison d'art alsacienne (dont A. Marzolff sera un des directeurs artistiques), 6 rue Brûlée (1905)[50], le musée alsacien (1904) et , la Revue alsacienne illustrée (1898). A. Marzolff est un des acteurs de cette stratégie de défense de la culture alsacienne, il participe ainsi à la revue Images alsaciennes de 1895 à 1896[12] devenue, par la suite, Revue alsacienne illustrée qui diffuse l'Art Nouveau. Cette floraison culturelle est comparée à une véritable "Renaissance alsacienne du début du XXe siècle" (Armand Peter, "Auguste Michel et le Kunsthafe") [51],[52].

L'association des artistes strasbourgeois[modifier | modifier le code]

A. Marzolff fréquente la Société des Amis des Arts, dès 1891 destinée à promouvoir les jeunes artistes. Les artistes alsaciens sont au centre de l'affrontement politique et culturel entre la Société des Amis des Arts, association francophile tournée vers la peinture française et la Strassburger Kunstverein, association des artistes strasbourgeois (1883-1890), qui favorise les artistes allemands. Les artistes alsaciens se considèrent marginalisés par la Société : leur spécificité régionale n'est pas mise en valeur[53].

Un exemple d'Art nouveau à Strasbourg

Les artistes alsaciens décident de s'organiser par l'intermédiaire du réseau Saint-Léonard en multipliant les expositions, comme en 1894 où les œuvres d'A. Marzolff sont exposés aux côtés de celles de Léon Hornecker, Lothar von Seebach et Charles Spindler[54]. Les Amis des Arts décident de soutenir les jeunes artistes strasbourgeois dirigés par G. Stoskopf pour une première grande exposition à Strasbourg en 1897, le salon "Strasbourg-Novembre", une sorte de "salon des artistes alsaciens", à l'Hôtel de ville réservé aux seuls artistes professionnels ayant exposé à Paris, Munich ou Berlin et sélectionné par un collectif d'artistes alsaciens professionnels. À ce salon, on trouve pas moins de 16 œuvres d'A. Marzolff[55]. En 1903, l'association des artistes strasbourgeois (qui deviendra l'ADIA, l'association des artistes indépendants d'Alsace) organise une autre exposition au salon des Rohan de Strasbourg qui est un véritable succès : 10 000 visiteurs et 60 œuvres acquises. Se posant rapidement en rivaux de la Société des Amis des Arts, les jeunes artistes alsaciens sont exclus du salon organisé par les Amis des Arts en 1904. En réaction, les artistes; dont A. Marzolff, dirigés par G. Stoskopf adhèrent à la société des amis des arts de la région du Rhin, "Verband der Kunstfreunde in den Ländern am Rhein", association qui favorise les Arts décoratifs et les répand en Alsace. En 1905, Charles Spindler et Gustave Stoskopf fondent l'Union des artistes strasbourgeois auquel adhère A. Marzolff et tous les artistes du groupe Saint-Léonard avec un lieu d'exposition à la Maison d'art alsacienne, 6 rue Brûlée (1905) aménagée par Gustave Oberthür et dirigée par Gustave Stoskopf dont A. Marzolff est un des directeurs artistiques[56]. L’inauguration de la Maison d’art alsacienne est réalisée, le 10 décembre 1905, en présence du gouverneur d'Alsace-Lorraine, le Statthalter Hermann von Hohenlohe-Langenbourg, dont la famille est le mécène d'A. Marzolff et du sous-secrétaire d’État aux finances Max von Schraut dont le sculpteur a fait le portrait sur un bas-relief neuf ans plus tôt.

En 1906, l'association des artistes strasbourgeois organise à Karlsruhe une exposition. Ces 24 artistes qui présentent 100 œuvres sont les sculpteurs Alfred Marzolff, Albert Muschweck, Robert Rauschert, Charles Albert Schultz, Jean-Désiré Ringel d'Illzach et les peintres Henri Beecke, Lucien Blumer, Paul Braunagel, Auguste Cammissar, Georges Daubner, Anton Dieffenbach, Anna Giesler, Alphonse Graser, Théodore Haas, Léon Hornecker, Albert Koerttgé, Théodore Knorr, Paul Leschhorn, Henri Loux, Alfred Pellon, Joseph Sattler, Léo Schnug, Lothar von Seebach et Gustave Stoskopf[57],[58].

Art nouveau à Strasbourg

Les marchands d'art[modifier | modifier le code]

L'autre réseau qui permet de diffuser les œuvres d'A. Marzolff est celui des marchands d'art, ils s'agit à Strasbourg de Bader-Nottin et Grombach. La Revue alsacienne illustrée est hébergée dans les locaux de Bader-Nottin, 23 rue de la Nuée-Bleue et ouvre une salle d'exposition permanente des artistes alsaciens à partir de 1899 et organise pas moins de six expositions consacrées aux artistes contemporains alsaciens et aux arts décoratifs (Charles Spindler, Elchinger)[23]. Le deuxième marchand d'art est le sculpteur Hippolyte Grombach qui a son magasin, rue Saint-Nicolas, et qui expose les sculptures de son ami A. Marzolff, ainsi que les tableaux des peintres alsaciens de Lucien Blumer, Léon Hornecker et d'Émile Schneider,auteur d'un portrait d'A. Marzolff qu'il expose à cette occasion[59]. Ce dernier prendra à la tête du mouvement les peintres de "Saint Nicolas", puis de l'association des artistes alsaciens.

Ses collaborations avec les architectes du Heimatschutz[modifier | modifier le code]

A. Marzolff fréquente des architectes appartenant au mouvement du Heimatschutz ou style néo-germanique qui refusent le style historicisant (néo-roman, néo-gothique, néo-renaissance...) très en vogue dans la Neustadt de Strasbourg et s'attache à l'architecture régionale. De plus, ils s'inspirent des conceptions du Werkbund (1906) qui cherchent un rapprochement entre l'architecture et les industriels[60]. Il s'agit d'architectes comme Fritz Beblo[61], architecte de la ville de Strasbourg de 1903 à 1919 (la Grande Percée et les Bains municipaux de Strasbourg), Gustave Oberthür (architecte du lycée des Pontonniers de Strasbourg et de nombreuses villas dans le quartier de la Robertsau à Strasbourg) et Édouard Schimpf, architecte de la cité ouvrière du Stockfeld à Strasbourg[62], Théo Berst (restaurateur du le bâtiment du 23 B, Quai Saint-Nicolas de Strasbourg qui deviendra le Musée alsacien)[63].

Ces architectes qui vont marquer l'urbanisme de l'Alsace sont appelés « la génération de 1910 »[64] ; ils fréquentent le Cercle Saint-Léonard. Certains de ces architectes, Fritz Beblo, Édouard Schimpf, Théo Berst, restaurateur du Musée alsacien de Strasbourg, construisent le Château de la Leonardsau du baron Albert de Dietrich à Boersch en suivant les principes du Heimatschutz[65].

Le Pont des quatre hommes de F. Beblo[modifier | modifier le code]

Avec Fritz Beblo, originaire de Breslau, architecte de la ville de Strasbourg, l'initiateur du mouvement du Heimatschutz, A. Marzolff réalise les quatre hommes en grès rose représentant deux pêcheurs, un haleur et un pelleteur du pont Kennedy à Strasbourg (1907). La décision d'attribuer la réalisation du pont à Marzolff revient à son ami Charles Spindler, membre du jury, qui met en avant qu'il est le seul à pouvoir réaliser un pont avec quatre statues[66]. F. Beblo qui construit l'église Sainte-Madeleine de Strasbourg donne à A. Marzolff la réalisation du Crucifix sur fronton ouest de l'entrée de l'église.

Les bâtiments d'Art nouveau et d'Art moderne de G. Oberthür[modifier | modifier le code]

Sa collaboration avec l'architecte Gustave Oberthür, originaire de Bischwiller, consiste à décorer sa villa au 3 rue des Pontonniers à Strasbourg avec un balcon représentant un homme et une femme, allégories du Rhin et de la Moselle et des sculptures sur la porte d'entrée[67]. Il réalise les sculptures sur les bâtiments de l'architecte : l'immeuble du 18, rue du 22-Novembre à Strasbourg, les statues du Stettmeister (Premier magistrat de la ville libre de Strasbourg) Jacques Sturm (1489-1553) et de l'architecte de la Renaissance Daniel Specklin (1539-1589) sur le bâtiment des Petites Boucheries à Strasbourg, les statues de la Famille sur la façade de la Sécurité sociale dans la rue de Lausanne à Strasbourg, les anges (Putti) et les corbeilles de fruits à l'entrée des bains municipaux de Haguenau (1928), la statue d'Emma la lumière dans l'immeuble du Gaz de Strasbourg (1932).

Les décors des réalisations d'E. Schimpf[modifier | modifier le code]

Il travaille avec un troisième architecte Édouard Schimpf, originaire de Wissembourg. Il réalise le lion au parc zoologique de Mulhouse (1906), le Putto (l'ange) de la maison de l'architecte au 11 rue Gustave-Doré à Strasbourg, le bas-relief des écoliers à l'école maternelle de la rue de la Tour du diable à Mulhouse (1904-1907) et le bas-relief du Christ sur le portail de l'église protestante à Koenigshoffen (1911-1914)[68].

La période à Rountzenheim (1912-1936) : le sculpteur des monuments aux morts[modifier | modifier le code]

La maison d'A. Marzolff à Rountzenheim avec une corbeille de fruits sculptée.

Les tensions s'exacerbent entre les artistes privilégiant une école alsacienne (Gustave Stoskopf, Charles Spindler), ceux qui choisissent l'appartenance à la France (Léon Hornecker, Emile Schneider après 1912) et ceux qui privilégient l'appartenance à un monde culture européen dont le carrefour artistique serait Strasbourg entre Paris, Munich et Berlin (Emile Schneider)[69]. La concurrence des artistes allemands ou français en Alsace limite les commandes aux artistes alsaciens.

Aux tensions politico-culturelles et à la concurrence économique exacerbée s'ajoute le divorce avec son épouse Sophie Strohl en 1910[70], A. Marzolff décide de quitter Strasbourg pour s'installer à Rountzenheim[71]. A. Marzolff est loin d'être isolé à Rountzenheim ; il reçoit fréquemment la visite d'artistes alsaciens, comme les peintres Lucien Haffen, Henri Loux et Jacques Gachot (Drusenheim)[72],[73], de Gustave Stoskopf à Brumath et de Léon Elchinger à Soufflenheim [74].

Le temps des échecs[modifier | modifier le code]

Juste avant la Première Guerre mondiale et son départ à Rountzenheim, A. Marzolff participe à un concours pour réaliser un monuments aux morts, ce sera le début de plusieurs échecs.

Le monument aux morts de Wissembourg[modifier | modifier le code]

Son premier échec se passe pour le concours du monument aux morts du Geisberg à Wissembourg[75], projet porté par Auguste Spinner, en 1909. Parmi les membres du jury, on trouve trois de ses proches, Anselme Laugel du Cercle Saint-Léonard, Charles Spindler et Léon Blumer. Le premier projet choisi doit être exécuté et les trois autres seront récompensés. Sur les 18 maquettes, 4 sont retenues[76]. Le 17 avril 1909, le projet d'Albert Schultz obtient 7 voix contre 5. Les trois autres projets récompensés sont dans l'ordre celui d'Edouard Preiser, d'Alfred Marzolff (9 voix contre 3) et de Guérin (sculpteur à Metz)[77]. Selon Charles Spinder, A. Marzolff arrive en deuxième position derrière E. Preiser car il s'est écarté des conditions du concours (faire apparaître les quatre périodes des batailles : 1705, 1744, 1793 et 1870 et le caractère général calme du monument et rien de théâtral), alors qu'il bénéficie du soutien de Charles Spindler[78]. Le projet de Marzolff présente, en effet, un cheval cabré sur les pattes arrières ayant fait chuter son cuirassier traîné par terre et retenu au cheval par un des deux étriers[79], mais ce projet a marqué le jury. Hugo Haug, directeur de la Chambre de commerce et d’industrie de Strasbourg évoque dans une correspondance à son frère[80] son opinion sur les résultats du concours. Selon lui, des impératifs financiers et nationalistes ont guidé le choix du jury : E. Preiser a été écarté car son projet de monument était jugé trop coûteux. Les artistes alsaciens auraient préféré A. Marzolff, mais comme il n'évoque que le conflit de 1870, il a été écarté par les deux architectes parisiens. Le projet d'A. Schultz est jugé "le plus banal, mais le meilleur marché à exécuter"[81]. La déception a dû être immense pour A. Marzolff qui présentait d'ailleurs trois projets différents[82], ce qui expliquerait la réalisation d'une Marseillaise en 1909. C'est donc le sculpteur Charles Albert Schultz qui réalise la sculpture du monument de Wissembourg[71], ornée d'un coq rajouté par le jury, qui sera d'ailleurs dynamitée par les nazis en 1940.

Maquette en plâtre du Monument de la Marseillaise d'Alfred Marzolff (1919).
Les projets avortés d'un monument aux morts à Haguenau[modifier | modifier le code]
La Marseillaise d'A. Marzolff à côté de l'hôtel de ville de Strasbourg

Le projet de la Marseillaise réalisé en modèle réduit à Strasbourg commence en réalité à Haguenau. En février1919[83], il propose ce projet à la municipalité haguenovienne qui souhaite réaliser son monument aux morts pour 398 de ses enfants tués. A. Marzolff veut favoriser Haguenau sur Strasbourg car la ville lui a commandé un buste du maire X. Nessel et un bas relief du conservateur du musée, l'abbé Hanauer. Si l'oeuvre a eu de bonnes critiques lors d'une exposition à Paris en 1912, le motif des deux soldats de 1792 brandissant le drapeau français pose problème au conseil municipal. En effet la majorité des 398 soldats de Haguenau sont tombés sous l'uniforme allemand, seuls cinq ont été tués sous l'uniforme français. Certains conseillers voient dans la Marseillaise la défense de la patrie, d'autres des traditions démocratiques et un moyen de se distinguer des monuments aux morts de France qui figurent systématiquement des poilus. Le maire de Haguenau défend en vain le projet d'A. Marzolff. Le conseil municipal étant divisé, la décision est repoussée et ne devient à nouveau d'actualité qu'en 1924. A. Marzolff propose deux projets de monuments avec l'architecte Gustave Burckartsmeyer (Consolation et Destin), ils n'arrivent qu'en deuxième et quatrième position. Le projet du sculpteur Edouard Preiser et de l'architecte Theo Berst gagnent le concours. Une fois les artistes classés, il s'agit de savoir quel sera le projet effectivement réalisé : le projet de d'E. Preiser gagne par 9 voix contre 2 à Marzolff. Le projet étant déplacé du parc de la gare au jardin situé plus haut, A. Marzolff demande en vain au préfet l'annulation du concours. Les statues du bûcheron et de la cueilleuse de houblon devant l'école de commerce serait alors peut-être le prix de consolation pour le perdant[84].

Les trois échecs d'A. Marzolff à Strasbourg[modifier | modifier le code]
Le poison vaincu ou homme terrassant un serpent, statue en hommage à Pasteur d'A. Marzolff (Institut de bactériologie de Strasbourg).

En 1921, il échoue pour le monument Pasteur installé devant l'université. La sculpture de Jean-Baptiste Larrivé gagne le prix, mais est très critiquée par la population ; elle sera détruite par les nazis en 1940. La statue d'A. Marzolff Le Poison vaincu n'obtient qu'une mention honorable[85]. Entre temps, en 1922, A. Marzolff propose le monument de la Marseillaise pour la place de la République, c'est un échec : non seulement le monument est réduit à sa plus simple expression et il est relégué à côté de l'Hôtel de ville au lieu de la prestigieuse place de la République alors même qu'il est l'ami du maire de Strasbourg Jacques Peirotes. De même son projet de fontaine sur la même place est abandonné par le maire. En 1928, A. Marzolff participe au concours du monument d'hommage à Lamartine et Victor Hugo. Le projet d'Henri Bouchard gagne le concours[86].

Echec pour les statues des deux réformateurs à l'église de Sessenheim[modifier | modifier le code]

De confession luthérienne, comme nous l'apprend son inscription aux Beaux Arts de Munich, A. Marzolff propose, en 1932, à l'église luthérienne de Sessenheim de réaliser les bustes des réformateurs Luther et Bucer pour décorer le portail de l'église. Manquant de moyens financiers, les bustes ne sont pas réalisés, les modèles d'A. Marzolff sont toujours dans une chapelle située à droite de l'entrée au fond de l'église[87],[88] ; ce ne sera qu'en 2006 que l'église protestante réalisera les deux statues à l'entrée de l'église sur le modèle des statues en plâtre d'A. Marzolff.

Le retour du succès : les monuments aux morts d'A. Marzolff[modifier | modifier le code]

Ancien monument de La Robertsau par A. Marzolff (mutilé par les nazis en 1940).

Certains projets de monuments aux morts seront acceptés et réalisés à la Robertsau (une femme assise posant sa tête sur sa main et retenant de l'autre un flambeau à terre, 1923 ; la maquette en plâtre a été prise en photo par L. Blumer[89]), au Neudorf (une femme assise ayant sa tête baissée sur un bouquet de fleurs, 1923 ; la maquette en plâtre a été prise en photo par L. Blumer[90]), à Koenigshoffen (un homme debout posant sa main sur l'épaule de sa femme assise qui cache son visage avec une de ses mains, 1925), à Hatten (le monument représente, selon une vieille carte postale de Hatten[91], un ange immense qui tend ses bras vers deux plaques où se trouvent les noms des combattants tués en 14/18 ; le monument a été détruit par les combats de l'Opération Nordwind de la fin de la Deuxième Guerre mondiale), à Rountzenheim (une femme ayant un genou à terre et regardant de l'autre côté du monument aux morts, le modèle s'inspire de sa deuxième compagne Emma Weiss épousée en 1926, 1928), à Soufflenheim (Jeanne d'Arc, 1928), à Altkirch (une femme assise portant un bonnet phrygien regarde sa fille : les deux statues se tiennent par l'épaule, 1928) et à Bischheim (sur un obélisque un ange de la paix tient d'une main une palme et met sa main sur sa poitrine, 1934)[92].

La mort du "Rodin alsacien"[modifier | modifier le code]

Il décède en 1936. A son enterrement, le peintre et dramaturge Gustave Stoskopf, les peintres Charles Spindler, Henri Beecke, Lucien Blumer, Paul Braunagel, Jacques Gachot, Adolphe Graeser, Lucien Haffen (qui prononce l'hommage funèbre), Georges-Daniel Krebs, Gustave Muller-Vallentin, les architectes Paul Dopff, architecte en chef de la ville de Strasbourg à partir de 1928 et Eugène Haug (avec son collaborateur Albert Brion, ils sont les architectes de l'immeuble des assurances Rhin et Moselle dont A. Marzolff a fait les deux statues sur le fronton), les sculpteurs Preisler et Acker et le graveur Isler sont présents[93].

Lion de Haguenau sculpté par A. Marzolff

Marzolff après Marzolff : cultiver la mémoire du sculpteur alsacien[modifier | modifier le code]

Emma Weiss modèle de la statue du monument aux morts de Rountzenheim

Emma Weiss, la veuve d'A. Marzolff, propose en 1949 le lion de Rountzenheim situé dans la cour de la maison à la ville de Strasbourg qui refuse. Le lion sera finalement acheté par la ville de Haguenau en 1950 et installé en face de la gare sur le boulevard Nessel. Les oeuvres d'A. Marzoff sont souvent situées à des endroits emblématiques de Strasbourg (la place de République, le pont Kennedy, le parc de l'Orangerie, le lycée des Pontonniers), au centre des villes d'Obernai et de Haguenau ou sont présentes sur les monuments aux morts des communes des alentours de Strasbourg. C'est probablement cette présence au coeur de la vie des habitants et en raison de la beauté plastique de ses sculptures qu'on peut expliquer la persistance de la mémoire d'A. Marzolff.

Commémorer les 50 ans ou les 70 ans du décès d'A. Marzolff (1986-2006)[modifier | modifier le code]

Des articles ont évoqué régulièrement la vie du sculpteur. Un numéro spécial de la Société d'histoire et d'archéologie du Ried Nord est consacré à la vie et à l'oeuvre d'A. Marzolff en 1986. La même année, la commune de Rountzenheim organise au foyer protestant la première exposition sur A. Marzolff.

En 2006 l’Agenda de l’Est agricole et viticole comporte un article de J.-J. Mourreau sur le « 70e anniversaire de disparition : Marzolff l’oublié ». La même année, l'église protestante de Sessenheim réalise les statues prévues par A. Marzolff.

Le 24 juillet 2007, les Dernières Nouvelles d'Alsace consacrent un article de J.-J. Blaesius sur les statues du Pont Kennedy intitulé "Cent ans de servitude".

Première recherche universitaire et première publication sur le sculpteur A. Marzolff[modifier | modifier le code]

A la fin des années 90, l'université s'intéresse enfin à A. Marzolff. Un premier mémoire de maîtrise d’histoire de l’art est soutenu en 1997 par Audrey Dufournet sous la direction de C. Peltre, « A. Marzolff, un sculpteur alsacien dans l’Art Nouveau » à l'université de Strasbourg. Ce mémoire recense avec précision sa vie et ses oeuvres. En 2013, Lore Valéry, nièce d’A. Marzolff, publie un ouvrage à compte d'auteur sous le titre A. Marzolff, un sculpteur alsacien reprenant l'étude de C. Dufournet et ajoutant des archives familiales.

2017, le retour d'A. Marzolff ?[modifier | modifier le code]

La demande du classement d'une partie de la Neustadt de Strasbourg au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2017

En 2017, dans le cadre de l'exposition laboratoire européen Strasbourg 1880 - 1930 organisée par la ville de Strasbourg du 22 septembre 2017 au 25 février 2018 qui fait un panorama de la vie culturelle à Strasbourg, l'enrichissement de la fiche Wikipedia est proposé.

Strasbourg a sollicité le classement de la Neustadt (quartier impérial) au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2017. Si la Neustadt est classée, ce ne sont pas moins de six oeuvres d'A. Marzolff sculptées pendant la période impériale (1870-1918) qui vont connaître une notoriété mondiale, en effet on trouve dans le périmètre prévu : la préfecture (le ministère Est), la compagnie d'assurances d'Alsace-Moselle, les décorations de l'hôtel des postes, la villa Marzolff, le pont Kennedy et la façade des Petites-Boucheries.

Désormais dans les ouvrages récents sur l'architecture, l'Art nouveau ou la vie culturelle à Strasbourg de 1880 à 1930, la figure d'A. Marzolff est devenue incontournable.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Strasbourg[modifier | modifier le code]

  • Les quatre hommes en grès rose représentant deux pêcheurs, un haleur et un pelleteur (1906), sur le pont Kennedy, en collaboration avec l'architecte Fritz Beblo
  • Le monument de la Marseillaise (1922), détruit, mais reconstitué en 1980 dans le square de l'hôtel de ville par les ateliers de l'Œuvre Notre-Dame
  • Les deux lions sur le portail d'entrée de la Préfecture (1911).
  • Le groupe sculpté en grès Hercule terrassant le lion (1905) et buste du compositeur Victor Nessler (1895) dans le Parc de l'Orangerie.
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  • Les figures allégoriques du Rhin et de la Moselle (1899), sur l'immeuble de la compagnie d'assurances réalisé par les architectes alsaciens Auguste Brion et Eugène Haug, rue du maréchal Joffre.
  • Les statues du Stettmeister (magistrat, adjoint du maire) Jacques Sturm et de l'architecte de la Renaissance Daniel Specklin (1902) sur la façade des Petites-Boucheries, rue de la Haute-Montée, à l'arrière de l'Aubette.
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  • Le buste du professeur Eugène Boeckel (1903) dans l'enceinte de l'Hôpital civil, derrière l'ancienne pharmacie.
  • Deux statues appelées La famille, Une mère tenant un bébé dans ses bras et un travailleur torse nu (1912-1913), sur l'ancien immeuble de la CPAM, rue de Lausanne.
  • Allégorie de la maladie, un homme terrassant un serpent (1919) en haut des escaliers de l'Institut de Bactériologie devant l'entrée des Urgences de l'hôpital civil de Strasbourg, 3, rue Koeberlé.
  • Les médaillons en bronze de Rouget de Lisle et du maire Dietrich (1922) sur la façade de la Banque de France, place Broglie. Ils proviennent de l'ancien monument de la Marseillaise détruit par les nazis en 1940.
  • Le médaillon du monument dédié à l'ancien maire de Strasbourg, Jacques Peirotes, dans la rue qui porte son nom devant les HBM (habitats bon marché) construits par le maire.
  • La stèle commémorative d'Alexandre Ribot (1884-1923), le fondateur du Crédit Immobilier, que l'on trouve sur la place des Rouges-gorges dans le quartier du Neuhof de Strasbourg.
  • Le bas-relief du Christ sur le portail de l'église protestante à Koenigshoffen (1911-1914).
  • La statue d'Emma la lumière dans l'immeuble du Gaz de Strasbourg (1932).
  • La plaque sur la tombe de Lucie Berger au cimetière des Diaconesses à Koenigshoffen.
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  • L'ancien monument aux morts de la Robertsau (vers 1923), détruit, mais dont un vestige est exposé dans le cimetière Saint-Louis de Strasbourg.
  • Dans les réserves du musée d'art moderne et contemporain de Strasbourg : le bas-relief d'un homme réalisé par Thiébault frères (1894), le bronze du sous-Secrétaire d'État aux finances du Reichsland Von Schraut (1894), le buste du peintre Léon Hornecker (1894), L'Archer ou Der Bogenspanner (1890), la maquette de La Marseillaise (1919), la céramique de La Panthère en grès émaillé vert clair avec coulures de cuivre et d'argent (1906), le tableau d'A. Marzolff par le peintre Émile Schneider (1927), médaillon en terre cuite d'Henry Borromée, préfet du Bas-Rhin (1929)[94].

Soufflenheim[modifier | modifier le code]

Haguenau[modifier | modifier le code]

  • Le lion réalisé en 1928 pour sa propriété de Rountzenheim et acheté par la ville de Haguenau en 1950. Le lion a été installé à l'intersection du boulevard Nessel et de la rue de la Vieille Île en face de la gare.
  • Le buste du maire Xavier Nessel, fondateur du Musée historique de Haguenau (sous-sol du musée historique dans la salle de la préhistoire et de l'Antiquité), commandé le 26 mars 1918 et le médaillon de l'abbé Hanauer, historien de la ville (salle des archives municipales du musée historique), commandé par la ville de Haguenau en 1917[95].
  • Les anges (Putti) et les corbeilles de fruits à l'entrée des bains municipaux (1926-1928) réalisés par l'architecte Oberthür.
  • Les statues du bûcheron et de la cueilleuse de houblon (1930-1931) devant l'ancienne école de commerce (actuel bâtiment A du collège Foch) réalisée par l'architecte A. Dollmeyer sur la place Robert Schuman.

Hœrdt[modifier | modifier le code]

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Mulhouse[modifier | modifier le code]

Obernai[modifier | modifier le code]

  • Le médaillon du chanoine Gyss (1900).
  • La fontaine Sainte-Odile (1904).
Fontaine Sainte-Odile à Obernai par A. Marzolff

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  4. Audrey DUFOURNET, "Alfred Marzolff (1867-1936). Un sculpteur alsacien de l'Art Nouveau", mémoire de maîtrise, dir. C. PELTRE, 1997, p. 5-6.
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  81. Philippe TOMASETTI, Auguste Spinner, un patriote alsacien au service de la France, Nancy, Editions Place Stanislas, , 198 p., p. 41-42
  82. Philippe TOMASETTI, Auguste Spinner. Un patriote alsacien au service de la France., Nancy, Editions Place Stanislas, , 198 p. (ISBN 978-2-35578-048-6), p. 41
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  85. Audrey DUFOURNET, "Alfred Marzolff (1867-1936). Un sculpteur alsacien de l'Art Nouveau", mémoire de maîtrise, Strasbourg, dir. C. PELTRE, 1997, p. 27.
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  94. « A. Marzolff », sur Portail des collections des musées Joconde, ministère de la Culture (consulté le 31 décembre 2016)
  95. Archives municipales de Haguenau. D 27.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Audrey Dufournet, Alfred Marzolff (1867-1936) : un sculpteur alsacien de l'Art Nouveau, mémoire de maîtrise d'histoire de l'art, sous la direction de Christine PELTRE, Université de Strasbourg, 1997, 136 p., deux tomes (T.1 la vie d'A. Marzolff, T. 2 œuvres et dates).
  • François Joseph Fuchs, « Frédéric Alfred Marzolff », Nouveau Dictionnaire de biographie alsacienne, Fédération des sociétés d'histoire et d'archéologie d'Alsace, Strasbourg, vol. 26, p. 2546.
  • Lucien Haffen, Dem Bildauer Alfred Marzolff. Zum Gedächnis seines Todestages am 7/5/1936, p. 298-300, source : BNUS.
  • Hans Haug, L'Art en Alsace, Arthaud, Grenoble, 1962, p. 185.
  • Robert Heitz, « Un sculpteur, Alfred Marzolff », La Vie en Alsace, 1928, p. 1-4.
  • Robert Heitz, La Sculpture en Alsace des origines à nos jours, Alsatia, Colmar, 1949, p. 103-104.
  • Robert Heitz, « Étapes de l'art alsacien XIXe – XXe siècles », Saisons d'Alsace, no 47, p. 7-40.
  • Jean-Jacques Mourreau, « 70e anniversaire de disparition : Marzolff l’oublié », L’Agenda de l’Est agricole et viticole, 2006, p. 18-19.
  • Pierre Perny, «  A. Marzolff, le sculpteur de Rountzenheim (1867-1936), sa vie, son œuvre », Société d'histoire et d'archéologie du Ried Nord, 1986, p. 13-41.
  • Lore Valery, Alfred Marzolff, un sculpteur alsacien, à compte d'auteur (Lore Valéry), 2013, 107 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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