Marie Hart

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Marie Hart
Marie Hart (1).jpg
Marie Hart à Bad Liebenzell
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activité

Marie Anne Hartmann, dite Marie Hart est une écrivaine alsacienne, née le à Bouxwiller (Bas-Rhin), décédée le , en Forêt-Noire, à Bad Liebenzell.

Elle a vécu dans les tourments de la politique franco-allemande scandée par deux guerres : la Guerre franco-prussienne de 1870 et la Première Guerre mondiale.

Pour son plaisir mais aussi par nécessité, Marie Hart toucha à l'écriture : le conte, la nouvelle, le récit, le théâtre, la poésie, la traduction. Elle écrivit en français d'abord, en allemand ensuite et finalement produisit une œuvre littéraire en alsacien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Marie Hart jeune fille

Marie Hartmann est fille d'un pharmacien, Louis André Frédéric Hartmann et d'une institutrice, Emilie Wilhelmine Weber. Seconde d'une fratrie de huit enfants (sept filles et un garçon). Elle décrit cette enfance dans le pays de Hanau comme une période heureuse dans les G'schichtlen un Erinnerungen üs de sechziger Johr (Petites histoires et souvenirs des années 1860), récits parus en 1911. Ces récits évoquent la vie quotidienne de l'ancienne capitale du comté de Hanau-Lichtenberg, observée avec finesse et contée avec talent et humour.

Élève à l'École normale de filles à Strasbourg, Marie achève sa formation d'institutrice à Nancy en 1874.

En 1876, Marie quitte le giron familial pour travailler à l'Institut Jäckel de Dresde en qualité de répétitrice de français. Elle tient un journal en français[1]. On y découvre une jeune fille sensible, attachée à sa famille, imprégnée d'éducation morale chrétienne, de cultures française et allemande. C'est probablement pendant ce séjour qu'elle écrivit le conte : Marguerite ou La petite gardeuse d'oies, daté de 1877[2].

Marie Hartmann rencontre son futur mari, Alfred Kurr à Lutzelhouse dans la vallée de la Bruche où son cousin Charles Hartmann est médecin marié à une fille du professeur Guillaume Philippe Schimper[3], botaniste à l'Université de Strasbourg.

Alfred Kurr est un personnage peu banal : il est cultivé, passionné d'équitation et de chasse. Grâce à son premier mariage, il est fortuné. Il a quinze ans de plus que Marie, il est divorcé et, de plus, ancien officier de l'armée wurtembourgeoise ayant participé à la guerre de 1870. Pour la famille francophile de Marie, ces circonstances sont sources de chagrin[4].

Les atermoiements et les conflits que suscite ce projet de mariage par rapport à la situation politique particulière de l'Alsace sont relatés dans l'ouvrage D'r Herr Merkling un sini Deechter, (Le docteur Merkling et ses filles) paru en 1913.

Marie et Alfred se marient en 1882 à Bouxwiller, le mariage religieux est célébré à l'église protestante de Neuwiller-lès-Saverne[5].

Stèle de la tombe de Marie Hart à Bad Liebenzell[6]

C'est à Mellau dans le Vorarlberg que les époux Kurr s'installent dans un chalet de montagne sans confort. Marie tient un journal en français où maints détails du quotidien sont consignés[1].

Alfred Kurr accepte de s'installer en 1885 avec sa jeune épouse à Lutzelhouse. La chasse est sa principale occupation. Marie donne naissance à leur unique enfant Charlotte en 1892.

En 1895, les Kurr s'installent à Freilassing en Haute-Bavière. Une vie bourgeoise s'égrène dans une villa neuve.

Marie retrouve l'inspiration, elle écrit en allemand. Elle signe Marie Hart. Des nouvelles paraissent à partir de 1898 dans la Straßburger Post dans le Elsässisches Evangelisches Sonntagsblatt, dans les Elsässische Frauenblätter, un supplément dominical de la Straßburger Zeitung. Sa pièce de théâtre écrite en alsacien D'r Stadtnarr (Le fou de la ville) est jouée à Strasbourg et à Haguenau dès 1907.

Alfred mène une vie de rentier mais gère son patrimoine de façon catastrophique. En 1908, il est totalement ruiné et propose à sa femme et devant sa fille un suicide familial pour sauver l'honneur.

Marie revient à Bouxwiller avec son époux et sa fille. Pour subvenir aux besoins de sa famille, elle ouvre, avec l'aide de ses sœurs, une pension pour les élèves du Gymnasium de Bouxwiller[1]. Elle en est la cheville ouvrière et y dispense même des cours de soutien.

Parallèlement Marie Hart écrit et publie, avec le soutien de Fritz Lienhard, auprès des éditions Greiner et Pfeiffer, des œuvres dont D'r Hahn im Korb (Le coq en pâte) en 1917. Ses publications sont un complément de ressources et très probablement un exutoire à la vie avec son mari dont elle dit : « Er hat mich durch alle Höhen und Tiefen geführt » (Avec lui, j'ai exploré tous les sommets et tous les gouffres). C'est pendant cette période qu'elle compose les textes les plus savoureux en drôleries et en vérité.

Rien ne sera épargné à Marie Hart. À la fin de la guerre de 1914-18, lorsque l'Alsace redevient française, son mari, officier allemand et président d'une association d'anciens combattants, est expulsé. Il trouve refuge en Forêt-Noire à Bad Liebenzell. Marie, fidèle, le rejoint, le cœur gros de quitter sa « Heimet ». Il faut à nouveau recommencer, l'argent fait défaut. Les Kurr sont tributaires de la Liebenzeller Mission[7], de leurs amis et de leur famille.

Cette triste période d'exil transparaît dans deux ouvrages Üs unserer Franzosezit (Notre époque française) paru en 1921 et Erinnerungsland (Le pays des souvenirs) en 1923.

Le , Marie Hart s'éteint...

Son nom a été donné au Centre culturel de Bouxwiller.

Ouvrages de Marie Hart[modifier | modifier le code]

  • G'schichtlen un Erinnerungen üs de sechziger Johr. Greiner und Pfeiffer, Stuttgart, 1911.
  • D'r Herr Merkling un sini Deechter. Greiner und Pfeiffer, Stuttgart, 1913.
  • D'r Hahn im Korb. Greiner und Pfeiffer, Stuttgart, 1917.
  • Ues unserer Franzosezit. Greiner und Pfeiffer, Stuttgart, 1921.
  • Elsässische Erzählungen. Walter de Gruyter und Co, Berlin und Leipzig, 1922.
  • Erinnerungsland. Greiner und Pfeiffer, Stuttgart, 1923.
  • Ues minre alte Heimet. Bernard und Graefe, Berlin, 1930 — textes choisis par Charlotte Kurr, fille de Marie Hart.
  • Nos années françaises.Ville de Bouxwiller, 2015.

Écrits sur Marie Hart[modifier | modifier le code]

  • Marie Hart, une femme, un destin, une époque (1856-1924), Musée de Bouxwiller en Pays de Hanau, 2006 — plaquette de l'exposition consacrée à Marie Hart, avec de nombreuses photographies.
  • Emma Guntz, « D'Erinnerung an dies, was emol gewenn isch... : auf den Spuren der elsaessischen Schriftstellerin Marie Hart, (1856-1924) », in Allmende, 1991,p. 95-113.
  • Emma Guntz, « Aus dem Leben und Schreiben von Marie Hart », in Dernières Nouvelles d'Alsace, 25 décembre 2011.
  • Edmond Jung, « Marie Hart : Porträt », in Les Cahiers du bilinguisme : Land un Sproch , Strasbourg, 2000, no 137, p. 16-17.
  • Alfred Matt, « Marie Hart (pseudonyme de Hartmann Marie Anne) », in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 15, p. 1416.
  • Raymond Matzen, « Marie Hart », in Encyclopédie de l'Alsace. Strasbourg, Publitotal, 1984, tome 6, p. 3446.
  • Raymond Matzen, « Marie Hart, 1856-1924, exceptionnelle prosatrice d'expression dialectale », in Saisons d'Alsace, 1987, no  97, p. 101-102.
  • Raymond Piela, « Sur les traces de Marie Hart, une vie, une œuvre », in Les Cahiers du bilinguisme : Land un Sproch , Strasbourg, 2005, no 154, p. 13-20.
  • Bernard Riebel, « N'oublions pas Marie Hart ! », in Le Grand Messager boiteux de Strasbourg, 2007, no 192, p. 174-177.
  • Auguste Wackenheim et Alfred Matt, « Marie Hart, (1856-1924) », in Revue alsacienne de littérature, 1988, no 21, p. 53-63.
  • André Weckmann et Emma Guntz, « Das Land dazwischen », Strasbourg, Ed. Salde, 1997.
  • « Zum 150. Geburtstag Marie Harts », in Der Westen, 2006, no 3, p. 5.

Archives[modifier | modifier le code]

Un fonds Marie Hart dit Nachlass Marie Hart est conservé à l'Universitätsbibliothek Johann Christian Senckenberg - Archivzentrum - Bockenheimer Landstrasse 134-138 - 60325 Frankfurt am Main[8].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Nachlass Marie Hart.
  2. Nachlass Marie Hart. Le conte Marguerite ou la petite gardeuse d'oies est dédié à sa petite sœur Marguerite. Il a été publié pour la première fois, en 2006, dans le cadre de l'exposition "Une femme, un destin, une époque (1856-1924" organisée par le Musée de Bouxwiller en Pays de Hanau.
  3. Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 33, p. 3441.
  4. Cf. l'article de Auguste Wackenheim et Alfred Matt, "Marie Hart, (1856-1924)" in Revue alsacienne de littérature, 1988, n°21. En effet, Alfred Matt qui fut responsable du Musée de Bouxwiller a eu accès au fonds familial de Marie Hart. Il a ainsi pu découvrir le personnage d'Alfred Kurr.
  5. Registre des mariages de la paroisse protestante de Neuwiller-les-Saverne.
  6. Inscription en allemand : Der Dichterin unsere Heimat, der aufrechten Elsaesserin. Die Elsass-Lothringer im Deutschenvaterland. (A la poétesse de notre pays natal, l'Alsacienne intègre. Les Alsaciens-Lorrains dans la patrie allemande).
  7. Site de la Liebenzeller Mission avec un volet historique.
  8. Site de la bibliothèque de l'université qui décrit le fonds Marie Hart.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Circuit Marie Hart, dépliant du Musée du Pays de Hanau. Existe en français et en allemand avec QR code. 2014

Liens externes[modifier | modifier le code]

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