Les Alsaciens ou les Deux Mathilde

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Les Alsaciens ou les Deux Mathilde
Description de cette image, également commentée ci-après

figurants du 1er épisode

Titre original Die Elsässer
Réalisation Michel Favart
Scénario Henri de Turenne
Michel Deutsch
Sociétés de production Pathé Télévision
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Genre drame historique
Durée 360 minutes
Première diffusion

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Les Alsaciens ou les Deux Mathilde est un téléfilm franco-allemand historique en quatre parties de 90 minutes, réalisé par Michel Favart et diffusé à partir du sur Arte.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Le téléfilm retrace la période trouble qu'a connue l'Alsace-Moselle entre 1870 et 1953.

Les personnages[modifier | modifier le code]

  • Mathilde Kempf, fille du baron Kempf a perdu son mari Charles comte de La Tour durant la guerre de 1870. Elle en conservera une détestation des Allemands. Cela explique ses rapports difficiles avec sa belle-fille, Friederike. Mathilde incarne le patriotisme français (cours de langue, drapeaux, journaux, etc). Lorsque ses petits-fils, Édouard et Karl partent à la guerre, les liens se renouent avec Friederike. Louis Kempf de La Tour, son fils, a relevé à la demande de son grand-père le nom des Kempf, il est avant tout Alsacien. Il reste en Alsace pendant la Première Guerre mondiale et accepte de faire des affaires avec les Allemands car beaucoup d’hommes gagnent leur vie dans l’usine qu'il dirige. On le lui reprochera plus tard. Après la guerre, il lègue l’usine à Édouard, son fils car il s’est battu du côté français. Karl meurt du côté allemand.
  • Yerri Laugel est le fils de l’aubergiste, Hans. Il est instituteur et est le frère de Liselotte. Pendant la guerre de 1870, il se réfugie dans les bois. Après la guerre, il va à Nancy où il aide à l’accueil des réfugiés. Plus tard, il revient à Alsheim et reprend l’auberge.
  • Rachel est la fille de Rosa Blum. Elle est médecin, d'origine juive, et se réfugie au château, avant la seconde guerre, où elle rencontre Albert qui va la cacher chez lui. Celui-ci est entré dans la résistance.
  • Katel, ex-épouse d'Albert et leur fille Odile. Katel s'ennuyait de son mari, actif politicien. Après une aventure et un divorce, elle mûrit et s’enrôle dans la résistance sous le nom de « Mathilde ». Vers la fin de la guerre, elle se suicide pour ne rien dévoiler sous la torture.
  • Anselme Wahl, frère de Katel, infiltré chez les Allemands pour le compte de la résistance. Il devra surmonter une terrible épreuve, lorsque, devant le corps de sa sœur, il niera la connaitre. À la fin de la guerre, il devra également surmonter les accusations de collaboration.
  • René Imhof, dont le père Paul est mort à Verdun du côté des Allemands, admire ceux-ci. En 1936, il crée un cinéma de propagande pour les jeunesses hitlériennes. Durant l'occupation, il s’enrôle dans la Gestapo et devient sous-préfet d’Alsheim. Il a une mauvaise attitude envers les Alsaciens français et après la guerre, il se pend dans la grange familiale pour ne pas être jugé.
  • Peter Imhof et Louis-Charles refusent de se battre pour les Allemands et se cachent dans les bois, dont ils reviennent lorsqu'ils apprennent que les Allemands déportent les familles des réfractaires. Louis-Charles va porter quatre uniformes différents. Il est d’abord SS malgré-lui en Ukraine. Blessé à Stalingrad, il est fait prisonnier des Russes, puis appartient au groupe des 500 prisonniers sur 15 000 que De Gaulle réussit à faire rapatrier. Après un long voyage, il est récupéré par les Anglais qui l’envoient en Afrique du Nord. Peter, quant à lui, sera jugé par un tribunal pour avoir fait partie du peloton d’exécution d’un déserteur qu’il avait auparavant aidé. Heureusement, grâce à la mère du jeune homme qui est compréhensive, il ne fera que cinq ans de prison.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Premier épisode : 1870-1894[modifier | modifier le code]

Acteurs principaux : Aurore Clément, Jean-Pierre Miquel et Cécile Bois

Alors que Mathilde, fille de l'industriel et baron d'Empire Eugène-Victor Kempf, vient d'épouser le comte Charles de La Tour, la guerre franco-prussienne de 1870 éclate et son jeune époux est appelé sous les drapeaux français. Peu après, il meurt au champ d'honneur, tandis que l'Alsace est annexée à l'Empire allemand. Mathilde de la Tour décide alors de rester en Alsace et de conserver farouchement son identité française. De son court mariage avec Charles de La Tour, elle a eu un fils prénommé Louis (en référence aux rois de France) qui grandit dans l'Alsace devenue allemande. Le bilinguisme du garçon et le fait que, contrairement à sa mère, il ne rejette pas violemment la culture allemande les oppose.

L'épisode se termine en 1894 : l'Alsace est toujours allemande tandis que Louis étudie le droit à Strasbourg et s'éprend de la fille du général prussien von Wismar-Marbach, Friederike.

Deuxième épisode : 1904-1919[modifier | modifier le code]

Acteurs principaux : Aurore Clément, Michel Voita, Manfred Andrae et Caroline Tresca

Le grand-père Kempf décède en 1904, après avoir demandé que son petit-fils relève son nom.

Contre l'avis de sa mère qui la rejette en raison de ses origines, Louis de la Tour, devenu « Kempf de La Tour », décide d'épouser Friederike dont il a deux fils, Karl et Édouard. Il prend alors la direction de l'usine familiale Kempf, puis est par la suite nommé ministre de l'économie du gouvernement régional d'Alsace. L'un de ses fils, Karl, fait des études de droit à Heidelberg tandis que l'autre, Édouard, entre à Polytechnique.

En 1914 : la Première Guerre mondiale éclate.

Mathilde qui attendait fermement cette revanche depuis 1870 voit ses deux petits-fils combattre dans chacun des camps ; en effet, Karl, est enrôlé dans l'armée allemande tandis qu'Édouard rejoint son régiment à Paris.

Début 1919, alors que la guerre est finie et que l'Alsace est redevenue française, Édouard revient blessé du front, tandis que Karl est porté disparu… On apprendra le soir où un émissaire du Maréchal Foch remet la Légion d'honneur à titre militaire à Mathilde pour ses années de lutte contre la présence allemande qu'en réalité Karl est tombé au Chemin des Dames en 1917. C'est alors que Mathilde, effondrée, se réconcilie enfin avec sa belle-fille Friederike.

Troisième épisode : 1927-1940[modifier | modifier le code]

Acteurs principaux : Caroline Tresca, Maxime Leroux, Serge Dupire et Catherine Aymerie.

Après l'avoir promis à sa grand-mère Mathilde sur son lit de mort, Édouard Kempf de La Tour épouse Alexandra en 1927. Ils auront deux enfants : Louis-Charles et Pauline. Louis-Charles est le narrateur de la saga familiale.

Albert Laugel, le petit-fils de l'aubergiste d'Alsheim, a fait des études grâce à l'aide de la comtesse Mathilde et est devenu médecin. Auparavant, en 1917, refusant d'être enrôlé dans l'armée allemande, il passe clandestinement en France avec Édouard et combat dans l'armée française. À son retour, il devient maire et député catholique, et épouse une jeune orpheline, Katel.

La France déçoit les Alsaciens, car dans l'administration, il y a une chasse aux "boches", tandis qu'à l'école encadrée par des instituteurs radicaux-socialistes du Sud-Ouest, tout usage de l'allemand ou de l'alsacien est interdit maladroitement et brutalement et l'instruction religieuse est supprimée. En réaction au jacobinisme et à la défiance française vis-à-vis des Alsaciens, un mouvement autonomiste se crée : le Heimatbund ; il est composé d'Alsaciens sincères, comme Albert Laugel, mais aussi infiltré d'éléments pro-allemands. Le jour de Noël 1937, le préfet de Strasbourg fait arrêter Albert Laugel, avec plusieurs dirigeants du Heimatbund

Des réfugiés juifs persécutés par Hitler arrivent à Strasbourg dès 1936. Parmi eux, Rachel Bernstein, qui a étudié la médecine à Berlin. est embauchée comme assistante par Albert Laugel et devient sa compagne.

Pendant ce temps, le jeune Louis-Charles Kempf de La Tour et sa sœur sont embrigadés dans les jeunesses hitlériennes et fascinés par "l'Allemagne nouvelle : la jeunesse, le sport, la force".

Quatrième épisode : 1943-1953[modifier | modifier le code]

Acteurs principaux : Maxime Leroux, Stanislas Carré de Malberg, Serge Dupire et Caroline Tresca

Sous la terreur allemande, l'Alsace vit ses heures les plus tragiques. En 1943, Albert Laugel est devenu le chef de la Résistance en Alsace, sous le pseudonyme de Kellermann.

Il a un rendez-vous avec "Mathilde", responsable de la zone Est, envoyée par de Gaulle. Il découvre avec stupeur que cette seconde "Mathilde'" n'est autre que Katel, la femme dont il s'est séparé. Elle lui donne l'ordre de partir pour la France avec Rachel. "Mathilde" arrêtée par la Gestapo se donne la mort en avalant une capsule de cyanure avant d'être interrogée.

Maître Anselme Wahl, ayant infiltré le parti nazi sur ordre de 'Kellermann' est contraint d'identifier le corps de sa sœur Katel sans broncher, ce qui ne manque pas de choquer profondément le jeune Louis-Charles, qui est son assistant. À Strasbourg, il rencontre son cousin prussien Manfred von Wismar, as de la Luftwaffe, qui a fini par mépriser les politiques et l'idéologie du IIIe Reich.

Hitler mobilise 130 000 Alsaciens : ce sont les Malgré-Nous. Louis-Charles Kempf de la Tour et Peter Imhof prennent le maquis. Mais les Allemands font pression sur les familles des réfractaires. Les deux hommes, comme de nombreux Alsaciens, et parce que l'Allemagne s'en méfie, sont incorporés dans la SS sur le front russe. Là, ils sont tous deux fait prisonniers par l'armée soviétique et séjournent dans le camp de Tambov en Russie pendant plusieurs années.

Après 1945, les Alsaciens n'ont pas fini de voir leur conscience tourmentée : le film s'achève avec le procès des milliers de Malgré-nous, considérés par les Français comme des collaborateurs, ainsi que des Alsaciens incorporés de force dans la SS et ayant pris part à l'horreur d'Oradour-sur-Glane.

Commentaire[modifier | modifier le code]

Ce téléfilm réussit l'ambitieux pari de raconter l'histoire récente de l'Alsace au travers d'une saga familiale.

Le téléfilm se termine par un plan sur le Monument aux Morts, situé place de la République à Strasbourg, qui possède l'originalité de représenter deux frères morts au pied de leur mère, nus car sans uniformes.

Le village fictif d'Alsheim est en réalité celui de Gueberschwihr.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]