Choucroute d'Alsace

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Choucroute.
Choucroute d'Alsace cuite
Image illustrative de l'article Choucroute d'Alsace
Choucroute d'Alsace cuite, prête à consommer

Lieu d’origine Alsace
Date Ve siècle
Place dans le service Légume d'accompagnement d'entrée ou de plat principal
Température de service Chaud ou froid
Ingrédients Choucroute d'Alsace cuite
Mets similaires Choux
Classification Cuisine alsacienne, Gastronomie en Alsace

La choucroute d’Alsace est une préparation alimentaire traditionnelle de choucroute de la cuisine alsacienne, obtenue par fermentation naturelle de variétés sélectionnées de chou cabus.

Egalement appelée choucroute garnie lorsqu'elle est consommée cuite et accompagnée de viande, de charcuterie et de pommes de terre ou choucroute garnie de la mer, lorsqu'elle est accompagnée de poissons et fruits de mer.

Composition[modifier | modifier le code]

La choucroute d’Alsace est un légume préparé, obtenu par fermentation lactique de feuilles de choux préalablement découpées en lanières, et mises en cuves de fermentation en y ajoutant le sel nécessaire à la conservation du produit.

La choucroute d'Alsace se caractérise par :

  • lanières longues et blanches ;
  • couleur blanche à jaune clair ;
  • texture légèrement croquante pour la choucroute crue et ferme la choucroute cuite ;
  • goût légèrement acidulé.

La choucroute peut être dégustée de différentes manières : crue en salade, cuite comme accompagnement. Toutefois, la choucroute d'Alsace est principalement connue dans un plat : la choucroute d'Alsace garnie. Elle est alors servie accompagnée de saucisses, de diverses viandes salées, de charcuterie et souvent de pommes de terre. En principe, il n’y a pas d’ingrédients fixes pour ce plat, mais une tradition est respectée. Les ingrédients traditionnels sont trois types de saucisses : saucisse de Francfort, Knack / saucisse de Strasbourg et saucisse de Montbéliard, et certains morceaux de porc, comme le jarret et le jambon sec. D’autres ingrédients issus de poissons ou de l’oie peuvent être ajoutés, mais de manière moins typique.

En 2007, la consommation annuelle moyenne est estimée à 800 grammes par personne[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Krautergersheim, capitale de la choucroute.
Carton publicitaire pour la choucroute alsacienne Stumpf Frères vers 1930.

La choucroute d’Alsace est un légume très réputé et emblématique de la culture alsacienne, et son étymologie le confirme également : le terme « choucroute » est une adaptation populaire et phonétique du mot alsacien « Sürkrüt » (Sür = aigre et Krüt = chou). En France, les premières références à la cuisson du chou ainsi préparé datent du XVe siècle, des textes du XVIe siècle en attestent la présence à la table des monastères. Au XVIIe siècle, on le trouve sous l’amusant nom de « Kompostkrut » (chou compost)[2], et au siècle suivant il se généralise en Alsace. L'expansion de la choucroute d'Alsace hors d'Alsace se manifeste à partir de 1871 avec l'annexion de l'Alsace par les Allemands durant la guerre franco-allemande de 1870. Cet événement pousse des milliers d'Alsaciens à quitter l'Alsace, en emportant avec eux leurs habitudes alimentaires.

Les Alsaciens sont encore aujourd'hui attachés à cette tradition alimentaire et agricole. De nombreux villages organisent en automne leur fête de la choucroute. Krautergersheim « capitale de la choucroute d'Alsace », organise la sienne depuis 1984.

L'écomusée d'Alsace créé en 1984, explique aux visiteurs la fabrication de la choucroute d'Alsace en retraçant les étapes de préparation traditionnelle.

Les touristes mais également les Alsaciens peuvent découvrir la richesse du terroir de la choucroute d'Alsace en suivant la « Route de la Choucroute d'Alsace », créée en 1991.

Culture du chou à choucroute en Alsace[modifier | modifier le code]

Fabrication de la choucroute, illustration de Paul Adolphe Kauffmann, 1902.

Le chou communément employé pour la choucroute était autrefois le chou cabus (ou gros chou Quintal d'Alsace), parfois appelé Quintal de Strasbourg. Cette variété d'automne à la grosse pomme arrondie et légèrement aplatie, rustique et productive, qui peut dépasser sept kilogrammes, n'est plus qu'une curiosité. Des espèces plus précoces, comme Almanach et Pontiac, répondent mieux aux nécessités de la récolte d'août, assez marginale, mais qui permet la commercialisation d'une choucroute, dite nouvelle, dès septembre. Plusieurs hybrides ont été adoptés pour la coupe industrielle qui s'effectue de septembre aux gelées. La variété Fil d'or, qui ressemble au Quintal, semble lui survivre.

Le chou est une plante de la famille des Brassicacées. Les choux à choucroute relèvent tous du chou cabus, c'est-à-dire des choux pommés à tête ronde et à feuilles lisses.

Semé de bourgs maintenant rurbains du fait de leur proximité de Strasbourg, le « pays des choux » s'étend sur le triangle Krautergersheim - Meistratzheim - Innenheim, et le déborde quelque peu vers le bassin de l'Ehn. Il s'étend sur environ 650 hectares.

Krautergersheim, dont les habitants furent surnommés Krüterkopf, têtes de chou, se revendique capitale de la choucroute. Kraut signifie chou en dialecte allemand du sud.

Le Haut-Rhin compte encore quelques producteurs de choucroute : les villages de Wickerschwihr et Holtzwihr en constituent notamment les derniers bastions.

Le nombre des cultivateurs s'est réduit, à mesure que se développait la mécanisation. La grande majorité des choucroutiers possèdent des champs et achètent le complément nécessaire. Leurs exploitations sont familiales, avec un recours aux saisonniers pour les plus importantes, et pratiquent la polyculture : le chou à choucroute ne revient que tous les trois ans ou plus sur un même emplacement.

Indication géographique protégée « Choucroute d’Alsace »[modifier | modifier le code]

L’arrêté du 8 octobre 2012 paru au Journal officiel du 18 octobre 2012 a reconnu l’homologation du cahier des charges de l’Indication géographique protégée « Choucroute d’Alsace » et a marqué l’entrée en application d’une Protection nationale transitoire (PNT). Aujourd’hui, la demande d’IGP est toujours en cours d’instruction européenne. L'IGP interdit à un producteur de commercialiser une choucroute comme étant alsacienne, si elle ne satisfait pas à un cahier des charges précis, portant sur des critères de qualité et d’origine géographique et permet « une protection du savoir-faire alsacien ancestral » avec notamment une technique de fabrication passant par une « fermentation exclusivement naturelle »[3]. Selon le cahier des charges de l’appellation, pour bénéficier de l’appellation, la transformation du chou doit être dans dans la région et les choux doivent peser au minimum trois kilos chacun et avoir « un maximum de trois feuilles légèrement vertes sur le dessus du chou après enlèvement des feuilles enveloppantes ». Ce dernier prévoit également une fermentation naturelle, c’est-à-dire sans ajout de ferments ni modification de la température.

Pour la choucroute vendue dans sa version cuite (elle peut être proposée à la vente, également crue), la cuisson doit avoir lieu en Alsace, dans des cuiseurs (cuisson en continu) ou dans des marmites. Les choucroutiers sont tenus d’utiliser de l’alcool alsacien (bière, vin blanc, ou crémant du vignoble d'Alsace), et du saindoux ou de la graisse d’oie en guise de matière grasse animale[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Richard Arzt, « L'Alsace fait de la résistance », Le Point.fr,‎ (consulté le 8 novembre 2010)
  2. Connu aussi sous le nom de « Gumbesch », il s’agit d’un chou coupé grossièrement, peu salé, ce qui fait intervenir une fermentation malolactique (comme le fromage de Munster), avec l’odeur caractéristique, d’où le nom de « chou compost ».
  3. JORF n°0243 du 18 octobre 2012 page 16235 texte n° 22, « Arrêté du 8 octobre 2012 portant homologation du cahier des charges de l’indication géographique protégée (IGP) « Choucroute d’Alsace » », sur legifrance.gouv.fr,‎
  4. « La choucroute d’Alsace reconnue en IGP », sur alimentation.gouv.fr,‎

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]