Delphine Horvilleur

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Delphine Horvilleur, née le à Nancy, est une femme rabbin française du Mouvement juif libéral de France (MJLF). Elle dirige la rédaction de la Revue de pensée(s) juive(s) Tenou'a.

Biographie[modifier | modifier le code]

Delphine Horvilleur est née à Nancy. Ses grands-parents paternels sont originaires d'Alsace-Lorraine et ses grands-parents maternels sont issus des Carpates, « survivants des camps de concentration, où ils avaient perdu chacun conjoint et enfants », ayant migré ensuite en France et y ayant fondé une famille[1].

L'un de ses premiers enseignants du judaïsme est Haïm Korsia, lorsqu'elle était enfant et lui rabbin de la communauté israélite de Reims[2].

Delphine Horvilleur entame des études de médecine à l'Université hébraïque de Jérusalem, sans les terminer, période pendant laquelle elle est également mannequin[3], puis étudie le journalisme au CELSA à Paris[4]. Elle travaille comme journaliste à France 2 de 2000 à 2003, y compris au bureau de France 2 à Jérusalem, puis à RCJ de 2003 à 2008, à New York où elle est correspondante[5].

Elle intègre le séminaire rabbinique du mouvement réformé Hebrew Union College (en) à New York. En mai 2008, elle en reçoit son ordination rabbinique (semikha).

Delphine Horvilleur devient rabbin du Mouvement juif libéral de France au Centre de Beaugrenelle à Paris. Elle y officie aux côtés des rabbins Yann Boissière et Floriane Chinsky.

Activités communautaires[modifier | modifier le code]

En 2003, Delphine Horvilleur fonde un cercle d'étude juive interactif, le Café biblique. Elle rejoint le Mouvement juif libéral de France[6] en décembre 2008. Avec Célia Surget, elle organise les offices de Shabbat Alef (office pour les jeunes enfants sous forme de conte musical) et de Shabbat Zimra (office musical mêlant mélodies traditionnelles et créations contemporaines).

Avec Yann Boissière, elle produit une série de vidéos pédagogiques sur le judaïsme, intitulés PSSSHAT.

Elle est membre fondateur de KeReM, le conseils des rabbins libéraux francophones.

Le , elle prononce, avec d'autres, le Kaddish lors de l'enterrement de Simone Veil aux côtés du Grand Rabbin Haïm Korsia, à la demande des enfants de la défunte.

Responsabilités éditoriales[modifier | modifier le code]

En 2009, elle devient rédactrice en chef de la revue trimestrielle d'art, de pensée et de créativité juive Tenou'a, publiée par l'association Tenou'a depuis son autonomisation du MJLF où elle avait été fondée en février 1981 par le rabbin Daniel Farhi. Elle a donné à la revue un nouveau visage, pour en faire un magazine de référence de la pensée juive en France, capable de faire dialoguer diverses sensibilités religieuses autour de problématiques de société (féminisme, environnement, sexualité, politique migratoire, etc.).

Fonctions institutionnelles[modifier | modifier le code]

Par décret présidentiel du , Delphine Horvilleur est la première femme rabbin à être nommée au Conseil national du sida[7],[8].

Interventions médiatiques et prises de position[modifier | modifier le code]

Dans les médias[modifier | modifier le code]

Delphine Horvilleur intervient dans l'émission La Source de vie de Josy Eisenberg sur France 2. Elle participe à Akadem, campus numérique juif en ligne[9]. Elle publie dans Le Monde[10], Le Figaro[11] ou Elle[12]. De 2012 à 2014, elle a publié une chronique dans Le Monde des religions.

En mars 2014, elle est choisie par le magazine L’Express comme une des neuf jeunes intellectuelles françaises constituant « la relève »[13].

Un film-documentaire de 52 minutes lui est consacré, Delphine Horvilleur, Madame le Rabbin (E. Lenchener- 2015).

Prises de position[modifier | modifier le code]

Sur le voile[modifier | modifier le code]

« Le voile islamique n’est pas le seul à sous-entendre que le corps découvert des femmes contaminerait les hommes. Dans toutes les religions, les fondamentalistes s’emparent de la pudeur, et plus particulièrement celle des femmes, pour tenter de les contenir et les restreindre aux frontières de leur corps, comme si leurs fonctions physiologiques les définissaient entièrement et devaient être placées sous contrôle, enveloppées par la loi. »[14]

Sur le fondamentalisme[modifier | modifier le code]

  • « L’intégrisme religieux est cette pathologie du regard qui le rend incandescent. L’obscurantisme renvoie précisément à l’étude dans le noir, c’est-à-dire sans dialogue avec les affaires du monde, et dans le mépris de ceux qui plantent et qui récoltent. C’est un retrait du monde qui y met le feu en s’imaginant paradoxalement le sauver. »[15]
  • « Tel est le propre du discours fondamentaliste qui enferme ou mutile ses pairs au nom de ses pères. C’est-à-dire qui cherche à restreindre l’expérience humaine à sa vision du monde, au nom d’un passé souvent fantasmé ou d’une pratique ré-inventée comme atemporelle. Un tel projet religieux est « pharaonique » au sens biblique du terme, dès lors qu’il tente par la force de se construire des mausolées-pyramides pour y enfermer les dépouilles d’une divinité mortifère. »[16]

Sur les dangers de l’interprétation littérale[modifier | modifier le code]

« Quand certains aujourd’hui encore citent l’écrit indiscutable, il est utile de rappeler qu’un texte est sacré si l’on accepte que son message n’est pas clôturé par son sens premier et si l’on se refuse à l’instrumentaliser. »[17]

Sur la société de l'information[modifier | modifier le code]

« Comme l’info est disponible et que nous avons les moyens de l’obtenir, nous avons tendance à ne plus nous poser la question de son éventuelle toxicité parce que nous ne prenons pas le temps de le faire. »[18]

Sur la polémique suscitée par les décisions liées au Mur[modifier | modifier le code]

En juillet 2017, la revue Tenou'a publie un supplément intitulée « Le Kotel appartient à tous les Juifs ». Delphine Horvilleur et d'autres contributeurs condamnent la décision du Premier ministre israélien, revenu sur son engagement de créer un espace de prière égalitaire et mixte au Mur des Lamentations.

Distinction[modifier | modifier le code]

Delphine Horvilleur reçoit les insignes de chevalier de l'Ordre national du Mérite des mains de Najat Vallaud-Belkacem le aux côtés du philosophe Abdenour Bidar.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Notarikon: The Rabbinic Art of Word-breaking, Hebrew Union College-Jewish Institute of Religion, Brookdale Center, 2008.
  • (en) Lifting the Curtain - The theatrical Kol Nidre, article de Delphine Horvilleur paru dans l'ouvrage collectif All these Vows édité par le rabbin Lawrence A. Hoffman (en), 2011, Jewish Lights Publishing[19].
  • En tenue d’Ève : féminin, pudeur et judaïsme, Grasset, 2013[20]
  • Comment les rabbins font les enfants, Grasset, 2015
  • avec Rachid Benzine, Des mille et une façons d’être juif ou musulman, Seuil, 2017

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Delphine Horvilleur (personne interviewée) et Annick Cojean (journaliste auteur de l'interview), « Delphine Horvilleur : « On renvoie toujours la femme à son utérus » », Lemonde.fr,‎ (lire en ligne).
  2. Vincent Rémy, « Le Rabbin Delphine Horvilleur : « Le judaïsme libéral est minoritaire en France » », sur Télérama, .
  3. Marie Lemonnier, « Rabbin au féminin », sur le site du CRIF, .
  4. Xavier Drouet, « Delphine Horvilleur, écrire rabbin au féminin », sur Le Républicain Lorrain, .
  5. Portrait de Delphine Horvilleur par France 2 : première partie, deuxième partie.
  6. Sermons en ligne du rabbin Delphine Horvilleur
  7. Décret du portant nomination au Conseil national du syndrome immunodéficitaire acquis (sida) sur Legifrance
  8. CRIF.org : Le rabbin Dephine Horvilleur récemment nommée au Conseil national du sida
  9. Interventions de Delphine Horvilleur [1] sur Akadem.
  10. Yom Kippour ou la fin du bouc émissaire.
  11. « Le racisme est une maladie mentale » - Entretien croisé entre Umberto Eco, écrivain et Delphine Horvilleur, femme rabbin, Madame Figaro, 15 septembre 2010.
  12. « Sakineh, j'ai longtemps hésité à vous écrire », Elle, 9 septembre 2010.
  13. L'Express : La relève des intellectuelles françaises.
  14. Psychologie Magazine, décembre 2013 : « Delphine Horvilleur : « Je suis une femme rabbin » ».
  15. Le Monde des religions, juillet-août 2013
  16. Intervention à la villa Gillet le 2 décembre 2012 dans le cadre de la conférence La religion peut-elle nous rendre libre ?
  17. Le Monde des religions, novembre 2012.
  18. « Delphine Horvilleur & Ilana Moryoussef L'information est-elle toxique ? Djénane Kareh Tager, Jean-Louis Servan-Schreiber | CLES »,
  19. All these Vows—KOL NIDRE, Edited by Rabbi Lawrence A. Hoffman, PhD.
  20. En tenue d'Ève sur le site de Grasset.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]