Delphine Horvilleur

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Delphine Horvilleur
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Delphine Horvilleur en 2013

Naissance (42 ans)
Nancy, France
Nationalité Française
Pays de résidence France
Formation

Delphine Horvilleur, née le à Nancy, est une rabbin française du Mouvement juif libéral de France (MJLF). Elle dirige la rédaction de la Revue de pensée(s) juive(s) Tenou'a.

Biographie[modifier | modifier le code]

Delphine Horvilleur est née à Nancy. Ses grands-parents paternels sont originaires d'Alsace-Lorraine, tandis que ses grands-parents maternels sont issus des Carpates, « survivants des camps de concentration, où ils avaient perdu chacun conjoint et enfants », ayant migré ensuite en France et y ayant fondé une famille[1].

Delphine Horvilleur fait des études de médecine à l'Université hébraïque de Jérusalem, sans les terminer, période pendant laquelle elle est également mannequin[2], puis elle étudie le journalisme au CELSA à Paris[3]. Elle travaille comme journaliste à France 2 de 2000 à 2003, y compris au bureau de France 2 à Jérusalem, puis à RCJ de 2003 à 2008, à New York où elle est correspondante[4].

Elle change de vie en entrant au séminaire rabbinique du mouvement réformé Hebrew Union College (en) à New York. En mai 2008, elle en reçoit son ordination rabbinique (semikha).

Delphine Horvilleur devient rabbin du Mouvement juif libéral de France au Centre de Beaugrenelle à Paris.

Elle est mariée à Ariel Weil. Ils ont trois enfants[5].

Activités communautaires[modifier | modifier le code]

En 2003, Delphine Horvilleur fonde un cercle d'étude juive interactif, le Café biblique. Elle rejoint le Mouvement juif libéral de France[6] en décembre 2008. Avec Célia Surget, elle organise les offices de Shabbat Alef (office pour les jeunes enfants sous forme de conte musical) et de Shabbat Zimra (office musical mêlant mélodies traditionnelles et créations contemporaines).

En 2009, elle devient rédactrice en chef de la revue trimestrielle d'art, de pensée et de créativité juive Tenou'a, publiée par l'association Tenou'a depuis son autonomisation du MJLF où elle avait été fondée en février 1981 par le rabbin Daniel Farhi.

Elle est membre fondateur de KeReM, le conseils des rabbins libéraux francophones.

Fonctions institutionnelles[modifier | modifier le code]

Par décret présidentiel du , Delphine Horvilleur est la première femme rabbin à être nommée au Conseil national du sida[7],[8].

Interventions médiatiques et prises de position[modifier | modifier le code]

Dans les médias[modifier | modifier le code]

Delphine Horvilleur intervient dans l'émission La Source de vie de Josy Eisenberg sur France 2. Elle participe à Akadem, campus numérique juif en ligne[9]. Elle publie dans Le Monde[10], Le Figaro[11] ou Elle[12]. De 2012 à 2014, elle a publié une chronique dans Le Monde des religions.

En mars 2014, elle est choisie par le magazine L’Express comme une des neuf jeunes intellectuelles françaises constituant « la relève »[13].

Prises de position[modifier | modifier le code]

Sur le voile[modifier | modifier le code]

« Le voile islamique n’est pas le seul à sous-entendre que le corps découvert des femmes contaminerait les hommes. Dans toutes les religions, les fondamentalistes s’emparent de la pudeur, et plus particulièrement celle des femmes, pour tenter de les contenir et les restreindre aux frontières de leur corps, comme si leurs fonctions physiologiques les définissaient entièrement et devaient être placées sous contrôle, enveloppées par la loi. »[14]

Sur le fondamentalisme[modifier | modifier le code]

  • « L’intégrisme religieux est cette pathologie du regard qui le rend incandescent. L’obscurantisme renvoie précisément à l’étude dans le noir, c’est-à-dire sans dialogue avec les affaires du monde, et dans le mépris de ceux qui plantent et qui récoltent. C’est un retrait du monde qui y met le feu en s’imaginant paradoxalement le sauver. »[15]
  • « Tel est le propre du discours fondamentaliste qui enferme ou mutile ses pairs au nom de ses pères. C’est-à-dire qui cherche à restreindre l’expérience humaine à sa vision du monde, au nom d’un passé souvent fantasmé ou d’une pratique ré-inventée comme atemporelle. Un tel projet religieux est « pharaonique » au sens biblique du terme, dès lors qu’il tente par la force de se construire des mausolées-pyramides pour y enfermer les dépouilles d’une divinité mortifère. »[16]

Sur les dangers de l’interprétation littérale[modifier | modifier le code]

« Quand certains aujourd’hui encore citent l’écrit indiscutable, il est utile de rappeler qu’un texte est sacré si l’on accepte que son message n’est pas clôturé par son sens premier et si l’on se refuse à l’instrumentaliser. »[17]

Sur la société de l'information[modifier | modifier le code]

« Comme l’info est disponible et que nous avons les moyens de l’obtenir, nous avons tendance à ne plus nous poser la question de son éventuelle toxicité parce que nous ne prenons pas le temps de le faire. »[18]

Distinction[modifier | modifier le code]

Delphine Horvilleur reçoit les insignes de chevalier de l'Ordre national du Mérite des mains de Najat Vallaud-Belkacem le .

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Notarikon: The Rabbinic Art of Word-breaking, Hebrew Union College-Jewish Institute of Religion, Brookdale Center, 2008.
  • (en) Lifting the Curtain - The theatrical Kol Nidre, article de Delphine Horvilleur paru dans l'ouvrage collectif All these Vows édité par le rabbin Lawrence A. Hoffman (en), 2011, Jewish Lights Publishing[19].
  • En tenue d’Ève : féminin, pudeur et judaïsme, Grasset, 2013[20]
  • Comment les rabbins font les enfants, Grasset, 2015

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Delphine Horvilleur (personne interviewée) et Annick Cojean (journaliste auteur de l'interview), « Delphine Horvilleur : « On renvoie toujours la femme à son utérus » », Lemonde.fr,‎ (lire en ligne).
  2. Marie Lemonnier, « Rabbin au féminin », sur le site du CRIF,
  3. Xavier Drouet, « Delphine Horvilleur, ecrire rabbin au féminin », sur Le Républicain Lorrain,
  4. Portrait de Delphine Horvilleur par France 2 : première partie, deuxième partie
  5. « Rabbin au féminin », Crif - Conseil Représentatif des Institutions Juives de France,‎ (lire en ligne)
  6. Sermons en ligne du rabbin Delphine Horvilleur
  7. Décret du portant nomination au Conseil national du syndrome immunodéficitaire acquis (sida) sur Legifrance
  8. CRIF.org : Le rabbin Dephine Horvilleur récemment nommée au Conseil national du sida
  9. Interventions de Delphine Horvilleur [1] sur Akadem
  10. Yom Kippour ou la fin du bouc émissaire
  11. « Le racisme est une maladie mentale » - Entretien croisé entre Umberto Eco, écrivain et Delphine Horvilleur, femme rabbin, Madame Figaro, 15 septembre 2010.
  12. « Sakineh, j'ai longtemps hésité à vous écrire », Elle, 9 septembre 2010.
  13. L'Express : La relève des intellectuelles françaises
  14. Psychologie Magazine, décembre 2013 : « Delphine Horvilleur : "Je suis une femme rabbin" »
  15. Le Monde des religions, juillet-août 2013
  16. Intervention à la villa Gillet le 2 décembre 2012 dans le cadre de la conférence La religion peut-elle nous rendre libre ?
  17. Le Monde des religions, novembre 2012
  18. Clés : L'information est-elle toxique ?
  19. All these Vows—KOL NIDRE, Edited by Rabbi Lawrence A. Hoffman, PhD
  20. En tenue d'Ève sur le site de Grasset

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]