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Boulevard de la mort

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Boulevard de la mort
Description de cette image, également commentée ci-après
Logo original du film.
Titre québécois À l'épreuve de la mort
Titre original Death Proof
Réalisation Quentin Tarantino
Scénario Quentin Tarantino
Acteurs principaux Kurt Russell
Zoë Bell
Rose McGowan
Rosario Dawson
Vanessa Ferlito
Sydney Tamiia Poitier
Sociétés de production Dimension Films
Rodriguez International Pictures
A Band Apart
Troublemaker Studios
Pays de production Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre thriller
Durée 113 minutes
Sortie 2007

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Boulevard de la mort ou À l'épreuve de la mort au Québec (Death Proof) est un film américain écrit et réalisé par Quentin Tarantino, sorti en 2007. Avec Planète Terreur, il fait partie du double programme Grindhouse mais est sorti seul dans plusieurs pays, principalement non-anglophones, tel que la France.

Dans ce film construit en deux parties assez similaires, le réalisateur rend hommage aux films d'exploitation centrés sur les poursuites en voitures des années 1970 et les cascades sont réalisées à la manière de ces films, sans l'aide de l'infographie. Le film a été un échec commercial mais a recueilli des critiques plutôt positives.

La Chevrolet Nova conduite par Stuntman Mike au début du film

Trois amies — Arlene, Shanna et « Jungle » Julia — sont en virée dans les rues d'Austin au Texas. Elles admirent notamment les panneaux publicitaires pour l'émission de Julia, disc jockey d'une radio locale, Austin Hot Wax. Alors qu'elles s'apprêtent à passer la soirée dans un bar, le Texas Chili Parlor, elles ignorent qu'elles sont étroitement surveillées par « Stuntman » Mike. Ce dernier, ancien cascadeur, sillonne les routes en tuant les femmes qu'il trouve sur son chemin. Pour cela, ce psychopathe a une méthode bien particulière : il se sert uniquement de sa voiture. Quand les filles quittent le bar avec une amie, Stuntman Mike fait de même en acceptant de raccompagner chez elle Pam, une autre cliente. Il lui vante les mérites de sa voiture, une Chevrolet Nova de 1970 qui, selon lui, « protège de la mort ». Lorsqu'il prend une autre route pour suivre les filles, Pam se rend compte que quelque chose ne va pas. Stuntman Mike lui explique que seul le conducteur est protégé dans sa voiture, puis il freine brutalement. Pam, qui n'a pas de ceinture de sécurité, est projetée en avant et sa tête s'écrase sur le tableau de bord. Stuntman Mike rattrape ensuite le véhicule des quatre jeunes femmes et provoque une collision qui leur est fatale. Il s'en tire avec quelques fractures grâce à son véhicule renforcé et son harnais de sécurité. À l'hôpital, le Texas Ranger Earl McGraw explique à son fils et adjoint Edgar qu'il a de sérieux doutes sur la nature accidentelle de la collision mais qu'il ne peut rien prouver.

Quatorze mois plus tard, à Lebanon dans le Tennessee, Stuntman Mike est désormais au volant d'une Dodge Charger de 1969. Le cascadeur psychopathe repère de nouvelles victimes potentielles : Lee, Abernathy et Kim. Celles-ci vont chercher leur amie Zoë Bell, qui arrive de Nouvelle-Zélande. Elles travaillent toutes dans le milieu du cinéma, les deux dernières en tant que cascadeuses. Lee est actrice alors que Abernathy est maquilleuse. Zoë, qui rêve de conduire une Dodge Challenger comme dans le film Point limite zéro, explique à ses amies qu'elle a trouvé un vendeur dans les environs. Pendant que Lee reste avec Jasper, le propriétaire, les trois autres partent essayer la voiture et Zoë s'amuse à effectuer une cascade, allongée sur le capot, les mains agrippées à des ceintures accrochées aux portières. Stuntman Mike en profite pour intervenir et heurte violemment leur véhicule à plusieurs reprises. La course poursuite s'achève lorsque les deux voitures finissent sur le bas-côté. Zoë est éjectée, Kim parvient à tirer sur Stuntman Mike avec le pistolet qu'elle porte sur elle. Blessé à l'épaule, il prend immédiatement la fuite. Zoë, miraculeusement indemne, ramasse une barre de fer trouvée sur le bord de la route et les filles partent sur ses traces. Elles le rejoignent alors qu'il s'est arrêté pour soigner sa blessure et Zoë le frappe avec son arme improvisée. Stuntman Mike parvient à démarrer sa voiture et une nouvelle course poursuite s'engage. Elle s'achève par une ultime collision qui fait partir la voiture de l'ancien cascadeur en tonneaux. Il est tiré hors de son véhicule par les filles qui le passent à tabac. Il s'effondre au sol, inconscient. Abernathy l'achève d'un coup de pied au visage.

Fiche technique

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Icône signalant une information Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données cinématographiques IMDb, présente dans la section « Liens externes ».

Distribution

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Sources doublage : RS Doublage (VF)[3] et doublage.qc.ca (VQ)[4]

Genèse et développement

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Quentin Tarantino et Robert Rodriguez au San Diego Comic-Con 2006

En , lors du San Diego Comic-Con, Robert Rodriguez et Quentin Tarantino reviennent sur la genèse du projet Grindhouse : avant de tourner Sin City, Robert Rodriguez a l'idée de réaliser un double programme. Il veut alors faire deux films de 60 minutes chacun, en utilisant différentes idées écrites depuis des années. Il souhaite notamment s'inspirer du double-programme réunissant Rock All Night de Roger Corman et Dragstrip Girl d'Edward L. Cahn, deux films sortis en 1957. Le réalisateur se concentre cependant sur Sin City et délaisse cette idée. Toutefois, durant un passage chez son ami Quentin Tarantino, il revoit l'affiche du double-programme Rock All Night / Dragstrip Girl et relance l'idée mais cette fois en faisant une partie chacun. Quentin Tarantino suggère alors le titre Grindhouse, en hommage aux salles du même nom diffusant des doubles programmes de films d'exploitation ou des séries Z. Ils ont aussi l'idée d’intercaler de fausses bandes-annonces, en clin d’œil à des projections privées organisées chez Quentin Tarantino, où ce dernier a l'habitude de diffuser des bandes annonces de vieux films comme L'Enfer des zombies de Lucio Fulci ou Torso de Sergio Martino[5],[6].

Pour sa partie, Quentin Tarantino veut rendre hommage aux cascadeurs et notamment à leurs voitures construites pour être « à l'épreuve de la mort ». Il a voulu mettre en scène un slasher à sa manière où le tueur serait un ancien cascadeur dérangé qui se servirait de sa voiture pour assassiner des jeunes femmes[7]. Le cinéaste ne désirait pas réaliser un véritable slasher, parce qu'il estime qu'à l'exception des films de prison pour femmes, il n'y a pas de genre cinématographique dont la structure soit plus rigide. Il a donc seulement utilisé la structure d'un slasher[8]. Le titre original du film, Death Proof, a été trouvé par Robert Rodriguez[7].

L'idée de la voiture à l'épreuve de la mort est venue à Quentin Tarantino lors d'une soirée arrosée à l'hôtel avec son ami Sean Penn. Le premier voulait acheter une voiture sûre comme une Volvo car il « ne voulait pas mourir dans un accident de voiture comme celui de Pulp Fiction ». Concernant la sécurité des véhicules, l'acteur lui aurait rétorqué : « Tu peux prendre n'importe quelle voiture et la confier à une équipe de cascadeurs ; pour 10 000 ou 15 000 dollars, ils la rendent indestructible (Death Proof en anglais)[9]. »

C'est le premier film de Quentin Tarantino qui n'est pas produit par Lawrence Bender[9].

Attribution des rôles

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Les actrices Mary Elizabeth Winstead et Rosario Dawson pour la promotion du film au San Diego Comic-Con 2006.

Quentin Tarantino voulait absolument Mickey Rourke pour le rôle de Stuntman Mike. En 2021, Quentin Tarantino révèle lors d'un podcast de Joe Rogan qu'il s'était mis d'accord avec l'acteur mais que ses agents ont commencé à exiger un meilleur salaire et ont fait traîner les négociations. Le réalisateur a alors commencé à réfléchir à d'autres options[9]. Sylvester Stallone décline l'offre car le personnage ne lui convenait pas. Ron Perlman, John Jarratt, Bruce Willis, Kal Penn et Ving Rhames (Marsellus Wallace dans Pulp Fiction) seront par ailleurs envisagés[9],[10]. Quentin Tarantino a alors pensé à Kurt Russell, parce que ses rôles d'antihéros dans les années 1980 dans des films tels que New York 1997, The Thing et Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin l'avaient beaucoup marqué, et qu'il voulait lui confier un rôle de méchant pour rappeler aux spectateurs ce que Kurt Russell est capable de faire dans ce registre : « Pour les gens de ma génération, c'est un véritable héros… mais aujourd'hui, tout un public ignore l'étendue de son talent. Quand je vois dans le journal une publicité annonçant Kurt Russell dans Dreamer ou Miracle, je ne dénigre pas ces films, mais je me demande : quand est-ce que Kurt Russell va redevenir un dur à cuire ?[11] ».

La cascadeuse Zoë Bell, ici en 2007, tient son premier rôle comme actrice

Pour le choix des actrices principales, Quentin Tarantino a voulu rassembler une distribution typique des bandes de filles présentes dans les slashers. Pour la première partie du film, il écrit le rôle d'Arlene « Butterfly » spécialement pour Vanessa Ferlito, après l'avoir rencontrée pour la sortie du film Garde rapprochée (2005) de Stephen Herek. Après avoir hésité à lui donner le rôle, il est convaincu par sa prestation dans On Line (en) (2002). Par ailleurs, il écrit le rôle de « Jungle » Julia en pensant à Sydney Tamiia Poitier. Celle-ci avait auditionné pour le rôle de Vernita Green dans Kill Bill : Volume 1, finalement obtenu par Vivica A. Fox, ainsi que dans le double épisode Jusqu'au dernier souffle de la série Les Experts réalisé par Quentin Tarantino. Pour le rôle de Shanna, il choisit Jordan Ladd, amie d'Eli Roth, qui l'avait dirigé dans Cabin Fever (2002). Elle avait auparavant elle aussi auditionné pour le double-épisode des Experts de Quentin Tarantino. Pour la seconde partie du film, le cinéaste souhaite des filles venues du cinéma. Il choisit notamment Rosario Dawson et Tracie Thoms, qui s'étaient déjà croisées sur le tournage de Rent (2005). La cascadeuse néo-zélandaise Zoë Bell interprète quant à elle son propre rôle, Quentin Tarantino l'ayant engagée parce qu'elle l'avait beaucoup impressionné en tant que doublure d'Uma Thurman dans Kill Bill : Volume 1 et Kill Bill : Volume 2[12].

Le Texas Chili Parlor à Austin

Le tournage se déroule principalement en extérieurs à Austin au Texas et à Buellton en Californie, de septembre à . Quelques plans sont réalisés à Figueroa Mountain et Luling[13].

La plupart des décors, comme le Texas Chili Parlor et le Guero's Taco Bar à Austin, sont des lieux qui existent vraiment. Le drugstore Circe A a été créé à partir d'un bâtiment existant, la ferme de Jasper se situe à Luling, près d'Austin, et les routes du Tennessee où se déroule la course-poursuite finale sont situées près de Solvang[14]. Par ailleurs, Quentin Tarantino utilise certains objets personnels comme son propre juke-box de la marque AMi[9].

Dodge Challenger assez proche de celle du film et de Point limite zéro

À propos des courses-poursuites en voiture, Quentin Tarantino a absolument tenu à les réaliser sans faire appel à l'infographie mais en s'inspirant de celles de films américains des années 1970 comme Point limite zéro (1971), La Grande Casse (1974), Larry le dingue, Mary la garce (1974) ou Driver (1978). Il déclare par ailleurs avoir été influencé par le cinéma australien des années 1970-1980 où les scènes de poursuites se déroulent au plus près des protagonistes, avec une caméra toujours en mouvement ou accrochée aux véhicules. Il cite notamment les deux premiers volets de la saga Mad Max de George Miller, ainsi que Réaction en chaîne (1980) de Ian Barry, Les Dents de la mort (1987) d'Arch Nicholson ou encore des films de Brian Trenchard-Smith[15]. Le cinéaste affirme qu'il n'y a pas eu de scènes d'action avec des véhicules qui l'ont vraiment satisfait en tant que spectateur depuis le début des années 1990, mis à part celles de Terminator 2 : Le Jugement dernier (1991) et de Destination finale 2 (2003)[8]. Lors d'un évènement avec Lynn Hirschberg pour la sortie de Grindhouse, il fustige par ailleurs l'arrivée des effets spéciaux numériques dans les courses-poursuites, en citant notamment Le Masque de l'araignée (2001) de Lee Tamahori comme exemple, ainsi que le sur-découpage lors de ces scènes[16],[17]. Pour tourner les scènes de courses-poursuites, Quentin Tarantino n'utilise aucun effets numériques et réunit une équipe composée de cascadeurs chevronnés, comme Buddy Joe Hooker, supervisée par Jeff Dashnaw[18].

Plusieurs images du film sont volontairement de mauvaise qualité afin de rappeler les films d'exploitation des années 1970[19]. En effet, Boulevard de la mort est sorti dans les salles de cinéma américaines dans le cadre d'un double programme avec Planète Terreur sous le titre de Grindhouse, terme américain pour désigner un cinéma spécialisé dans les films d'exploitation. Grindhouse est sorti au cinéma le et présente une version raccourcie (90 minutes) du film, qui a ensuite été présenté en compétition officielle au Festival de Cannes 2007 dans une version longue de 127 minutes, puis dans les salles européennes dans sa version internationale définitive de 114 minutes[19].

Bande originale

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Quentin Tarantino's
Death Proof
Soundtrack

Bande originale de divers artistes
Sortie
Durée 38:30
Genre Pop, classique, rock, hard rock, dialogues
Format CD
Producteur Holly Adams
Label Maverick / Warner
Critique

Bandes originales par Quentin Tarantino

La bande originale est entièrement constituée de chansons non originales et de musiques d'autres films ainsi que de dialogues de Boulevard de la mort.

NoTitreAuteurInterprètesDurée
1.The Last Race (tiré du film Village of the Giants, 1965)NitzscheJack Nitzsche2:39
2.Baby It's You (1969)Burt Bacharach, Mack David, Barney WilliamsSmith3:23
3.Paranoia Prima (tiré de Le Chat à neuf queues, 1971)MorriconeEnnio Morricone3:19
4.Planning & Scheming (dialogue)TarantinoEli Roth & Michael Bacall1:00
5.Jeepster (1971)Marc BolanT. Rex4:09
6.Stuntman Mike (dialogue)TarantinoRose McGowan & Kurt Russell0:19
7.Staggolee (1970)John Michael Hill, Charlie AllenPacific Gas & Electric3:50
8.The Love You Save (May Be Your Own) (1966)TexJoe Tex2:56
9.Good Love, Bad Love (1966)Alvertis Isbell, FloydEddie Floyd2:11
10.Down in Mexico (1956)Jerry Leiber, Mike StollerThe Coasters3:22
11.Hold Tight (1966)Ken Howard, Alan BlaikleyDave Dee, Dozy, Beaky, Mick and Tich2:47
12.Sally and Jack (tiré de Blow Out, 1981)DonaggioPino Donaggio1:25
13.It's So Easy (tiré de La Chasse, 1980)Willy DeVilleWilly DeVille2:10
14.Whatever-However (dialogue)TarantinoTracie Thoms & Zoë Bell0:36
15.Riot in Thunder Alley (tiré de Thunder Alley, 1967)Richard PodolorEddie Beram2:04
16.Chick Habit (1995)Serge Gainsbourg, MarchApril March2:07

Sortie et accueil

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Accueil critique

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Les actrices Zoë Bell et Sydney Tamiia Poitier à la première du film à Austin, Texas, en mars 2007.

Sur le site internet Rotten Tomatoes, le film recueille 67 % de critiques positives, avec un score moyen de 5,8/10 et sur la base de 39 critiques collectées[24]. Parmi les critiques favorables, Todd McCarthy, de Variety, évoque une « friandise délicieuse » avec « des dialogues épatants et des interprétations électrisantes » et renforcée par « le lien vibrant de camaraderie au sein des deux groupes différents de jeunes femmes »[25]. Pour Lou Lumenick, du New York Post, c'est un « bon film » « plein d'adrénaline » et dans lequel figurent « certains des meilleurs dialogues de Tarantino depuis Pulp Fiction », un Kurt Russell « qui n'a jamais été aussi bon » et une course-poursuite finale « brillamment mise en scène »[26]. Claudia Puig, de USA Today, met en avant les « dialogues tranchants », « l'une des plus impressionnantes poursuites en voiture » depuis plusieurs années et les « solides interprétations » des actrices[27]. Et A. O. Scott, du New York Times, pense que la modestie du film « fait partie de son charme » et admire « la grâce et le talent artistique des plans » ainsi que le jeu d'acteur « terriblement bon » de Kurt Russell[28].

Parmi les critiques mitigées ou négatives, Mick LaSalle du San Francisco Chronicle estime que le film comporte des moments intéressants et a « un certain impact viscéral » mais qu'il est « trop puéril et comporte trop de longueurs »[29]. Pour David Denby, du New Yorker, en dehors de « l'excitante » poursuite finale et de « quelques bonnes réparties », le film ne présente que peu d'intérêt pour un spectateur qui n'a pas de grandes connaissances en culture populaire[30]. Et Jonathan Rosenbaum, du Chicago Reader, trouve que les deux films qui composent Grindhouse « ont chacun 20 minutes de trop et ne font pas grand cas de la narration »[31].

Le film reçoit également des critiques plutôt positives en France, obtenant une moyenne de 3,4 étoiles sur 5 parmi les critiques de la presse compilée par AlloCiné[32]. Adrien Gombeaud, de Positif, évoque « un objet de pur plaisir cinématographique », une « œuvre admirablement filmée » et « l'une des plus monumentales courses-poursuites de l'histoire du cinéma »[33]. Pour Emmanuel Burdeau, des Cahiers du cinéma, le film est « le meilleur de Tarantino », une « joie décuplée » par « le plus rapide, mais aussi le plus modeste et le plus simple des films de Tarantino » et « deux scènes de voiture, une collision, une poursuite, qui comptent déjà parmi les sommets du film d'action »[34]. Les Cahiers du cinéma le classe d'ailleurs au 2e rang de leur liste des meilleurs films de 2007[35]. La rédaction de Critikat partage ce point de vue : Raphaël Lefèvre considère Boulevard de la mort comme « de loin le meilleur film de son auteur »[36], tandis que Matthieu Santelli en fait « peut-être son film le plus sincère et le moins snob »[37]. Patrice Blouin, des Inrockuptibles, estime qu'il s'agit d'un « hommage jubilatoire, sexy et expérimental » qui réussit à « combiner les dérapages incontrôlés de la conversation et les tête-à-queue virevoltants d’un pur cinéma d’action »[38]. Pour Aurélien Ferenczi, de Télérama, c'est « un exercice de style incroyablement plaisant et au fond très conceptuel » qui réussit « par le biais d’un pastiche assez sophistiqué, à être pertinent et moderne »[39]. Stéphane du Mesnildot, de L'Écran fantastique, évoque « un film déjanté » mais « totalement maîtrisé » ; et Fausto Fasulo, de Mad Movies, des « images inoubliables » pour le spectateur[32].

Du côté des critiques mitigées, Nicolas Schaller, de Première, évoque une « œuvre mineure d'un génie en roue libre »« il faut souffrir durant d'interminables scènes de babillages entre filles et supporter une construction dramaturgique binaire, audacieuse mais redondante, pour jouir des quelques moments de pur plaisir qu’offre le film »[40] ; Thomas Sotinel, du Monde, « un film claudiquant mais attachant » ; et Ouest-France des « dialogues pimentés » et des « cascades échevelées » mais un exercice « long et répétitif ». Parmi les critiques négatives, Anne Diatkine, du magazine Elle, estime que c'est « un film puéril auquel on ne comprend rien » et Pascal Mérigeau, du Nouvel Observateur, « un film médiocrement plaisant »[32].

Quentin Tarantino lui-même sera plus tard critique envers son films. En 2012, il déclare notamment lors d'une interview pour le site Collider : « Death Proof est sans doute le pire film que j'aie jamais réalisé. Et pour un film réalisé par un gaucher, ce n'était pas si mal, non ? Donc, si c'est le pire que je ferai jamais, ça me va[9],[41]. »

Grindhouse a été un échec commercial aux États-Unis, ne rapportant que 25 037 897 dollars[42]. Quentin Tarantino s'est déclaré bien entendu très déçu par l'échec commercial de Grindhouse, qu'il attribue en partie au fait que les spectateurs ne veulent plus aller au cinéma pour voir deux films, mais a déclaré qu'il était « fier de son flop » car les spectateurs ressortaient satisfaits de la séance[19]. Boulevard de la mort n'a pas connu plus de succès en Europe, n'attirant au total dans les salles que 2 922 905 spectateurs, dont 663 274 en France, 63 561 en Belgique et 54 965 en Suisse[43]. Il a rapporté 30 663 961 $ en dehors des États-Unis[44].

Sortie vidéo

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Boulevard de la mort est sorti en DVD le en région 1[45] et le en région 2 en édition simple et collector double DVD. L'édition collector comporte plusieurs documentaires en bonus sur les bolides du film, les actrices et les acteurs, les cascades et le montage[46]. Il est sorti en disque Blu-ray le en région 1[45] et le en région 2. L'édition Blu-ray comporte les mêmes bonus que l'édition collector en DVD[46].

Commentaires

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Le réalisateur Quentin Tarantino et l'acteur principal Kurt Russell à la première du film, en mars 2007.

Emmanuel Burdeau, des Cahiers du cinéma, affirme que Tarantino a fait le choix de « recommencer deux fois le même film », l'histoire de Stuntman Mike lancé à la poursuite d'un quatuor d'héroïnes « à la langue bien pendue », où les seules variations sont le lieu, le quatuor et le dénouement[34]. Dans son livre, Alberto Morsiani évoque lui aussi « deux films miroirs », l'un où le méchant gagne et l'autre où il perd[14]. Il écrit que le style et l'esprit du film sont inspirés de ceux des années 1970 mais que ses personnages sont ultramodernes. Tarantino, dans son « monde toujours plus féminisé », inverse le concept de la « dernière fille » propre au slasher en basant la structure de son film « sur le thème de la vengeance par procuration » après la mort du premier quatuor d'héroïnes, que Morsiani met en parallèle avec celle de Marion Crane dans Psychose (1960)[47]. Aurélien Ferenczi voit dans le personnage de Stuntman Mike « une image du père ou d’un vieil ordre moral qui dénierait aux pimpantes héroïnes leur liberté de conduite et de parole »[39]. Pour Emmanuel Burdeau, « une copie documentaire succède à un original fictionnel » car le second quatuor féminin paraît plus réel et commun que le premier et finit par venger la mort de son prédécesseur, pour le plus grand plaisir du spectateur[34].

L'hommage que rend Quentin Tarantino au cinéma dans tous ses films est ici porté à son apogée car le style du film est une « copie conforme des petits films des années 1970 » avec coupures et sauts de pellicule, zoom en avant, longs plans américains, images fixes, etc[14]. Adrien Gombeaud, de Positif, note que Tarantino rend hommage « aux anonymes du cinéma », « aux foules des fins de générique », offrant par exemple un visage à la cascadeuse Zoe Bell, et aux films « largement oubliés mais résistant à la mort » avec qui il a grandi[33]. Comme dans la plupart de ses films, le réalisateur multiplie les références à la culture populaire et pratique l'auto-citation, notamment par l'utilisation des couleurs qui rappelle Kill Bill et le personnage d'Earl McGraw, présent dans ce même film, mais aussi la mention des marques fictives Big Kahuna Burger et Red Apples, la référence à un massage des pieds comme dans Pulp Fiction, etc. Certaines sont plus subtiles, comme le long plan-séquence où « la caméra tourne autour d'un groupe de filles, qui parlent armes et de voitures, pendant qu'elles mangent à une table » qui est une reproduction au féminin de la séquence d'ouverture de Reservoir Dogs[47].

Pour la première fois, Quentin Tarantino a assuré lui-même le rôle de directeur de la photographie et a tenu à apporter un soin particulier à l'esthétique du film. Emmanuel Burdeau rappelle que « la course de Boulevard de la mort est d'abord celle de la pellicule » plus que celle des langues et des bolides. Au-delà du plaisir des dialogues et des poursuites, c'est de l'image que provient la plus grande jouissance[34]. Alberto Morsiani renchérit en écrivant que Tarantino cherche à communiquer son plaisir de « l'immersion dans l'image ». Les images sont devenues au début du XXIe siècle un « objet sexuel » et il existe un véritable désir de consommation des images. Les références culturelles renforcent le côté artificiel des images et en font un objet de consommation, une marchandise dont « l'exhibition fétichiste » obsèdent le spectateur[48]. Adrien Gombeaud insiste aussi sur l'image, et l'utilisation du noir et blanc au milieu du film. Il affirme que « Tarantino jongle avec les couleurs » et « ausculte le corps féminin de haut en bas », y compris avec l’œil du « prédateur » Stuntman Mike guettant ses proies[33].

Références du film

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Films de Quentin Tarantino
La Mustang du film

Comme à son habitude, Quentin Tarantino distille de nombreuses références à ses propres films. La sonnerie de téléphone d'Arbernathy rappelle le célèbre sifflement de Kill Bill : Volume 1 tiré du morceau Twisted Nerve de Bernard Herrmann. Au plan suivant, un autocollant « Lil Pussy Wagon » se trouve à l'arrière d'une de la Ford Mustang Grande jaune et noire, en référence au pick-up de Buck dans Kill Bill[9]. Butterfly boit par ailleurs dans un gobelet de Acuna Boys Tex-Mex Food, une marque fictive de restauration rapide déjà apparue dans Jackie Brown (1997). Dans Kill Bill : Volume 2 (2004), les Acuna Boys sont un gang mené par Esteban Vihaio[49],[50]. Par ailleurs, Lee porte un uniforme des Vipers, allusion au Deadly Viper Assassination Squad de Kill Bill[51].

Juste avant l'apparition du véritable titre du film, Death Proof, le titre Quentin Tarantino's Thunder Bolt apparaît une fraction de seconde avant d'être brusquement remplacé[52]. Thunder Bolt était l'un des titres envisagés pour le projet[9],[51].

Autres films

La mascotte « canard » sur le capot de la voiture de Stuntman Mike est tirée de celle du film Le Convoi réalisé par Sam Peckinpah et sorti en 1978. Elle apparaît sur le capot du camion de Duck, joué par Kris Kristofferson[53]. Autre référence à Sam Peckinpah, le personnage de Marcy (Marcy Harriell) porte un t-shirt L'ultimo buscadero, titre italien du film Junior Bonner, le dernier bagarreur (1972)[51].

La plaque d'immatriculation (JJZ-109) de la Chevy Nova de Stuntman Mike est la même que celle de la Mustang de Steve McQueen dans Bullitt (1968) tandis que celle de sa Dodge Charger (983-DAN) est la même que celle de la Charger du film Larry le dingue, Mary la garce. La Mustang Grande noire et jaune 1972 est enfin une référence à la voiture du même modèle dans La Grande Casse (1974)[53],[54]. Le moment où une voiture traverse un bateau lors de la course poursuite (« Did you just hit a boat? ») est également une référence à La Grande Casse. Les personnages féminins évoquent par ailleurs, de manière négative, son remake 60 secondes chrono (2000)[53].

À l'hôpital, Earl McGraw parle de Stuntman Mike et le nommant Tobe Hooper. Tobe Hooper est un réalisateur principalement connu pour des films d'horreur.

Shanna porte un t-shirt Alamo Drafthouse Cinema (en) à l'effigie de l'actrice Tura Satana dans le film Faster, Pussycat! Kill! Kill! (1965), avec l'inscription « Badass cinema » en dessous. À la fin de Boulevard de la Mort, Zoë, Kim et Abernathy forment un trio de filles badass inspiré de Varla, Billie et Rosie, les trois héroïnes emblématiques du film de Russ Meyer. Ce dernier est d'ailleurs l'un des réalisateurs remerciés par Quentin Tarantino au générique[51].

L'appartement de « Jungle » Julia contient plusieurs affiches, dont celles des films Soldat bleu (1970) de Ralph Nelson et de Paranoia (1970) d'Umberto Lenzi, ainsi qu'une immense photo de Brigitte Bardot[55]. Par ailleurs, le logo de sa station de radio — Austin Hot Wax — rappelle celui du film American Hot Wax (1978) de Floyd Mutrux[51].

Grand fan de Brian de Palma, Quentin Tarantino rend ici hommage à l'un de ses films préférés, Blow Out (1981), en reprenant le thème romantique composé par Pino Donaggio quand Jungle Julia échange des SMS avec un personnage mystérieux[9],[56],[57].

Autres références

Dans la deuxième partie du film, la Mustang jaune et noire possède une plaque d'immatriculation Brand X. Il s'agit d'une référence à Brand X Action Specialists, la société de cascadeurs du coordinateur de cascades de Quentin Tarantino, J.J. Dashnaw[9].

Le poème que « Jungle » Julia fait réciter à Mike pour Butterfly est un extrait du poème Stopping by Woods on a Snowy Evening de Robert Frost. C'est aussi une référence au film Un espion de trop (1977) de Don Siegel, dans lequel le poème était utilisé comme signal post-hypnotique pour activer des agents dormants[9]. Par ailleurs, Quentin Tarantino a nommé Jungle Julia Lucai en hommage à son assistante personnelle, Victoria Lucai[9].

Distinctions

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Notes et références

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  1. « Dates de sortie » (dates de sortie), sur l'Internet Movie Database
  2. « Parental guide » ((en) guide parental), sur l'Internet Movie Database
  3. « Doublage français de Boulevard de la mort », RS Doublage (consulté le )
  4. « Doublage québécois de Grindhouse en programme double », sur doublage.qc.ca (consulté le )
  5. Vidéo bonus sur le 3e DVD du coffre Grindhouse édité par TF1 Video
  6. (en) [vidéo] Ghosts of Vermont URBEX, « Comicon 2006 (Robert Rodriguez, Quentin Tarantino) », sur YouTube,
  7. a et b (en) Mike Cotton, « House Party », Wizard Universe, (consulté le )
  8. a et b (en) Gavin Edwards, « Online Exclusive: Horror Film Directors Dish About 'Grindhouse' Trailers », Rolling Stone (version du sur Internet Archive)
  9. a b c d e f g h i j k et l « Trivia » ((en) anecdotes), sur l'Internet Movie Database
  10. « La gueule cassée de Stuntman », AlloCiné (consulté le )
  11. (en) Chris Nashawaty, « Bloodbath and Beyond », sur Entertainment Weekly, (consulté le )
  12. Bonus Reservoir Girls : le casting selon Tarantino (21'12"), présent sur le DVD 2 du coffret Grindhouse édité par TF1 Video
  13. « Filming & production » (tournage et production), sur l'Internet Movie Database
  14. a b et c Morsiani 2011, p. 134
  15. Bonus Les courses-poursuites déjantées sur le coffret 3 DVD de Grindhouse, édité par TF1 Vidéo en 2011
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Articles connexes

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Bibliographie

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  • Alberto Morsiani, Quentin Tarantino : Film après film, scène après scène, une incursion dans les intrigues violentes du réalisateur le plus transgressif du nouveau cinéma américain, Gremese, coll. « Les grands cinéastes », , 160 p. (ISBN 978-88-7301-720-2), p. 129-137
  • Philippe Ortoli, Le Musée imaginaire de Quentin Tarantino, Paris, Cerf-Corlet, , 534 p. (ISBN 978-2-204-09705-5 et 2-204-09705-5)
  • Célia Sauvage, Critiquer Quentin Tarantino est-il raisonnable ?, Paris, Vrin, , 120 p. (ISBN 978-2-7116-2474-4)

Liens externes

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