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Grindhouse (films)

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Grindhouse
Description de l'image Grindhouse (films).png.
Réalisation Robert Rodriguez
Quentin Tarantino
Rob Zombie
Edgar Wright
Eli Roth
Scénario Robert Rodriguez
Quentin Tarantino
Musique Robert Rodriguez
Graeme Revell
Carl Thiel
David Arnold
Nathan Barr
Tyler Bates
Sociétés de production Dimension Films
Big Talk Productions
Dartmouth International
Eyetronics
Rodriguez International Pictures
Troublemaker Studios
The Weinstein Company
Yer Dead
Pays de production Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre thriller horrifique
Durée 191 minutes
Sortie 2007

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Grindhouse est un diptyque de films thriller-épouvante réalisé par Robert Rodriguez et Quentin Tarantino et sorti en 2007. Imitant le style des doubles programmes de films d'exploitation, chaque réalisateur met en scène l'une des deux parties, séparés par de fausses bandes annonces. Le premier segment de Robert Rodriguez, Planète Terreur (Planet Terror), est un film d'horreur avec, entre autres, Rose McGowan, Freddy Rodríguez, Naveen Andrews et Bruce Willis. La seconde partie de Quentin Tarantino, Boulevard de la mort en France (A l'épreuve de la mort au Québec et Death Proof en version originale) est un hommage aux slashers et aux films de course-poursuite automobile des années 1970 et en scène, entre autres, Kurt Russell, Rose McGowan, Zoë Bell et Rosario Dawson.

Grindhouse sort dans les salles américaines en , distribué par Dimension Films. Il reçoit des critiques positives pour son ambiance, son suspense et son hommage au cinéma d'exploitation. Cependant, Grindhouse est un échec commercial, rapportant seulement 25,4 millions de dollars pour un budget estimé entre 53 et 67 millions. En raison des faibles performances au box-office américain, les producteurs Harvey et Bob Weinstein préfèrent sortir, dans les pays non-anglophones, les deux parties sortent séparément. Boulevard de la mort de Quentin Tarantino sort ainsi en France en et Planète Terreur de Robert Rodriguez en août de la même année.

Les premières éditions DVD et Blu-ray des films ne proposent tout d'abord que les versions séparées, plus longues. La version cinéma de Grindhouse regroupant les deux films et les fausses bandes-annonces, n'est apparue en DVD et Blu-ray qu'en 2010. Malgré cet échec commercial, les deux cinéastes ont manifesté leur intérêt pour une possible suite, compte tenu des critiques positives et du succès commercial de Grindhouse en DVD et Blu-ray. Trois fausses bandes annonces seront par la suite adaptées en longs métrages : Machete (2010) de Robert Rodriguez et Ethan Maniquis, Hobo with a Shotgun (2011) de Jason Eisener et Thanksgiving : La Semaine de l'horreur (2023) d'Eli Roth.

Contenu du double programme

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Fausse bande-annonce de Machete (réalisée par Robert Rodriguez)

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Synopsis

L'ancien Federales Machete est engagé pour tuer un sénateur américain. Mais son client se tourne contre lui et il est gravement blessé. Avec l'aide du père Benicio Del Toro, il va prendre les armes pour se venger.

Distribution

La fausse bande-annonce ouvre le double-programme, juste avant Planète Terreur. Elle deviendra un long métrage, Machete, toujours avec Danny Trejo dans le rôle-titre, ainsi que Robert De Niro, Cheech Marin, Michelle Rodríguez, Jessica Alba, Steven Seagal, Don Johnson et Lindsay Lohan. Le film est sorti le au Canada et le en France. Il sera suivi d'une suite, Machete Kills sorti en 2013. Dès la fin du premier film, il était annoncé que le personnage reviendra dans Machete Kills et Machete Kills Again. Ce second film contient par ailleurs une fausse bande-annonce du supposé troisième volet, Machete Kills Again… In Space. En 2015, Danny Trejo annonce en interview que le projet est toujours d'actualités[1]. Le projet ne s'est cependant pas concrétisé.

Planète Terreur (réalisé par Robert Rodriguez)

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Synopsis

Une soirée ordinaire dans une petite ville du Texas vire au cauchemar lorsqu'une horde de zombies affamés de chair humaine se met à rôder. Cherry Darling, une go-go danseuse, et Wray, son ex-amant, s'allient à d'autres survivants dans une lutte acharnée pour échapper au carnage. La situation s'améliore légèrement lorsque Cherry, qui a perdu une jambe face à un zombie affamé, se voit greffer une mitrailleuse et se met à faire feu.

Distribution

Fausses bandes-annonces et publicité

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Werewolf Women of the SS (réalisée par Rob Zombie)

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Synopsis

Au camp de la mort n°13, les nazis ont créé des femmes loups-garous.

Distribution

Cette bande-annonce rend hommage à la nazisploitation, ou nazi porn est un type de film d'exploitation et de sexploitation incluant des nazis commettant des actes de nature sexuelle, souvent dans des camps de concentration. Selon Rob Zombie, son segment s'inspire égament du genre Women in prison Ilsa, la louve des SS (1975), Elsa Fräulein SS (1976) et Le Camp spécial no 7 (1969)[2]. Il ajoute : « Je me suis lancé dans une réflexion très conceptuelle.... Souvent, ces films sont réalisés de la manière suivante : "J'ai tout un tas d'uniformes nazis, mais j'ai aussi ce décor chinois. On va les combiner !" Ils commencent à y fourrer des choses, alors j'ai adopté cette approche[3]. »

Publicité pour le restaurant Acuña Boys

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Une brève publicité pour le restaurant Acuña Boys s'intercale entre les fausses bandes-annonces. Cette chaîne de restauration tex-mex  fictive  apparaissait déjà dans Jackie Brown (1997) de Quentin Tarantino. On la retrouve dans Boulevard de la Mort sur un gobelet de soda. Dans Kill Bill : Volume 2, les Acuña Boys désignent par ailleurs un gang dirigé par Esteban Vihaio[4],[5].

Don't (réalisée par Edgar Wright)

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Synopsis
Distribution

Cette bande-annonce est réalisée dans le style des bandes-annonces des films d'horreur de la Hammer Film Productions. Parmi les acteurs présents dans la bande-annonce on peut remarquer Jason Isaacs, Matthew Macfadyen, la chanteuse Katie Melua, Mark Gatiss, Lee Ingleby, Georgina Chapman, Emily Booth, Stuart Wilson, Lucy Punch, Rafe Spall, MyAnna Buring, Michael Smiley, Peter Serafinowicz, et Nicola Cunningham, ainsi que les acteurs récurrents d'Edgar Wright : Simon Pegg et Nick Frost. La voix-off est celle de Will Arnett. Beaucoup d'entre eux ont participé en tant que caméos non crédités.

Pour obtenir l'aspect « vieux » des années 1970 de la bande-annonce, Edgar Wright a utilisé de vieilles bandes ainsi que des vieilles caméras. Pendant le montage, il a également frotté les bandes avec de la paille de fer et les a traînées sur le sol d'un parking pour obtenir une impression de bande abîmée par la négligence des projectionnistes[3].

Edgar Wright explique également : « Dans les années 70, les producteurs américains, qui obtenaient les droits de traductions de films d'horreur européens, leur donnaient des noms ridicules. Celui qui m'a inspiré était un film de Jorge Grau qui s'appelait Le Massacre des morts-vivants [...]. En Espagne et en Italie, il était appelé Do Not Speak Ill of the Dead, et aux États-Unis, il s'appelait Don't Open The Window N'ouvrez pas la fenêtre »). J'ai juste aimé le fait qu'il n'y ait pas de scène de fenêtre dans le film, c'était juste pour donner une intonation inquiétante à la voix-off sans que l'on sache ce dont le film parlait réellement »[2].

Dans l'émission Charlie Rose, Quentin Tarantino a par ailleurs décrit le fait qu'aucun des acteurs ne prononce un mot dans la bande-annonce. Il s'agit d'une méthode qu'utilisaient les promoteurs de films aux États-Unis pour que les spectateurs ne sachent pas que le film était britannique ou en provenance d'un autre pays européen[6].

Thanksgiving (réalisée par Eli Roth)

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Synopsis

Dans la petite ville de Plymouth dans le Massachusetts, le soir de Thanksgiving va virer au massacre.

Distribution

Eli Roth rend lui hommage aux slashers. Il choisit l'angle des vacances et des jours particuliers utilisés dans le cinéma horrifique comme Halloween, Vendredi 13, Meurtres à la St-Valentin, Douce nuit, sanglante nuit et Week-end de terreur et se dit que rien n'avait été encore fait avec Thanksgiving[3]. Le design du segment s'inspire en partie d'une parodie intitulée Arbor Day publiée dans le magazine Mad[2]. La fausse bande-annonce reprend des éléments de la bande originale du film Creepshow (1982). Un long métrage, adapté de la bande-annonce, est sorti en 2023.

Hobo with a Shotgun (réalisée par Jason Eisener)

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Cette fausse bande-annonce est présente uniquement pour l'exploitation canadienne, ou dans certaines salles américaines. Comme pour Machete, un long-métrage adapté de la bande-annonce a été réalisé et sorti dans quelques pays en 2011. Le rôle-titre est, dans cette nouvelle version, tenu par Rutger Hauer[7],[8].

Death Proof (réalisé par Quentin Tarantino)

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Les réalisateurs du diptyque, Robert Rodriguez et Quentin Tarantino aux 2007 Scream Awards.

« Stuntman » Mike est un cascadeur professionnel qui, pendant son temps libre, emmène des femmes sans méfiance faire des virées mortelles. Il a modifié sa voiture pour un impact maximal ; lorsqu'il provoque volontairement des accidents, les corps s'accumulent tandis que lui s'en sort presque indemne. Mais le fou furieux Mike risque de se mettre dans un pétrin lorsqu'il s'en prend à un groupe d'amies coriaces, dont la cascadeuse Zoë Bell.

Distribution

Fiche technique

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Icône signalant une information Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par les bases de données cinématographiques IMDb et Allociné, présentes dans la section « Liens externes ».

  • Titre original : Grindhouse
  • Réalisation Robert Rodriguez et Quentin Tarantino, avec la participation de Rob Zombie, Edgar Wright et Eli Roth pour les fausses bandes-annonces
  • Scénario : Robert Rodriguez et Quentin Tarantino, avec la participation d'Edgar Wright, Jeff Rendell, Eli Roth, Rob Cotterill, John Davies et Jason Eisener
  • Musique : Robert Rodriguez, Graeme Revell et Carl Thiel (Planet Terror), David Arnold (segment Dont), Nathan Barr (segment Thanksgiving) et Tyler Bates (segment Werewolf Women of the SS)
  • Photographie : Robert Rodriguez (segments Machete et Planet Terror), Quentin Tarantino (segment Death Proof), Milan Chadima (segment Thanksgiving), Jess Hall (segment Don't) et Phil Parmet (segment Werewolf Women of the SS)
  • Montage : Glenn Garland (segment Werewolf Women of the SS), Ethan Maniquis (segment Planet Terror), Sally Menke (segment Death Proof) et Robert Rodriguez (segment Planet Terror)
  • Production Elizabeth Avellan, Robert Rodriguez, Erica Steinberg et Quentin Tarantino ; avec la participation de Rob Cotterill, Daniel S. Frisch, Andy Gould, Eli Roth et Gabriel Roth pour les fausses bandes-annonces
Producteurs délégués : Sandra Condito, Shannon McIntosh, Harvey Weinstein et Robert Weinstein

Genèse et développement

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Quentin Tarantino et Robert Rodriguez au San Diego Comic-Con 2006

En , lors du San Diego Comic-Con, les deux réalisateurs reviennent sur la genèse du projet : avant de tourner Sin City, Robert Rodriguez a l'idée de réaliser un double programme. Il veut alors faire deux films de 60 minutes chacun, en utilisant différentes idées écrites depuis des années. Il souhaite notamment s'inspirer du double-programme réunissant Rock All Night de Roger Corman et Dragstrip Girl d'Edward L. Cahn, deux films sortis en 1957. Le réalisateur se concentre cependant sur Sin City et délaisse cette idée. Cependant, durant un passage chez son ami Quentin Tarantino, il revoit l'affiche du double-programme Rock All Night / Dragstrip Girl et relance l'idée mais cette fois en faisant une partie chacun. Quentin Tarantino suggère alors le titre Grindhouse, en hommage aux salles du même nom diffusant des doubles programmes de films d'exploitation ou des séries Z. Ils ont aussi l'idée d’intercaler de fausses bandes-annonces, en clin d’œil à des projections privées organisées chez Quentin Tarantino, où ce dernier a l'habitude de diffuser des bandes annonces de vieux films comme L'Enfer des zombies de Lucio Fulci ou Torso de Sergio Martino[12],[13].

Selon l'actrice Marley Shelton, Robert Rodriguez et Quentin Tarantino ont vraiment coréalisé ensemble notamment le segment Planet Terror : « Quentin était souvent présent sur le plateau. Il avait des remarques et des ajustements à faire sur nos performances et il changeait parfois des répliques. Bien sûr, il s'en remettait toujours à Robert sur Planet Terror et vice-versa pour Death Proof. C'est donc vraiment leur projet commun[14] » Quentin Tarantino a quant à lui déclaré : « Je n'imagine pas faire Grindhouse avec un autre réalisateur comme Robert et moi l'avons fait, car j'avais une confiance absolue en lui. À tel point que nous n'avons vu nos films respectifs terminés que trois semaines avant la sortie. C'était comme si nous travaillions chacun de notre côté, en raccourcissant nos films, puis en les assemblant et en regardant le résultat, avant d'apporter quelques petites modifications. Et voilà[15]. »

Attribution des rôles

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Plusieurs membres de la distribution avaient déjà travaillé avec l'un ou les deux réalisateurs. Avant d'apparaître dans Grindhouse, Marley Shelton avait auditionné pour The Faculty (1998), mais Robert Rodriguez avait choisi de ne pas la retenir. Elle a finalement obtenu le rôle d'une cliente dans la séquence d'ouverture de Sin City (2005)[14]. Bruce Willis a joué dans Pulp Fiction (1994) de Quentin Tarantino et dans Sin City de Robert Rodriguez, en plus d'une apparition dans un segment réalisé par Tarantino pour le film à sketches Groom Service (1995). Tom Savini avait auparavant joué dans Une nuit en enfer (1996), écrit par Tarantino et réalisé par Rodriguez. Michael Parks reprend le rôle du Texas Ranger Earl McGraw dans les deux segments de Grindhouse. Il avait déjà incarné ce personnage dans Une nuit en enfer. Son fils, James Parks, apparaît dans Death Proof dans le rôle d'Edgar McGraw, un personnage apparu pour la première fois dans Une nuit en enfer 2 : Le Prix du sang. Les deux personnages étaient déjà apparus ensemble dans Kill Bill : Volume 1 (2003) de Quentin Tarantino. Ce dernier fait lui-même une brève apparition dans les deux segments de Grindhouse. Le réalisateur Eli Roth, auteur de la fausse bande-annonce Thanksgiving et dont le film Hostel (2005) a été produit par Quentin Tarantino, fait une apparition dans Death Proof.

Quentin Tarantino voulait par ailleurs caster Kal Penn[16] et Sylvester Stallone[17] pour son segment Death Proof, mais tous deux étaient indisponibles en raison d'autres engagements. Dans une interview, le réalisateur a révélé avoir choisi Kurt Russell pour incarner le cascadeur tueur car « pour les gens de ma génération, c'est un véritable héros… mais aujourd'hui, tout un public ignore l'étendue de son talent. Quand je vois dans le journal une publicité annonçant Kurt Russell dans Dreamer ou Miracle, je ne dénigre pas ces films, mais je me demande : quand est-ce que Kurt Russell va redevenir un dur à cuire ?[18] »

Robert Rodriguez a révélé plus tard qu'il avait choisi Rose McGowan pour incarner Cherry Darling en réponse à la mise sur « liste noire » de l'actrice par The Weinstein Company (alors la société mère du distributeur de Grindhouse' Dimension Films) suite à l'agression sexuelle présumée d'elle par Harvey Weinstein[19].

Le tournage s'est déroulé au Texas (Austin, Luling, Georgetown) et en Californie (Buellton, Glendale, Lompoc, Santa Clarita, Santa Ynez), ainsi qu'au Mexique pour des plans aériens de Tulum pour la fin de Planet Terror. La fausse bande-annonce Thanksgiving est quant à elle tournée à Prague et Kladno en Tchéquie[20].

Effets spéciaux et montage

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Robert Rodriguez et Quentin Tarantino ont chacun officié en tant que directeur de la photographie sur leurs segments respectifs. Bien que cela soit une habitude pour le premier sur la plupart de ses longs métrages, Death Proof marque la première expérience de Quentin Tarantino dans ce rôle.

Bien que se déroulant à l'époque contemporaine, le film utilise diverses techniques non conventionnelles pour recréer l'aspect des films projetés dans les cinémas de quartier des années 1970. Tout au long des longs segments et des fausses bandes-annonces, la pellicule est intentionnellement endommagée afin de rappeler les nombreux films d'exploitation de cette décennie, souvent transportés d'une salle à l'autre et finissant généralement en mauvais état. Pour reproduire l'aspect des bobines endommagées dans Planet Terror, cinq des six bobines de 25 000 images ont été modifiées à l'aide de véritables dommages sur pellicule, d'effets additionnels et d'images d'archives[21].

Planète Terreur recourt cependant abondamment aux effets spéciaux numériques, notamment pour la fausse jambe de Cherry incarnée par Rose McGowan. Pour créer cette prothèse, l'actrice arbore une jambe de bois après son accident. En postproduction, les équipes d'effets spéciaux ont effacé numériquement la jambe droite de McGowan et l'ont remplacée par des accessoires générés par ordinateur : d'abord un pied de table, puis un fusil M16. Lors du tournage de ces scènes, McGowan portait un plâtre spécial qui limitait ses mouvements afin d'obtenir la posture adéquate et a facilité le travail des spécialistes des effets spéciaux pour l'effacer numériquement en postproduction[21].

Durant la phase de montage, Quentin Tarantino et Robert Rodriguez ont l'idée d'insérer des panneaux « bobines manquantes » dans le film. Robert Rodriguez déclare « Quentin s'apprêtait à projeter un film policier italien avec Oliver Reed et il disait : “Tiens, il y a une bobine manquante. Mais c'est vraiment intéressant parce qu'après la bobine manquante, on ne sait plus s'il a couché avec une fille ou pas, car elle dit que oui et lui dit que non. Ça laisse planer le doute, et le film fonctionne toujours malgré les 20 minutes en moins.” Je me suis dit : “Mon Dieu, c'est exactement ce qu'il nous faut ! Il nous faut absolument une bobine manquante !” Je vais l'utiliser de façon à ce qu'il affiche « bobine manquante » pendant 10 secondes, puis, à notre retour, vous arriverez directement au troisième acte… La fin du deuxième acte est généralement la partie la plus prévisible et la plus ennuyeuse des films : c'est là que le gentil se révèle être le méchant, et le méchant, le couple, devient ami. Mais soudain, au troisième acte, tout bascule et l'histoire prend une toute autre tournure[22] »

À propos du montage de son segment, Quentin Tarantino déclare : « Il y a une demi-heure d'écart entre ma version de Death Proof et celle diffusée dans Grindhouse. J'étais comme un distributeur américain de films d'exploitation sans scrupules, qui aurait réduit le film à l'extrême, le rendant presque incohérent. Je l'ai réduit à l'essentiel, j'ai enlevé tout le superflu pour voir s'il pouvait encore exister, et ça a marché[15]. » Une version longue de 127 minutes de Death Proof sera projetée en compétition pour la Palme d'Or au festival de Cannes 2007[15],[23],[24]. Quentin Tarantino avait alors déclaré : « Le film fonctionne très bien en double programme, mais je suis tout aussi enthousiaste, voire plus, à l'idée que le monde entier voie Death Proof dans sa version intégrale. Ce sera la première fois que tout le monde verra Death Proof seul, moi y compris[15] »

Sortie et accueil

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Sur le site d'agrégation de critiques Rotten Tomatoes, Grindhouse obtient 84% d'avis favorables, pour 194 critiques. Le consensus suivant résumé les avis collectés : « Grindhouse propose un divertissement d'exploitation exaltant, plein d'esprit et de panache, améliorant son matériau d'origine grâce à une intelligence sauvage[25]. » Sur le site Metacritic, qui utilise une moyenne pondérée, le film obtient la note de 77100 pour 36 critiques[26].

Entertainment Weekly attribue au film la note « B+ », le décrivant comme un « hommage follement drôle et excitant aux jours de gloire crasseux des films d'exploitation des années 1970 » qui « vous laissera rire, haleter, ravi par un film qui sait, enfin, comment remettre le mauvais dans badass[27]. » Peter Travers du magazine Rolling Stone écrit lui aussi une critique positive du film : « En se rabaissant sans se vendre, ce tour de force de filles et de balles vous redonne le goût du cinéma[28]. » James Berardinelli apprécie le film, mais son avis est moins enthousiaste que celui d'autres critiques. Lui attribuant trois étoiles (sur quatre), il le qualifie de « cinéma populaire et provocateur… [Rodriguez et Tarantino] parlent avec le cœur… mais cela ne signifie pas que tous les spectateurs le comprendront[29]. »

Certains journalistes sont cependant plus négatifs. Larry Ratliff du San Antonio Express-News écrit notamment : « cette entreprise ambitieuse, griffée et usée ne parvient jamais à exercer une véritable emprise mortelle sur les sens[30]. » Mick LaSalle du San Francisco Chronicle donne une excellente note mais n'apprécie pas le second segment : « Le segment de Rodriguez est formidable ; celui de Tarantino est long et puéril[31]. » D'autres ont considéré Boulevard de la Mort comme un segment plus profond et plus remarquable. Le critique A. O. Scott du New York Times note quant à lui : « À un certain moment de Death Proof, les rayures et les mauvais raccords disparaissent, et l'on se retrouve à regarder non pas une parodie habile et recherchée de vieux films et de salles de cinéma, mais un véritable film[32]. » Roger Ebert du Chicago Sun-Times est divisé. Il attribue à Grindhouse dans son ensemble deux étoiles et demie sur quatre, donnant deux étoiles à Planète Terreur et trois à Boulevard de la Mort. Le journaliste souligne par ailleurs l'ironie de voir les films d'exploitation largement supplantés par de nombreux films grand public à gros budget, classés R, comportant une forte dose de nudité et de violence crue[33].

La plupart des critiques ont généralement apprécié les fausses bandes-annonces. Geoff Pevere du Toronto Star écrit que leur utilisation contribue à asseoir la crédibilité du film, à la fois comme faux artefact et comme objet fétiche pour geeks, avant même le début du film[34]. Todd McCarthy de Variety affirme que les bandes-annonces sont « d'excellents candidats pour une immortalité dans le monde de l'exploitation »[35]. Jeff Vice du Deseret News, qui a noté négativement les longs métrages, qualifie les bandes-annonces de « point fort de toute la présentation »[36]. Maitland McDonagh de TV Guide écrit que « À l'exception de Werewolf Women, qui en fait un peu trop, ce sont toutes des pastiches parfaitement réussies »[37].

Grindhouse apparaît à la 6e du top 10 annuel de Jack Mathews et Owen Gleiberman pour respecitvement New York Daily News et Entertainment Weekly, ou encore 7e sur celui de Stephanie Zacharek du site Salon.com. Marc Savlov classe quant à lui Death Proof à la 10e place de sa liste pour le The Austin Chronicle[38].

Le diptyque Grindhouse sort au cinéma dans un certains pays (les deux films sortiront séparemment dans le reste du monde, principalement des pays non anglophones). Produit pour un budget de 67 millions de dollars, Grindhouse ne rapporte que 25 millions dans le monde[39].

Pays ou région Box-office Date d'arrêt du box-office Nombre de semaines
Drapeau des États-Unis États-Unis 25 037 897 $ [40] 11[40]
Monde Total hors États-Unis 384 191 $[39]
Monde Total mondial 25 422 088 $[39]

Sortie en vidéo

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Alors que les films étaient déjà sortis séparément en vidéo, la version française Grindhouse, alors inédite en France, ne sort en vidéo que le , en DVD et Blu-ray édité par TF1 Vidéo[41]. Cette version reprend le doublage québécois et non les versions françaises de Boulevard de la Mort et Planète Terreur[10].

Commentaires

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Liens entre les deux films

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Les segments Planète Terreur et Boulevard de la Mort sont liés par la présence des même acteurs comme Quentin Tarantino qui fait une apparition dans le premier et est présent dans son propre film, encore Rose McGowan qui joue un rôle différent dans les deux films. Par ailleurs, Michael Parks incarne le Texas Ranger Earl McGraw dans les deux films. Il apparaissait déjà dans deux autres films des cinéastes : Une nuit en enfer (1996) et Kill Bill : Volume 1 (2003). De plus, dans le segment Planète Terreur, on peut entendre à la radio, quand Tammy tombe en panne, un hommage à Jungle Julia, personnage incarné par Sydney Tamiia Poitier dans Boulevard de la Mort.

Projet de suite

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Alors que trois des fausses bandes annonces seront ensuite adaptées en longs métrages  Machete (2010) de Robert Rodriguez et Ethan Maniquis, Hobo with a Shotgun (2011) de Jason Eisener et Thanksgiving : La Semaine de l'horreur (2023) d'Eli Roth , Robert Rodriguez et Quentin Tarantino ont tous deux déclaré être intéressés par la réalisation d'une suite à Grindhouse[42]. Le second a notamment déclaré qu'il souhaitait tourner pour son segment un « film de kung-fu à l'ancienne en mandarin avec des sous-titres dans certains pays, et sortir une version plus courte et doublée dans d'autres »[43]. Le site Rotten Tomatoes a également rapporté qu'Edgar Wright pourrait lui aussi adapter sa fausse bande-annonce, Don't, en long métrage[44]. D'après Eli Roth, Edgar Wright et lui ont déjà évoqué la possibilité de combiner Don't et Thanksgiving pour une suite de Grindhouse. Eli Roth aurait déclaré : « On en discute avec Dimension. Je crois qu'ils sont encore en train de finaliser Grindhouse avant de penser à Grindhouse 2, mais j'ai déjà commencé à travailler sur le synopsis et je serais partant sans hésiter[45]. »

Electra et Elise Avellán, les nièces de Robert Rodriguez, qui incarnent les jumelles babysitteurs dans les deux films, ont déclaré que leur oncle voulait faire une suite mettant en scène à la fois Machete et les « Babysitter Twins », mais ce dernier projet ne s'est pas concrétisé avec la sortie du premier[46],[47].

Notes et références

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  1. (en) Matt Artz, « Danny Trejo Confirms 'Machete Kills In Space' Filming This Year [Exclusive] », Halloween Daily News,
  2. 1 2 3 (en) Gavin Edwards, « Online Exclusive: Horror Film Directors Dish About 'Grindhouse' Trailers », Rolling Stone, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  3. 1 2 3 Mark Olsen, « These plotlines get hacked to bits », Los Angeles Times, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  4. « Pourquoi les marques fictives de Quentin Tarantino sont une idée de génie ? », sur CinéSéries.com, (consulté le ).
  5. (en) « Acuna Boys Tex-Mex Food », sur The Quentin Tarantio Archives (consulté le ).
  6. « Charlie Rose – Lawrence Wright / Quentin Tarantino and Robert Rodriguez » [archive du ], (consulté le )
  7. Après "Machete", "Hobo with a Shotgun" deviendra aussi un long-métrage
  8. (en) « Hobo with a Shotgun (2011) - Release info » [vidéo], sur IMDb (consulté le ).
  9. « Release infos » (dates de sortie), sur l'Internet Movie Database
  10. 1 2 Grindhouse - L'intégrale (2007) - Potemkine.fr
  11. « Parental guide » ((en) guide parental), sur l'Internet Movie Database
  12. Vidéo bonus sur le 3e DVD du coffre Grindhouse édité par TF1 Video
  13. (en) [vidéo] Ghosts of Vermont URBEX, « Comicon 2006 (Robert Rodriguez, Quentin Tarantino) », sur YouTube,
  14. 1 2 (en) Ian Spelling, « Doctor in the Grindhouse » [archive du ], sur Fangoria (consulté le )
  15. 1 2 3 4 (en) John Hiscock, « Quentin Tarantino: I'm proud of my flop » [archive du ] Accès payant, sur The Daily Telegraph, (consulté le )
  16. (en) Peter Sciretta, « Did You Know: Kal Penn was cast in Tarantino's Grindhouse? » [archive du ], Slash Film (consulté le )
  17. (en) Peter Sciretta, « Tarantino wanted Stallone for Grindhouse » [archive du ], Slash Film (consulté le )
  18. (en) Chris Nashawaty, « Bloodbath and Beyond », Entertainment Weekly, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  19. (en) Katie Rife, « Robert Rodriguez says Rose McGowan's role in Grindhouse was a "fuck you" to Harvey Weinstein » [archive du ], sur The A.V. Club, (consulté le )
  20. « Filming & production » (tournage et production), sur l'Internet Movie Database
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Articles connexes

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Liens externes

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