Élections européennes de 1989 en Italie

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Élections européennes de 1989 en Italie
81 députés européens
Type d’élection élections européennes
Corps électoral et résultats
Inscrits 46 346 961
Votants 37 572 759
81,07 %  −1,4
Votes exprimés 34 804 317
Votes blancs et nuls 2 768 442
Arnaldo Forlani 2.jpg DC – Arnaldo Forlani
Voix 11 451 053
32,90 %
 −0,1
Députés élus 26  0
Achille Occhetto.jpg PCI – Achille Occhetto
Voix 9 598 369
27,58 %
 −5,8
Députés élus 22  −5
Bettino Craxi crop.jpg PSI – Bettino Craxi
Voix 5 151 929
14,80 %
 +3,6
Députés élus 12  +3
Parti arrivé en tête par circonscription.
Carte
elezionistorico.interno.gov.it

Les élections européennes de 1989 en Italie (en italien : Elezioni europee del 1989 in Italia) se tiennent le , afin d'élire les 81 députés européens italiens de la 3e législature du Parlement européen.

Le scrutin est marqué par un recul assez net du Parti communiste italien (PCI), une poussée du Parti socialiste italien (PSI) et l'émergence de partis écologistes et autonomistes, qui parviennent à capter près de 8 % des voix. De nouveau en recul, le taux de participation reste néanmoins supérieur à 80 % et dépasse donc de 20 points la moyenne européenne.

Contexte[modifier | modifier le code]

L'Italie est membre fondateur de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA) en , de la Communauté économique européenne (CEE) en et de la Communauté européenne de l'énergie atomique (Euratom) en . Le démocrate chrétien Alcide De Gasperi et le communiste Altiero Spinelli sont considérés comme faisant partie des « pères de l'Europe ».

Au sein de la Commission Delors I, formée en , le démocrate chrétien Lorenzo Natali est vice-président, commissaire à la Coopération, au Développement et à l'Élargissement, tandis que le socialiste Carlo Ripa di Meana est commissaire aux Questions institutionnelles, à la Politique de l'information, à la Culture et au Tourisme.

Aux élections européennes du , le Parti communiste italien (PCI) réussit pour la seule et unique fois de son histoire le « sorpasso » : avec 33,3 % des voix et 27 députés européens sur 81, il devance de 0,3 point et un siège la Démocratie chrétienne (DC), première force politique italienne depuis et qui réalise son plus mauvais résultat depuis .

Le Parti socialiste italien (PSI), stable, confirme sa troisième place dans le jeu politique en réunissant 11,2 % des voix et neu élus. Il reste ainsi nettement devant le Mouvement social italien – Droite nationale (MSI-DN), qui remporte cinq parlementaires et 6,5 %. Il est ainsi talonné par l'alliance entre le Parti républicain italien et le Parti libéral italien (PRI-PLI), deux formations membres du groupe libéral qui totalisent 6 % des exprimés et cinq mandats.

Ensemble, ils dépassent donc le Parti socialiste démocrate italien (PSDI), qui se contente de 3,5 % et trois députés européens, manquant de seulement 25 000 bulletins de se faire devancer par le Parti radical (PR), qui obtient autant de sièges avec 3,4 %.

En , le démocrate chrétien Ciriaco De Mita est nommé président du Conseil des ministres et gouverne avec l'appui du Pentapartito qui associe la DC, le PSI, le PSDI, le PLI et le PRI.

Le XXXVe congrès du Parti radical en décide que le parti renonce à toute compétition électorale afin de promouvoir des objectifs dépassant le cadre partisan. Une partie du PR décide toutefois de se présenter avec une liste intitulée Liste contre l'interdiction des drogues (LAD), tandis que d'autres rejoignent l'alliance PRI-PLI sous le nom de « Fédéralistes ».

Mode de scrutin[modifier | modifier le code]

Les députés européens sont élus au scrutin proportionnel plurinominal pour un mandat de cinq ans.

Le territoire italien est divisé en cinq circonscriptions, correspondant aux groupes de régions de l'ISTAT. Il n'y a pas de seuil électoral.

Le jour du vote, chaque électeur choisit dans sa circonscription une liste de candidats, et peut émettre jusqu'à trois votes de préférence. À l'issue du scrutin, les sièges sont répartis au niveau national à la proportionnelle de Hare. Les sièges attribués à chaque parti sont ensuite distribués dans les circonscriptions et accordés en priorité aux candidats ayant reçu le plus grand nombre de voix préférentielles.

Les candidatures représentant des minorités linguistiques (présentes en Vallée d'Aoste, Trentin-Haut-Adige et Frioul-Vénétie julienne) ont la possibilité de se rattacher à une liste nationale. Dans ce cas, les votes obtenus par les minorités s'ajoutent à ceux de la liste de rattachement, et un siège est attribué à tout candidat linguistique dont la candidature rassemble au moins 50 000 suffrages.

Campagne[modifier | modifier le code]

Principales forces politiques[modifier | modifier le code]

Parti Groupe Idéologie Secrétaire
Démocratie chrétienne
Democrazia Cristiana
Populaire Centre
Démocratie chrétienne, antifascisme, anticommunisme
Arnaldo Forlani
Parti communiste italien
Partito Comunista Italiano
Gauche unitaire Gauche
Communisme, eurocommunisme, marxisme-léninisme
Achille Occhetto
Parti socialiste italien
Partito Socialista Italiano
Socialiste Centre gauche
Socialisme, social-démocratie, social-libéralisme
Bettino Craxi
Mouvement social italien – Droite nationale
Movimento Sociale Italiano - Destra Nazionale
Non-inscrits Extrême droite
Néofascisme, nationalisme, anticommunisme
Gianfranco Fini
Parti républicain italien
Partito Republicano Italiano
Non-inscrits Centre
Républicanisme, mazzinisme
Giorgio La Malfa
Parti libéral italien
Partito Liberale Italiano
Libéral Centre droit
Libéralisme, Libéral-conservatisme, libérisme
Renato Altissimo
Parti socialiste démocrate italien
Partito Socialista Democratico Italiano
Socialiste Centre gauche
Social-démocratie, socialisme
Antonio Cariglia

Résultats[modifier | modifier le code]

Voix et sièges[modifier | modifier le code]

Parti Suffrages Sièges
Voix % Députés +/-
Démocratie chrétienne (DC) 11 451 053 32,90 26 en stagnation
Parti communiste italien (PCI) 9 598 369 27,58 22 en diminution 5
Parti socialiste italien (PSI) 5 151 929 14,80 12 en augmentation 3
Mouvement social italien – Droite nationale (MSI-DN) 1 918 650 5,51 4 en diminution 1
Parti libéral italien (PLI) 1 532 388 4,40 3 en augmentation 1
Parti républicain italien (PRI) 1 en diminution 2
Les Verts Européens - Liste Verte (VE-LV) 1 317 119 3,78 3 en augmentation 3
Parti socialiste démocrate italien (PSDI) 945 383 2,72 2 en diminution 1
Les Verts Arc-en-ciel (VA) 830 980 2,32 2 en augmentation 2
Ligue lombarde - Alliance du Nord (LL-AN) 636 242 1,83 2 en augmentation 2
Démocratie prolétarienne (DP) 449 639 1,29 1 en stagnation
Liste contre la prohibition des drogues (LAD) 430 150 1,24 1 en diminution 2
Autres 542 415 1,57 2 en stagnation
Votes valides 34 804 317 92,63
Votes blancs et nuls 2 768 442 7,37
Total 37 572 759 100,00 81
Abstention 8 774 202 18,93
Inscrits / participation 46 346 961 81,07

Analyse[modifier | modifier le code]

Ce scrutin atteint un nouveau record d'abstention dans l'histoire républicaine puisque plus de huit millions d'Italiens ne se déplacent pas aux urnes.

Si la DC reste stable, perdant à peine 0,6 point et conservant l'intégralité de ses mandats, le PCI subit lui une défaite sérieuse. Premier parti du pays à l'issue du scrutin de , il est relégué à sa traditionnelle deuxième place après avoir abandonné 2 116 100 voix, soit 5,8 points et 20 % de sa délégation parlementaire. Ce recul ne permet toutefois pas aux démocrates chrétiens de réussir le grand chelem des cinq circonscriptions puisque les communistes continuent de dominer l'Italie centrale.

Le PSI, toujours troisième, réalise pour sa part le meilleur résultat de son histoire. Il obtient ainsi plus de voix qu'aux élections générales de à la Chambre des députés et établit, à cette époque, son record de suffrages favorables en réunissant 1 211 500 voix et trois députés de plus qu'en . C'est également la seule fois dans son histoire où il obtient plus de 14,5 % des exprimés. À cette époque, il devient la première force politique à faire élire plus de 10 députés hors DC et PCI. Il laisse ainsi loin derrière lui le MSI-DN, qui perd un point et un siège.

L'alliance PLI-PRI est un nouvel échec, puisqu'elle abandonne 30 % de ses suffrages du scrutin précédent et un élu. La répartition des candidatures conduit même à la perte de deux députés sur trois pour les républicains. La coalition est suivie par la Fédération des listes vertes (FLV), une des trois forces émergentes de ces élections avec Les Verts Arc-en-ciel (VA) et la Ligue lombarde - Alliance Nord (LL-AN). Ensemble, ces trois formations captent en effet 2 784 200 suffrages exprimés, soit 7,9 % et sept élus.

Le PSDI, toujours en recul puisqu'il tombe sous la barre des 3 %, est ainsi distancé par la FLV, tandis que les VA et la LL-AN surpassent la DP, qui n'évolue pas en comparaison avec le précédent scrutin. Enfin, la LAD, qui cherche à occuper l'espace politique du Parti radical (qui a renoncé à toute compétition électorale), perd les deux tiers de la représentation parlementaire des radicaux en divisant leur résultat électoral par trois.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Quelques mois après le scrutin, le PCI prend le « tournant de Bologne » qui l'amènera à renoncer au communisme au profit de la social-démocratie.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]