Élection présidentielle italienne de 2015

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Élection présidentielle italienne de 2015

(1er tour)

(2e et 3e tours)

(4e tour)
Type d’élection Présidentielle
Corps électoral et résultats
Inscrits 1 009
Presidente Sergio Mattarella.jpg Sergio Mattarella – Indépendant
Voix 665
66,8 %
Président de la République italienne
Sortant Élu
Giorgio Napolitano
(Indépendant)
Sergio Mattarella
(Indépendant)

L'élection présidentielle italienne de 2015 (en italien, Elezione del Presidente della Repubblica Italiana del 2015), quatorzième élection présidentielle de la République italienne, est un scrutin au suffrage universel indirect qui a pour but l'élection du président de la République pour un mandat de sept ans. Elle est convoquée après la démission du président sortant Giorgio Napolitano[1],[2]. Le scrutin a lieu du 29 au 31 janvier 2015 au palais Montecitorio, à Rome, le plénum du collège électoral étant présidé par la présidente de la Chambre des députés, Laura Boldrini.

Au quatrième tour de scrutin, nécessitant pour l'élection une majorité absolue des suffrages, le juge constitutionnel Sergio Mattarella est élu président de la République avec 665 voix. Sa candidature était appuyée par le chef du gouvernement, Matteo Renzi.

Le président de la République italienne, chef d'État d'un régime parlementaire, assume un rôle essentiellement honorifique[3], bien qu'il soit considéré, par la Constitution italienne, comme étant le garant des institutions et de l'unité nationale.

Élection[modifier | modifier le code]

Procédure électorale[modifier | modifier le code]

Laura Boldrini, présidente du collège électoral.
La salle de réunion du collège électoral.

D'après la Constitution, le président de la République (Presidente della Repubblica) est élu au suffrage universel indirect par la séance commune du Parlement, à laquelle participent également cinquante-huit délégués régionaux, trois par régions, sauf pour le Val d'Aoste qui n'en a qu'un. Du fait de la présence de six sénateurs à vie, le collège comprend à cette occasion 1 009 membres.

Le plénum est présidé par le président de la Chambre des députés et se tient au siège de la chambre basse, le palais Montecitorio à Rome. Pour ce scrutin, la présidence sera, par conséquent, assumée par Laura Boldrini, qui était déjà chargée de présider le précédent scrutin présidentiel, en 2013. C'est la première fois, dans l'histoire de la République italienne, qu'un président de la Chambre des députés se retrouve, deux fois de suite, chargé de présider un tel scrutin.

L'élection est acquise à la majorité des deux tiers de l'assemblée aux trois premiers tours, à la majorité absolue par la suite. Il faudra donc réunir 673 voix, ou 505 suffrages au-delà de trois tours.

Enjeux du scrutin[modifier | modifier le code]

Le , le président de la République sortant, Giorgio Napolitano, avait accepté d'être réélu pour un second mandat[4] ; les grands électeurs que sont les députés, les sénateurs et les représentants de région n'étaient pas parvenus à lui trouver un successeur, dans un contexte politique très compliqué, puisque aucune coalition ne disposait de la majorité dans les deux Chambres du Parlement issue des élections générales des 24 et 25 février. Dans son discours d'investiture, qu'il a prononcé juste après avoir prêté serment deux jours après ce scrutin, le chef de l'État a indiqué que ce mandat ne serait que provisoire et qu'il attendait que le gouvernement bientôt désigné puisse mettre en œuvre de véritables réformes institutionnelles, économiques et sociales, sans quoi sa démission serait immédiate[5].

Le 24 avril suivant, le vice-secrétaire du Parti démocrate (PD), Enrico Letta, était chargé de former un gouvernement[6], finalement constitué trois jours plus tard[7] ; outre le PD, ce cabinet d'union nationale était composé du Peuple de la Liberté (PdL), de Silvio Berlusconi, et du Choix civique pour l'Italie (SC), de Mario Monti. Le mandat de ce gouvernement est cependant abrégé le , lorsque le nouveau secrétaire du PD, Matteo Renzi, parvient à renverser, au sein du parti, le président du Conseil, auquel il succède le 22 février suivant. Le nouveau chef du gouvernement, décide d'accélérer les réformes, avec le soutien d'Angelino Alfano, ministre de l'Intérieur et chef du Nouveau Centre-droit (NCD), une formation politique constituée de cadres transfuges du PdL refusant que les ennuis judiciaires de Berlusconi puissent peser davantage sur la politique nationale.

Le 31 décembre 2014, le président Napolitano, dans son traditionnel discours télévisé de fin d'année, confirme ouvertement sa démission imminente, qui est officielle le [8].

De nombreux présidentiables[modifier | modifier le code]

Comme en 2013, de nombreux noms sont évoqués pour la succession du président Napolitano.

Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, était l'un des plus cités pour la course au Quirinal, mais dans une entrevue à un journal allemand, il avait indiqué qu'il n'était pas candidat à la magistrature suprême.

Pour la première fois en Italie, de nombreuses femmes sont pressenties pour la présidence : c'est le cas de la ministre de la Défense, Roberta Pinotti, régulièrement citée ; de la président de la Chambre des députés, Laura Boldrini, qui présidera le collège électoral ; de l'ancienne ministre des Affaires étrangères, Emma Bonino, très appréciée par ses concitoyens dont la majorité souhaiterait l'élection au Quirinal ; de la vice-présidente de la Cour constitutionnelle, Marta Cartabia ; et de la présidente de la commission des affaires constitutionnelles du Sénat, Anna Finocchiaro.

Trois anciens présidents du Conseil des ministres sont aussi présentés comme de sérieux candidats pour la succession du président sortant : Massimo D'Alema, Romano Prodi et, dans une moindre mesure, Giuliano Amato ; si les deux premiers sont préférés par le centre gauche, le troisième dispose du soutien de Silvio Berlusconi.

D'autres candidats, de moindre envergure, pourraient être choisis, bien qu'ils soient, d'après la presse transalpine, les moins probables : le maire de Turin, Piero Fassino, l'ancien maire de Rome, Walter Veltroni, et le ministre des Biens et des Activités culturels et du Tourisme, Dario Franceschini. C'est également le cas de l'ancien juge à la Cour constitutionnelle, Sabino Cassese, de l'ancien ministre Sergio Mattarella et, pour la société civile, de Riccardo Muti et de Renzo Piano[9].

Si aucun des candidats précédemment cités ne devait s'imposer, le président du Sénat, Pietro Grasso, pourrait être l'homme d'un compromis, tout comme le magistrat Raffaele Cantone.

Le , Antonio Martino est désigné candidat par le parti Forza Italia, auquel il appartient. Sa candidature est soutenue par le Nouveau Centre-droit, dirigé par Angelino Alfano. Une semaine après, le 28 janvier, c'est le journaliste conservateur Vittorio Feltri qui est proposé par la Ligue du Nord et les Frères d'Italie, quand, le même jour, le président du Conseil, Matteo Renzi, indique sa préférence pour la candidature de l'ancien ministre démocrate-chrétien Sergio Mattarella.

Composition du collège électoral[modifier | modifier le code]

Présidente : Laura Boldrini
Fonctions Nombre
Députés 630
Sénateurs 321
Délégués 58
TOTAL 1 009
Majorité des 2/3 673
Majorité absolue 505

Résultats[modifier | modifier le code]

29 janvier 2015[modifier | modifier le code]

1er tour de scrutin[modifier | modifier le code]

  • Inscrits : 1009
  • Présents : 975
  • Votants : 975
  • Majorité requise : 673
Candidat Suffrages
Ferdinando Imposimato[10] 120
Vittorio Feltri[11] 49
Luciana Castellina[12] 37
Emma Bonino[13] 25
Stefano Rodotà[14] 23
Gabriele Albertini[15] 14
Claudio Sabelli Fioretti 11
Romano Prodi 9
Mauro Morelli 9
Massimo Caleo 8
Marcello Gualdani[16] 6
Pier Luigi Bersani 5
Sergio Mattarella 5
Lucio Barani 4
Giuseppe Scognamiglio 4
Agostino Marianetti 3
Antonio Martino 3
Ricardo Merlo 3
Ignazio Messina 3
Paolo Mieli 3
Giuseppe Pagano 3
Antonello Zitelli 3
Dario Ballini D'Amato 2
Ezio Greggio 2
Anna Finocchiaro 2
Votes dispersés 48
Votes blancs 538
Votes nuls 33

Dans les votes dispersés, on trouve les noms de Franco Barbato, Massimo Bray, Gian Carlo Caselli, Stefania Craxi, Sabrina Ferilli, Giuliano Ferrara, Arnaldo Forlani, Massimo Giletti, Gianni Letta, Giancarlo Magalli, Luca Mangoni, Ermanno Olmi, Alberto Perino, Raffaele Ranucci, Antonio Razzi, Luigi Riva, Paolo Romani, Walter Veltroni, Denis Verdini et Santo Versace.

Lors de ce premier tour de scrutin, au vote secret, aucun candidat n'a rassemblé sur son nom la majorité des deux-tiers des suffrages. En conséquence, un second tour est convoqué pour le lendemain par Laura Boldrini.

30 janvier 2015[modifier | modifier le code]

2e tour de scrutin[modifier | modifier le code]

  • Inscrits : 1009
  • Présents : 953
  • Votants : 953
  • Majorité requise : 673
Candidat Suffrages
Ferdinando Imposimato 123
Vittorio Feltri 51
Luciana Castellina 34
Emma Bonino 23
Stefano Rodotà 22
Claudio Sabelli Fioretti 14
Marcello Gualdani 10
Giuseppe Pagano 7
Santo Versace 6
Romano Prodi 5
Paola Severino 5
Sergio Mattarella 4
Gian Carlo Sangalli 4
Antonio Razzi 4
Ezio Greggio 3
Ignazio Messina 3
Mauro Guerra 3
Pier Luigi Bersani 2
Lucio Barani 2
Luciano Cimmino 2
Anna Finocchiaro 2
Franco Frattini 2
Agostino Marianetti 2
Carlo Scognamiglio 2
Votes dispersés 61
Votes blancs 531
Votes nuls 26

Dans les votes dispersés, on trouve les noms de Sergio Cofferati, Stefania Craxi, Massimo D'Alema, Barbara D'Urso, Sabrina Ferilli, Giuliano Ferrara, Enzo Iacchetti, Maria Carmela Lanzetta, Giovanni Malagò, Luigi Manconi, Antonio Martino, Alfredo Messina, Roberta Oliaro, Arturo Parisi et Renato Schifani.

Lors de ce deuxième tour de scrutin, au vote secret, aucun candidat n'a rassemblé sur son nom la majorité des deux-tiers des suffrages. En conséquence, un troisième tour est convoqué pour l'après-midi même par Laura Boldrini.

3e tour de scrutin[modifier | modifier le code]

  • Inscrits : 1009
  • Présents : 969
  • Votants : 969
  • Majorité requise : 673
Candidat Suffrages
Ferdinando Imposimato 126
Vittorio Feltri 56
Luciana Castellina 33
Emma Bonino 23
Stefano Rodotà 22
Lucio Barani 21
Giuseppe Pagano 11
Claudio Sabelli Fioretti 8
Marcello Gualdani 7
Mauro Guerra 5
Francesco Guccini 4
Luigi Manconi 4
Sergio Mattarella 4
Giovanni Malagò 3
Ignazio Messina 3
Antonio Palmieri 3
Angelo Perrino 3
Romano Prodi 3
Ernesto Abaterusso 2
Pier Ferdinando Casini 2
Michele Emiliano 2
Franco Frattini 2
Ezio Greggio 2
Luigi Marino 2
Vincenzo Olita 2
Antonio Razzi 2
Pasquale Sollo 2
Andrea Vecchio 2
Votes dispersés 70
Votes blancs 513
Votes nuls 27

Dans les votes dispersés, on trouve les noms de Fulvio Abbate, Franco Bechis, Pier Luigi Bersani, Roberto Bettega, Ilaria Borletti Buitoni, Raffaele Cantone, Luigi Ciotti, Fernanda Contri, Sabrina Ferilli, Maria Pia Garavaglia, Maria Carmela Lanzetta, Antonio Martino, Luigi Ramponi, Paolo Romani, Giuseppe Scognamiglio, Mario Segni, Paola Severino, Santo Versace et Luigi Zanda.

Lors de ce troisième tour de scrutin, au vote secret, aucun candidat n'a rassemblé sur son nom la majorité des deux-tiers des suffrages. En conséquence, un quatrième tour est convoqué pour le lendemain par Laura Boldrini. Ce troisième tour est le dernier nécessitant la majorité des deux tiers.

31 janvier 2015[modifier | modifier le code]

4e tour de scrutin[modifier | modifier le code]

  • Inscrits : 1009
  • Présents : 995
  • Votants : 995
  • Majorité requise : 505
Candidat Suffrages
Sergio Mattarella 665
Ferdinando Imposimato 127
Vittorio Feltri 46
Stefano Rodotà 17
Emma Bonino 2
Giorgio Napolitano 2
Romano Prodi 2
Antonio Martino 2
Votes dispersés 14
Votes blancs 105
Votes nuls 13

Sergio Mattarella ayant obtenu la majorité absolue des suffrages exprimés, soit plus de 505 voix, il est proclamé président de la République par Laura Boldrini.

Dans les votes dispersés, on trouve les noms de Giuliano Amato, Pier Luigi Bersani, Lino Banfi, Pier Ferdinando Casini, Luciana Castellina, Luigi Compagna, Massimo D'Alema, Roby Facchinetti, Claudio Sabelli Fioretti, Antonio Razzi, Maurizio Sacconi, Luigi Ramponi, Walter Veltroni et Denis Verdini.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Italie : le président annonce sa future démission », Le Figaro, 31 décembre 2014.
  2. « Le président italien Napolitano annonce sa prochaine démission », Le Monde, 31 décembre 2014.
  3. « Le président de la République italienne, un pouvoir neutre dans l’échiquier politique », Le Petit Journal, .
  4. « Giorgio Napolitano a été réélu président italien », Le Figaro, .
  5. « Italie: le président Napolitano prête serment et réprimande la classe politique », France Info, .
  6. « Enrico Letta : la carte jeune de Giorgio Napolitano », Le Point, .
  7. « Italie: "Giorgio Napolitano a la haute main sur ce gouvernement" », L'Express, .
  8. « Le président italien, Giorgio Napolitano, a démissionné », LeMonde.fr, 14 janvier 2015
  9. (it) « Quirinale. Numeri per un nuovo Presidente: 14, 58, 80, Padoan, Prodi, Cantone? », 2 janvier 2014
  10. Pour Imposimato, ont voté les parlementaires et les délégués régionaux du Mouvement 5 étoiles, source La Repubblica du 30 janvier 2015, « Colle, seconda fumata nera Forza Italia verso il 'non-voto' alla quarta chiama ».
  11. Pour Feltri, ont voté les parlementaires de la Ligue du Nord et de Frères d'Italie. Source Ibidem.
  12. Pour Castellina, ont voté les parlementaires de Gauche, écologie et liberté.
  13. Pour Bonino, ont notamment voté les parlementaires du Parti socialiste italien.
  14. Pour Rodotà, ont voté les parlementaires qui ont quitté le Mouvement 5 étoiles au cours de la législature en cours.
  15. Albertini a obtenu les voix des Populaires pour l'Italie et des parlementaires proches de Mario Mauro.
  16. Senateur d'Area popolare.