Wladimir d'Ormesson

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Wladimir Le Fèvre d'Ormesson (Saint-Pétersbourg, 2 août 1888 - château d'Ormesson, 15 septembre 1973) est un écrivain, journaliste et diplomate français, qui exerça notamment au Vatican, mais aussi en Argentine et au Chili.

Il fut également président de l'ORTF et membre de l'Académie française.

Biographie[modifier | modifier le code]

" C'était un homme très beau, assez grand, tout à fait irrésistible. Ce n'était pas un diplomate de carrière mais un autodidacte. Sa chance a été Lyautey (...). Il a occupé de grands postes diplomatiques."

Jean d'ormesson (Garçon de quoi écrire, 1989, p.142)

Fils d'Olivier d’Ormesson (1849-1923) et frère d'André d'Ormesson (père de l'écrivain Jean d'Ormesson), tous deux diplomates, il passe les vingt premières années de sa vie à voyager au gré des affectations de son père (cf. Enfances diplomatiques, Paris, 1932).

Après avoir combattu en Alsace pendant la Première Guerre mondiale, il servit comme officier d’ordonnance du maréchal Lyautey, au Maroc - qu'il avait connu à Paris au printemps 1911 chez la comtesse Roger de Barbentane, amie de sa mère - puis il se lance dans le journalisme, particulièrement dans le domaine des relations internationales qui lui est familier, collaborant à partir de juin 1934 au Figaro "rénové par Pierre Brisson" selon son expression, et à la Revue des deux Mondes.

Un célèbre sobriquet.

Vers 1935, comme il le rappelle avec détachement dans ses souvenirs, il fut suspecté d'être "vendu" tour à tour à l'Italie fasciste et à l'Allemagne hitlérienne, et devint une cible de deux presses opposées idéologiquement, étant qualifié par le journal Le Populaire de "pédicure de Mussolini", par l'Action Française, de "perroquet du quai d'Orsay", ou encore, par Léon Daudet, de "degré zéro", d'où son expression : "il fait dix degrés au-dessous (ou au-dessus) de Wladimir d'Endormesson"...


Sa carrière diplomatique commence en mai 1940 quand Paul Reynaud le nomme ambassadeur auprès du Saint-Siège, mais il est rappelé en octobre par le gouvernement de Vichy.

De février 1941 à 1942 il collabore au Figaro replié à Lyon avant d'entrer dans la clandestinité, traqué comme son directeur Pierre Brisson par la Gestapo à laquelle il put échapper grâce à un préfet "jouant double jeu" (ce qui lui valut d'être arrêté), et la Milice de Lyon, qui le condamna à mort par contumace.

En 1945 il est nommé ambassadeur en Argentine, puis au Chili l'année suivante, avant de retourner auprès du Saint-Siège en 1948 où il restera jusqu'en 1956, année de son élection à l'Académie française.

Il défend alors les courants modérés voire libéraux de l'Église, en particulier français (Maritain, Gabriel Marcel, Georges Bernanos, Teilhard de Chardin) contre l'« offensive intégriste », incarnée par exemple par la diffusion auprès de la Curie des livres de l'abbé argentin Julio Meinvielle contre Maritain[1].

Wladimir d’Ormesson fut appelé par le général de Gaulle à la présidence de l’Office de la radiodiffusion et de la télévision française (ORTF) en préférence à Francois Mauriac jugé trop « exalté » pour le poste.

Il se retira dans son château familial d'Ormesson, où il mourut en 1973, son épouse étant décédée en 1966.


Écrivain[modifier | modifier le code]

Il est l'auteur de nombreux ouvrages, surtout des essais (Dans la nuit européenne, La Confiance de l’Allemagne, Qu’est-ce qu’un Français ?, La Première Mission de la France aux États-Unis, Portraits d’hier et d’aujourd’hui, La Grande Crise mondiale de 1857, La Révolution allemande, Vue cavalière de l’Europe, L’Éternel Problème allemand, La Ville éternelle, Mission à Rome, Auprès de Lyautey - dont il détenait 500 lettres datées de 1911 à 1934 - mais aussi des poèmes (Les Jets d'eau) et un roman (La Préface d'une vie).

Décorations[modifier | modifier le code]

Il était grand-croix de la Légion d'honneur, grand-croix de l'ordre national du Mérite, titulaire de la croix de guerre 1914-1918, grand-croix de l'ordre de Pie IX, du Mérite du Chili, du Polonia Restituta, du Cèdre du Liban, et de l'ordre souverain de Malte.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Les Jets d'eau (1913), poème qu'il récita en 1911 devant Lyautey qui lui en demanda une copie;
  • La Préface d'une vie, 1919;
  • Nos illusions sur l'Europe centrale , 1922;
  • Dans la nuit européenne, 1923;
  • Les résultats de la politique de la Ruhr, 1924;
  • Portraits d’hier et d’aujourd’hui, 1927;
  • La Première Mission de la France aux États-Unis, 1928;
  • La Confiance de l’Allemagne ?, 1929;
  • Enfances diplomatique, souvenirs, 1931;
  • La Grande Crise mondiale de 1857, 1932;
  • La Révolution allemande, 1934;
  • Qu’est-ce qu’un Français ? : Essai de psychologie politique : Clemenceau, Poincaré, Briand, Paris, Édition SPES, 1934;
  • Vue cavalière de l’Europe, 1936;
  • L’Éternel Problème allemand, 1945;
  • La Ville éternelle, 1956;
  • Mission à Rome, 1957;
  • La Ville et les Champs, 1958;
  • Les Vraies Confidences (Plon, 1962);
  • Auprès de Lyautey, 1963;
  • Présence du Général de Gaulle, 1971;
  • Les Propos, 1973.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Charles Andras, Bernard Hubert (1996), Jacques Maritain en Europe: la réception de sa pensée, p.44

Lien externe[modifier | modifier le code]

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