Gabriel González Videla

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir González et Videla.
Gabriel González Videla
Image illustrative de l'article Gabriel González Videla
Fonctions
28e président de la République du Chili
3 novembre 19463 novembre 1952
Prédécesseur Juan Antonio Ríos
Successeur Carlos Ibáñez del Campo
Président du Parti radical
1931 – 1937
Biographie
Nom de naissance Gabriel González Videla
Date de naissance 22 novembre 1898
Lieu de naissance La Serena (Chili)
Date de décès 22 août 1980 (à 81 ans)
Lieu de décès Santiago (Chili)
Nationalité Chilienne
Parti politique Parti radical (jusqu'en 1971)
Conjoint Rosa Markmann
Profession Avocat

Signature

Gabriel González Videla
Présidents de la République du Chili

Gabriel González Videla (La Serena, 22 novembre 1898Santiago du Chili, 22 août 1980) est un homme politique chilien. Il a été président de la République entre 1946 et 1952.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Gabriel González Videla naquit dans la ville côtière de La Serena le 22 novembre 1898. D'origine espagnole, il était le fils aîné de Gabriel González Castillo et de Teresa Videla Zepeda. Après avoir obtenu son baccalauréat au lycée de La Serena, il étudia le droit à l'Université du Chili. Il obtint son diplôme en 1922, mais dut rentrer à La Serena la même année pour aider sa famille après que son père fut devenu paralytique. Il devint franc-maçon en 1924.

Durant ses années universitaires, González était entré dans l'organisation de jeunesse du Parti radical et devint ensuite membre de l'assemblée radicale de La Serena. Il fut impliqué dans des protestations contre le régime militaire instauré en 1924 par Luis Altamirano. En 1927, il fit une déclaration contre le président Carlos Ibañez del Campo et dut se cacher. Lorsque le gouvernement d'Ibañez tomba en 1931, González put reprendre ses activités politiques et fut président du Parti radical de 1931 à 1937.

En 1930, González fut élu député pour représenter la circonscription comprenant La Serena. Toutefois, le Congrès fut dissous après le coup d'État du socialiste Marmaduque Grove en 1932. González fut toutefois réélu député dans cette circonscription en 1933 et en 1937. En 1939, il démissionna en raison de sa nomination comme ambassadeur du Chili en France par le président Pedro Aguirre Cerda. Il fut ensuite en poste au Portugal (1940) et au Brésil (1942).

Campagne présidentielle de 1942[modifier | modifier le code]

En 1941, le président Pedro Aguirre Cerda nomma le ministre de l'Intérieur Jerónimo Méndez vice-président en raison de la dégradation rapide de son état de santé. Il mourut peu après, le 25 novembre 1941. Des élections présidentielles furent convoquées pour le 1er février 1942. Deux jours avant les primaires internes au Parti radical, Gabriel González Videla, qui représentait l'aile la plus à gauche du Parti radical, rentra au Chili pour contester la nomination à Juan Antonio Rios. Les résultats furent extrêmement serrés et une commission électorale ad hoc proclama finalement Juan Antonio Rios candidat de la coalition de gauche.

L'Alliance démocratique était formée du Parti radical, du Parti socialiste, du Parti communiste, du Parti démocrate et du Parti socialiste des ouvriers. Juan Antonio Ríos remporta les élections avec 55,95 % des voix et entra en fonction le 2 avril.

En 1945, González Videla fut élu sénateur des provinces de Tarapacá et Antofagasta et représenta le Chili à la conférence des Nations unies à San Francisco.

Campagne présidentielle de 1946[modifier | modifier le code]

Gabriel González Videla remporta les primaires du Parti radical en 1946. Il essaye de ressusciter l'Alliance démocratique qui avait amené Juan Antonio Ríos au pouvoir en 1942, mais n'y parvint pas, le Parti socialiste refusant de rejoindre l'alliance et de reconstituer le Front populaire. Finalement, seuls les Partis radical et communiste soutinrent la candidature de Gabriel González Videla.

González Videla arriva à la première position de l'élection présidentielle en obtenant 40 % des suffrages, battant les deux candidats de droite Eduardo Cruz-Coke et Fernando Alessandri et le socialiste Bernardo Ibañez. Comme González n'avait pas atteint les 50 % nécessaires, son élection dut être validée par le Congrès, ce qui fut fait le 24 octobre de la même année.

Président de la République[modifier | modifier le code]

Le président Gabriel González Videla au cours d'une visite officielle à Washington, en 1950.

Les premiers gouvernements de Gabriel González Videla, entre 1946 et 1948, inclurent des ministres communistes, mais les débuts de la guerre froide et les troubles internes au Chili poussèrent rapidement González vers la droite. Le Chili fut rapidement mêlé à la guerre froide car Moscou et surtout Washington ne tardèrent pas à s'ingérer dans ses affaires. González entra, lui, rapidement en conflit avec les communistes qui souhaitaient disposer de davantage de ministres au sein du gouvernement. En 1946, le principal syndicat — la CTCh — se divisa en deux branches, l'une communiste et l'autre socialiste. Les socialistes s'étaient eux rapprochés des intérêts américains durant la Seconde Guerre mondiale et étaient désormais opposés aux communistes et alignés sur la Fédération américaine du travail (AFL). En 1948, González Videla expulsa les communistes du gouvernement puis interdit complètement le Parti communiste par une Loi de défense de la démocratie. Il rompit également ses relations avec l'Union soviétique et les autres pays du pacte de Varsovie. De nombreux communistes décidèrent de fuir le pays : parmi eux, le poète Pablo Neruda qui avait accusé le président de « se vendre aux États-Unis ». Les communistes qui restèrent furent arrêtés, mais pas exécutés. Une grève de mineurs pro-communistes fut toutefois brutalement réprimée à Lota. Les manifestations contre ce que les communistes appelaient la Loi maudite (Ley maldita) menèrent à la déclaration de la loi martiale, mais furent réprimées avec succès par le gouvernement.

En 1948, González Videla apprit également l'existence d'un complot de quelques membres des forces armées qui voulaient mettre Carlos Ibañez à sa place. Il ordonna immédiatement une enquête et fit arrêter les responsables du complot. Ibañez, toutefois, fut absous de toute responsabilité.

Après l'interdiction du Parti communiste, González Videla gouverna avec le soutien des deux partis de droite, le Parti conservateur et le Parti libéral, qui étaient tous deux favorables à l'interdiction du PC. Il forma un nouveau gouvernement comprenant des conservateurs, des libéraux, des radicaux, des socialistes et des membres du petit Parti démocrate. Le Parti communiste resta illégal jusqu'en 1958.

La controverse autour des raisons de ce revirement est toujours ouverte. Selon González Videla et ses sympathisants, la répression des communistes était nécessaire pour empêcher leurs complots contre le gouvernement, bien qu'aucune preuve de ces complots n'ait été retrouvée. Selon les communistes et d'autres critiques, González Videla agit sous la pression des États-Unis en voulant forger des liens économiques et militaires plus étroits avec la puissance dominante. Les historiens ont établi que le président voulait apaiser les États-Unis, que ces mêmes États-Unis encourageaient une interdiction du Parti communiste chilien et apprécièrent l'action du président González Videla. Peu après, ils augmentèrent leurs prêts, leurs investissements et leurs missions techniques pour le Chili. Les États-Unis et le Chili adoptèrent également un pacte d'assistance militaire pendant la présidence de González Videla. Toutefois, aucune preuve formelle n'a été trouvée pour montrer que les États-Unis l'ont directement poussé à agir. Bien que González Videla craignait les intentions des communistes et respectait les vœux du gouvernement américain, il avait également d'autres raisons de se tourner contre le PCCh. Il espérait diminuer les critiques de la droite contre son gouvernement, notamment celles des propriétaires terriens, à qui il garantit la poursuite du moratoire sur la syndicalisation des paysans. Il voulait également supprimer toute justification idéologique à un coup d'État militaire. Il voulait également affaiblir le mouvement des travailleurs dans un temps d'incertitudes économiques, de croissance faible et d'inflation élevée, alors que les communistes encourageaient les grèves. L'interdiction des communistes coïncida avec l'arrêt des réformes sociales et avec un soutien accru à la croissance industrielle. Les liens économiques avec les États-Unis, qui avaient augmenté après la crise économique des années 1930, furent renforcés après la Seconde Guerre mondiale : les investissements américains au Chili passèrent de 414 millions de dollars en 1945 à 540 millions en 1950, notamment en raison de la production de cuivre.

La présidence de González Videla fut marquée par le retour politique de la droite. Les président radicaux avaient échoué à transformer la situation économique et sociale du Chili. Entre 1940 et 1952, la population du Chili augmenta de 5 000 000 à 6 350 000 habitants, les zones urbaines représentants désormais 60 % de la population contre 52 % en 1940. Si la production augmenta, les inégalités sociales ne furent, elles, pas réduites.

Lors des élections parlementaires de 1949, les partis pro-gouvernementaux triomphèrent. Toutefois, l'unité entre les partis de droite et les radicaux et les socialistes ne dura pas longtemps. Les radicaux n'étaient pas satisfaits des politiques économiques du ministre des Finances Jorge Alessandri, malgré ses succès à contenir l'inflation. Lorsque les fonctionnaires protestèrent en 1950, les radicaux déclarèrent immédiatement leur soutien aux fonctionnaires. Les partis de droite quittèrent alors le gouvernement de González.

En perdant le soutien des libéraux et des conservateurs, González perdit également la majorité au sein du Congrès et son action fut limitée par la suite. Il réussit toutefois à faire passer des améliorations significatives des droits des femmes. Le gouvernement de González compta par ailleurs la première femme ministre, nomma la première femme ambassadrice et créa un Office de la Femme.

En 1951, presque tous les secteurs de l'économie furent touchés par les grèves. L'année suivante, le peuple manifesta son hostilité aux partis traditionnels en élisant le général Carlos Ibáñez, soutenu par le Parti agraire-travailliste.

Retraite[modifier | modifier le code]

Son nom fut mentionné lors des primaires du Parti radical en 1958, mais il n'était pas candidat. En 1964, il fit activement campagne contre le candidat radical à l'élection présidentielle Julio Durán qui était également anti-communiste. L'influence de González Videla sur le Parti radical avait toutefois diminué car le parti penchait davantage à gauche. En 1971, il démissionna du Parti radical, fâché du soutien que ce dernier apportait au socialiste Salvador Allende. González prit un rôle actif dans l'opposition à Allende et soutint le coup d'État d'Augusto Pinochet en 1973.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]