Velociraptor

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Le vélociraptor (« prédateur rapide », nom scientifique Velociraptor) est un genre de petit dinosaure théropode carnivore bipède qui a vécu à la fin du Crétacé, entre 80 et 65 millions d'années avant notre ère.

Le vélociraptor appartient à la famille des Dromaeosauridae, dont les autres représentants (Deinonychus, Dromaeosaurus) sont parfois également appelés « raptors ». Ils sont rattachés aux cœlurosauriens, une super-famille incluse dans les théropodes, qui regroupe nombre d'autres dinosaures carnivores.

Description[modifier | modifier le code]

Caractères anatomiques[modifier | modifier le code]

Le vélociraptor possède de puissantes mâchoires portant environ 80 dents acérées. Le vélociraptor mesurait, de la tête à la queue, environ 1,5 à 2 m pour une hauteur de 1,2 m. Son poids avoisinait 15 à 20 kilogrammes[1],[2]. Ses membres postérieurs sont pourvus d'une griffe rétractile, capable de se positionner presque à la verticale pour poignarder la peau de sa proie. Sa queue, rigidifiée par des tendons osseux, l'aide à s'équilibrer lorsqu'il se dresse pour harponner sa proie. Cette technique de chasse a été confirmée par la découverte d'un fossile de vélociraptor dont cette fameuse griffe se trouvait à l'emplacement du cou d'un protoceratops. On suppose que le prédateur et sa proie ont été brusquement ensevelis par un glissement de terrain en plein combat.

Le premier squelette de vélociraptor a été découvert par Henry Fairfield Osborn (1857-1935) en 1924 en Mongolie. Depuis, les scientifiques disposent d'au moins six squelettes identifiés, complets ou partiels, provenant de Mongolie ou de Chine. L'habitat du vélociraptor se situait dans des forêts ou des zones semi-arides.

Crâne de Velociraptor, Crétacé supérieur de 78 à 65 millions d'années (Djadochta, Mongolie), Musée d'Histoire Naturelle d'Aix-en-Provence

Le vélociraptor se distingue des autres dromésauridés par sa tête très étroite et aplatie. En revanche, le volume de son cerveau est relativement important proportionnellement à sa taille. Sa morphologie laisse à penser qu'il disposait de la vision tridimensionnelle. Le vélociraptor se nourrissait sans doute de tylocéphales, d'oviraptors, de protocératops, de saurolophus et de petits mammifères.

Des dinosaures à plumes[modifier | modifier le code]

  • Ces dernières années, de nombreux fossiles de dinosaures proches du vélociraptor et possédant un duvet ont été découverts dans le monde, à commencer par le célèbre Archaeopteryx. Cela confirmerait donc la théorie selon laquelle les oiseaux sont des théropodes.
  • Les dernières recherches prouvent que les vélociraptors avaient des plumes. Contrairement aux idées reçues, le vélociraptor était entièrement couvert de plumes. En effet, c'est en comparant les cubitus de fossiles de vélociraptor avec ceux d'urubus à tête rouge que les traces de plumes sur les os deviennent clairement identifiables[1],[3]. Cependant, ces plumes n'étaient pas suffisantes pour leur permettre de voler, les membres antérieurs étant notamment trop petits. Ainsi, chez les tout premiers dinosaures-oiseaux, les plumes ont sans doute d'abord servi de rôle thermorégulateur et/ou sont dues à la sélection sexuelle.

Vitesse de déplacement[modifier | modifier le code]

Échelle Homme / vélociraptor
  • Dans une étude récente menée par des scientifiques anglais[4], la vitesse de la course a été estimée à 39,9 km/h. Cette estimation a été établie par modélisation de la course de trois bipèdes actuels — autruche 55,4 km/h, émeu 47,8 km/h et homme 29 km/h — et appliquée à cinq dinosaures dont le vélociraptor. Cette étude a été faite à l'aide d'un nouveau modèle qui prend en compte de plus nombreux paramètres du squelette, des muscles et des tendons. Cependant, les données paléontologiques connues portent seulement sur l'insertion des muscles sur les os, mais la position de l'animal pendant la course et la masse musculaire réelle sont encore des inconnues.
  • 2007 : Selon Sebastian Apesteguia le "raptor" (Dromaeosauridae) n'utilisait que deux de ses trois doigts pour marcher et courir. D'après les fouilles réalisées en Bolivie à Toro-Toro, des empreintes du Crétacé révèlent cette découverte. Le 3e doigt aurait servi à déchiqueter les chairs des proies. D'autres études soutiennent que la griffe servait à harponner les proies (la griffe n'étant pas tranchante sur son bord intérieur), ce qui permettait au "raptor" de pouvoir mordre le cou de ses proies.

Historique[modifier | modifier le code]

Une expédition dans le désert de Gobi (Mongolie) menée en 1922 par le musée américain d'histoire naturelle récupéra le premier fossile de vélociraptor connu : un crâne écrasé mais complet, associé à une des griffes rétractiles (voir précédemment). Deux ans plus tard, le directeur du musée Henry Fairfield Osborn mentionna l'animal dans un article de presse qui fit grand bruit, sous le nom d'« Ovoraptor mongoliensis ». Cependant, comme ce nom « Ovoraptor » n'avait pas été publié dans une revue scientifique ni accompagné d'une description en bonne et due forme, il est resté un nomen nudum (un « nom nu ») et c'est le nom « Velociraptor » qui eut la priorité. Plus tard cette année-là, Osborn désigna le crâne et la griffe (dont il croyait qu'elle venait de la main) comme appartenant à un nouveau genre, Velociraptor. Ce nom est tiré des mots latins velox (signifiant « rapide ») et raptor (au sens de « brigand » ou de « pillard ») et fait allusion à l'aptitude à la course de l'animal et à son régime carnivore. Osborn appela l'espèce type V. mongoliensis d'après le pays où on l'avait trouvé.

Pendant la Guerre froide, la Mongolie était fermée aux équipes nord-américaines mais des expéditions menées par des scientifiques soviétiques et polonais, en collaboration avec leurs collègues mongols, découvrirent plusieurs exemplaires supplémentaires de Velociraptor. Les plus connus font partie de la légendaire « Bataille de dinosaures » découverte par une équipe polono-mongole en 1971 : il s'agit d'un vélociraptor enseveli sans doute par une dune alors qu'il était en plein combat contre un Protoceratops.

Entre 1988 et 1990, une équipe sino-canadienne a découvert des restes de Velociraptor en Chine du Nord. Des expéditions américano-mongoles dans le désert de Gobi, conduites par le musée américain d'histoire naturelle et l'académie mongole des Sciences, ont découvert de nouveaux squelettes bien conservés entre 1990 et 1995.

Évocations dans les arts[modifier | modifier le code]

Vue d'artiste de Velociraptor mongoliensis avec ses plumes. Beaucoup de fictions antérieures et parfois postérieures à la découverte de l'existence de plumes le représentent sans plumes.

Le vélociraptor a notamment été rendu célèbre par le roman de science-fiction Jurassic Park de Michael Crichton en 1990, puis par le film qu'en a tiré Steven Spielberg. Le film avait d'ailleurs à l'époque exagéré la taille de ces animaux par rapport aux squelettes découverts. Toutefois, des fossiles plus récents de ces « reptiles », découverts un ou deux ans après sa sortie en salle, ont permis de prouver que d'autres espèces de « raptors » (Utahraptor et surtout le Deinonychus, dont la découverte au Montana avait frappé les esprits) pouvaient atteindre une taille qui égalait (voire qui dépassait) celle des raptors du film. Spielberg avait préféré agrandir les vélociraptors pour éviter que les spectateurs les confondent avec le dilophosaure. Les suites écrites puis tournées mettent également en scène ces dinosaures en leur conférant une intelligence presque humaine qui les rend d'autant plus redoutables. Le roman et les deux premiers films ont été faits avant que l'on ne découvre que les vélociraptors avaient des plumes, ce qui explique qu'ils soient représentés avec une peau écailleuse. Le film Jurassic Park 3 (Jurassic Park III), réalisé après cette découverte, se contente de les représenter dotés de structures à l'allure de plumes sur l'arrière du crâne et le cou, ce qui ne correspond pas aux caractéristiques des vélociraptors réels, qui étaient couverts de plumes proches de celles des oiseaux actuels[1]. Néanmoins, un élément clairement indiqué dans les livres et suggérés dans les films jusqu'à Jurassic Park 3 permet d'expliquer l'absence de plume des raptors de la saga : ce sont des "monstres de parc d'attraction génétiquement fabriqués" à partir d'ADN fossilisé qui est en grande partie incomplet. Ces manques comblés par de l'ADN de grenouille peuvent expliquer les différences entre les dinosaures de la saga et la réalité scientifique.

Néanmoins l'influence de Jurassic Park dans les représentations de la culture populaire est telle que de nombreuses personnes s'imaginent encore aujourd'hui les dinosaures de type raptor comme couverts d'écailles et non de plume. De nombreuses autres fictions, plus ou moins influencées par Jurassic Park, mettent également en scène les vélociraptors comme des prédateurs rapides et intelligents, notamment dans la série télévisée Nick Cutter et les Portes du temps.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) A. H. Turner, P. J. Makovicky, M. A. Norell, Feather quill knobs in the dinosaur Velociraptor. Science, 317 (5845), 2007, p. 1721. [lire en ligne]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c A. H. Turner, P. J. Makovicky, M. A. Norell, « Feather quill knobs in the dinosaur Velociraptor », Science, 317 (5845), 2007, p. 1721 [lire en ligne]
  2. DinoNews : Description du dinosaure Vélociraptor
  3. Les vélociraptors avaient des plumes !, Futura-Sciences.
  4. « Proceedings of the Royal Society du 21 août 2007 : Estimating dinosaur maximum running speeds using evolutionary robotics », sur DinoNews