Jurassic Park (roman)

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Jurassic Park
Auteur Michael Crichton
Genre Techno-thriller
Science-fiction
Version originale
Titre original Jurassic Park
Éditeur original Alfred A. Knopf
Langue originale Anglais américain
Pays d'origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Lieu de parution original États-Unis
Date de parution originale
ISBN original 0-394-58816-9
Version française
Traducteur Patrick Berthon
Lieu de parution Paris
Éditeur Robert Laffont
Date de parution 1992
Couverture Chip Kidd
ISBN 2-221-07022-4
Chronologie
Précédent Sphère Soleil levant Suivant

Jurassic Park, publié en France dans sa première édition sous le titre Le Parc jurassique (titre original : Jurassic Park), est un roman écrit par Michael Crichton publié en 1990. Ce roman de science-fiction est également associé au genre du techno-thriller.

Intrigue[modifier | modifier le code]

Structure du roman[modifier | modifier le code]

Le roman s'ouvre par deux citations placées en épigraphe. Après une introduction (« L'incident InGen ») puis un prologue (« La morsure du raptor »), il se divise en 49 courts chapitres et se termine par un épilogue. Ces chapitres sont divisés en sept parties plus vastes par sept diagrammes mathématiques représentant les états successifs d'une fractale du type « courbe du dragon ». Ces diagrammes représentent les calculs effectués par l'un des personnages, le mathématicien Ian Malcolm, qui se fonde sur eux et sur la théorie du chaos pour démontrer qu'il est impossible de maintenir le Parc jurassique sous contrôle.

Résumé court[modifier | modifier le code]

1989. Sous la direction du milliardaire John Hammond, une équipe de généticiens est parvenue à redonner vie à des dinosaures à partir de leur ADN fossilisé. Ces derniers sont destinés à peupler un parc à thème baptisé Jurassic Park, construit sur l'Isla Nublar, une île située au large du Costa Rica. Avant l'ouverture officielle au public, Hammond convie le paléontologue Alan Grant, la paléobotaniste Ellie Sattler, le mathématicien Ian Malcolm, ainsi que Donald Gennaro, l'avocat qui représente les actionnaires du parc, à visiter l'île. Sont également du voyage Tim et Lex Murphy, les deux petits-enfants de Hammond en tant que visiteurs privilégiés. Mais l'aventure tourne au cauchemar lorsque l'informaticien Dennis Nedry désactive les systèmes de sécurité du parc afin de dérober des échantillons d'ADN. Les clôtures étant devenues inoffensives, les dinosaures s’échappent de leurs enclos et commencent à semer le chaos sur l'île…

Résumé complet[modifier | modifier le code]

Deux citations de Carl von Linné et Erwin Chargaff sont placées en épigraphe au début du roman. Lʼintroduction fait mention de « lʼincident dʼInGen », qui sʼest produit en août 1989, et explique les avancées des scientifiques dans le domaine de la biotechnologie.

Lʼhistoire commence au Costa Rica. Dʼétranges incidents surviennent. Dans un hôpital perdu, on amène en urgence un homme affreusement mutilé. Sur une plage, une fillette est attaquée par un bien curieux lézard avec des pattes à trois doigts. De nombreux bébés meurent pendant la nuit, attaqués par de minuscules animaux. Les rumeurs enflent : des vampires seraient responsables des attaques de bébés.

Dans le Montana, le paléontologue Alan Grant et son assistante, lʼétudiante Ellie Sattler, déterrent le squelette dʼun dinosaure, quand ils sont contactés par le milliardaire John Hammond. Ce dernier, président dʼIngen (International Genetic Technologies), une société de biotechnologie, les invite à visiter une « réserve zoologique » quʼil a créée sur une île, au large du Costa Rica. Plusieurs « incidents » malheureux survenus dans le parc ont fini par inquiéter les investisseurs de Hammond, et celui-ci cherche à les rassurer en obtenant lʼaval dʼexperts.

Après un court voyage en avion, Grant et Sattler rejoignent sur lʼîle le mathématicien Ian Malcolm, défenseur de la théorie du chaos, et lʼavocat des investisseurs, Donald Gennaro. Tous deux sont pessimistes quant à la sécurité du parc. Malcolm prédit même quʼun événement surviendra et détruira le parc, en raison « dʼinstabilités structurelles ».

La véritable nature du parc est rapidement révélée à Alan Grant. Ingen a recréé des dinosaures à partir dʼune ADN retrouvée dans de lʼambre fossilisée. Les adultes sont rejoints par les petits-enfants de John Hammond : « Lex » Murphy et son grand frère, Tim. La visite commence.

Avec un grand intérêt et avec un émerveillement sincère, les invités découvrent les dinosaures du parc (dilophosaure, tyrannosaure, tricératops, maiasaura, apatosaure, stégosaure, vélociraptor, etc.). Mais une ombre plane au milieu de ce tableau idyllique. Lʼinformaticien du parc, Dennis Nedry, joue un double jeu. Contacté par une entreprise concurrente, Biosyn, et par lʼun de ses espions, Lewis Dogson, Nedry vole 15 embryons congelés de dinosaures. Pour cela, il désactive les systèmes de sécurité de lʼîle. Il se rend ensuite en voiture vers le port où il doit confier les embryons à un homme de Biosyn, contre un million de dollars. Son plan sʼeffondre quand, se perdant au milieu dʼune pluie battante, lʼinformaticien tombe nez à nez avec un dilophosaure.

Nedry disparu, les scientifiques du parc essaient vainement de rétablir le système de sécurité du parc. Système primordial puisquʼil commande les barrières électrifiées entourant les enclos des dinosaures. Pendant ce temps, les visiteurs poursuivent leur excursion dans le parc. À bord de deux voitures montées sur rails, ils admirent un tyrannosaure lorsquʼune panne de courant (consécutive à une tempête) les immobilise à proximité de lʼenclos. Les barrières étant hors tension, le tyrannosaure sort et attaque la voiture où se trouvent Tim et Lex. Il détruit le véhicule et tue Ed Regis, le directeur des relations publiques du parc. Sortis indemnes de lʼattaque, les enfants retrouvent rapidement le professeur Grant. Ensemble, ils se mettent en route vers le « centre des visiteurs » du parc, et sʼenfoncent dans la jungle.

Genèse du roman[modifier | modifier le code]

Jurassic Park est le dix-septième roman publié par Michael Crichton et le septième publié sous son vrai nom après La Variété Andromède, L'Homme terminal, Un train d'or pour la Crimée, Le Royaume de Rothgar, Congo et Sphère.

Michael Crichton conçoit la première ébauche de son futur roman en 1983, sous la forme d'un scénario de film dans lequel une technologie génétique permet de recréer un ptérosaure ; faute d'être satisfait de son histoire, il la retravaille pendant plusieurs années pour la rendre plus crédible. Il a alors l'idée de faire se dérouler l'histoire dans un parc d'attraction, et écrit une première version d'un roman dans lequel l'évasion des dinosaures est relatée du point de vue d'un jeune garçon. Mais ses relecteurs habituels détestent tous le résultat, et il en est de même des versions suivantes, malgré les corrections qu'il y apporte. Il finit par comprendre que l'histoire fonctionnerait mieux racontée du point de vue d'adultes, et la réécrit en ce sens avec succès[1].

Vingt-deux ans auparavant, Michael Crichton a réalisé un film développant une intrigue en partie similaire : Mondwest, où, dans un parc d’attraction, les robots se rebellent contre les clients et leurs créateurs. Les auteurs Mike Ashley et Gary Westfahl ont relevé des similitudes entre une nouvelle de Robert Silverberg, intitulée Notre Dame des Sauropodes, parue en 1980, et le roman de Crichton, notamment la recréation de dinosaures grâce à la génétique[2], [3].

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Le roman reçoit un bon accueil des critiques américains. Dans le New York Times, Christopher Lehmann-Haupt indique que « malgré la manière prévisible et mécanique dont son intrigue se met en route, Jurassic Park se révèle être un spécimen supérieur du mythe, et aisément le meilleur roman de Crichton à ce jour »[4],[5].

Analyse[modifier | modifier le code]

Le roman de Michael Crichton pointe du doigt, par la bouche du mathématicien Ian Malcolm, les dangers de la science quand elle est érigée en tant que vérité suprême permettant, de façon illusoire, de tout contrôler. À maintes reprises, Malcolm part ainsi dans de longues tirades où il défend la théorie du chaos, l'imprévisibilité de la vie et l'impossibilité de la contrôler. Il critique l'impératif de la modernité et du Progrès. Il défend la nature et parle d'une "nouvelle ère" qui s'annonce, faisant allusion à la "postmodernité" et à la fin de l'illusion progressiste.

Suite[modifier | modifier le code]

Michael Crichton écrit une suite à Jurassic Park qui paraît en 1995 : Le Monde perdu (The Lost World). Crichton reprend le titre et l'idée très générale du roman de Conan Doyle paru en 1912, dans lequel un groupe de savants découvrait un plateau isolé du reste du monde et où survivaient plusieurs espèces disparues dont des dinosaures. Dans le roman de Crichton, plusieurs chercheurs, dont le mathématicien Ian Malcolm qui a survécu aux événements de Jurassic Park, se rendent sur Isla Sorna, une seconde île achetée par la société de Hammond qui abritait laboratoires et enclos pour jeunes dinosaures. Après les événements du premier livre, les dinosaures, revenus à l'état sauvage sur cette seconde île laissée à l'abandon, ont créé un écosystème unique. Ce second roman est également adapté au cinéma par Steven Spielberg en 1997.

Adaptation au cinéma[modifier | modifier le code]

Jurassic Park de Spielberg (1993)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Jurassic Park (film).

Le roman a été adapté en film par Steven Spielberg en 1993. Spielberg est en contact avec Crichton dès avant la parution du roman pour travailler sur ce qui devient par la suite la série Urgence, et il fait partie des cinéastes qui proposent à l'auteur d'acheter les droits d'adaptation du roman au cinéma ; c'est Spielberg et le studio de production Universal qui les obtiennent[6]. Crichton fournit les premières versions du scénario mais laisse ensuite Spielberg le faire retravailler à sa guise (il ne souhaite pas passer à nouveau trois ans à retravailler une histoire qui lui avait coûté de longs efforts entre le scénario de 1983 et le roman paru en 1990)[7]. Crichton explique son travail sur le scénario en termes de raccourcissement, de simplification et de compromis dus à des contraintes principalement budgétaire[7]. « C'est un livre indéniablement long, et le scénario ne peut garder qu'entre 10 et 20 pourcents de son contenu environ. Alors ce que vous essayez de faire en réalité, c'est de créer une sorte de nouvelle qui reproduit la qualité du roman, préserve l'ensemble de ses scènes marquantes, et garde le flux logique qui apparaît dans la discussion beaucoup plus longue et plus développée [du roman]. »[8]

Le film de Steven Spielberg reprend l'idée de base du roman (créer des dinosaures sur une île, inviter des experts, imaginer un événement imprévisible libérant les créatures), tout en apportant des modifications significatives aux personnages et au détail des péripéties.

  • Dans le roman, Lex est la petite sœur de Tim, tandis que dans le film, c'est Tim qui devient le petit frère.
  • Ed Regis, directeur des relations publiques du parc, n'apparaît pas dans le film. Son personnage est fusionné avec celui de l'avocat d'InGen, Donald Gennaro. Tandis que Gennaro se révèle un personnage nuancé et parfois courageux dans le roman, il fuit au bout de quelques minutes dans le film, tandis que c'est Ed Regis qui prend la fuite dans le roman.
  • Grant, interprété par Sam Neill, est inspiré dans le livre par Robert Bakker. De nombreuses théories et découvertes du paléontologue ont ainsi été reprises dans le roman.
  • Dans le roman de Crichton, le personnage de John Hammond est loin d'être un "gentil grand-père", et ressemble plus à un impitoyable homme d'affaires, sans le moindre scrupule. Il est d'ailleurs victime de ses expériences puisqu'à la fin du roman il se fait dévorer par des compsognathus. De ce fait, il est absent du second roman de Crichton, Le Monde perdu, tandis qu'il apparaît dans le second film de Spielberg.
  • Les hadrosaures (dinosaures herbivores quadrupèdes à bec de canard) sont remplacés par des gallimimus, de petits bipèdes omnivores absents du roman.
  • Une scène principale du livre, dans laquelle le tyrannosaure poursuit Grant et les enfants montés à bord d'un canot gonflable le long d'une rivière, a été supprimée du scénario du film pour des raisons budgétaires[9]. Une autre scène, où Grant et les enfants sont confrontés à des ptérosaures dans une volière, est également absente du film, mais sera finalement repris dans le troisième film de 2001 de la saga cinématographique.
  • Une sous-intrigue présente dans le roman a également été supprimée dans le film : la course contre le temps que mènent plusieurs personnages pour prévenir l'équipage d'un navire en route pour le continent que trois jeunes vélociraptors ont réussi à se cacher dans la cale. Les dinosaures tentent en effet de « migrer ». Cette idée est reprise plus tard dans Jurassic Park 3, avec un dernier plan montrant des ptérodactyles en train de s'envoler au-dessus de la mer.
  • Une autre sous-intrigue, celle du changement de sexe des dinosaures suite à l'incrustation de morceaux d'ADN de grenouille, est à peine évoquée dans le film alors qu'elle est un élément notable du roman.
  • La fin du film est substantiellement différente de celle du roman. Plusieurs événements importants du dénouement du roman ne sont pas repris dans le film : la mort de Hammond, l'expédition d'Alan Grant, Ellie Sattler, Robert Muldoon et Donald Gennaro dans un nid de vélociraptors, et la destruction complète de l'île et des animaux par un bombardement de l'armée. Le film se contente de montrer les personnages secourus par un hélicoptère tandis que l'île, le parc et les dinosaures sont laissés en l'état.

Influence du roman sur les films de 1997 et 2001[modifier | modifier le code]

Les deux autres films de la franchise Jurassic Park s'inspirent plus librement des deux romans de Crichton. Si Le Monde Perdu de Spielberg (sorti en 1997) s'inspire avant tout du roman du même nom de Crichton paru en 1995, plusieurs éléments figurant dans le premier livre sont repris (une fillette attaquée par des compsognathus au bord d'une plage, la tête d'un tyrannosaure dépassant du rideau d'une chute d'eau, le bébé tyrannosaure…). De même, Jurassic Park 3, réalisé par Joe Johnston en 2001, reprend au roman Jurassic Park l'épisode de la volière des ptérosaures, qu'il rend encore plus terrifiante en faisant l'une des scènes clé du film.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notes de Michael Crichton à propos du roman Jurassic Park sur son site officiel. Page consultée le 6 mai 2013.
  2. Gary Westfahl The Greenwood Encyclopedia of Science Fiction and Fantasy p. 337
  3. Mike Ashley, The Mammoth Book of Mind-Blowing SF p. 421
  4. « despite the predictable and mechanical way that its plot gets under way, "Jurassic Park" turns out to be a superior specimen of the myth, and easily the best of Mr. Crichton's novels to date »
  5. Books of The Times; Of Dinosaurs Returned And Fractals Fractured, article de Christopher Lehmann-Haupt dans le New York Times le 15 novembre 1990. [lire en ligne] Page consultée le 6 mai 2013.
  6. Notes de production sur le DVD d'Universal.
  7. a et b « JURASSIC PARK: Michael Crichton on Adapting his Novel to the Screen », article de Steve Biodrowski le 1er août 1993, en ligne sur le site du magazine Cinefantastique. Initialement paru dans le magazine Cinefantastique, volume 24, n°2, août 1993.
  8. « It’s a fairly long book, and the script can only have somewhere between 10 and 20 percent of the content. So what you’re really trying to do is make a sort of short story that reproduces the quality of the novel and has all the big scenes retained and has the logical flow that appears in the much longer and more extended argument. » « JURASSIC PARK: Michael Crichton on Adapting his Novel to the Screen », article de Steve Biodrowski le 1er août 1993, en ligne sur le site du magazine Cinefantastique. Initialement paru dans le magazine Cinefantastique, volume 24, n°2, août 1993.
  9. Don Shay, Jody Duncan, The Making of Jurassic Park, 1993, p.61

Lien externe[modifier | modifier le code]

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