Élie Cohen (économiste)
|
|
Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (janvier 2012).
Si vous disposez d'ouvrages ou d'articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l'article en donnant les références utiles à sa vérifiabilité et en les liant à la section « Notes et références ». (Modifier l'article)
|
Élie Cohen, né le 3 septembre 1950 à Meknès (Maroc), est un économiste français. Directeur de recherche au CNRS (centre national de la recherche scientifique), il est connu pour ses nombreuses publications ; le grand public le connaît aussi pour ses participations à de nombreuses émissions de radio et télévision.
Opposé à l'idée ultra-libérale d'une auto-suffisance des marchés financiers, il est au contraire partisan d'une régulation de l'économie. Il pourrait être défini comme un économiste de centre-gauche, proche de la pensée sociale-démocrate. Il s'est fait d'abord connaître comme un grand spécialiste des politiques publiques et industrielles en France, son travail a ensuite porté sur les questions de régulations économiques et financières dans le nouveau contexte de l'Europe et de la mondialisation.
Sommaire |
[modifier] Fonctions
- Directeur de recherche au CNRS au Cevipof (FNSP)
- Professeur à l'IEP Paris
- Membre du CAE (depuis 1997)
- Vice-président du Haut Conseil du secteur public financier
- Membre du Conseil d'Orientation du Forum d'Avignon - Culture, économie, média
- Membre des conseils d'administration d'EDF énergies nouvelles[1], de Steria[2] et de Pages jaunes[3].
[modifier] Parcours
Diplômé lauréat de l’IEP Paris (Section économique et financière - 1972), docteur en gestion (Université Paris Dauphine) et docteur en science politique (titulaire d’une habilitation à diriger des recherches), Élie Cohen a entrepris une double carrière de chercheur et d’enseignant du supérieur.
Élève chercheur à l’École des Mines puis chargé de recherche au centre de sociologie de l’innovation de l’École des Mines, il a ensuite rejoint le CNRS comme directeur de recherche au groupe d’analyse des politiques publiques de Paris I puis au Cevipof (Fondation nationale des sciences politiques).
Comme maître de conférences puis professeur, Élie Cohen a enseigné à l’IEP de Paris (macroéconomie, microéconomie, économie publique, politiques publiques, gestion publique), à l’ENS de la rue d'Ulm (sociologie des organisations), à l’ENA (économie industrielle), à Harvard (political economy) et au Collège des ingénieurs (stratégies industrielles et financières).
[modifier] Récompenses académiques
- Prix sciences humaines de l’Académie des sciences morales et politiques (1997)
- Prix européen du livre d’économie (2002)
[modifier] Travaux et analyses
[modifier] Sur la dérèglementation et la libéralisation des marchés
Elie Cohen est l'un des rédacteurs (avec Philippe Aghion et Jean Pisani-Ferry) du rapport Politique économique et croissance en Europe[4] publié par le Conseil d'analyse économique en 2006. Dans ce rapport, Elie Cohen indique qu'il est favorable à la dérèglementation du marché des biens et à la libéralisation du marché des services, deux domaines « cruciaux » pour la relance de l'intégration économique européenne :
- « La relance de l’intégration passe à juste titre par deux domaines cruciaux déjà identifiés : le marché des biens, avec l’achèvement de la déréglementation, et celui des services avec la libéralisation des services en réseau, la libéralisation des services aux entreprises et la libéralisation des services financiers. » (page 43)
S'agissant plus particulièrement des marchés financiers, Elie Cohen soutient dans ce même rapport qu'il est nécessaire de poursuivre la financiarisation de l'économie pour assurer la croissance de l'Europe à long terme (cette financiarisation n'aurait par ailleurs et selon ses analyses pas d'impact sur le chômage) :
- « La dérégulation financière ne semble pas avoir d’impact significatif sur le chômage. » (page 108)
- « Il est connu de longue date que les marchés financiers sont l’un des domaines où la contribution de l’intégration européenne à l’efficacité économique peut être la plus forte. Celle-ci apporte en effet à la fois liquidité et diversification des risques. Elle permet donc simultanément de réduire les coûts, de réduire les primes de risque, et d’assurer la stabilité macroéconomique en présence de chocs sectoriels ou idiosyncrasiques, contribuant ainsi à la croissance à long terme. Cette dimension nous semble régulièrement sous-estimée dans l’évaluation des obstacles à la croissance européenne » (page 140)
[modifier] Sur les crises économiques
Dans un article publié en 2007 par la revue Questions internationales (Mondialisation, néo-capitalisme et développement inégal[5]), Elie Cohen estime que si le capitalisme connaît des « dérèglements », il importe de garder à l'esprit que les marchés financiers (et en particuliers les produits dérivés) sont un facteur essentiel de croissance à long terme et de stabilité macro-économique :
- « L’industrie des produits dérivés contribue largement à l’action macro-économique à travers le financement de la consommation par monétisation des actifs, l’éclatement de la bulle de l’Internet a été facilement résorbé, et la finance de marché joue un rôle décisif dans la remise sur pied des entreprises affaiblies par les errements de la dernière vague de "fusions-acquisitions". »
Cette analyse est en particulier reprise concernant la crise financière mondiale débutant en 2007 qu'Elie Cohen considère être un évènement bénéfique pour l'économie car elle permet de revenir aux « fondamentaux » :
- « Tout se passe comme si le système avait périodiquement besoin d'une crise pour retrouver le sens des grands ordres de valeur économiques. (...) Ces crises nous conduisent à revenir aux fondamentaux économiques, qui sont bons; la croissance est forte et les bilans des entreprises, assainis, sont au meilleur niveau. Il faut s'habituer à l'idée qu'elles ne constituent pas des cataclysmes mais des méthodes de régulation d'une économie mondiale que l'on n'arrive pas vraiment à encadrer par des lois ou des politiques[6]. »
- « Dans quelques semaines, le marché se reformera et les affaires reprendront comme auparavant. Il y aura des pertes, des faillites, puis les fonds actuellement fermés (par exemple ceux de la BNP fermés pour un mois) rouvriront et susciteront à nouveau des appétits[7]. »
[modifier] Bibliographie
- Qui gouverne les groupes industriels (en coll.), Paris, Seuil, 1981
- Les grandes manœuvres industrielles (en coll.), Paris, Belfond, 1985
- L’État brancardier : politiques du déclin industriel 1974-1984, Paris, Calmann-Lévy-St Simon, 1989
- Le colbertisme high-tech : économie du grand projet, Paris, Hachette Pluriel, 1992
- La tentation hexagonale : la souveraineté à l’épreuve de la mondialisation, Fayard, 1996
- L’ordre économique mondial : essai sur le pouvoir régulateur, Fayard, mars 2001
- Le nouvel âge du capitalisme, Fayard, octobre 2005
- Penser la crise, Fayard, avril 2010
- Il est également l'auteur d'un film documentaire : Bulles krachs et rebonds réal. Michel Kaptur (Production Arte Cinétévé, diffusion Arte 2008)
Membre du Conseil d’analyse économique (CAE) auprès du Premier ministre depuis 1997, Élie Cohen a rédigé ou commenté les rapports suivants :
- E. Cohen, C. Henry, Service public, secteur public, CAE La DF, Paris, 1997
- E. Cohen, JH Lorenzi, Politiques industrielles pour l’Europe, CAE la DF, Paris, 2000
- E. Cohen, M. Mougeot, Enchères et gestion publique, CAE la DF, Paris, 2001
- E. Cohen, Ph. Aghion, Éducation et croissance, CAE la DF, Paris, 2004
- E. Cohen, Ph. Aghion, J. Pisani-Ferry, Politique économique et croissance en Europe, CAE La DF, Paris, 2006
- Jacquet, Messerlin, Tubiana, Le cycle du millénaire (commentaire d’E. Cohen), CAE la DF, Paris 1999
- D. Cohen & M. Debonneuil, La nouvelle économie (contribution d’E. Cohen sur l’Internet mobile), CAE, Paris, la DF, 2000
- Jacquet, Pisani-Ferry, Tubiana, La gouvernance de la mondialisation" (commentaire d’E. Cohen), CAE, Paris, La DF, 2002
- Mistral, Christian de Boissieu et Lorenzi, Les normes comptables et le monde post-Enron (commentaire d’E. Cohen), Paris la DF 2003
- Curien et Muet, La société de l’information" (commentaire d’E. Cohen), Paris, la DF, 2004
- E. Cohen, Ph. Aghion, G. Cette, J. Pisani-Ferry, Les leviers de la croissance française, CAE, Paris, la DF, 2007
[modifier] Note
Élie Cohen ne doit pas être confondu avec son homonyme (1946-2008), moins médiatisé mais néanmoins ancien président de l'Université Paris-Dauphine.
[modifier] Références
- http://www.edf-energies-nouvelles.com/fr/groupe/gouvernance
- http://www.steria.fr/documents/File/Brochure-Groupe-Steria-SCA.pdf
- http://www.pagesjaunesgroupe.com/content/conseil-d%E2%80%99administration
- Philippe Aghion, Élie Cohen et Jean Pisani-Ferry, Politique économique et croissance en Europe, Rapport n°59, 23 juin 2006.
- Elie Cohen, Mondialisation, néo-capitalisme et développement inégal, 2006.
- Le Nouvel Observateur, Entretien avec Elie Cohen, « Il faut juguler la peur et sanctionner le risque », 13 août 2007.
- Le Monde, Crise des "subprimes" : le point de vue de deux économistes 17 août 2007.