Syndrome de Münchhausen par procuration

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Syndrome de Münchhausen par procuration
Classification et ressources externes
CIM-10 F68.12
CIM-9 301.51
DiseasesDB 33167
MedlinePlus 001555
eMedicine med/3544 
MeSH D016735
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Le syndrome de Münchhausen par procuration[1] — parfois appelé syndrome de Meadow — est une forme grave de sévices à enfant au cours de laquelle l'adulte qui a la charge de l'enfant provoque de manière délibérée chez lui des problèmes de santé sérieux et répétés avant de le conduire auprès d'un médecin (forme de pathomimie par procuration).

Il fut découvert en 1977 par le pédiatre anglais Roy Meadow. Il est impossible de quantifier son importance réelle mais, aux États-Unis, 1 000 cas annuels sont répertoriés grâce à l'autopsie systématique des morts subites du nourrisson. Sir Roy Meadow estime avoir dû faire face à 400 cas.

En France, il n'existe pas de consensus sur la réalité de ce syndrome et bon nombre de pédiatres et de psychiatres ne peuvent imaginer (à tort ou à raison) des parents infligeant de telles souffrances à leur enfant et refusent d'admettre avoir été ainsi mystifiés. Il est difficile de faire la différence entre un enfant qui s'est étouffé tout seul sous sa couette de celui qui est mort parce qu'on a appuyé un oreiller sur son visage.

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

En Grande-Bretagne, 128 cas ont été rapportés sur deux ans, avec 8 décès[2]. Les statistiques sont cependant probablement sous évaluées, d'autres auteurs citant des nombres beaucoup plus importants[3].

Étiologie[modifier | modifier le code]

Définitions[modifier | modifier le code]

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Ce syndrome se définit par l'association de quatre critères :

  • maladie de l'enfant produite ou simulée par l'un des parents ;
  • consultations médicales répétées pour obtenir la réalisation d'examens complémentaires et la prescription de traitements ;
  • les parents responsables affirment ne pas connaître la cause des symptômes ;
  • les symptômes régressent lorsque l'enfant est séparé du parent responsable.

Dans sa forme extrême ce syndrome peut conduire à des actes médicaux majeurs mettant le pronostic vital en jeu. En fait ce syndrome paraît être la forme extrême et pathologique du comportement parental analysé par Eminson et Postlethwaite[réf. nécessaire] en termes de désir de consultation médicale : le comportement parental normal est défini par un désir de consulter adapté à la situation clinique de l'enfant et en adéquation avec l'avis du médecin consulté. À l'excès de désir de consulter par les parents, ceux-ci inventent des symptômes ou génèrent une maladie chez l'enfant pour amener le médecin à prescrire examens et thérapeutiques.

Toutes les couches sociales sont concernées et dans 90 % des cas il s'agit de la mère biologique[réf. nécessaire]. Un pourcentage important de ces femmes exerce une profession médicale ou paramédicale (médecin, infirmière, aide-soignant, assistante socialeetc.) ou ont un lien avec ce milieu[réf. nécessaire].

Elles présentent un comportement stéréotypé de « bonne mère particulièrement attentionnée à l'égard de son enfant et extrêmement présente lors des séjours hospitaliers de ce dernier. » Elles sont généralement moins inquiètes que l'équipe soignante et tiennent un discours de type médical, n'hésitant pas à suggérer des examens complémentaires invasifs ou des interventions chirurgicales[réf. nécessaire].

Ces femmes sont épanouies en milieu hospitalier par le fait qu'elles sont l'objet d'admiration de la part des médecins et des autres parents[réf. nécessaire]. Trente pour cent (30 %) d'entre elles souffrent d'un syndrome de Münchhausen simple[réf. nécessaire].

Manifestations cliniques[modifier | modifier le code]

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Toute pathologie récidivante, ayant nécessité de multiples hospitalisations, examens complémentaires négatifs ou traitements sans succès, peut être impliquée. La notion de frères ou sœurs soignés pour de nombreuses maladies rares et/ou de mort subite inexpliquée du nourrisson dans la fratrie sont très évocateurs. L'absence de symptomatologie lorsque l'enfant est séparé du parent est un élément majeur.

Le taux de mortalité présumé serait de 15 à 20 %[réf. nécessaire].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom dérive du baron de Münchhausen (1720-1797), un militaire allemand auquel sont attribués des exploits invraisemblables rapportés par Rudolph Erich Raspe.

En 1951, Richard Asher fut le premier à décrire un schéma d'automutilation, où les patients s'inventaient des histoires de maladie. Se souvenant du baron de Münchhausen, Asher a appelé cet état le syndrome de Münchhausen. À l'origine, ce terme était employé pour tous les troubles fictifs. De nos jours, on considère qu'il existe toute une gamme de troubles fictifs, et le diagnostic de « syndrome de Münchhausen » est réservé aux formes les plus graves, où la simulation de la maladie est l'activité centrale dans la vie du patient.

En 1977, le pédiatre anglais Roy Meadow[4] a décrit une forme de sévices à enfant dans laquelle des mères induisent ou décrivent faussement des maladies chez leurs enfants. Il a nommé ce comportement « syndrome de Münchhausen par procuration ».

Représentations[modifier | modifier le code]

Le thème est récurrent dans la plupart des séries de fiction médicale, que cela soit dans Dr House ou La Vie avant tout, ou policières dans Bron (saison 2).

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

  • Claire Castillon, Insecte
  • Thierry Jonquet, Moloch[5],[6]
  • Julie Gregory, Ma mère mon bourreau, Paris : l'Archipel, 2006, 275 p.
  • Katou et Japp, Andrea H. : Le Syndrome de Munchaüsen, Paris : EP Éditions, 2003, 70 p. (Petits meurtres)
  • Gillian Flynn, Sur ma peau, Paris : Calmann-Lévy, 2007. (Calmann-Lévy suspense)
  • Chrystine Brouillet Soins intensifs, Québec: La Courte Echelle, 2002.
  • Sebastian Fitzek Thérapie
  • Patricia Cornwell, La Séquence des corps, Paris : Éditions des Deux Terres, 2006, 487 p.
  • Marie Neuser, Un petit jouet mécanique, Marseille : l'Écailler, impr. 2012 ; 157 p. (OCLC 812517363)

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Également orthographié Münchausen avec un seul « h » ou Munchausen sans Umlaut.
  2. (en) McClure RJ, Davis PM, Meadow SR, Sibert JR, « Epidemiology of Munchausen syndrome by proxy, non-accidental poisoning, and non-accidental suffocation » Arch Dis Child. 1996;75:57–61
  3. (en) Ferrara P, Vitelli O, Bottaro G. et al. « Factitious disorders and Munchausen syndrome: the tip of the iceberg » J Child Health Care 2013;17:366–374
  4. (en) Meadow R, « Munchausen syndrome by proxy. The hinterland of child abuse » Lancet 1977;2:343–345
  5. Henry Michel, « Le syndrome de Münchhausen frappe deux fois. Deux mères ont été accusées d'avoir empoisonné leur fille par des injections d'insuline. », Libération,‎ 12 juin 1996 (lire en ligne)
  6. Marc Pivois, « L'affaire des poisons en famille. Caroline faisait d'étranges crises d'insulinisme. Qui est responsable? Sa mère pertubée, décédée dans des conditions mystérieuses? son beau-père chirurgien? Retour sur une enquête à tiroirs. », Libération,‎ 1er juillet 1998 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anne-Catherine Pernot-Masson, « Psychothérapie d'une maman trop attentionnée : un syndrome de Münchhausen par procuration », La psychiatrie de l'enfant 1/2004 (Volume 47), p. 59-101. [lire en ligne]
  • Caroline Éliacheff, « Le syndrome de Münchausen par procuration psychique », Figures de la psychanalyse 2/2005 (no 12), p. 149-164. [lire en ligne]