Ruta graveolens

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La Rue des jardins ou Rue fétide (Ruta graveolens L.), parfois appelée Rue des jardiniers, Rue odorante, Rue officinale, est un arbrisseau de la famille des Rutacées, cultivé pour ses feuilles utilisées pour leurs qualités aromatiques et médicinales

Nom commun : rue fétide, herbe de la rue, rue des jardins, herbe de grâce.

Autres langues : de : Weinraute, en : common rue, es : ruda, it : ruta.

Sommaire

Description [modifier]

C'est un arbrisseau sous-frutescent, de 70cm - 100cm de haut environ, très ramifié et ligneux à la base. Les feuilles d'un vert glauque, semi-persistantes, sont alternes, pennatiséquées (souvent trilobées) et de consistance un peu charnue. Petites fleurs, de couleur jaune verdâtre, regroupées en corymbe.

La plante dégage une odeur forte et pénétrante avec un fond rappelant le coco, souvent perçu comme désagréable, et a un goût amer.

Distribution [modifier]

  • Habitat et répartition :
    • Habitat type : garrigues méditerranéennes occidentales
    • Aire de répartition : européen méridional

données d'après : Julve, Ph., 1998 ff. - Baseflor. Index botanique, écologique et chorologique de la flore de France. Version : 23 avril 2004. Plante originaire du Sud-Est de l'Europe (Ukraine, Albanie, Bulgarie, ex-Yougoslavie). Elle est largement naturalisée dans toute l'Europe et en Afrique du Nord. La rue est aussi largement répandue en Amérique du Sud, à l'état sauvage ou cultivée pour ses propriétés médicinales[1].

Culture [modifier]

Demande un sol léger et sec, calcaire et bien exposé au soleil. Multiplication par semis ou par boutures. La récolte intervient à partir de l'année suivante. On prélève l'extrémité des tiges avant floraison.

Une taille de rabattement au printemps favorise l'apparition de nouvelles pousses.

La plante se ressème facilement.

Histoire [modifier]

Photodermatites de contact chez les personnes à la peau sensible
Extrait du Tacuinum de Paris ; culture médicinale en jardin de rue, présentée comme élément chaud et sec au troisième degré. Optimum: Celle qui est cultivée à proximité d'un figuier. Améliore (selon cet ouvrage) la vision et favorise la dissipation des flatulences, en augmentant la quantité de sperme mais diminuant le désir de coït.

La rue vineuse, était autrefois considérée comme une plante magique associée à la magie blanche. Elle fut utilisée dès l'Antiquité, notamment chez les Romains. Les Pharisiens payaient la dîme sur la menthe et la rue (Saint Luc (XI-42))(Ce qui veut dire qu'ils payaient la dîme sur toute chose, même sur les plantes aromatiques). Elle figurait dans la liste des plantes potagères recommandées dans le capitulaire De Villis (liste des plantes cultivées dans les jardins de monastère sous Charlemagne).

Elle entrait au Moyen Âge avec la sauge, la menthe, le romarin, l'absinthe et la lavande, le camphre, la cannelle et le clou de girofle dans la composition du vinaigre des quatre voleurs censé protéger de la peste[2].
Au XIIe siècle Sainte Hildegarde indique qu'elle est censée « apaiser les bouillonnement excessifs du sang chez l'homme ». Pour adoucir la matrice, les femmes buvaient de la rue mélangée à d'autres plantes après avoir pris un bain de vapeur[3].

Comme poudre de rue, elle entrait dans la composition du diaphoenix, remède de la pharmacopée maritime occidentale au XVIIIe siècle [4].

Les feuilles fraîches peuvent être utilisées pour assaisonner les sauces et les plats de viande. À utiliser modérément à cause du goût amer et des risques de toxicité.

En Italie du Nord, elle est utilisée pour parfumer l'eau-de-vie (grappa alla ruta). En Éthiopie, on en met une brindille dans les tasses de café.

On extrait de la rue officinale une huile essentielle utilisée en parfumerie.

La rue officinale est aussi utilisée en homéopathie (sous forme de granules).

Le contact de la sève peut provoquer des photodermatites de contact chez les personnes à la peau sensible[5]. À petite dose, la rue a la réputation d'avoir des vertus toniques et stimulantes qui facilitent la digestion. Elle contient une substance qui lui doit son nom, la rutine (ou rutoside), proche de la Vitamine C2 (autrefois nommée "Vitamine P"), aux propriétés anti-oxydantes[6],[7]

Elle a la réputation d'être abortive ce pourquoi sa culture a été interdite par une loi de 1921[8],[9]. Elle est toxique à forte dose, une rumeur veut que Julia Titi, la fille de Titus serait morte après en avoir consommé lors d'un avortement forcé[2].

C'est un répulsif pour les insectes, notamment les puces[10] et les pucerons[11].

Elle est également réputée éloigner les vipères[12]. Cette plante peut servir aussi à éloigner les chats[13].

Notes et références [modifier]

  1. http://www.maca-peruana.com/ruda.htm
  2. a et b herbier de Rort-Royal
  3. guide de visite, les plantes magiques, du jardin des neuf carrés de l'abbaye de Royaumont
  4. D'après Dorvault, dans l'ouvrage de Yannick Romieux, De la hune au mortier, Éditions ACL, Nantes, 1986.
  5. Arias-Santiago, SA; Fernández-Pugnaire, MA; Almazán-Fernández, FM; Serrano-Falcón, C; Serrano-Ortega, S (2009). "Phytophotodermatitis due to Ruta graveolens prescribed for fibromyalgia". Rheumatology (Oxford, England) 48 (11): 1401. doi:10.1093/rheumatology/kep234. PMID 19671699.
  6. (en) Jessica Tabart, Claire Kevers, Joël Pincemail, Jean-Olivier Defraigne et Jacques Dommes, « Comparative antioxidant capacities of phenolic compounds meausured by various tests », Food Chemistry, vol. 113, 2009, p. 1226-1233 
  7. site autour des roses
  8. Herbes et épices, Clothilde Boisvert et Annie Hubert, Albin Michel 1977, ISBN 978-2-226-00430-7
  9. autour des roses
  10. pépinières Deloulay
  11. ferme de sainte-Marthe
  12. site dédié
  13. Trucs & astuces contre pipis et poils de chat, sur http://www.unamourdechat.com. Consulté le 9 juin 2012

Voir aussi [modifier]

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]

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