Révolution sicilienne (1848)

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Impression allégorique qui montre l'expulsion des troupes napolitaines de la Sicile au début de l'insurrection

La révolution indépendantiste sicilienne de 1848 a lieu dans une année chargée de révolutions et de soulèvements populaires appelés aussi le printemps des peuples. La révolution sicilienne de cette année revêt une certaine importance pour les quatre raisons suivantes :

  1. Elle débute le 12 janvier 1848[1] et elle est donc le premier mouvement révolutionnaire en cette année ;
  2. Pas moins de quatre mouvements révolutionnaires ont lieu sur l'île de la Sicile entre 1800 et 1849 (1812, 1820, 1837, 1848) contre les Bourbons[2] qui règnent sur le Royaume des Deux-Siciles, cette dernière insurrection conduit à la création d'un état indépendant qui dure environ seize mois ;
  3. La constitution qui survit seize mois est très progressiste ;
  4. Elle a pour effet d'être le catalyseur de la fin du règne des Bourbons sur le Royaume des Deux-Sicile en 1860 ce qui conduit, en 1861, à l'unification italienne.

Le Royaume des Deux-Siciles[modifier | modifier le code]

Les ex-royaumes de Naples et de Sicile sont réunis après six siècles de séparation en 1815 par le congrès de Vienne pour devenir le Royaume de Deux-Siciles, sous l'autorité d'un monarque bourbon, sans tenir compte des aspirations des populations[1].

Le Royaume de Sicile regroupant les deux entités, créé par les Normands en 1130, fut gouverné par la maison Hohenstaufen puis Charles d'Anjou aux XIIe et XIIIe siècles, avant d'être divisé suite à la révolte des vêpres siciliennes en 1282. Le nom des « Deux-Siciles » est une conséquence des événements qui suivirent les vêpres siciliennes.

Les origines de la révolution de 1848 sont antérieures au Congrès de Vienne et datent de 1812. Elles débutent au cours de la tumultueuse période napoléonienne, quand la cour des Bourbons est contrainte de fuir Naples et de s'installer à Palerme avec l'aide de la marine britannique[2]. Les nobles siciliens se montrent habiles à tirer profit de l'occasion pour obliger les Bourbons à promulguer une nouvelle constitution pour la Sicile basée sur la Constitution espagnole de Cadix de gouvernance parlementaire, ce qui est, pour l'époque, une constitution libérale[2]. Après le Congrès de Vienne, Ferdinand IV de Naples (Ferdinand III du Royaume de Sicile) abolit la nouvelle constitution dès qu'il retrouve la cour de Naples. Il y a une très forte relation entre cet acte politique autoritaire et les nombreuses révoltes populaires qui auront lieu au début du Risorgimento.

Les événements politiques après la révolution[modifier | modifier le code]

La révolution de 1848 est essentiellement organisée et concentrée à Palerme. La nature populaire de la révolte se caractérise par le fait que les manifestes et les tracts sont distribués trois jours avant les actes révolutionnaires qui ont lieu le 12 janvier 1848 ; ils incitent à la lutte armée[3] :

Siciliani! Il tempo delle prighiere inutilmente passò. Inutile le proteste, le pacifiche dimostrazioni. Ferdinando tutto ha sprezzato. E noi popolo nato libero, ridotto fra catene e nella miseria, tarderemo ancora a riconquistare il legittimi diritti? All'armi, figli della Sicilia! la forza dei popoli e onnipresente, l'unirsi dei popoli è la caduta dei re. Il giorno 12 gennaio 1848, all'alba, segnerà l'epoca gloriosa dell'universale rigenerazione. Palermo accoglierà con trasporto quanti siciliani armati si presenteranno al sostegno della causa comune.

Siciliens! le temps des prières est passé inutilement. Les protestations et les manifestations pacifiques sont inutiles. Ferdinand a tout méprisé. Et nous, peuple né libre, réduit aux chaînes et à la misère, tarderons-nous encore à reconquérir nos droits légitimes? Aux armes, fils de la Sicile ! L'omniprésence et la force du peuple, l'union des peuples sont la chute des rois. Le 12 janvier 1848, à l'aube, marquera l'ère glorieuse de la régénération universelle. Palerme accueillera les Siciliens armés qui se présenteront pour soutenir la cause commune.
La révolution de Palerme

La date est délibérément choisie : elle coïncide avec l'anniversaire de Ferdinand II des Deux-Siciles, lui-même né à Palerme en 1810 lors de la période napoléonienne. La révolution conduit à la création de l'État de Sicile dont Ruggero Settimo (Ruggeru Sèttimu en sicilien) est chef du gouvernement.

Les nobles siciliens relancent immédiatement la constitution de 1812, qui reprend les principes de la démocratie représentative et la position centrale du Parlement sicilien dans la gouvernance de l'État. la Sicile déclare la déchéance de Ferdinand et son indépendance le 13 avril[4],[5]. La Sicile vit pendant seize mois en tant qu’État indépendant.

L'armée des Bourbons reprend par la violence le plein contrôle de l'île le 15 mai 1849, utilisant la ville fortifiée de Messine que le parlement sicilien n'avait jamais été en mesure de contrôler. Après la capitulation, Ruggero Settimo s'enfuit à Malte où il est reçu avec tous les honneurs dus à un chef d’État. Il y reste en exil le reste de sa vie et meurt en 1863. Après La formation du nouveau royaume d'Italie en 1861, le poste de premier président du Sénat sera proposé à Settimo qui refusera en raison de son état de santé.

La révolution qui a lieu à Palerme fait partie d'une série d'événements similaires en Italie, mais est sans doute plus violente que les autres. Elle s'est répandue rapidement à travers l'île et dans le reste de l'Italie, où elle a forcé Charles-Albert, roi de Sardaigne, à suivre l'exemple de Ferdinand II et à promulguer une constitution écrite à la hâte, le Statut albertin.

Source[modifier | modifier le code]

Note[modifier | modifier le code]

  1. a et b Peruta, 2000, p. 13
  2. a, b et c Renda, 2000, p. 28
  3. Peruta, 2000, p. 14
  4. « Statuto Fondamentale del Regno di Sicilia » (consulté le 27 août 2011)
  5. Peruta, 2000, p. 19

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (it) Santi Correnti (2002) A Short History of Sicily, Les Editions Musae, Montreal, 2002.
  • (it) Giuseppe Scianò Sicilia, Sicilia, Sicilia!, Edizione Anteprima, Palerme, 2004.
  • (it) Studi Garibaldini : Il 1848 in Italia de Franco Della Peruta, t. 1, Marsala, Centro Stampa Rubino,‎ 2000
  • (it) Studi Garibaldini : La Rivoluzione Siciliana del '48 de Francesco Renda, t. 1, Marsala, Centro Stampa Rubino,‎ 2000