Panda géant

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Ailuropoda melanoleuca

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Panda géant à Ocean Park Hong Kong.

Classification selon MSW
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Mammalia
Ordre Carnivora
Sous-ordre Caniformia
Famille Ursidae

Genre

Ailuropoda
Milne-Edwards, 1870

Nom binominal

Ailuropoda melanoleuca
(David, 1869)

Statut CITES

Sur l'annexe  I  de la CITES Annexe I , Rév. du 14/03/1984

Statut CITES

Sur l'annexe  III  de la CITES Annexe III , Rév. du 06/12/1983
Chine uniquement

Statut de conservation UICN

( EN )
EN B1+2c, C2a : En danger

Le panda géant (Ailuropoda melanoleuca) est un mammifère habituellement classé dans la famille des ursidés (Ursidae), indigène dans la Chine centrale.

Il ne vit que dans le centre de la Chine, dans des régions montagneuses recouvertes de forêts d'altitude, comme la province du Sichuan, certaines parties de celle du Shaanxi ou encore la Région autonome du Tibet, entre 1 800 et 3 400 mètres. Une région difficile d'accès aux Européens avant le milieu du XIXe siècle, ce qui explique sa description tardive en Occident.

Morphologiquement, son nom chinois est « grand chat-ours » (大熊猫, dà xióngmāo)[1]. En tibétain son nom est byi-la dom (chat-ours). Le nom latin scientifique du panda géant est Ailuropoda melanoleuca, melanoleuca signifiant « noir-blanc ». Ailuropoda vient du grec αἴλουρος qui signifie « chat » (aiolos « qui se meut sans cesse », oura (queue) et pous - podos qui signifie pied. L'espèce Ailurus fulgens désigne le panda roux. L'étymologie de Ailurus est la même[2].

On le lie également au panda roux (ailurus fulgens), dont il possède des caractéristiques communes comme le « Sixième doigt » ou « Faux pouce », qu'il partage également avec Simocyon batalleri, son ancêtre européen d'il y a 9 millions d'années ayant la taille d'un puma, retrouvé à Batallones-1, près de Madrid[3]. Mais le nom commun semble dériver de leur alimentation. Jusqu'à ce que sa relation avec le panda roux ait été découverte en 1901, le panda géant était connu par les anglophones sous le nom de « parti-coloured bear »[réf. nécessaire].

La classification taxonomique précise du panda a longtemps été discutée ; certains le considèrent plus étroitement lié aux ratons laveurs (Procyonidae) qu'aux ours, avec lesquels il a pourtant 90 % de patrimoine génétique commun[réf. nécessaire].

Deux sous-espèces sont distinguées, la sous-espèce type A. m. melanoleuca et A. m. qinlingensis, le panda de Qinling qui se trouve dans la province du Shaanxi.

Description[modifier | modifier le code]

Le panda géant est volumineux et massif ; il pèse de 80 à 125 kg avec une moyenne de 105,5 kg ; il mesure de 1,50 à 1,80 mètre de longueur, avec une moyenne de 1,65 mètre[4]. Comme chez la majorité des grands mammifères, les femelles sont généralement plus petites et moins massives[5].

Le panda est noir et blanc, il est majoritairement constitué de blanc, avec les oreilles, le contour des yeux et les pattes noires. Son pelage épais le protège du froid des régions de haute altitude où il vit.

Le panda possède six doigts dont un « faux pouce » opposable à ses cinq doigts. Il s'agit d'un os du poignet modifié (l'os sésamoïde). Stephen Jay Gould a utilisé cette particularité anatomique comme un exemple de « bricolage évolutif » dans son essai Le pouce du panda. Ce pouce sert notamment à attraper les tiges de bambou dont il se nourrit en grande quantité[6].

Herbivore, il a de puissantes dents, pour broyer les bambous. L'étude de sa formule dentaire a aidé à prouver qu'il s'agit bel et bien d'un ursidé. Il possède 42 dents.

Son ouïe et son odorat sont très fins : il se sert surtout de ces deux sens pour s'orienter et se repérer. Sa vue, en revanche, est plutôt médiocre : moins bonne que celle du chat ou de l'homme.

Écologie et comportement[modifier | modifier le code]

Mode de vie[modifier | modifier le code]

Les pandas géants sont solitaires. Ils vivent dans les montagnes du centre de la Chine, dans les provinces de Sichuan, Gansu et Shaanxi.

Alimentation[modifier | modifier le code]

Tai Shan au Zoo National de Washington DC.
Un Panda géant du zoo de San Diego mange du bambou.

Le panda géant est habituellement représenté mangeant paisiblement du bambou plutôt que chassant, ce qui ajoute à son image d'innocence. En effet, bien que classé parmi les carnivores, cet animal se nourrit principalement de végétaux. Même s'il a été rapporté qu'il mange à l'occasion des œufs et des insectes, son régime alimentaire est constitué à 95 % de végétaux (quasi uniquement de bambous : jusqu'à 20 kg par jour) et à 5 % de viande (des carcasses abandonnées ou des petits rongeurs, voire des opossums[réf. souhaitée]). Son faux pouce lui permet de cueillir et de tenir les tiges de bambou. Il passe près de 14 heures par jour à les mastiquer en raison de sa faible capacité à assimiler la cellulose (privé de cæcum, comme n'importe quel ursidé, il ne peut en digérer que 17 %). Les pousses sont avalées tout entières, mais il ne garde que le cœur et rejette l'écorce. Le transit intestinal dure environ huit heures. Beaucoup de forêts de bambous chinoises sont aujourd'hui exploitées par l'homme ou ont été défrichées pour devenir des terres cultivables. C'est une des raisons de la forte régression de l'espèce, qui ne dispose plus de son aliment de base.

Le génome du panda a été séquencé par une équipe chinoise en 2010 : ses 21 000 gènes contiennent notamment tous ceux codant pour les enzymes caractéristiques d'un régime carnivore (typique des ursidés) mais celui qui code pour le récepteur de la saveur de l'umami est muté, ce qui pourrait rendre inactif ce récepteur sensible à la saveur des viandes, et ainsi expliquer en partie pourquoi le panda a un régime alimentaire essentiellement végétarien, alors qu'il est, du point de vue phylogénétique, un carnivore[7].

Reproduction[modifier | modifier le code]

Un bébé panda dans un incubateur.

Les pandas atteignent une maturité sexuelle entre 5 ans et demi et 6 ans. Ils ne peuvent se reproduire que quelques jours par an ce qui rend leur reproduction difficile. La durée de la gestation est d'environ 112 à 163 jours (137,5 jours en moyenne). La mère peut donner naissance à un ou deux petits, rarement trois, avec une moyenne de 1,7 petit par portée[4]. Cependant, celle-ci ne s'occupe que d'un seul petit et les autres meurent rapidement, peut-être parce que l'énergie nécessaire pour élever les deux est trop élevée mais le débat n'est pas clos sur cette question. En captivité, pour éviter cette perte, des chercheurs américains font actuellement des études sur le fait d'alterner les petits, ainsi, la mère s'occupe des deux petits sans s'en rendre compte. À sa naissance, le petit pèse à peine entre 85 et 140 grammes (110 grammes en moyenne)[4] et est élevé uniquement par sa mère. Après environ 46 semaines, le petit est totalement sevré et il peut se débrouiller seul à environ 18 mois[4].

Ayant une fécondité naturellement faible, ils ont aussi beaucoup de difficultés à se reproduire en captivité. Le mâle, avec sa nourriture à portée de main, prend l'habitude de ne pas faire d'efforts, même pour se reproduire. Des problèmes psychologiques renforcent ce phénomène. Au Centre de recherche sur la reproduction des pandas géants à Chengdu (Chine), seulement 10 % d'entre eux s'accouplent. Et seulement 30 % des femelles accouplées font des petits. Afin de sauvegarder cette espèce menacée, les zoos et les centres d'élevage ont souvent recours à l'insémination artificielle. Les premiers succès de cette technique ont été obtenus au zoo de Pékin dès 1978.

Longévité[modifier | modifier le code]

L'espérance de vie en captivité va de 26 à 30 ans, le record de longévité étant de 34 ans (Bao Bao, panda géant ayant vécu au zoo de Berlin, décédé le 22 août 2012)[4]. Dans la nature elle est 15 à 20 ans[réf. nécessaire].

Habitat et répartition[modifier | modifier le code]

Répartition du panda géant en Asie.

Leur habitat est réduit à six régions dispersées en Chine, dans des forêts de montagnes situées de 1 800 à 3 500 m d’altitude. Il y a actuellement douze réserves qui hébergent environ 60 % des 1 000 pandas survivants. Au sein de ces parcs protégés comme en pleine nature, les animaux sont éparpillés en minuscules groupes ne circulant pas librement d’une montagne à l’autre en raison des vallées occupées par l’homme, ce qui ne favorise pas la reproduction.

Le panda géant et l'homme[modifier | modifier le code]

Menaces et protection[modifier | modifier le code]

Cette espèce, très menacée, figure sur la liste des espèces de l'annexe I de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, dite convention de Washington). En Chine, tuer un panda est passible de peine de mort.

À l'état sauvage[modifier | modifier le code]

Entre 1947 et 1977, les pandas géants étaient alors 1100. Ensuite, entre 1985 et 1988, ils étaient 1000. Environ 1 600 pandas vivent encore en pleine nature[réf. nécessaire]. Leur habitat se réduit sans cesse, car les hommes abattent de plus en plus les forêts pour le bois et l'agriculture, et il reste donc de moins en moins de bambous. De plus, les pandas géants sont parfois tués pour leur pelage ou meurent dans des pièges qui ont été placés pour attraper d'autres animaux[pas clair].

Le bambou lui-même représente un problème pour la survie des pandas géants. Une fois que le bambou fleurit — tous les 10 à 100 ans — il meurt, et il faut compter dix ans avant que de nouvelles pousses aient une taille suffisante pour servir de nourriture. Parfois, des forêts entières de bambous disparaissent ainsi et le panda n'a plus de quoi se nourrir.

La fragmentation de leur habitat est particulièrement dangereuse pour les pandas, vu qu'ils doivent s'adapter aux cycles de vie des bambous. De petites populations isolées de pandas géants, dont le régime alimentaire se compose quasi exclusivement de diverses variétés de bambou que l'on trouve dans les hautes régions montagneuses, sont confrontées à un risque de croisements d'animaux de même souche. De tels croisements réduisent la résistance aux maladies, l'adaptabilité aux changements environnementaux et les taux de reproduction.

Plusieurs projets de protection ont été mis sur pied, comprenant entre autres la création de 33 réserves réparties dans les provinces de Sichuan, Gansu et Shaanxi, en Chine, à l’est du plateau tibétain, où vivent les pandas géants.

Les programmes de protection du panda englobent aussi la formation de gardes spécialisés dans la lutte contre le braconnage, la mise au point de plans de gestion pour toutes les réserves, nouvelles et existantes, et la poursuite de l’étude des pandas sur le terrain.

En captivité[modifier | modifier le code]

Les pandas géants font l'objet d'un important programme d'élevage en captivité en Chine, et dans une moindre mesure dans d'autres pays. Les scientifiques chinois ont développé des techniques de fécondation artificielle pour contourner le principal problème concernant la reproduction des pandas géants : le fait que ceux-ci ne soient naturellement en chaleur que quelques jours par an.

« En 2005, 21 pandas, nés à la suite d'inséminations artificielles, ont survécu en Chine[8]. »

Hors de Chine, très peu de zoos en détiennent (une dizaine en 2007 dont quatre aux États-Unis et trois au Japon). Dans les années 1970 et 80, plusieurs autres zoos (Paris, Londres, Moscou…) avaient « leur » panda, généralement offert à titre de cadeau diplomatique par la Chine. Depuis 1984, les pandas acquis par des zoos étrangers sont loués par le gouvernement chinois, à un prix très élevé (l'argent allant à un fonds de protection des pandas dans leur milieu naturel, sous la direction de la CITES[9]). De ce fait, très peu de zoos en possèdent, d'autant que le simple entretien de l'animal est très onéreux, et que sa reproduction est exceptionnelle. Ainsi, le zoo d'Ueno s'est vu prêter en février 2011 deux pandas pour dix ans, pour un prix total de 950 000 dollars par an[10]. Le 15 janvier 2012, deux pandas géants, Yuan Zi et Huan Huan, ont été accueillis au ZooParc de Beauval, dans le Loir-et-Cher [11]. Le 25 mars 2013, deux pandas géants, Er Shun et Da Mao, ont été accueillis au zoo de Toronto, pour une période de cinq ans ; puis ils iront au zoo de Calgary et y resteront pendant cinq ans, pour enfin retourner en Chine. Le couple de pandas géants Hao Hao et Xing Hui sont arrivés le 23 février 2014 au parc zoologique de Pairi Daiza, en province de Hainaut (Belgique) pour une période de quinze ans.

Historique[modifier | modifier le code]

Des textes chinois du XIIe et du VIIe siècle av. J.-C. en font mention[12]. Un livre ancien de géographie le décrit comme un « animal noir et blanc qui ressemble à un ours et se nourrit de cuivre et de fer », cela à cause de la réputation qu’il avait de lécher et de mordiller les ustensiles de cuisine dans les villages[réf. nécessaire].

Le missionnaire français Armand David (1826-1900) l'a fait connaître pour la première fois en Occident en 1869.

Légendes[modifier | modifier le code]

Il existe différentes légendes à propos des taches noires du panda qui diffèrent un peu selon les sources et le lieu d'origine.

Une légende chinoise populaire raconte qu'autrefois, les pandas étaient complètement blancs, mais, qu'un jour, quand la plus jeune de quatre sœurs mourut, les autres trempèrent les mains dans de la cendre en signe de deuil. En pleurant, ils se frottèrent les yeux pour essuyer leurs larmes, se consolèrent en entourant leurs bras autour d'eux et se bouchèrent les oreilles pour ne pas entendre les pleurs. La légende veut que ces taches de cendre soient restées sur leur fourrure.

Une autre légende semblable, provenant du Tibet, raconte que ce serait une bergère qui aurait sauvé d'un léopard un bébé panda qui se promenait avec sa mère. La bergère qui s'interposa pour défendre le jeune panda mourut, et tous les pandas, émus par son courage, pleurèrent avec de la cendre dans les mains pour respecter les rites de l'endroit[13].

Culture populaire[modifier | modifier le code]

  • Le panda a été choisi comme logo par l'association WWF qui se consacre à la protection de la nature, c'est une espèce porte-drapeau pour la conservation de la faune.
  • Il est représenté depuis longtemps dans l'art ayant rapport avec la Chine, où il occupe une place privilégiée. Par exemple :
  • Un célèbre livre de Lynne Truss (en), intitulé Eats, Shoots and Leaves, est un essai sur l'importance de la ponctuation. Le titre fait référence à la définition du panda dans le dictionnaire en anglais qui, par simple ajout d'une virgule, la transforme de « mange des pousses et des feuilles » en « mange, tire et s'en va » (eats shoots and leaves devenant eats, shoots and leaves).
  • Le Pouce du panda est un livre de Stephen Jay Gould, contenant un essai traitant de biologie de l'évolution portant le même titre.
  • Little Panda est un film américain (également adapté en français sous le titre La Grande Aventure du Panda).
  • Le jeu MMORPG World of Warcraft propose à ses joueurs, dans Mist of Pandaria, d'incarner un Pandaren, une race ayant les traits du panda.
  • Dans sa chanson Pandi-Panda, Chantal Goya fait l'éloge de la protection des pandas.
  • Le chanteur allemand Cro a pour caractéristique de porter un masque de panda dans ses clips et sur scène.
  • Dans le jeu vidéo Overlord II il est possible de rencontrer des pandas qui deviennent très agressif si on touche à leur bambou[14], il faut alors utiliser des sbires verts pour les éliminer.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 大 dà « grand », 熊 xióng « ours », 猫 māo « chat ». En chinois, la tête d'un syntagme nominal est à droite
  2. (en) « αἰόλος », Henry George Liddell, Robert Scott, An Intermediate Greek-English Lexicon
  3. « Évolution - Un faux pouce mais de vraies fonctions », CNRS,‎ 2 mars 2005 (consulté le 15 mai 2014)
  4. a, b, c, d et e (en) Référence Animal Diversity Web : espèce Ailuropoda melanoleuca
  5. « Les sciences du vivant ont besoin du genre - Pourquoi les femmes sont elles plus petites que les hommes ? », lejournal.cnrs.fr (consulté le 15 mai 2014)
  6. « alimentation, adaptations, floraison du bambou, mort du bambou », panda.fr (consulté le 15 mai 2012)
  7. (en) Ruiqiang Li et al., « The sequence and de novo assembly of the giant panda genome », Nature, vol. 463, no 7279,‎ 21 janvier 2010, p. 311-317 (DOI 10.1038/nature08696, lire en ligne)
  8. AFP - dépêche du 14 août 2006.
  9. Pandas en captivité
  10. (en) Maehara expects pandas to improve Japanese sentiment on China, AP sur Breitbart, le 18 février 2011
  11. Unique en France, des pandas à Beauval!
  12. PANDAS - Panda géant ou grand panda, Histoire, ancêtres et classification
  13. PANDAS - Panda géant ou grand panda, Classification, Fiche d'identité et sous-espèces
  14. http://overlord.wikia.com/wiki/Panda