Plateau tibétain

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33° N 88° E / 33, 88

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Le plateau tibétain est un vaste plateau situé en Asie centrale, au Nord de l'Himalaya, dont la majeure partie est située en République populaire de Chine et quelques parties le sont en Birmanie, au Bhoutan, au Népal et en Inde. Il a été créé par la collision des plaques indienne et eurasienne qui ont pris en étau les plaques de Qiantang et de Lhassa au cours du Cénozoïque. Constituant une des plus grandes structures topographique de la Terre, il a d'importants effets climatiques régionaux (aridité du plateau lui-même, mousson) et mondiaux (circulation atmosphérique mondiale). Le nord-ouest du plateau, le Changtang, en est la région la plus élevée. D'une altitude dépassant souvent 5 000 m, elle est pratiquement inhabitée.

Paysage de steppe typique des contreforts orientaux du Changtang (Yarmothang)

Topographie, géomorphologie et géologie[modifier | modifier le code]

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Subdivision géologiques et géographiques

Le plateau tibétain est appelé en mandarin, le Haut plateau Qing-Zang (青藏高原), Qing se référant au lac Qinghai et Zang au Tibet (Xizang), divisé en cinq grandes aires géographique et géologiques :

Chungthang, situé dans l'actuel District du Sikkim septentrional en bordure du Plateau tibétain, photographié lors d'une expédition allemande au Tibet, en 1938

Histoire[modifier | modifier le code]

Modèle numérique de terrain du plateau tibétain et des chaînes de montagnes périphériques

Cinq explorateurs l'ont partiellement traversé. Gabriel Bonvalot en 1890 du nord au sud côté est, Bower en 1892 dans sa partie sud, M. Wellby en 1896 d'ouest en est, Sven Hedin en 1906 de l'est vers le sud.

L'exploration archéologique du plateau du Changtang, entreprise à partir du début des années 1990 par John Belleza, a permis de repérer plus de 500 sites remontant à l’âge du fer. L'ensemble présente une nette parenté avec les cultures d’Asie centrale et pourrait constituer une partie de la culture de Zhang Zhung[1]. Plus récemment, Michel Peissel et son équipe en 2000 qui explorèrent le Nord-Ouest du Changtang, jusqu'alors inconnu de tout homme ou carte géographique[2].

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat du Tibet est très continental, froid et sec. Paradoxalement, la température moyenne annuelle est supérieure à celle de l'atmosphère à une altitude équivalente (rayonnement de la terre). Cet effet provoque d'importants gradients nord-sud de pression, et participe activement au phénomène de mousson. Les changements de températures sont assez brusques sur le plateau du Tibet : par un temps ensoleillé et chaud, la température peut chuter brusquement de plusieurs dizaines de degrés, si des nuages viennent couvrir le ciel. Le climat varie également très fortement entre la nuit et le jour. Vers 4 000 mètres, il vaut mieux avoir un gros blouson d'hiver au petit matin, avant le lever du soleil, et être en vêtements d'été à midi. Ces variations brusque expliquent la forme du vêtement traditionnel tibétain, une grosse fourrure recouverte de tissu et souvent portée avec un bras couvert, l'autre découvert, la manche étant tout simplement enlevée de l’épaule pour ne pas souffrir de la chaleur.

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Faune[modifier | modifier le code]

La faune de ce plateau est à la fois riche et fragile. On compte des centaines d'espèces d'animaux ; parmi eux le yak, la gazelle, le kiang (la plus grande race au garrot d'âne sauvage) le cerf de Thorold et les moutons sont en grand nombre malgré l'aridité du sol. On trouve aussi l'antilope du Tibet, dont les cornes du mâle font plus de deux fois la taille de l'espèce au garrot, et qui fut pourchassée durant le siècle dernier pour sa peau, permettant la fabrication du shatoosh (tissu presque invisible par sa grande finesse). La grue à cou noir, la seule grue qui peut vivre jusqu'à des altitudes de 5000 m, y est également présente. Le plateau tibétain devrait rassembler près de 37 000 renards du Tibet, selon les estimations de 1989, avec une densité de 2 à 4 individus par km2.

Plusieurs projets de protection ont été mis sur pied, comprenant entre autres la création de 33 réserves à l’est du plateau tibétain, où vivent les pandas géants.

Flore[modifier | modifier le code]

À 3 700 m d'altitude, la végétation est encore dense autour des lacs.

Dans la partie actuellement située dans la province du Yunnan, dans la réserve protégée du Parc national du Pota tso, on peut trouver autour du lac des résineux nommés localement arbres à barbe, de grands pâturages ainsi que certaines plantes toxiques. La végétation y est entre la steppe et la forêt de résineux.

Ressources économiques[modifier | modifier le code]

La Réserve naturelle du Changtang (en) (chinois simplifié : 羌塘国家级自然保护区, la seconde plus grande réserve naturelle (réserve protégée) du monde, après le Parc national du Nord-Est du Groenland, au Danemark, regorge de nombreux lacs dont on extrait le sel en grande quantité. Certains y viennent pour trouver avec succès de l'or de façon illégal[3].

Son sous-sol est également riche en pétrole et en gaz[4].

Art[modifier | modifier le code]

  • Han Hong, originaire de Shigatse, est une chanteuse connue pour son interprètation de Plateau tibétain (西藏高原 xīzàng gāoyuán, sur l'album《醒了》(xǐngle, « éveil »)), chanson tibétaine célèbre dans toute la Chine.
buissons rouges en septembre dans le Yunnan

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Explorations de John Belleza
  2. Michel Peissel, Le dernier horizon: à la découverte du Tibet inconnu, traduit par Françoise de Maulde, Robert Laffont, 2001, (ISBN 2221092724 et 9782221092729)
  3. (en) Michael Buckley, Meltdown in Tibet: China's Reckless Destruction of Ecosystems from the Highlands of Tibet to the Deltas of Asia, Palgrave Macmillan, 2014 (ISBN 1137474726 et 9781137474728), p. 123
  4. (en) « The Qiangtang Basin of Tibet rich in oil, gas reserves », People's Daily Online,‎ 22 octobre 2004 (consulté le 21 octobre 2007)

Lien externe[modifier | modifier le code]