Nath sampradaya

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Le terme sanskrit nāthá ou नाथ, est le nom qui désigne une tradition initiatique de siddhas. Le terme en lui-même signifie « Seigneur, protecteur, refuge ». Le terme corrélé Adi Natha signifie Seigneur originel ou Seigneur Premier : c'est un synonyme de Shiva, en tant que dieu suprême: Mahadeva ou Maheshvara.

La tradition Nath est une tradition hétérodoxe du shivaïsme tantrique, qui contient de nombreuses sous-branches (panth). Elle a été fondée par Matsyendranath et par Gorakshanath, considérés comme siddhas. On leur attribue le développement du hatha yoga[1]. Ces personnages sont de même révérés dans le bouddhisme tibétain comme Mahasiddhas (grands adeptes). De grands pouvoirs ainsi qu'une réalisation spirituelle parfaite leur sont reconnus.

Natha Sampradaya[modifier | modifier le code]

Le Nath Sampradaya (Devanagari:नाथ संप्रदाय) est une évolution de la tradition plus ancienne nommée Siddha (ou Avadhuta) Sampradaya[2], une lignée ancienne de maîtres spirituels. On définit traditionnellement la fondation du Nath Sampradaya comme la mise en œuvre des idéaux reflétés par la vie et les réalisations spirituelles du guru Dattatreya, qui est considéré par beaucoup comme une incarnation humaine du Seigneur Shiva[3]. L'établissement des Naths comme une secte indépendante aurait commencé autour du VIIIe ou du IXe siècle, avec un simple pêcheur, Matsyendranath (que d'aucuns nomment Minanath, bien que ce dernier nom puisse désigner dans d'autres écrits le père de Matsyendranath)[4].

L'un des récits de l'origine des enseignements des Naths dit que Matsyendranath a été avalé par un poisson. Alors qu'il était prisonnier du ventre du poisson, il entendit les enseignements que délivrait le Seigneur Shiva à son épouse Parvati. Selon la légende, la raison qui faisait que Shiva donnait son enseignement au fond des océans est que le Seigneur ne voulait pas que d'autres puissent écouter ces enseignements. Sous la forme d'un poisson, Matsyendranath exerça alors son ouïe, jusqu'à être apte à entendre et intégrer les enseignements de Shiva. Après avoir été libéré du poisson par un autre pêcheur, Matsyendranath reçut l'initiation des sannyasin de Siddha Carpati. Matsyendranath est reconnu comme le fondateur du courant spécifique de yogis connu sous le nom de Nath Sampradaya.

Les deux disciples principaux de Matsyendranath étaient Caurangi et Gorakhnath. Ce dernier en vint à éclipser son Guru en termes d'importance, dans bon nombre de panth du Nath Sampradaya. Encore de nos jours, Gorakshanath est considéré par beaucoup comme le plus influent des premiers Naths. On lui attribue aussi la paternité des premiers livres traitant du Laya yoga et de la montée de la kundalini-shakti[3].

Plusieurs lieux, ashrams et temples sont dédiés à Gorakshanath. Bon nombre de ceux-ci ont été bâtis sur des sites où il vécut et pratiqua la méditation ainsi que d'autres sadhanas. Selon la tradition, son tombeau et son siège (gaddi) de samadhi se trouvent au temple de Gorakhnath à Gorakhpur (Uttar Pradesh). Toutefois, Nityananda affirme que les tombeaux de samadhi de Matsyendranath et de Gorakshanath se trouvent à Nath Mandir, près du temple Vajreshwari, à environ un kilomètre de Ganeshpuri, dans le Maharashtra, en Inde[5].

Le Nath Sampradaya ne reconnaît pas les barrières de caste, et ses enseignements sont adoptés par les hors-castes tout comme par les rois (parmi les Nava Natha, on trouve bon nombre de princes et princesses)). La tradition hétérodoxe des Naths a un bon nombre de panths (sous-sectes), toutes honorant Matsyendranath et Gorakshanath comme les fondateurs de la tradition.

Les douze Natha Panth traditionnelles[modifier | modifier le code]

Le Nath Sampradaya est traditionnellement divisé en douze courants, ou Panths. Selon David Gordon White, ces panths ne sont pas vraiment des subdivisions d'un ordre monolithique, mais plutôt une agrégation de groupes séparés, descendant soit de Matsyendranath, soit de Gorakshanath, soit de l'un de leurs disciples[4]. Selon le site Internet Shri Amrit Nath Ashram, les douze Natha Panthi sont les suivantes:

  • Satya nath
  • Dharam nath
  • Daria nath
  • Ayi Panthi
  • Vairaga kea
  • Rama ke
  • Kapilani
  • Ganga nathi
  • Mannathi
  • Rawal ke
  • Paava panth
  • Paagala panth

Toutefois, il y a toujours eu un plus grand nombre de sectes Nath, qui s'intègrent dans l'une ou l'autre des douze panthi formelles[4]. De ce fait, les sous-sectes de sannyasin, comportant peu de membres, telles que par exemple le Adinath Sampradaya ou le Nandinath Sampradaya sont généralement soit ignorées soit amalgamées dans un panth formel.

Des références vers le Adinath Sampradaya sont mises en évidence par Rajmohan Nath (1964) dans la liste suivante des douze panth[6]:

  • Machhindranath
  • Adinath
  • Minanath
  • Gorakhnath
  • Khaparnath
  • Satnath
  • Balaknath
  • Golaknath
  • Birupakshanath
  • Bhatriharinath
  • Ainath
  • Khecharanath
  • Ramachandranath

Lignées Nath modernes[modifier | modifier le code]

On peut citer comme Nath récent de la Adinath Sampradaya Shri Gurudev Mahendranath (1911-1991), qui reçut l'initiation en 1953 par Shri Satguru Lokanath, le Avadhut de l'Himalaya'. En 1978, il fonda l'ordre nath international afin de répandre le mode de vie Nath en occident. Il écrivit bon nombre d'essais et d'articles, dont certains furent regroupés sous le titre de Rouleaux de Mahendranath (The Scrolls of Mahendranath), publiés pour la première fois en 1990. Son successeur, Shri Kapilnath, continue d'enseigner et d'initier ceux qui sont sincèrement en recherche[7].

La Chitrakut Math parampara, rendue célèbre de nos jours par Shri Madhavnath Maharaj est actuellement menée par Shri Mangalnath Maharaj, qui a succédé à Madhavnath et a une large base de disciples. Mangalnath a établi un temple dédié à Matsyendranath ainsi qu'un ashram à Mitmita, près de Aurangabad dans le Maharashtra.Modèle:Facts

Toutefois, on peut aisément déduire des écrits de Shri Nath Deepa-Prakash (preface ; ligne14 ; 7e édition) une contradiction de ces faits. Le 15 mai 1935, les Padukas de Madhavnath ont été consacrés au temple d'Indore. En cette occasion, on le questionna sur la désignation d'un successeur pour prendre la suite des travaux du Nath Parampara. Il répondit « Personne ne m'a accordé cette position, de même, je ne la léguerai à quiconque. » Il affirma plus tard qu'il serait bon de créer un groupe afin de préserver le Nath-Karya.

Initiation[modifier | modifier le code]

La Nath Sampradaya est une tradition initiatique Guru-shishya. Le statut de membre de la sampradaya est toujours conféré par l'initiation (diksha) donnée par un diksha-guru, soit le détenteur de la lignée, soit un autre membre de la sampradaya dont l'abilité à initier a été reconnue par son propre diksha-guru.

L'initiation Nath en elle-même est conduite lors d'une cérémonie formelle, durant laquelle une portion de la conscience et de l'énergie spirituelle (shakti) du Guru est transmis au shishya (disciple). Le néophyte, qui est maintenant Nath, reçoit alors un nouveau nom, qui reflète sa nouvelle identité. Cette transmission de la part du Guru est représentée symboliquement par l'application de cendres sur plusieurs parties du corps.

Dans The Phantastikos, Shri Gurudev Mahendranath, un Guru de la Adinath Sampradaya, écrit,

« La transmission de la sagesse et de la connaissance à travers les générations requiert le phénomène mystique de l'initiation, qui est valide à ce jour dans la transmission initiatique, du guru nu vers le novice nu par le toucher, le marquage, et le mantra. Dans ce rite simple, l'initiateur passe quelque chose de lui-même en celui qui est initié. L'initiation est le début de la transformation du nouveau Nath. Le fait que cette initiation a été transmise sans discontinuer durant des milliers d'années ne doit pas être négligé. Une fois que quelqu'un reçoit l'initiation Nath, elle lui appartient durant toute sa vie. Personne ne peut la lui reprendre, et l'on ne peut non plus y renoncer soi-même. C'est la chose la plus permanente, dans une vie impermanente. »[8]

Buts des Naths[modifier | modifier le code]

Selon Muller-Ortega (1989: p. 37), le but principal des anciens Nath Siddhas était d'obtenir la libération (jivan-mukti) durant leur vie terrestre[9]. Selon un Guru Nath contemporain, Shri Gurudev Mahendranath, un autre de leurs buts était d'éviter la réincarnation. Dans The Magick Path of Tantra, il écrit au sujet de plusieurs des objectifs des Naths :

« Nos buts dans la vie sont de jouir de la paix, de la liberté, et du bonheur en cette vie, mais aussi d'éviter la renaissance sur ce plan terrestre. Tout cela dépend non pas de la Grâce divine, mais de la façon dont nous-mêmes pensons et agissons. » [10]

Les écrits de Sonepur et le Sandha-Bhasa (langage des oiseaux tantrique)[modifier | modifier le code]

Nayak (2006: p. 72) affirme que la localité fertile de Sonepur et sa littérature qui emploie le sandhya bhasa ont été développés principalement par Charyapada, Matsyendranath, Daridapa et les Naths :

« On peut faire remonter le développement de la littérature à Sonepur jusqu'à Charyapada, Matsyendranath et Daripada, de la secte des Naths. Ils écrivirent de la poésie ésotérique dans un langage connu sous le nom de Sandhya bhasa. Les dialectes locaux qu'ils utilisèrent ont toujours cours dans cette zone. »[11]

Nayak (2006: p. 72) pense que la poésie mystique des Nath a influencé la littérature Panchasakha de Jagannath, Balarama Das, Balram, Yasowanta, Achyuta et Ananta :

« La poésie mystique de la secte Nath qui prospéra du VIIIe au XIe siècle a largement influencé la littérature Panchasakha de Jagannath, Balarama, Yasowanta, Achyuta et Ananta. La littérature Nath de Sonepur semble avoir défini le ton et la forme de la littérature que les âges suivants pratiquèrent. »[11]

Enseignants ou maîtres[modifier | modifier le code]

Enseignants historiques[modifier | modifier le code]

Enseignants actuels[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. The A to Z of Hinduism par B.M. Sullivan publié par Vision Books, page 144, (ISBN 8170945216)
  2. Deshpande, M.N. (1986). The Caves of Panhale-Kaji. New Delhi: Archaeological Survey of India, Government of India.
  3. a et b Mahendranath (1990), Notes on Pagan India
  4. a, b, c, d, e et f White, David Gordon (1996). The Alchemical Body. Chicago: University of Chicago Press.
  5. Shenoy, Gopalkrishna. Discipleship
  6. Bandyopadhyay, P. K. (1992). Natha Cult and Mahanad. page 73, Delhi, Inde: B.R. Publishing Corporation.
  7. Mahendranath, Shri Gurudev. The Ultimate Promulgation & Pronunciamento of H.H. Shri Gurudev Mahendranath dans The Open Door: Newsletter of the International Nath Order, originellement publié par Mahendranath (1990).
  8. Mahendranath (1990), The Phantastikos
  9. Muller-Ortega, Paul Eduardo (1989). The Triadic Heart of Shiva. Albany, NY: State University of New York Press. Source: [1] (récupéré le 6 mars 2010)
  10. Mahendranath (1990), The Magick Path of Tantra
  11. a et b Nayak, Pabitra Mohan Nayak (2006). The Literary Heritage of Sonepur. Orissa Review. Mai 2006. Source : [2] (récupéré le 5 mars 2010)
  12. Shirvaikar, V. V. Yogiraj Shri Shankar Maharaj
  13. Nath

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Les concepts[modifier | modifier le code]

Les sous-sectes[modifier | modifier le code]

Les Naths légendaires[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]