Guru (maître spirituel)

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Le guru est une figure respectée en Inde. Ici Shankara, un des gurus les plus réputés dans l'hindouisme est représenté enseignant ses quatre disciples

Guru (devanāgarī : गुरु) est un terme sanskrit qui signifie « précepteur », « guide spirituel », « maître »[1]. Il désigne, en Inde, un enseignant reconnu de la religion, de la spiritualité, de la danse, de la musique ou de tout autre domaine de connaissance. Dans le domaine spirituel, le guru est l'initiateur ou le leader d'une école de pensée autoproclamée ou traditionnelle dans le cadre d'un âshram ou gurukula. Les rapports entre le guru et le disciple (chela) sont ceux qui existent entre un patriarche et un jeune enfant, ce dernier devant libérer son maître des tâches du quotidien (lessive, cuisine, ménage) en échange de l'enseignement qu'il reçoit, ce contrat étant considéré, en Inde, comme faisant partie de l'apprentissage[2],[3],[4],[5],[6].

Le terme est également utilisé par les Sikhs qui nomment ainsi leurs chefs spirituels et politiques, le dernier d'entre eux n'étant pas un homme mais un livre, l’Âdi Granth, comme l'avait décidé le dernier des gurus du sikhisme.

Le terme est également à l'origine du mot gourou, utilisé depuis le milieu du xxe siècle d'une façon plus ironique ou péjorative pour désigner un maître à penser, un expert, un manipulateur, ou plus généralement une personne qui réunit des adeptes.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Selon les linguistes, le sanskrit gurú (grave, sérieux) est un cognat du latin gravis et dérive d'une même racine indo-européenne, *gʷréh₂us, qui signifie « lourd »[7],[8],[9], au sens où, selon diverses sources, le guru est un « homme de poids »[10],[11],[12],[13]. Selon une étymologie traditionnelle, figurant dans l'Upanishad Advaya Taraka et notamment évoquée par Krishnamurti[14], mais considérée par Reender Kranenborg (en) comme « populaire »[15] et par Alexandre Astier comme « artificielle »[16], « gu c'est les ténèbres et ru c'est la lumière qui les disperse : le [guru] est donc celui qui dissipe les ténèbres »[17]. Le poète Kshemendra (en) propose au XIe siècle une variante satirique de ce type d'étymologie, qu'Eivind Kahrs juge « merveilleuse »[18], selon laquelle le guru est ainsi appelé parce qu'il est « dépourvu de qualités (GUna°) [et] qu'il fait sans cesse crier les femmes de ses disciples (RUta°) »[18].

Le guru dans l'hindouisme[modifier | modifier le code]

Vedāntasāra[modifier | modifier le code]

Selon le Vedāntasāra, document du XVIe siècle : « Un vrai guru est un homme à qui la pratique de toutes les vertus est familière, qui avec le glaive de la sagesse a élagué toutes les branches et arraché toutes les racines du mal (…) qui se conduit avec dignité et indépendance. Qui voit l'or et les pierres précieuses avec autant d'indifférence que la ferraille et les tessons, qui met tous ses soins à écarter les ténèbres de l'ignorance dans lesquels le reste des hommes est plongé »[19]

Le guru dans les Upanishads[modifier | modifier le code]

Les upanishads seraient les plus anciens textes connus évoquant le guru[20].

Point de vue de Jean Varenne[modifier | modifier le code]

Selon Jean Varenne, dans son dictionnaire de l'hindouisme, Le guru est à la base de la tradition de transmission spirituelle en Inde[21].

Il n'existe aucune autorité habilitée à décerner ce titre, l'hindouisme, sans autorité centralisatrice ordonnée, n'ayant ni Église, ni clergé, ni école de formation pour les futurs gurus[21]. Varenne relève qu'il « serait inconcevable que quelqu'un s'autoproclame guru, car c'est la reconnaissance publique du niveau d'accomplissement intérieur qui laisse entendre que tel ou tel a la stature d'un maître »[21]. La reconnaissance du statut de guru ne s'obtient que par le guru inscrit dans une longue lignée de transmission (guru shishya parampara) et qui sera jugé apte à reconnaître la capacité du disciple à enseigner à son tour.

Un guru contemporain du Sant Mat enseignant ses disciples

Il existe des cas de guru qui n'ont pas reçu le titre d'un autre guru. Dans ce cas, selon Varenne « la rumeur publique joue son rôle : on vient l'écouter et si quelques personnes s'en disent disciples, la cause est entendue »[21]. Cette tradition est fondée sur une éthique : les Indiens connaissent l'existence de faux gurus et de faux sâdhus, une réalité qui est par exemple représentée dans la descente du Gange à Mahaballipuram, bas-relief du VIIIe siècle où un chat est en position de méditation tandis que les souris, trompées par cette attitude, s'approchent en confiance, ce qui leur coûtera finalement la vie [22].

Varenne note que « Dans certains cas, de véritables lignées à caractère initiatique s'instaurent, notamment dans le domaine du Vedânta, ou dans le tantra-mârga et le yoga » [21] et que « la très grande majorité des disciples retournent à leurs occupations mondaines après avoir fait retraite auprès d'un maître pour un temps plus ou moins long »[21].

Être un guru implique qu'il existe des disciples[21]. Varenne déclare que « Ceux-ci se groupent volontiers autour du maître afin de profiter pleinement de sa parole et forment ainsi une communauté, l'âshram, où s'organise une vie réduite au strict nécessaire (en principe l'âshram n'est jamais bâti, puisque le constitution d'une telle communauté se fait au hasard des circonstances[21]; le plus souvent un ascète errant - sâdhou - se fait connaître par la sagesse des avis qu'il donne au cours de ses pérégrinations[21]. Quelques personnes s'attachent à ses pas et, éventuellement, le persuadent de s'arrêter dans une clairière, une grotte, etc[21], en tout cas à l'écart des villages, comme le veut une règle tacite de l'hindouisme vécu[21]).

Selon Varenne, le guru ne s'occupe pas de la gestion de son âshram qui tend à être peu organisé[21], l'âshram n'existant, dans cette vision, qu'aussi longtemps que le guru veut et peut enseigner et qu'il existe des disciples pour recevoir cet enseignement[21].

À la mort du guru (ou lorsque celui-ci décide de se retirer, déclarant à son élève : « Je t'ai enseigné tout ce que je savais, maintenant, tu dois t'en aller »[21]), la communauté se dissout alors d'elle-même[21].

Traditionnellement, le nombre des disciples doit être limité, privilégiant ainsi la relation directe maître-élève[21]. Varenne précise que la plupart des gurus « n'ont que deux ou trois disciples et parcourent avec eux l'Inde, rendant ainsi impossible l'installation d'une communauté stable »[21]. Il y a des exceptions : c'est ainsi que le jaïnisme, le bouddhisme et le sikhisme sont devenus des religions à part entière ; leur guru ayant fondé un groupement qui leur a survécu et s'est détaché de l'hindouisme. Mais Varenne souligne l'exception, car selon lui des milliers de maîtres continuent à dispenser un enseignement dans de petits âshram[21]. Enfin, il précise que le guru ne doit en « aucun cas être rémunéré » même si on peut lui faire des dons de nourriture « sous peine de perdre aux yeux de l'opinion (seul juge en la matière) son statut de maître spirituel »[21].

Charisme des gurus[modifier | modifier le code]

Dans son étude effectuée auprès de maîtres hindouistes de l'Association internationale pour la conscience de Krishna, An Indian Guru and his Western Disciples. Representation and communication of charisma in the hare Krishna movement[23], Kimmo Ketola, universitaire finlandais, dans le cadre d'une analyse sur le charisme des gurus, observe que les disciples, face aux qualités qu'ils attendent de ce dernier : « un esprit impénétrable, une capacité de lire dans l’esprit de ses fidèles, une influence sur les évènements, des manifestations par une lumière ou des vibrations, signes directs de son essence particulière », réinterprètent ses défaillances "comme l’inaccessibilité, pour le commun des mortels, d’une réalité transcendant les apparences".

Point de vue de gurus[modifier | modifier le code]

Le cas de Jiddu Krishnamurti[modifier | modifier le code]

Jiddu Krishnamurti est considéré comme un des gurus les plus notoires du XXe siècle après avoir été celui qui a le plus critiqué ce genre de statut[24], sans l'avoir, selon certains, assez franchement combattu pour lui-même[25]. En 1950, il déclare : « Nous voulons un soulagement rapide, une panacée, alors nous nous tournons vers le guru pour qu'il nous donne une pilule satisfaisante. Nous ne recherchons pas la vérité, mais le confort, et celui qui nous donne ce confort, nous rend esclaves »[26].

La rencontre du guru avec l'Occident[modifier | modifier le code]

Dans le contexte de l'Inde, telle que décrite par Jean Varenne, le guru se conforme généralement à la tradition. À partir du milieu du XXe siècle, cependant, quand certains gurus indiens ont commencé à émigrer vers l'Occident, conservant en partie les principes de leur statut, mais s'adaptant à leur nouvel environnement culturel, les règles ont commencé à être modifiées. Maharishi Mahesh Yogi, au début des années 1960, selon la tradition de l'hindouisme et de par la caste dont il est issue, n'était pas supposé transmettre des mantras ni même enseigner la méditation. Il lui fut également reproché en Inde de vendre les mantras : « les gurus ne vendent pas leur connaissance, ils la partagent » a déclaré un swami indien qui disait le connaître[27],[28]. Dès ses premières conférences publiques, Osho, une autre figure du guru indien en visite en Occident, prend pour thème principal la critique virulente des leaders religieux hindous et la morale de la société indienne. Ses discours sur la sexualité font rapidement de lui une figure radicale et polémique de la spiritualité indienne puis occidentale (au point de susciter une tentative d'assassinat en 1980 de la part d'un fondamentaliste hindou). Son arrivée en plein essor de la contre-culture aux États-Unis lui fournit son succès[29]. Bien qu'étant resté en Inde, H.W.L. Poonja a été le guru de plusieurs occidentaux qui sont venus à sa rencontre. Il a été accusé par certains observateurs et d'anciens disciples de décerner un peu trop légèrement le titre d'« éveillé » à des personnes qui en auraient abusé ensuite[30]. Andrew Cohen a même poussé la critique plus loin, après une relation quasi fusionnelle pendant des années, parfois qualifiée de relation père/fils, en soupçonnant sa conduite de ne pas être à la hauteur de son enseignement[30] et à cause de ce qu'il a perçu comme des mensonges et de la duplicité[31]. Il a consacré un livre entier à cette rupture : « autobiographie d'un éveil »[32]. Il a cependant recommencé à parler de Poonjaji dans les années 2000 dans les termes les plus élogieux[31]. Sri Chinmoy est un autre exemple de guru controversé dans la rencontre de l'hindouisme avec l'occident, en particulier par son usage du soutien de personnalités influentes, tels que la reine de Suède, Mère Térésa, François Mitterrand, Bill Clinton, le dalaï-lama,Nelson Mandela etc. dont certaines sources pensent qu'elles ont été « utilisées »[33]. Selon Mariana Caplan, dans son livre Gourou, vous avez dit gourou ? , la conception de la relation du guru avec le disciple est difficilement reçue en Occident où le seul modèle existant est le professeur et l'élève. Selon elle « la relation guru-disciple est sans limite (…) si le guru constate que vous êtes débordé par votre égo, il vous le dira d'une façon très directe. Est-ce que le disciple occidental - qui est avant tout un animal intellectuel - sera capable de l'entendre ? »[34].

Dans son ouvrage sur le néo-hindouisme, Render Kranenborg distingue quatre types de gurus en Inde[35] :

  1. Le conseiller spirituel, pour les castes supérieures de l'hindouisme qui effectue les rituels mais n'est rattaché à aucun temple.
  2. Le maître éveillé qui a fondé son autorité dans son expérience spirituelle. C'est ce type qui est le plus répandu en Occident.
  3. L'avatar, un guru considéré comme l'incarnation d'une divinité ou de dieu.
  4. Le guru sous la forme d'un livre, comme celui des Sikhs.

Le guru dans le bouddhisme[modifier | modifier le code]

Un lama dans le bouddhisme tibétain

Dans le bouddhisme Theravāda, l'enseignant (sk. ācārya, pali acariya, thaï ajahn) est un guide sur le chemin de l'Éveil auquel est traditionnellement témoigné un grand respect ; il n'est généralement pas considéré comme un guru, mais plutôt un ami spirituel (kalyana-mitta). L'enseignant suprême reste le Bouddha, "instructeur des dieux et des humains" (satta deva manussanam). Dans le bouddhisme tibétain, la pratique du Vajrayāna nécessite des instructions reçues auprès d'un lama. Le terme lama est préféré dans le bouddhisme tibétain pour désigner un maître. Dans le Theravada, le terme Ācārya peut être utilisé, mais souvent transformé en fonction de la langue en Acharn, Ajarn. On distingue quatre sortes de lamas ou maîtres spirituels (tib. lama Nampa Shyi) dans le bouddhisme tibétain[36] :

  • gangzak gyüpé lama : l'enseignant qui est détenteur de la lignée ;
  • gyalwa ka yi lama : l'enseignant qui est la parole des bouddhas ;
  • nangwa da yi lama : le maître symbolique de toutes les apparences ;
  • rigpa dön gyi lama : l'enseignant absolu, qui est rigpa, nature de l'esprit.

Se référant aux paroles du Bouddha, le 14e dalaï-lama déclare que confronté aux choix d'un gourou, d'un enseignant, il convient de se fier à ses paroles, et non à sa renommée[37]

Le bouddhisme zen requiert également un maître (Sensei, Rōshi), qui selon les écoles enseigne zazen ou donne des kōan à ses élèves.

Dans toutes les traditions, il y a une transmission du dharma de maître à élève, verbale ou non verbale, certifiée ou non (shiho dans le Zen), ritualisée ou non ritualisée, aboutissant à des filiations d'un maître à un autre : patriarches du Zen, lignées du bouddhisme tibétain, etc.

Controverses dans la rencontre du guru avec l'Occident[modifier | modifier le code]

Le bouddhisme n'est pas exempt de controverse, tout comme les représentants de l'hindouisme. Le dalaï-lama, dans les années 1990, informé de plaintes et d'autres problèmes entre maîtres et disciples, au cours d'une conférence organisée par Lama Surya Das (à laquelle participèrent 22 enseignants bouddhistes occidentaux, dont Jack Kornfield), ne prit aucun parti et conseilla simplement que si des maîtres, occidentaux ou orientaux, avaient un comportement répréhensible, on devait les dénoncer, si nécessaire en citant leur nom dans les journaux[38],[39],[40].

Le guru dans le sikhisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gurus du sikhisme.

Guru a quatre significations dans le sikhisme. Tout d'abord, le Guru est Dieu, synonyme de Waheguru, l'intemporel qui s'est rattaché au temps; à ce titre le Guru peut se trouver dans l'hindouisme comme dans l'islam. Le Guru désigne l'un des dix maitres fondateurs du sikhisme: de Guru Nanak à Guru Gobind Singh. Le Guru est aussi le nom donné au onzième guru, intemporel: le livre saint: le Guru Granth Sahib. Enfin le terme Guru est lié au sens de l'expression Guru Panth qui fait référence à la communauté sikhe à travers le monde[41]. La racine du mot guru est utilisée à de nombreux escients dans le sikhisme comme pour dénommer les temples: les gurdwaras, ou gurbanis: les paroles des gurus humains.

Autres acceptions du terme[modifier | modifier le code]

Upaguru[modifier | modifier le code]

Upaguru est une catégorie secondaire de guru, une circonstance qui serait l'occasion d'un enseignement, ou se rapporte à la notion de maître intérieur.

« upaguru: professeur assistant ; proche d'un professeur ». Selon cet auteur, un "upaguru" est (ne peut être qu')une personne.
« Si l'on parle souvent du rôle initiatique du Guru ou du Maître spirituel,(…) il est par contre une autre notion qu'on passe généralement sous silence : c'est celle que la tradition hindoue désigne par le mot "upaguru". Il faut entendre par là, tout être, quel qu'il soit, dont la rencontre est pour quelqu'un l'occasion ou le point de départ d'un certain développement spirituel. Du reste, si nous parlons ici d'un être, nous pourrions tout aussi bien parler également d'une chose ou même d'une circonstance quelconque, qui provoque le même effet ; cela revient à dire que n'importe quoi peut, suivant le cas, agir comme "cause occasionnelle ». Plus loin, il apporte la précision suivante sur la cause occasionnelle : « Mais celle-ci n'est pas une 'cause' au sens propre de ce mot, car en réalité, la "cause véritable" se trouve dans la nature même de celui sur qui s'exerce cette action ».
  • Parmi les auteurs contemporains, Jacques Brosse (1922-2008), a utilisé le mot upaguru, attribué à la nature en général, et aux arbres en particulier, dans son livre L'Arbre et l'éveil[45] : « Tout dans la nature, peut nous tenir lieu de Maître, ou du moins d'upaguru, qui a à nous enseigner quelque chose. À commencer par les arbres ». Puis l'auteur cite Saint Bernard, qui a écrit, il y a plusieurs siècles : « Tu trouveras dans les forêts plus que dans les livres. Les choses et les rochers t'enseigneront les choses qu'aucun Maître ne te dira ».

Dans l'advaita vedanta, le guru n'est pas forcément un humain. Il peut aussi s'agir d'un Guru extérieur non humain, qui correspond à la notion d'upaguru.

Dans la Bhagavata Purana, Dattatreya énumère ses 24 Gurus (La terre, l'air, le ciel, l'eau, le feu, le soleil, la lune, un pigeon sauvage, un python, l'océan, une sauterelle, une abeille, un éléphant, un ramasseur de miel, un cerf, Pingala la prostituée, un enfant, une petite fille, un archer un serpent…)[46].

Pour Ramana Maharshi, le Guru peut-être à l'intérieur de soi (« guru intérieur »)[47]. Le guru physique est alors considéré comme le miroir de ce guru intérieur.

Gurus indiens de renom[modifier | modifier le code]

Adi Shankaracharya, Ramana Maharshi, Nisargadatta Maharaj, Ramanuja, Chaitanya, Guru Nanak, Ma Ananda Moyi, Shivananda, Swami Ramdas, Râmakrishna, Vivekananda, Nirmala Srivastava, Sri Sri Ravi Shankar, Maharishi Mahesh Yogi, Paramahansa Yogananda, Sai Baba, Sri Chinmoy, Muktananda, A. C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada, Mata Amritanandamayi, H.W.L. Poonja, Mahatma Gandhi, Sri Aurobindo, Osho

La notion de « gourou » dans son sens péjoratif[modifier | modifier le code]

En France, les associations antisectes définissent les gourous comme des personnes qui seraient seules détentrices d'une vérité absolue (par exemple grâce à une révélation), ce qui leur permettrait d'exercer un pouvoir totalitaire sur les membres de leur secte[48].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. The Sanskrit Heritage Dictionary de Gérard Huet
  2. Guru - disciple, le contrat divin Swami Atmananda Saraswati
  3. La pédagogie en Inde, 1990 la pédagogie en Inde, Andréine et Bernard Bel « Le contrat maître-disciple est basé sur le respect mutuel et l'entraide dans tous les aspects de la vie matérielle et artistique, et ce pour la vie entière »
  4. Jim Kippen (1980) : « Dans [la relation maître-disciple] existe un sens du don de soi et un engagement que l'on trouve rarement dans [la relation professeur-élève], la raison d'être de cette dernière étant le sentiment du devoir accompli. De plus, le fait qu'un étudiant peut être enseigné par plusieurs professeurs implique que la relation professeur-élève est souvent soumise à la contingence de loyautés partagées. »
  5. « La première initiation est un contrat entre le maître et le disciple » Swami Nischchalananda Sarasvati
  6. Georges Boyd, 2001 (en) Les conditions de la relation maître à disciple
  7. (en) Monier Monier-Williams, Ernst Leumann et Carl Cappeller, A Sanskrit-English dictionary: etymological and philologically arranged with special reference to cognate Indo-European languages, Oxforf, The Clarendon Press (réimpr. 2008) (1re éd. 1899) (lire en ligne), p. 359
  8. (de) Julius Pokorny, Indogermanisches etymologisches Wörterbuch (en), Berne, Francke,‎ 1959 (lire en ligne), p. 476
  9. Nadine Stchoupak, Luigia Nitti et Louis Renou, Dictionnaire Sanskrit-français, Paris, Maisonneuve (lire en ligne), p. 231
  10. Michel Angot, L'Inde classique, Paris, Les Belles Letres,‎ 2001, p. 246
  11. Yvan Amar, L'Effort et la Grâce, Paris, Albin Michel,‎ 2005 (lire en ligne), p. 12
  12. Marie de Hennezel, Mourir les yeux ouverts, Paris, Albin Michel,‎ 2005 (lire en ligne), p. 14
  13. Marcelle Saindon (trad.), Le Pitrikalpa du Harivamsha: traduction, analyse, interprétation, Québec, Presses de l'Université Laval,‎ 1998 (lire en ligne), p. 283
  14. (en) Jiddu Krishnamurti, Awakening of Intelligence, Penguin Books of India (lire en ligne), p. 140 :

    « Guru in the classical sense [is] the dispeller of darkness, of ignorance. »

  15. (nl) Reender Kranenborg, Neohindoeïstische bewegingen in Nederland : een encyclopedisch overzicht, Kampen, Kok,‎ 2002, p. 50 :

    « In allerlei populaire literatuur, ook in India zelf, wordt het woord 'guru' uiteengelegd in 'gu' en 'ru', als omschrijvingen voor licht en duister. »

  16. Alexandre Astier et Éric Degas, Les maîtres spirituels de l'hindouisme, Paris, Eyrolles,‎ 2011, p. 8 :

    « Le terme guru en sanskrit a le sens premier de « lourd » (ce mot est apparenté au latin gravis) puis par extension « important » [...] Une étymologie artificielle, mais révélatrice, a tendance à se surimposer à ce premier sens : le guru serait celui qui écarte (ru) les ténèbres (gu). »

  17. Jean Varenne (trad.), « Advaya Târaka Upanishad », Les carnets du Yoga, no 190,‎ 1998, p. 10-14 (lire en ligne)
  18. a et b Eivind Kahrs, « L'interprétation et la tradition indienne du Nirukta », Histoire Épistémologie Language, vol. 20, no 1,‎ 1998, p. 70-71 (lire en ligne)
  19. Cité Jean Antoine Dubois dans Mœurs: institutions et cérémonies des peuples de l'Inde, Volume 1
  20. The Guru in South Asia: New Interdisciplinary Perspectives, Jacob Copeman, Aya Ikegame, Routledge, 2012, p. 114
  21. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r et s Dictionnaire de L'HINDOUISME, Jean VARENNE, éditions du Rocher, ISBN 2-268-04151-4
  22. Voir l'illustration ici
  23. Kimmo Ketola, An indian guru and his western disciples. Representation andcommunication of charisma in the hare Krishna movement. Helsinki, Yliopistopaino, 2002
  24. Christine V. Williams, Jiddu Krishnamurti: World Philosopher (1895–1986): His Life and Thoughts, Motilal Banarsidass Publishers, 2004, (ISBN 9788120820333) p. 191.
  25. Roland Vernon, Star In The East: Krishnamurti: The Invention of a Messiah, Palgrave for St. Martin's Press, 2001, 306 p. (ISBN 9780312238254) pp. 187, 261–262
  26. Sayings Of J. Krishnamurti Par Jiddu Krishnamurti, Motilal Banarsidass Publ., 1996, p. 83
  27. (en)Swami Vishnu Devananda, dans la Gazette de Montréal « La répétition de mantras, n'est qu'un petit aspect du yoga et les vendre viole le code d'éthique du Yoga (…) tenter de déposer un copyright sur l'utilisation des mantras, serait équivalent à revendiquer un copyright sur les dix commandements »
  28. (en) Swami Swaroopananda sur Variety « Maharishi, issu de la caste des commerçants, .../… n'a aucun droit de donner des mantras ou d'enseigner la méditation  » et « Les gurus ne vendent pas leur connaissance, ils la partagent  »
  29. P T Mistlberger, The Three Dangerous Magi: Osho, Gurdjieff, Crowley, John Hunt Publishing,‎ 2010 (résumé), p. 81
  30. a et b The Urn par Alan Chapman, Duncan Barford, Heptarchia, 2009, p.36
  31. a et b Devotion, Deception and Opportunism par Stas Mavrides dans Integral World
  32. Interview avec Andre van de Braak dans Non-duality magazine
  33. Sri Chinmoy et son press-book
  34. The Guru Question: The Perils and Rewards of Choosing a Spiritual Teacher, p. 300, traduit en français Gourou, vous avez dit gourou ? de Mariana Caplan, éd. La Table Ronde
  35. Kranenborg, Reender (Dutch language) Neohindoeïstische bewegingen in Nederland : een encyclopedisch overzicht page 50 (En: Neo-Hindu movements in the Netherlands, published by Kampen Kok cop. (2002) ISBN 90-435-0493-9 Kranenborg, Reender (Dutch language) Neohindoeïstische bewegingen in Nederland : een encyclopedisch overzicht (En: Neo-Hindu movements in the Netherlands, published by Kampen Kok cop. (2002) ISBN 90-435-0493-9 page 50 "a. The guru as spiritual adviser: If we look at the phenomenon of gurus in India then we can see that there are at least four forms of guruship that can be distinguished. The first form is that of the "spiritual adviser." Before we will elaborate on this, first something about the etymology. The word guru comes from Sanskrit and is written as 'guru' en means 'being heavy', 'being weighty', especially metaphorically. In that way, the concept of guru gets the meaning of 'big', 'great', or 'important' and somewhat further it also gets aspects of 'respectable' and 'honorable'. Soon it is applied to the 'spiritual adviser'. In various popular literature, in India herself too, the word 'guru' is explained in the parts 'gu' and 'ru', as descriptions for light and darkness: the guru is then the person who bring the student from the material darkness into the spiritual light. A guru may indeed do that, but it has nothing to do with the meaning of the word, it is folk etymology."
  36. http://www.rigpawiki.org/index.php?title=Lama
  37. Michael Harris Goodman, Le Dernier Dalaï-Lama ?, 1993, (ISBN 2905998261), p. 279 (Le Bouddha aurait déclaré « O moines et nonnes, n'acceptez pas mes enseignements par simple respect pour moi, mais soyez comme l'orfèvre qui pour éprouver l'or, le fait briller, l'incise et le fond. »)
  38. (en) Mary Finnigan, Sexual Healing, The Guardian, 10 janvier 1995.
  39. (en) Dialogue Ireland, « Briefing document on Sogyal Rinpoche », sur dialogueireland.org (consulté le 17 juin 2011)
  40. (en) Kate Wheeler, Toward an New Spiritual Ethic, Yoga Journal,‎ 1994 (résumé), p. 36 : « If there is incontrovertible evidence of wrongdoing, teachers should be confronted with it (…) if a teacher won’t respond, students should publish the situation in a newspaper, not omitting the teacher’s name, His Holiness said. »
  41. A Popular dictionnary of Sikhism de W. Owen Cole et Piara Singh Sambhi, édition Curzon, pages 75, 76 et 77, ISBN 0700710485
  42. Sanskrit and Tamil Dictionaries
  43. René Guénon, « Guru et Upaguru », Revue Études Traditionnelles, no 265,‎ janvier-février 1948
  44. René Guénon, Initiation et réalisation spirituelle, Éditions Traditionnelles,‎ 1952 (ISBN 978-2-7138-0058-0), p. 149-152 (chap. XX)
  45. L'Arbre et l'Éveil, entretiens avec Jean Biès, Éditions Albin Michel, 1997
  46. Bhagavata Purana, Srimad Bhagavatam, Livre XI
  47. Sri Ramana Maharshi Talks, N°23, 2nd february 1935, ISBN 978-1-878019-00-4
  48. Union Nationale des Associations de Défense des Familles et de l’Individu Victimes de Sectes | La secte : structure dogmatique de type étatique

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Arnaud Desjardins, L'Ami spirituel, éd. de la Table Ronde, 1996.
  • Alexandre Astier, Les Maîtres spirituels de l'hindouisme, éditions Eyrolles
  • Guru Gita (Skanda Purana) Vyasa
  • (en) The Guru Papers: Masks of Authoritarian Power de Joel Krame et Diana Alstad Frog Books, 1993, (ISBN 978-1883319007)
  • (en)The Graceful Guru: Hindu Female Gurus in India and the United States de Karen Pechilis, Oxford University Press, 2004 (ISBN 978-0195145380)
  • (en)Gurus for Hire, Enlightenment for Sale de Tsem Tulku Rinpoche, Jamie Khoo et Justin Ripley Kechara Media and Publications; 2009, (ISBN 978-9834339982)
  • (en)Stripping the Gurus de Geoffrey D. Falk, Million Monkeys Press, 2009, (ISBN 978-0973620313)
  • (en)Gurus in America de Thomas A. Forsthoefel, Cynthia Ann Humes, State University of New York Press, 2005 (ISBN 978-0791465745)
  • (en)Without the Guru: How I took my life back after thirty years de Dr Michael Robert BookSurge Publishing, 2009 (ISBN 978-1439245040)
  • (en)Guru: The Guiding Light de Andrew Cohen, Rudite Emir, David Godman and Aruna Narayan Kalle, Chinmaya Publications, 2009 (ISBN 978-1608270002)
  • (en) Divine Enterprise: Gurus and the Hindu Nationalist Movement, Lise McKean, University of Chicago Press, 1996
  • (en) The Guru in Indian Catholicism: Ambiguity Or Opportunity of Inculturation, Catherine Cornille, Wm. B. Eerdmans Publishing, 1992
  • Document utilisé pour la rédaction de l’articleRené Guénon, L'homme et son devenir selon le Vêdânta, Editions Bossard,‎ 1925 (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]