Moyen (Meurthe-et-Moselle)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Moyen
Église Saint-Martin
Église Saint-Martin
Blason de Moyen
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Meurthe-et-Moselle
Arrondissement Arrondissement de Lunéville
Canton Canton de Gerbéviller
Intercommunalité Communauté de communes de la Mortagne
Maire
Mandat
Francis Villaume
2014-2020
Code postal 54118
Code commune 54393
Démographie
Population
municipale
522 hab. (2011)
Densité 22 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 29′ 04″ N 6° 34′ 11″ E / 48.4844, 6.5697 ()48° 29′ 04″ Nord 6° 34′ 11″ Est / 48.4844, 6.5697 ()  
Altitude Min. 236 m – Max. 347 m
Superficie 23,57 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Moyen

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Moyen

Moyen est une commune française située dans le département de Meurthe-et-Moselle en région Lorraine.

Géographie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

L'histoire de Moyen est pour beaucoup liée à l'histoire de son château. Carrefour d'importantes luttes d'influence, la destinée du village s'est forgée au rythme des siècles de conquêtes.

Époque gallo-romaine
À cette époque, Moyen était probablement déjà un lieu fortifié. Son nom Medium Castrum le laisse supposer.
XIIe siècle
Période mal connue, le nom de Moyen apparaît dans de nombreux documents comme un lieu fortifié. Dom Calmet attribue la propriété du village en bloc à l'abbaye de Senones
1224
Jean d'Apremont, évêque de Metz achète à l'abbaye de Senones tous les biens que celle-ci possède à Moyen, sauf les dîmes et le droit de patronage.
1224 - milieu du XVe siècle
Les successeurs de Jean d'Apremont continuent à acquérir les biens que possèdent divers seigneurs et abbayes. Ils deviennent les seuls maîtres du pays. Moyen devient donc une châtellerie importante qui comprend Vathiménil, Chenevières, Saint-Clément, Laronxe et le prieuré de Mervaville. La garde de la châtellerie est confiée à un châtelain.
1444
L'évêque de Metz, Conrad Bayer de Boppart fait raser l'ancien château pour construire une puissante forteresse à Moyen. La maison seigneuriale, la chapelle, le palais épiscopal et les remparts sont édifiés. C'est à cette époque que le château prend le nom de Qui Qu'en Grogne. Pourquoi ? Dom Calmet rapporte que l'évêque de Metz y faisait travailler les bourgeois d'Épinal qui étaient ses sujets. Les seigneurs des environs en auraient pris ombrage et se mirent à grogner. Conrad Bayer de Boppart n'en tint pas compte, et pour marquer son mépris, nomma son château Qui-qu'en-grogne. Moyen devint alors une des plus belles places de l'évêché de Metz.
1555
Le Cardinal Robert de Lenoncourt, alors évêque de Metz (serviteur du roi de France) obtient une garnison française pour Moyen.
Passage probable des protestants de France et d'Allemagne à Moyen.
1582
Passage des Bourguignons.
1591
Les Espagnols saccagent la forteresse.
1597
Les reîtres font probablement les plus gros dégâts au château. Battus à Thiébauménil, ils brûlent le village et le château. Le château sera reconstruit et c'est sans doute à cette époque que sont apparues les fenêtres à meneaux qu'on voit en diverses parties du bâtiment.
1635
Le château, alors français, est capturé par les Lorrains (Charles IV duc de Lorraine). Commandée par Jean d'Arbois de Xaffévillers, la garnison alors mise en place, ne résiste que peu de temps au maréchal de La Force, commandant des troupes françaises (5 jours). C'est le manque d'eau (18 septembre) qui fera tomber le château et qui donnera l'idée de creuser le puits.
1636
Le duc de Lorraine, Charles IV, demande aux Lorrains de reprendre le château, ce qu'ils font.
Gravure du château de Moyen par François Collignon.
1639
Richelieu fait mettre le siège devant le château de Moyen. C'est François du Hallier, gouverneur de Nancy, qui se charge de la besogne en compagnie, dit-on, de 4000 hommes. Antoine Thouvenin et une centaine d'hommes tiennent alors le château. Ils répondent par des sorties audacieuses aux salves d'artillerie. Finalement, le 15 septembre une capitulation est signée.

Richelieu fait, par la suite, démanteler le château.

XVIIIe siècle
À la Révolution, le château est vendu comme bien national. La propriété est morcelée, les pierres de la forteresse de Moyen servent aux villageois pour bâtir leurs maisons. Le quartier du Raymont en témoigne.
De nos jours
Le château est maintenant classé monument historique, il fait l'objet de travaux de restauration qui, chaque année, contribuent à lui redonner son aspect d'origine.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2008 Francis Villaume
mars 2001 André Herique PS
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 522 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
981 933 1 080 1 178 1 214 1 200 1 204 1 190 1 207
1856 1861 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
1 135 1 111 1 077 1 117 1 052 1 039 956 904 888
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
859 907 797 736 705 658 686 614 583
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 - -
525 508 506 550 502 530 522 - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[1] puis Insee à partir de 2004[2].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Armoiries de Moyen
  • Château Qui qu'en grogne XVe siècle et XVIe siècle, classé monument historique. Château mentionné au XIIe siècle ; acquis au XIIIe siècle par les évêques de Metz qui lui donnèrent le nom de Qui-Qu'en-Grogne en le reconstruisant au XVe siècle ; pris en 1597 par le duc de Bouillon, et en 1653 par les Français qui le démantelèrent en 1639. Un seul bâtiment a survécu jusqu'en 1956 (incendie), maison dite "des Abbés", tour de la prison, salle des gardes, ancienne chapelle, vestiges de deux enceintes, puits.
  • Faïencerie Chambrette, puis Curé Lacroix construite en 1763 pour Gabriel chambrette, fils de Jacques chambrette (1705 ; 1758) fondateur de la faïencerie de Lunéville. Le bâtiment est établi à proximité d'un petit ruisseau, alimenté par un puits (?) du château, dont l'eau sert au pétrissage de la terre. Commence à produire dans le courant de l'année 1765 des pièces de table semblables à celles fabriquées à Lunéville. L'usine est acquise en 1780 par Curé Lacroix, propriétaire de la faïencerie de Rambervillers, puis revendue en 1783. Cesse de fonctionner en 1791, ou peu après. Une tradition locale, vraisemblablement erronée assigne au bâtiment une reconversion en filature dans les premières années du XIXe siècle. Utilisée comme maison par la suite, l'usine est presque totalement détruite entre 1983 et 1986.
  • Moulin, puis cartonnerie Sainte-Marguerite (2e moitié XVIIIe siècle ; 3e quart XIXe siècle ; 1er quart XXe siècle). Appartenait à la mense épiscopale de Metz. Vendu comme bien national le 30 avril 1791. Possédait en 1858 six paires de meules dont quatre étaient entraînées par une roue hydraulique et deux par une turbine. Agrandissement dans le courant du 3e quart XIXe siècle. Usine réglementée en 1835, 1862 et 1866. Transformation en cartonnerie en 1923 pour Marcel et Paul Jacquemin de Saint Die et, construction de bâtiments supplémentaires à cette occasion (ateliers de fabrication, chaufferie, cheminée d'usine, dite alors cartonnerie sainte Marguerite, elle-même désaffectée en 1936.
  • Pont médiéval sur la Mortagne.

Édifice religieux[modifier | modifier le code]

  • L'église Saint-Martin XIVe siècle tour latérale, avec son lustre en Cristal moulé de Baccarat (seconde moitié du XIXe siècle) et la partie instrumentale de l'orgue attribuée à Blesi Jean (facteur d'orgues) du XVIIIe siècle

Musée[modifier | modifier le code]

Petit musée du château de Qui-Qu'en-Grogne : classe 1900 reconstituée, petit musée agricole, salle d'archéologie, salle avec miniatures de châteaux forts.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  2. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011

Lien externe[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :