Messe noire

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Célébration d'une messe noire, par Martin van Maele

Une messe noire est un rite satanique, considéré comme une profanation du culte chrétien par l’Église catholique romaine. Les participants assistent à des rituels macabres ou tout simplement inverses de ceux de l’Église et donnent leur âme au Diable, pour trois raisons :

  1. La première est l’argent ;
  2. La deuxième est une longue vie prospère pour pouvoir jouir pleinement et longtemps des richesses de la vie ;
  3. La troisième est la sexualité, appréciable en cas de longue vie, et à cause des rites sexuels pratiqués fréquemment au cours des messes noires.

La messe à travers les siècles[modifier | modifier le code]

Célébration d'une messe noire sur le corps d'une sorcière

Le culte de Satan a toujours eu sa place dans l’histoire. Selon une vieille légende[réf. nécessaire], déjà lors du Commencement, Adam aurait fauté avec une divinité démoniaque, Isis Lilith ;

« Afin qu’Adam goûtât le fiel avant le miel,
Et le baiser du gouffre avant celui du ciel.
Eve était nue. Isis Lilith était voilée.
Les corbeaux l’entouraient de leur fauve volée ;
Les hommes la nommaient Sort, Fortune, Ananké ;
Son temple était muré, son prêtre était masqué ;
Elle buvait du sang dans le bois solitaire ;
Elle avait des autels effrayants. Et la terre
Subissait cette abjecte et double obscurité :
En bas Idolâtrie, en haut Fatalité. »

Victor Hugo, La fin de Satan, 1886.

Pendant l’Antiquité, on pratiquait également des cultes voués à des divinités qui se terminaient en orgies, notamment le culte de Bacchus.

Un texte des Statuta synodalia cenomaniensia, année 1248, semble faire allusion à des messes noires, en faisant allusion à des "sortilèges" où, à partir des sacrements de l'Eglise, il y a immolation aux démons ou invocation de démons (vel daemonibus immolans, vel daemonia invocans)[1].

Louis XIV et les messes noires[modifier | modifier le code]

Catherine Monvoisin et le prêtre Étienne Guibourg célébrant une messes noire, sur le corps de la maîtresse du roi Louis XIV, Madame de Montespan

En 1675, plusieurs rumeurs parvinrent aux oreilles du roi, rumeurs selon lesquelles, on célébrait à Paris même au cœur des plus nobles cercles aristocratiques, des cultes sataniques nommés « messes noires ». Le roi chargea Gabriel Nicolas de La Reynie de découvrir les origines de ces cultes et ses commanditaires.

Après quatre ans d’arrestations et de tortures, les aveux révélèrent une chose plutôt insolite : plusieurs sources remontent à Mme de Montespan, la maîtresse en titre du roi. Celui-ci fut très embarrassé, décida de ne point la disgracier publiquement et étouffa l’affaire. Pendant dix ans, elle resta sa maîtresse mais il ne la voyait qu'une heure par jour.

En 1679, lassé de Mme de Montespan, le roi prit une nouvelle maîtresse, Mlle de Fontanges.

La légende veut que lorsqu'elle sut cela, Mme de Montespan essaya désespérément d’empoisonner le roi et sa maîtresse. Aussi, décida-t-elle de quérir les services d’une de ses amies, La Voisin, concoctrice de cosmétiques, de poisons en tous genres, de drogues et magicienne à ses heures. Elle organisa une messe afin que Mme de Montespan retrouvât l’amour de son roi, en l’échange de forts honoraires.

Pour plus de résultats, la messe devait être récitée trois fois.

La première fois, Mme de Montespan rejoignit l'abbé Guibourg à Villebousin dans un châtelet isolé entre Paris et Orléans. Elle se dévêtit et se coucha sur les dalles froides et humides du château, les bras en croix, un cierge dans chaque main, et l’abbé déclama la messe sur son corps, un calice sur son ventre. Puis, il souleva un nourrisson, lui trancha la gorge et récolta son sang dans le calice. Tous deux récitèrent ces paroles :
« Astaroth, Asmodée, princes d'amour, je vous conjure d'accepter le sacrifice de cet enfant. En échange, je voudrais conserver l'affection du roi, la faveur des princes et des princesses de la cour et la satisfaction de tous mes désirs. »
Le deuxième office eut lieu de la même manière, mais dans les ruines d’une cabane retirée en pleine campagne.
La troisième se déroula dans une maison chic de la rue Beauregard, à Paris, la demeure de la Voisin en personne. On a conservé le témoignage de la fille de la Voisin obtenu sous la torture, qui raconte comment elle aida sa mère à préparer la cérémonie. Elle étendit un matelas sur des sièges, un tabouret à chaque bout. La Voisin avait accroché des tentures sur les fenêtres, rendant la pièce sombre. Elle avait aussi disposé un ou deux chandeliers dans les coins. L’abbé Guibourg portait une chasuble blanche, brodée de pives noires. Mme de Montespan était entrée nue et s’était allongée sur le matelas. On lui mit un napperon sur le ventre, un crucifix et un calice dessus.
On raconte aussi que durant ce culte, le sang du nourrisson ne coulait pas car il était né prématurément, et Guibourg avait dû transpercer son cœur pour recueillir un peu de son sang. Mme de Montespan en rapporta un petit peu pour en mettre dans la nourriture du roi.

Louis XIV a tenu personnellement à ce que l’affaire, qui le touchait personnellement, ne s’ébruitât point, de sorte que nous n’avons, à ce jour, que les notes de La Reynie, lieutenant chargé de cette enquête, à consulter.

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mansi, Amplissima collectio conciliorum, 1901-1927, t. XXIII, col. 741.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]