Histoire de la radio

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

L'histoire de la radio accompagne l'histoire de la fin du XIXe siècle et celle du XXe siècle, grâce à une suite de découvertes et d'inventions qui en se complétant, ont abouti aux télécommunications modernes.

Les précurseurs[modifier | modifier le code]

L'invention de la radio est une œuvre collective, qui part de la découverte des ondes électromagnétiques, de l'invention du télégraphe, et aboutit aux premiers matériels utilisables pour communiquer sans fil :

  • 1841 : Samuel Morse invente le télégraphe électrique, son assistant Ernest Vail invente le code dit Morse.
  • 1866 : Mahlon Loomis revendique la première transmission sans fil en Virginie
  • 1883 : Thomas Edison invente le tube à vide à deux électrodes ou diode, sans cependant en percevoir les bénéfices ou les usages notamment le redressement du courant alternatif. Edison était d'ailleurs beaucoup plus intéressé aux utilisations du courant continu dans l'éclairage.
  • 1886-1888 : Heinrich Rudolf Hertz met en évidence les ondes radio par le biais de l'expérience de Hertz. Elles seront appelées « ondes hertziennes » en son honneur.
  • 1889 : Tesla réalise un générateur hautes fréquences (15 kHz) ; en 1893, il expérimente la première communication radio.
  • 1890 : Branly découvre le principe de la radioconduction et met au point le premier détecteur d'ondes sensible, le radioconducteur, qui prendra le nom de cohéreur contre l'avis de son inventeur. L'origine du mot cohéreur est purement anglophone où le verbe 'to cohere' signifie se rattacher ... exactement comme les grains de limaille de fer se rattachaient les uns aux autres dans le radioconducteur.
  • 1891 et 1893 : Tesla brevette le système sans fil Tesla (radio télégraphe) et met au point des lampes électroniques froides.
  • 1893 : Le professeur Alexandre Popov de Saint-Pétersbourg, découvre le principe de l'antenne qui va permettre des liaisons à grande distance. Plus tard il découvre sans y prêter attention la jonction et l'effet d'amplification par semi-conducteurs (environ 40 ans avant la découverte du transistor).
  • 1895 : Guglielmo Marconi expérimente les premières liaisons hertziennes à la Villa Griffone en Italie et franchit une étape significative de la télégraphie sans fil à Salvan (Valais) dans les Alpes suisses, durant l'été 1895[1],[2]. Salvan a été reconnu par l'association mondiale des ingénieurs (IEEE)[3] et honoré par l'UIT comme l'un des berceaux des télécommunications en 2008.
  • 1897

Bien que Guglielmo Marconi ait d'abord été crédité de l'invention de la radio, et la plupart croient qu'il en est l'inventeur aujourd'hui encore, la Cour suprême des États-Unis a annulé en 1943 le brevet de Marconi, quand il a été prouvé que Tesla avait inventé la radio bien des années avant Marconi. Tesla a démontré que les signaux radio sont juste une autre fréquence qui nécessitent un émetteur et un récepteur. Lors d'une présentation devant la National Electric Light Association, Tesla a démontré cette technologie. Bien que Tesla ait déposé deux brevets US 645576 et 649621 US en 1897, en 1904, le US Patent Office a annulé sa décision, attribuant cette découverte a Marconi

Les premières applications[modifier | modifier le code]

Expérience de radio en 1918 à l'Université de New York
  • La première liaison commerciale transatlantique fonctionne en 1907 entre l'Irlande et Terre-Neuve.

Deux naufrages célèbres ont montré l'efficacité de la radio :

Vers 1913, Les premières bandes radios partagées entre services font leurs apparitions.

La TSF[modifier | modifier le code]

La TSF familiale

En 1914, en Belgique , sous l'essort de roi Albert Ier , à Laeken, dans une annexe de son château, une première radio diffusant des émissions de manière régulière, tel que des concerts. Malheureusement la station fut dynamitée sur ordre du roi au début de la première guerre mondiale, pour éviter qu'elle passe aux mains des allemands[9],[10],[11].

Après la première guerre mondiale, en 1918, Telefunken a créé la filiale Transradio, qui entra dans l’histoire en introduisant la transmission duplexée, en 1919. Elle a construit pour les Hollandais, à Batavia, une grande station, qui fonctionne à puissance réduite. L'Agence de presse Transocean et l'Europa Radio allemande utilisent la même technologie. Aux États-Unis, Herbert Moore lance le "Transradio Press Service", installé à New York. En France, la Compagnie générale de TSF avait des participations dans la Transradio Argentine, qui exploitait les radio-communications internationales.

En 1920, les premiers programmes quotidiens de radiodiffusion débutent en Angleterre (Marconi company), aux États-Unis à Washington, D.C. (KDKA) et Pittsburgh, ainsi qu'en URSS.

En décembre 1921 Radio Tour Eiffel diffuse un premier concert avec un émetteur de 900 W à la longueur d'onde de 2 650 m. La BBC est fondée en 1922.

En octobre 1922, la Société française radio-électrique obtient l'autorisation d'effectuer, à titre expérimental, des émissions radiophoniques quotidiennes. À partir du 6 novembre 1922 sont organisés les concerts Radiola qui vont révéler la radiodiffusion au grand public. Les émissions Radiola sont effectuées par le poste radio-électrique de l'usine S.F.R. de Levallois avec une puissance d’émission de 2 kilowatts[12].

En 1925, la radio est utilisée pour la première fois pour une campagne électorale par Herbert Hoover.

En 1938 Orson Welles diffuse une émission de radio-réalité sur une attaque martienne, si réaliste que les auditeurs affolés descendent dans la rue[13].

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les laboratoires des belligérants perfectionnent des applications nouvelles :

Article détaillé : Histoire du radar.

Des milliers d'émetteurs-récepteurs mobiles équipent chars, avions et commandement. Le problème de l'alimentation en 12 V ou 24 V est résolu par le convertisseur tournant « dynamotor » ou par des convertisseurs à vibreurs et transformateurs.

Les radios servent de support à la propagande, comme la radio du Reich, la Großdeutscher Rundfunk, tandis que la BBC est écoutée pendant le couvre-feu, et transmet sur Radio Londres des informations codées vers la Résistance :

Deux slogans émis par la BBC:

et le fameux « appel du 18 Juin 1940 », du général De Gaulle font entrer la radiodiffusion dans l'histoire[14].

Les années 1950[modifier | modifier le code]

Radio 1950

Tandis que des milliers d'émetteurs et de récepteurs militaires déclassés permettent aux radioamateurs de s'équiper dans les « surplus », avec les « Fug » allemands et les « command set » américains, la radio se développe et le récepteur grand public se standardise :

Le récepteur « toutes ondes » couvrant GO[15], PO[16] et OC[17] est dans toutes les familles. C'est un superhétérodyne à 5 ou 6 tubes avec cadre orientable interne[18], une entrée « pick-up » pour écouter les premiers microsillons, un « œil magique » pour le réglage fin de la frequence, un cadran à aiguille et ficelle commandant un condensateur variable d'accord, une façade en tissus et bois vernis. Le cadran indique les noms des stations comme Radio Paris, Paris Inter, BBC, Radio-Luxembourg, etc alors qu'une aiguille désigne la station sélectionnée.

Les récepteurs « tous courants », sans transformateurs, sont plus légers et surtout, grâce à un jeu de tubes spéciaux à filament en série, peuvent être alimentés en 110 V continu[Informations douteuses]. Certains quartiers de Paris ont encore en 1950 un secteur en courant continu.

Les tubes miniatures[19] remplacent les tubes octal, les auto-radio à tubes apparaissent, avec des mémoires mécaniques de stations.

Le transistor[modifier | modifier le code]

Un des premiers « transistors » en 1959

Les premiers postes à transistor à partir de 1954[20], vite appelés « transistors », permettent d'écouter la radio partout, en vacances, dans la rue, sur la plage, en « surboum », la radio n'est plus familiale mais individuelle.

Dans le monde professionnel, le transistor remplace d'abord progressivement les tubes, puis ouvre de nouveaux horizons : circuits intégrés, mobile, etc. L'histoire de la radio devient la radio moderne.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Vingt-cinq Années de T.S.F., Société Française Radio-Électrique, Paris 1935
  • Jean-François Remonté, Les Années Radio, L'Arpenteur, Paris 1989
  • Yves Fournier et Freddy Gardiol, Marconi et Salvan : à l'aube de la télégraphie sans fil, Porte-Plumes, Ayer, 2009

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. De la radio au Natel Sur le site fondation-marconi.ch
  2. Station Marconi Suisse HB9GM
  3. IEEE - IEEE History Center
  4. Jean-François Remonté, Les années radio, p. 7
  5. www.bellsystemmemorial.com/belllabs_transistor1.html
  6. le cuirassé Russe "AMIRAL D'APRAXINE" est retenu dans les glaces Sur le site f6ddr.fr
  7. Arrêté du 7 octobre 1904 Le Ministre du Commerce de l'Industrie et des Postes et Télégraphes arrête : La station radiotélégraphique d'Ouessant est ouverte à partir du 10 octobre 1904 à l'échange des correspondances privées avec les navires en mer.
  8. QUID 92 page 1151
  9. http://www.radiopassion.be/Premiere_emission_%20Belge.htm
  10. http://earlyradiohistory.us/1919bru.htm
  11. http://www.lalibre.be/culture/medias-tele/quand-la-radio-belge-naissait-a-laeken-51b8895be4b0de6db9abe3d8
  12. Vingt-cinq années de T.S.F., S.F.R., p. 132-133.
  13. QUID 92 page 1152
  14. Dossier 18 juin - La radio diffusion en 1939 et 1940, par JP Claudel Sur le site charles-de-gaulle.org
  15. Grandes ondes
  16. Petites ondes
  17. Ondes courtes
  18. Antenne directrice permettant de mieux les ondes
  19. Deux fois plus petit que les premiers modèles
  20. « Le poste à transistors à la conquête de la France : La radio nomade (1954-1970) », sur franceculture.fr,‎ avril 2012 (consulté le 22 septembre 2014).

Articles connexes[modifier | modifier le code]