Séminaire Saint-Sulpice

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Séminaire Saint-Sulpice
Image illustrative de l'article Séminaire Saint-Sulpice
Présentation
Culte Catholique romain
Type Séminaire (catholique)
Rattachement Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice
Début de la construction 1599
Protection  Inscrit MH (1996)
Logo monument historique Classé MH (1996)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Hauts-de-Seine
Commune Issy-les-Moulineaux
Coordonnées 48° 49′ 31″ N 2° 16′ 37″ E / 48.825225, 2.27702248° 49′ 31″ Nord 2° 16′ 37″ Est / 48.825225, 2.277022  

Le séminaire Saint-Sulpice est l'un des grands bâtiments de la commune d'Issy-les-Moulineaux, dans le département des Hauts-de-Seine.

C'est toujours aujourd'hui l'un des séminaires où sont formés les prêtres de l'Église catholique en France.

L'ensemble, à l'exception des parties classées, fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 16 février 1996[1]. Le nymphée, les chapelles (Grande, Notre-Dame et de la Solitude, oratoire inclus), le bassin XVIIe siècle, le passage souterrain sous la rue Minard et l'édicule Saint Joseph, font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 12 avril 1996[1].

Histoire du bâtiment[modifier | modifier le code]

Le séminaire a été construit sur l'emplacement d'un château que Marguerite de Valois acheta en 1606 et où elle séjourna à la fin de sa vie. La propriété en passa ensuite à Antoine de Sève, aumônier du roi, prieur de Champdieu et d'Ulnon, et ami de Jean-Jacques Olier (fondateur des sulpiciens), lequel y fit des séjours à partir de 1640. En 1655, Alexandre Le Ragois de Bretonvilliers (successeur d'Olier comme curé de Saint-Sulpice en 1652, puis comme supérieur général de la Compagnie de Saint-Sulpice en 1657) achète le domaine à Antoine de Sève et en ouvre les portes aux sulpiciens désireux venir s'y reposer. À sa mort en 1676, il lègue la propriété à la Compagnie de Saint-Sulpice sous deux conditions : que ce lieu serve à la fois aux vacances mais aussi aux études des futurs sulpiciens. Sous son successeur Louis Tronson, l'endroit abrita notamment les « entretiens d'Issy » (1694-95), réunissant Bossuet, Fénelon, le cardinal de Noailles pour examiner les écrits de Madame Guyon. Dans les siècles suivants, les personnages célèbres se succèdent : le cardinal de Fleury, Talleyrand, sans oublier Ernest Renan qui laissa quelques témoignages intéressants[2].

Les démolitions dues à la révolution puis à la Commune ont amené de nombreux travaux de réhabilitation et de construction, notamment une somptueuse chapelle imitée de celle de Versailles[3].

Ce vaste domaine est le seul grand domaine de l'Ancien Régime qui ait survécu jusqu'à nos jours dans toute son étendue. Le jardin, les façades et la toiture ont récemment été restaurés, ce qui accentue le caractère majestueux du lieu[4].

Le bâtiment[modifier | modifier le code]

Dans la crypte de la chapelle, ont été transportés et reconstitués : le mur du chemin de ronde de la prison de la Roquette devant lequel ont été fusillés par la Commune de Paris les otages, le 24 mai 1871 ; les cellules, avec leur ameublement, occupées par l'archevêque Mgr Georges Darboy et le séminariste Paul Seigneret avant leur exécution[3].

Plaque commémorative du débat entre Fénelon et Bossuet sur le quiétisme

Une inscription rappelle que c'est en cet endroit qu'eurent lieu les conférences entre Fénelon et Bossuet en 1695.

L'ensemble se compose aujourd'hui[1] :

  • d'éléments anciens :
    • le passage voûté aménagé vers 1599 ;
    • le nymphée d'inspiration italienne édifié entre 1609 et 1615 ;
    • le bassin circulaire du XVIIe siècle ;
  • et d'éléments plus récents :
    • le bâtiment principal du séminaire reconstruit après 1871 ;
    • la chapelle Notre-Dame-de-Toutes-Grâces construite par des séminaristes en 1808 ;
    • la grande chapelle construite entre 1898 et 1901 par l'architecte diocésain Édouard Bérard (vitraux dus à Félix Gaudin et Léon Tournel) ;
    • le bâtiment de Lorette construit en 1930, situé dans le parc et accessible par le tunnel, et qui contient la chapelle Notre-Dame-de-Lorette (à l'origine du XVIIe siècle, mais reconstituée après sa destruction en 1871) ;
    • les bâtiments de la Solitude (dont une chapelle néo-gothique) réalisés en 1842.
Le bâtiment principal du séminaire et la grande chapelle, se reflétant dans le bassin circulaire du XVIIe siècle.

Le séminaire[modifier | modifier le code]

Jean-Jacques Olier ouvrit d'abord sa maison de formation pour les prêtres à Vaugirard en décembre 1641. Devenu curé de la paroisse Saint-Sulpice (25 juin 1642), il transféra l'établissement, d'abord rue Guisarde (1643), puis rue du Vieux-Colombier (1645). Après la Révolution, puis le concordat de 1801, Jacques-André Émery réinstalla le séminaire, en mai 1804, dans l'ancien couvent des Filles de l'Instruction Chrétienne (actuellement 6, rue du Regard). À partir de 1820, l'architecte Étienne-Hippolyte Godde construisit un nouveau bâtiment au n°9 de la place Saint-Sulpice, qui fut le siège de l'établissement jusqu'en décembre 1906, date à laquelle, à la suite de la loi de séparation des Églises et de l'État, les séminaristes durent quitter les lieux (le bâtiment de Godde est affecté depuis janvier 1922 au ministère des Finances). Le séminaire Saint-Sulpice a conservé le site du 6, rue du Regard en plus de celui d'Issy-les-Moulineaux.

Toujours placé sous la direction de la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice, il constitue un des principaux séminaires français. Interdiocésain il accueille en 1er cycle, les séminaristes des diocèses de Nanterre, Saint-Denis, Créteil, Meaux, Versailles, Corbeil, Pontoise, Amiens, Beauvais, Châlons, Langres, Reims, Soissons, Troyes, Rouen, Le Havre et Evreux et en 2e cycle, ceux des diocèses de l'Île-de-France (hors Paris) et de la Haute-Normandie.

Anciens séminaristes[modifier | modifier le code]

Ont suivi leurs études (ou une partie de leurs études) au séminaire Saint-Sulpice :

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Notice no PA92000001 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. « Le Séminaire Saint-Sulpice d'Issy », sur le site de l'association « Histoire et Recherche d'Issy-les-Moulineaux »,‎ 7 mars 2011 (consulté le 20 avril 2011).
  3. a et b Environs de Paris, Les Guides Bleus, 1921, p. 5
  4. « Séminaire de Saint-Sulpice », sur le site de la ville d'Issy-les-Moulineaux (consulté le 20 avril 2011).
  5. Bulletin du Diocèse de Reims du 7 janvier 1905 disponible sur Gallica
  6. Debouxhtay Pierre. Pommier (Jean). La jeunesse cléricale d'Ernest Renan; Renan (Ernest). Travaux de jeunesse. 1843-1844. publiés par Pommier (Jean), Revue belge de philologie et d'histoire, 1935, vol. 14, n° 2, pp. 510-512. url : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rbph_0035-0818_1935_num_14_2_1520_t1_0510_0000_3 Consulté le 10 octobre 2012

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles Grandidier, Le séminaire d'Issy: ancien château de Marguerite de Valois, Paris, 1853

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]