Forces armées de la Jamahiriya arabe libyenne

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Forces armées libyennes
Image illustrative de l'article Forces armées de la Jamahiriya arabe libyenne
Fondation 1977
Forme actuelle 2011
Dissolution 2011 (Remplacée par : Armée de libération nationale, puis par l'armée nationale libyenne)
Branches Armée de terre
Marine
Armée de l'air
Quartier-général Tripoli
Commandement
Commandant-en-Chef Major-général Suleiman Mahmoud
Secrétaire du comité général libyen provisoire de la Défense Abou Bakr Younès Jaber
Main-d'œuvre
Réservistes 40 000
Budgets
Budget 3 milliards de $ (2010)
Pourcentage du PNB 3 %[1] (2010)
Industrie
Fournisseurs étrangers

Les Forces armées de la Jamahiriya arabe libyenne (officiellement Forces armées libyennes) étaient l'armée nationale historique de la Jamahariya arabe libyenne, dissoute en 2011. Elle étaient composées de l'armée de terre, de l'armée de l'air, et de la marine de la Libye, et faisaient appel à la conscription. En 2008, le budget alloué était de 1,9 milliard de dollars et elles comptaient 76 000 hommes, dont 50 000 pour l'armée de terre, 18 000 dans l'aviation et 8 000 dans la marine[2].

Historique[modifier | modifier le code]

Suite à la politique interventionniste du dirigeant libyen Kadhafi, elles reçoivent de nombreux matériels à partir des années 1970 d'origine souvent soviétique. Un contingent de 3 000 hommes appuyé par la chasse intervient en septembre 1972 en Ouganda lors d'une tentative de la rébellion de chasser Idi Amin Dada et bombarde des villages ougandais[3]

Elles participent à la courte guerre égypto-libyenne entre le 24 et le 27 juillet 1977 et à la guerre ougando-tanzanienne de 1978-1979 dans laquelle 3 000 hommes appuyés par l'aviation dont des bombardiers tentent une nouvelle fois de soutenir le régime d'Idi Amin Dada, sans succès cette fois ci. De nombreuses et complexes opérations ont lieu au Tchad en appui souvent de l'un ou l'autre des partis qui se battent pour le pouvoir, comme le Front de libération nationale du Tchad, dès les années 1970. Elles se font contrer par les forces locales appuyées par l'armée française qui intervient lors de l'opération Manta, puis dans l'opération Épervier. Dans les années 1980, elles affrontent ponctuellement, à plusieurs reprises, les forces aéronavales des États-Unis, sans succès, notamment en 1981, puis lors de l'opération El Dorado Canyon et de l'incident du Golfe de Syrte de 1989[4].

Suite à un embargo imposé le à cause d'actes de terrorisme d'État[5], les forces armées n'ont pu renouveler leur matériel et le budget de la défense était tombé, en 2001, à 339 millions de dollars américains. L'embargo fut levé en 2003 et la Libye a normalisé ses relations avec les puissances occidentales après 2003, à la suite de la promesse d'abandonner les programmes d'armes de destruction massive[6], le budget militaire est remonté et est estimé en 2008 à 1,9 milliard de dollars[7].

Obusiers automoteurs Palmaria mise hors de combat à Benghazi lors de la guerre civile.

Lors de la révolte libyenne de 2011, les forces armées se sont divisées entre les deux camps et une grande partie de son effectif a disparu de l'ordre de bataille contraignant le régime à utiliser outre les militaires restés fidèles, des miliciens et des mercenaires[8] (estimés à 30 000[8]) et notamment originaires d'Afrique[8]. Mouammar Kadhafi a également déclaré plusieurs fois laisser les arsenaux ouverts pour que la population fidèle au régime s'arme. L'intervention militaire internationale a neutralisé l'aviation, sa défense antiaérienne longue portée et sa marine.

À la suite de la victoire de CNT, les forces armées sont réunies avec les unités de l'armée de libération nationale et un nouveau commandant, Khalifa Belqasim Haftar, a été nommé par ses pairs mais en novembre 2011, il existe de nombreux groupes d'irréguliers et la situation est instable[9].

L'armée nationale libyenne remplace l'armée de libération libyenne et les Forces armées la jamahiriya arabe libyenne suite à la guerre civile libyenne.

Présentation des forces au début du XXIe siècle[modifier | modifier le code]

L’armée libyenne est mal entraînée et sous-équipée à l'exception de 3 brigades d'élite déployées à Tripoli dont la Brigade Khamis et de chasseurs de l'époque soviétique capables de bombarder. Cependant une partie de ce matériel, achetée principalement aux Soviétiques dans les années 1970 et 1980, est en mauvais état voire inutilisable[10].

Armée de terre[modifier | modifier le code]

Les forces terrestres sont composées avant la guerre civile de 46 bataillons indépendants et une brigade[11].

Son matériel est estimé en 2011 avant la guerre civile à:

En 2009, plus de 2 300 pièces artillerie ont été répertoriées dont 480 obusiers autopropulsés(190 D-30 (en), 60 D-74, 330 M-46 etc, 600 lance-roquettes multiples BM-21), plus 500 mortiers, des missiles sol-sol type Frog-7 et Scud ou encore des missiles sol-air missiles Crotale.

Marine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Marine libyenne.
La frégate de classe Koni Al Ghardabia en 2005. Mise hors de combat par l'aviation française dans la nuit du 19 au 20 mai 2011[12].

En 2005, la marine libyenne était composée de :

Aviation[modifier | modifier le code]

Mil Mi-35 libyen en 2009.
Article détaillé : Armée de l'air libyenne.

L'armée de l'air libyenne dispose de 13 bases aériennes et elle est essentiellement composée d'appareils de fabrication soviétique :

Très peu de forces aériennes libyennes sont opérationnelles, 40 à 80 aéronefs (chasseurs, hélicoptères, transport) selon les estimations, par manque d'entretien ou de pièces de rechange. Selon Marianne, l'armée de l'air libyenne n'a plus que deux Mirages F1 en état de vol et deux autres bloqués à Malte suite à la défection de leurs pilotes[13], des 32 avions livrés par Dassault au début des années 1970.

Armement chimique[modifier | modifier le code]

Le pays s'était doté de trois sites de production d'armes chimiques sous le régime de Mouammar Kadhafi[14].

En 2012, on a découvert que le régime précédent avait des stocks non déclarés d'armes chimiques outre les 11,5 tonnes de gaz moutarde qu'il lui restait à détruire dans le cadre de ses obligations[15].

Le 26 janvier 2014[16], le stock de 26,3 tonnes détenu au total par la Libye a fini d'être détruit par les États-Unis après un contrat d'un montant maximal de 950 millions de dollars passé en avril 2011 à trois sociétés[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.slateafrique.com/27761/libye-kadhafi-n-a-pas-dit-son-dernier-mot-cnt-tripoli-rebelles
  2. « Le Bilan Géostratégique », Le Monde, no hors-série,‎ 2010, p. 179
  3. (en) Uganda and Tansania, 1972 - 1979, Tom Cooper, Arthur Hubers, 10 février 2008, ACIG
  4. (en) Libyan Wars, 1980-1989, Part 4, 13 novembre 2003, Tom Cooper
  5. Libye, Encyclopédie Larousse
  6. (fr) « WikiLeaks : le “guide” libyen et ses sept fûts d'uranium enrichi », Le Monde,‎ 3 décembre 2010.
  7. Les forces armées libyennes sous la loupe, mars 2011, Ria-Novosti
  8. a, b et c Giampaolo Cadalanu, « Kadhafi joue les prolongations avec ses mercenaires », La Repubblica via Courrier international,‎ 23 février 2011 (consulté le 2 septembre 2011)
  9. Pierre Prier, « Le nouvel état-major libyen sous tension », sur Le Figaro,‎ 18 novembre 2011 (consulté le 19 novembre 2011)
  10. L'armée libyenne, sous-équipée, mal entraînée, mais capable de bombarder, AFP, 3 mars 2011
  11. « Révolution en Libye », Défense et Sécurité internationale, no 69,‎ avril 2011, p. 28 (lire en ligne)
  12. « La France a aussi participé à la destruction de la marine libyenne », Mer et Marine,‎ 27 mai 2011 (consulté le 22 août 2011)
  13. La Libye n'a plus que deux Mirages F1 en état de vol, Marianne, 24 février 2011
  14. (en) Organisation pour l'interdiction des armes chimiques, « Libya: Facts and Figures » (consulté le 8 février 2014)
  15. « Kadhafi disposait d'armes chimiques non déclarées », sur Le Monde,‎ 20 janvier 2012 (consulté le 14 mai 2012)
  16. (en) Michael Luhan, « Libya Completes Destruction of Its Category 1 Chemical Weapons », sur Organisation pour l'interdiction des armes chimiques,‎ 4 février 2014 (consulté le 8 février 2014)
  17. Philippe Chapleau, « Libye: le dernier stock de gaz moutarde détruit par la firme US Parsons », sur Ouest-France,‎ 2 février 2014 (consulté le 8 février 2014)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]