Guerre ougando-tanzanienne

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Guerre ougando-tanzanienne ou Guerre de Libération
Localisation de l'Ouganda en rouge et de la Tanzanie en bleu.
Localisation de l'Ouganda en rouge et de la Tanzanie en bleu.
Informations générales
Date 1978-1979
Lieu Ouganda
Issue Victoire tanzanienne et chute du régime ougandais d'Idi Amin Dada
Belligérants
Drapeau de la Tanzanie Tanzanie
Flag of Uganda.svg Armée de libération nationale en Ouganda
Drapeau de l'Ouganda Ouganda
Flag of Libya (1977-2011).svg Jamahiriya arabe libyenne
Flag of Palestine.svg OLP
Commandants
Flag of Tanzania.svg Julius Nyerere
Flag of Tanzania.svg Abdallah Twalipo
Flag of Tanzania.svg Tumainiel Kiwelu
Flag of Uganda.svg Tito Okello
Flag of Uganda.svg Yoweri Museveni
Flag of Uganda.svgDavid Oyite-Ojok
Flag of Uganda.svg Idi Amin Dada
Flag of Libya (1977-2011).svg Mouammar Kadhafi
Forces en présence
Flag of Tanzania.svg
100 000 soldats

Flag of Uganda.svg
6 000 hommes
Flag of Uganda.svg
70 000 soldats

Flag of Libya (1977-2011).svg
3 000 soldats

Flag of Palestine.svg
200 hommes

La guerre ougando-tanzanienne, appelée en Ouganda Guerre de Libération, est un conflit militaire qui se déroula entre 1978 et 1979, principalement en Ouganda entre ce pays, la Tanzanie et des factions rebelles. Ce conflit déboucha sur la chute du régime du président ougandais Idi Amin Dada.

Événements déclencheurs[modifier | modifier le code]

En 1978, dans un contexte de mécontentement croissant à l'égard du président ougandais Idi Amin Dada, certaines unités de son armée se mutinent. Elles traversent la frontière avec la Tanzanie et rejoignent le Front de libération national de l’Ouganda (en anglais Uganda National Liberation Front, UNLF), formé quelques années auparavant par d’autres exilés ougandais opposés au régime d’Idi Amin Dada. En octobre 1978, ce dernier envoie des troupes pour combattre les mutins et le 1er novembre 1978, accusant le président tanzanien Julius Nyerere de les financer, tente d’envahir la Tanzanie et annexe formellement une section de la région de Kagera, le long de la frontière. Ce territoire d'environ 1 800 km², nommé saillant de la Kagera, constituait une pomme de discorde ancienne entre les deux pays.

Combats[modifier | modifier le code]

Julius Nyerere mobilise alors la Force de défense du peuple de Tanzanie et lance une contre-offensive afin de repousser cette invasion. En quelques semaines, l’armée tanzanienne passe d'un peu moins de 40 000 soldats à 100 000 unités incluant des membres de la police, des gardiens de prison, des réservistes et des miliciens. Plusieurs groupes d'Ougandais opposés à Idi Amin Dada, réunis en une Armée de libération nationale de l’Ouganda (en anglais Uganda National Liberation Army, UNLA) à la conférence de Moshi, s'allient à l'occasion à l'armée tanzanienne. Ces groupes rebelles unifiés sont alors commandés par Tito Okello et David Oyite-Ojok (issus du Kikosi Maalum) , Yoweri Museveni du FRONASA ainsi que les dirigeants du Save Uganda Movement, Akena p'Ojok, William Omaria et Ateker Ejalu.
L'armée tanzanienne fait notamment l'acquisition auprès de l'Union soviétique d'un lanceur de roquettes BM Katioucha (connu en Ouganda sous le nom de saba saba) afin de bombarder les cibles ennemies situées en Ouganda[1]. Le saillant de la Kagera et la ville ougandaise de Mbarara sont rapidement capturés. L'armée ougandaise est largement débordée et se replie en désordre, sans oublier de piller les villes et villages. Amin obtient le soutien du président libyen Mouammar Kadhafi qui était déjà intervenu en septembre 1972 lors d'une tentative de la rébellion de le chasser[2] et celui-ci envoie sur place 3 000 hommes des forces armées libyennes avec, en autre, des bombardiers Tupolev Tu-22 dont un largua 20 bombes sur la ville tanzanienne de Mwanza le 1er avril 1979 mais manqua complètement sa cible[3]. Mais ceux-ci ne peuvent que ralentir les troupes tanzaniennes tandis que les Ougandais se replient en emportant leur butin de guerre. Malgré ce renfort, l'armée tanzanienne et les rebelles ougandais rencontrent peu de résistance, envahissent l'Ouganda et prennent la capitale Kampala le 11 avril 1979, entraînant la fuite d'Idi Amin Dada qui se réfugie en Libye puis en Arabie saoudite jusqu'à sa mort en 2003.

Le régime renversé, l'armée tanzanienne reste en Ouganda dans le but de maintenir la paix pendant l'organisation d'élections organisées par l'UNLF, la branche politique de l'armée de libération nationale de l’Ouganda.

Conséquences[modifier | modifier le code]

La chute du régime d'Idi Amin Dada en avril 1979 ne permet pas pour autant le rétablissement de la sécurité, les différents groupes rebelles luttant à leur tour pour la prise du pouvoir.

Yusuf Lule avait succédé à Amin Dada mais en juin 1979, suivant une discorde sur l’étendue du pouvoir présidentiel, la Commission consultative nationale, l'organisme de la direction de l’UNLF, remplace Yusuf Lule par Godfrey Binaisa. Celui-ci est lui-même évincé le 12 mai 1980 par la Commission militaire, un puissant organe de l’UNLF dirigé par Paulo Muwanga et dont le député est Yoweri Museveni.

Le pays est ensuite dirigé par la Commission présidentielle de l’Ouganda composée entre autres de Paulo Muwanga, Yoweri Museveni, Oyite Ojok et Tito Okello. Cette commission siège alors jusqu’aux élections générales de décembre 1980 qui sont remportées par Milton Obote du Congrès des peuples de l’Ouganda. Mais les élections sont âprement contestées et Yoweri Museveni, arguant une fraude électorale, organise une rébellion armée contre le gouvernement de Milton Obote, plongeant le pays dans une guerre civile particulièrement meurtrière connue sous le nom de Guerre de brousse en Ouganda.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Fighting for Amin », The East African, 8 avril 2002
  2. (en) Uganda and Tansania, 1972 - 1979, Tom Cooper, Arthur Hubers, 10 février 2008, ACIG
  3. (en) Tom Cooper, Farzad Bishop, Arthur Hubers, Ahmad Sadik, « Bombed by Blinders - Part 1 », sur ACIG,‎ 24 novembre 2010 (consulté le 17 septembre 2011)